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Réalisée au début du XVII
e
siècle, elle provient certainement d’un grand atelier parisien. Cette reliure n’est pas citée par
Hobson dans
Les Reliures à la fanfare
, mais on peut la rapprocher de la reliure reproduite sur la pl. XII de cet ouvrage, qui
recouvre un office de la vierge imprimé à Anvers en
1609
(BnF, Rés. B-
2723
).
De la bibliothèque Paul Menso (ex-libris, vente II à Utrecht,
23
mars
1959
, lot
85
, pl. XIII). Étiquette de la librairie
Fl. Tulkens.
Pour le même ouvrage, la Librairie Laurent Coulet (cat.
34
[
2006
], n°
26
, ill.) a décrit une reliure presque identique en
précisant que « les reliures à la fanfare furent, dans la seconde moitié du XVI
e
siècle et jusqu’au début du XVII
e
, des pièces
de grand luxe que l’on devait à la souveraine élégance des relieurs et des doreurs parisiens ».
Habiles et discrètes restaurations aux coins, coiffes et charnières ; mors fendillés ; taches sombres sans gravité sur les plats.
H. Bohatta : Bibliographie der Breviere, Leipzig, 1937, n°405.
Exposition : Cinq siècles d’ornements, n°52.
24 SCRIBANI (Charles). Antverpia. – Origines Antverpiensium.
Anvers, Officina Plantiniana, Jean Moretus, 1610.
2 parties en un volume in-4 (256 x 170 mm), maroquin rouge, triple filet doré, monogramme grec
νκφπ
doré au centre,
dos orné de filets et fleurons dorés, coiffes guillochées, tranches lisses (
Reliure de l’époque
)
.
Édition originale de cette importante monographie sur la ville d’Anvers.
L’ouvrage se compose de deux parties, publiées séparément par Jean I Moretus, dont ce sont les dernières publications ;
sa succession à la tête de l’ancienne imprimerie de Plantin fut ensuite assurée par sa femme et ses deux fils.
La première partie,
Antverpia
, est à dédiée à l’histoire et à l’architecture de la cité. Elle est suivie d’un appendice de
24
pp. sous le titre général
Η πρωτογενεια και
επιστρεφομενη
τυχη
της Aνβερσης
, composé d’une dédicace en prose et de six
éloges d’Anvers en vers grecs et hébreux, chacun signé
L.S.
ou
G.S
.
Dans la seconde partie,
Origines Antverpiensium
, l’auteur traite de divers aspects sociaux, culturels et artistiques de la ville
d’Anvers, tels le système éducatif, les coutumes alimentaires et vestimentaires, la marche du commerce, etc.
L’illustration, gravée en taille-douce, comprend une carte du diocèse d’Anvers, deux plans de la ville et de la
citadelle, ainsi que quatre planches dépliantes représentant la cathédrale, le sénat, la bourse et la maison
hanséatique. Ces quatre belles vues, attribuées à
Pieter van der Borcht
, avaient été gravées par
Hogenberg
pour la
Description
des Pays-Bas
de Guichardin (Moretus,
1581
) ; elles ont été retouchées par
Théodore Galle
pour le présent ouvrage.
Éminent jésuite flamand, le père Charles Scribani (
1561
-
1629
) fut recteur du collège d’Anvers de
1598
à
1612
, provincial
de Flandres de
1613
à
1619
et enfin recteur à Bruxelles de
1619
à
1625
. Outre cette fameuse histoire de la ville d’Anvers,
il publia une défense de la Compagnie de Jésus contre les calvinistes, un manuel de politique et de gouvernement intitulé
Politicus christianus
et édita les œuvres posthumes de son maître Lessius.
Superbe exemplaire relié en maroquin rouge au chiffre de Peiresc, le célèbre astronome, mécène et collectionneur
provençal, par Simon Corberan, son relieur attitré à Aix-en-Provence.
Né en Provence, Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (
1580
-
1637
) étudia à Aix, à Avignon, au collège des jésuites de Tournon, où
il se prit de passion pour l’astronomie. Il suivit ensuite des cours de droit à Montpellier et devint conseiller au Parlement de
Provence, puis secrétaire de son président, Guillaume du Vair. Un premier voyage, à l’âge de dix-neuf ans, l’avait mené en
Suisse et en Italie – à Padoue, notamment, où il fit la connaissance de Galilée. Par la suite, de longs voyages lui firent connaître
de nombreux savants, humanistes et scientifiques, avec lesquels il entretint une correspondance toute sa vie durant.
« Sa bibliothèque qui comptait plus de
6 000
volumes était accompagnée d’un cabinet de curiosités démontrant l’universalité
de ses goûts. Contemporain de Gabriel Naudé, le choix de ses livres répondait à la doctrine de la primauté absolue accordée
au texte. Mais Peiresc attachait à l’aspect matériel de ses livres un grand intérêt. Il faisait relier en solide maroquin par son
relieur Simon Corberan installé dans son hôtel. Chaque détail de la reliure était précisément imposé et l’on peut constater
que les titres frappés aux dos de ses reliures sont toujours exacts et datés. Il exigeait des grandes marges pour annoter ses
livres, disait-il, mais c’était aussi une dignité supplémentaire accordée aux textes qu’il respectait. Savant lecteur, connaisseur
universel, collectionneur passionné, on peut le considérer comme le bibliophile français le plus accompli. » (A. Jammes).
Établi par Simon Corberan, l’exemplaire porte, doré sur les plats, le monogramme grec du collectionneur, ainsi que son
cachet ex-libris encré sur le titre. On notera avec G. Pollard que ces reliures sont parmi les premières où se trouve indiquée,
dorée sur le dos, la date de l’édition.
De la collection Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (monogramme doré sur les plats et cachet humide au titre), l’exemplaire est
passé dans la bibliothèque d’Achille de Harlay, comte de Beaumont (ex-dono imprimé au bénéfice du Collège jésuite de
Paris), puis de ladite institution, connue jadis sous le nom de Collège de Clermont et aujourd’hui de Lycée Louis-le-Grand
(ex-libris manuscrit au titre) aux bibliothèques de Gerard et Johan Meermann (vente III à La Haye,
8
juin
1824
, lot
576
),
d’Edward Huydecoper van Nigtevecht (
1827
-
1883
), à Utrecht (ex-libris), du vicomte Amaury de Ghellinck d’Elseghem-
Vaernewyck au château d’Elseghem (ex-libris) et enfin du chevalier Xavier de Ghellinck Vaernewyck à Bruxelles.
Excellente condition générale, en dépit d’un insignifiant accroc en tête et de très discrètes restaurations à la reliure.
Sommervogel, VII, 984 – Funck, 393-394 – J.-M. Arnoult, « Les Livres de Peiresc dans les bibliothèques parisiennes », in Revue française
d’histoire du livre, n°24, 1975 – G. Pollard, « Changes in the style of bookbinding 1550-1830 », in The Library, 5
e
série, XI/2, juin 1956,
p. 90 – Librairie Paul Jammes, Paris, cat. Choix bibliophiliques, [mai 2004], n°33.
Exposition : Musea Nostra, p. 43 – Une vie, une collection, n°15.




