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26

L

e

fabuliste

,

petit

-

neveu

et

familier de

V

oltaire

 40. FLORIAN

(Jean-Pierre Claris de). Ensemble de 3 pièces autographes signées.

300 / 400

– Poème autographe signé de son paraphe,

avec musique notée

, intitulé «

Romance adressée à madame de Pioger

».

«

Licas baigné de larmes / Demandait aux échos / La beauté dont les charmes / Ont ravi son repos. / "Perfide pastourelle,

/ Tu quitte[s] ce séjour, / Tu m'y laisse[s], cruelle, / Seul avec mon amour...

» (

24

vers en

3

couplets, dont le premier avec

mélodie pour chant et accompagnement pour clavier en

5

systèmes de trois portées, le tout sur

2

pp.

1

/

2

in-

12

). Florian

fut très lié avec le comte et la comtesse de Pioger, à qui il avait donné le surnom de « Clarisse ». Dans une lettre du

1

er

novembre

1778

adressée à cette dernière, il annonce l'envoi de la présente romance : «

Je joins à cette lettre la petite

romance que je fis pour vous.

J'

ai

prié un des

fameux

compositeurs de

paris d

'

y

faire un air

: le voilà tout noté.

».

– Poème autographe signé intitulé «

Les deux lions. Fable

». Il 'agit de la deuxième pièce de vers de son cinquième livre

de Fables originellement paru en

1792

chez Didot l'aîné. Deux lions parviennent ensemble à une faible source, et, au lieu

de boire ensemble, n'écoutent que leur orgueil et se battent pour savoir à qui boira seul. Épuisés par leur combat, ils se

traînent ensemble jusqu'à la source mais l'eau s'est tarie : «

... L'orgueil, les fureurs, la folie, / Consument en douleurs le

moment de la vie : / Hommes, vous êtes ces lions, / Vos jours, c'est l'eau qui s'est tarie

» (

36

vers occupant

2

pp. sur un f.

in-

8

, ratures et corrections, trace marginale d'onglet avec petit manque de papier sans atteinte au texte).

La mort de madame Denis

– Lettre autographe signée à son oncle le marquis Philippe-Antoine Claris de Florian à Ferney. Paris,

23

août

1790

.

«

Vous êtes instruit... du triste événement arrivé vendredi dernier au matin. J'avais quitté le jeudi au soir, à huit

heures, cette pauvre madame Du Vivier

[madame Denis]

pas plus souffrante qu'à l'ordinaire, je lui avais dit adieu,

en m'en retournant à Sceaux. Elle s'est couchée gaiement, après avoir pris un peu de caffé, contre l'avis de tout le

monde.

À

7

heures du matin

,

elle a

fait un cri

,

en disant qu

'

elle

étouffait

,

et

elle

est morte dans un

instant

.

Cette perte,

quelque prévue qu'elle fût, quelque douloureuse que fût l'existance pour cette pauvre femme, m'a frappé et touché

vivement. Je la regrette de tout mon cœur, elle était bonne, très bonne, et de plus elle est ma bienfaitrice, je la regretterai

toujours...

» Il entre ensuite dans des détails concernant le règlement de l'héritage de celle-ci (

2

pp.

1

/

2

in-

12

, adresse

au dos, vestige de cachet de cire noire). L'oncle de Florian avait épousé Marie-Élisabeth Mignot, sœur de Marie-Louise

Mignot, dite « madame Denis ». Cette dernière, avec l'aide de Voltaire, s'était d'abord mariée avec Charles-Nicolas Denis,

un officier et commissaire-ordonnateur des guerres. Devenue veuve en

1744

, elle s'était ensuite installée en ménage avec

le philosophe, auprès de qui elle vécut près de trente ans, hormis une brouille passagère. Après la mort de Voltaire, dont

elle fut la seule héritière, elle épousa François Duvivier, autre officier et commissaire-ordonnateur des guerres, chevalier

de l'ordre de Saint-Louis.