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51 NECKER (Jacques). Compte rendu au Roi, par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de janvier 1781.
Imprimé par ordre de Sa Majesté.
Paris, de l’imprimerie du Cabinet du Roi, 1781.
In-4 (270 x 210 mm), broché, plats
de papier dominoté à motifs floraux bleus sur fond blanc, non rogné, emboîtage de toile brique moderne.
Édition originale, à l’adresse de l’Imprimerie du Cabinet du Roi.
Cette première édition ne fut pas mise dans le commerce mais distribuée à quelques privilégiés avant la publication de
l’ouvrage par l’Imprimerie royale.
Elle renferme deux cartes dépliantes aquarellées montrant les divisions des gabelles et des traites sur le territoire français
et un tableau replié des
Revenus et dépenses portés au Trésor royal
.
Manifeste sur l’administration des finances de l’État, le
Compte-rendu au roi
figure parmi les «
economic bestseller
» de
l’Ancien Régime. (Les tirages de l’Imprimerie royale auraient été diffusés dans le public à quelque quarante mille
exemplaires, d’après David Pottinger,
The French Book Trade in the Ancien Regime
, Cambridge, Mass.,
1958
, p.
205
). Il
demeure une source de première importance pour l’histoire financière et fiscale de la France.
Dans ce célèbre plaidoyer pour la transparence dans les finances publiques, Jacques Necker (
1734
-
1802
), ministre des
Finances de Louis XVI de
1776
à
1781
, détaille le fonctionnement des finances royales, les principes de son administration
et la situation financière du pays. Mais l’auteur y dévoile également les listes de pensions versées par l’État à certains
membres de la noblesse, avec le nom de leurs bénéficiaires et leurs montants. Le scandale qui suivit la publication de
l’ouvrage mena le ministre à démissionner le
19
mai
1781
.
Exemplaire broché conservé dans sa très rare couverture d’origine à motif de grandes fleurs bleues imprimé dans
la dominoterie parisienne des Associés, avec leur adresse à la verticale du premier plat. L’activité de cette fabrique, située
au bas de la rue Saint-Jacques, se situerait entre
1751
et
1788
, si ce n’est même après la Révolution.
On sait que c’est la couleur de sa couverture qui valut au
Compte-rendu au roi
le surnom de
Conte bleu
.
Petits défauts et réfections à la couverture, au dos entièrement découvert.
Stourm, n°124 – Kress, B. 360 – Einaudi, II, n°4094 – Goldsmiths, I, n°12183 – Pas dans INED – K. E. Carpenter, « The Economic
Bestsellers before 1850 », in Bulletin of the Kress Library of Business and Economics, n°11, 1975, XXVIII-3 – A. Jammes, Papiers
dominotés, Paris, 2010, pp. 308-309 et pl. n°148.




