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parfois fantastiques, tels des éléphants oranges et des lions rouges à crinière verte ; il y est accueilli par une cour composée

d’un couple royal et d’une créature parée comme un humain mais à la physionomie d’un gros oison ; c’est le favori de la reine

ainsi transformé par un mage au cours d’une guerre menée à coups de sortilèges et dont le « coquillage » d’une princesse

semble être l’enjeu ultime. Défile alors une galerie de personnages, guerriers, magiciens, aux noms à consonances orientales

(Ramazan, Abdalon, Androbolan, Barmangor ou Brambouc)... Enfermé dans une tour de plomb et de charbon, il découvre des

compagnons d’infortune qui content par quels enchaînements de péripéties chacun a abouti dans ce monde souterrain… L’un

d’eux, gentilhomme flamand, n’a de cesse que de réciter un long poème épique, qu’il a écrit sur sa chemise et qui narre la geste

et les amours d’un dénommé Florent de Borsèle... On notera une réflexion pré-proustienne sur les sensations de l’enfance :

l’auteur se demande pourquoi une odeur de térébenthine lui plaît, et en trouve l’explication dans le souvenir olfactif d’un soldat

de plomb qu’on lui offrit quand il avait quatre ans : « on l’avait mis en parade sur la cheminée, et comme on ne me le donnait

pas toujours et que j’étais trop petit pour y atteindre, je devais me contenter de l’admirer et de renifler l’odeur de la térébenthine

avec laquelle il était peint, et à présent encore cette odeur ne se porte à mon odorat sans que le souvenir de mon petit soldat ne

se réveille au même instant, ô jours heureux de ma première enfance ! » Notre héros finira par s’échapper… « Mais la voiture

tourne à gauche et quitte la grande route ; je m’éveille, j’ouvre les yeux que vois-je ? Je suis dans l’avenue, voilà le château tout

devant moi, voilà le Baron avec son gros ventre [...] Adieu poëte mon ami ; adieu Androbolan, Grandbouc, j’ai bien d’autre chose

à faire, j’arrive à Wisbecque ».

Imaginatif, bizarre, onirique, ce récit participe de l’engouement du XVIII

e

siècle pour les voyages imaginaires sans rien

perdre de sa propre originalité…

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