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réactionnaires. Blum cherche à dissiper l’équivoque que ce candidat entretient « autour de sa personne et de sa position politique

véritable », en s’adressant à ses camarades algériens, mais en toute discrétion.... Il demande au « Camarade Cianfarani » de

prendre connaissance de la lettre qu’il a envoyée au camarade Cayron : « j’ai une entière confiance dans son jugement »...

On joint 3 autres L.S. à D. Cianfarani, par Léon Blum, et Fernand Bouisson (2) ; une caricature du « Citoyen Cianfarani »

dans une réunion publique à Constantine (1932) ; plus une L.A.S de Léon Blum à l’antiquaire Moline (1922).

273.

Marie BONAPARTE

(1882-1962), pionnière de la psychanalyse, traductrice de Freud. L.A.S., Paris 22 mai 1939,

[à Marcel Thiébaut] ; 1 page et demie in-4 à son adresse.

200/250

Sur sa préface à

Un Hamlet noir

du psychanalyste Wulf Sachs. « Je vous renvoie l’avant propos de John – revu et corrigé. Il

m’est impossible pourtant de dire que l’“hamlétisme” de John transparaît cependant, car il ne transparaît ni à des yeux experts

ni à d’autres. Le titre est inadéquat, et c’est le plus grave défaut de ce travail. Quant aux autres données psychanalytiques, on

peut dire qu’on les entrevoit, et je l’ai dit. J’ai davantage par contre insisté sur la valeur ethnographique du travail. C’est en

effet son mérite principal ; on a peu publié de monographies semblables, vues du dedans, sur un cas dramatique de “conflit des

cultures”. J’espère que l’avant propos, ainsi conçu, ne nuira pas à ce très pesant travail »…

274.

Louis BRAILLE

(1809-1852) inventeur du système d’écriture à l’usage des aveugles. Lettre à caractères en relief,

Paris 20 février 1840, à Adolphe de Watteville, Inspecteur général des établissements de bienfaisance ; 1 page et

quart in-4, adresse avec cachets postaux.

800/1 000

Rare lettre-spécimen de son écriture en relief. « L’intérêt que vous portez à notre Institution, et l’accueil flatteur dont

vous avez honoré mon nouveau modèle d’écriture, m’enhardissent à vous offrir ces lignes qui en sont le spécimen, et si cela vous

est agréable, j’aurai l’honneur de vous présenter, samedi prochain, les écritoires imaginées pour cet objet. Livré à mes seules

ressources, je regrette de n’avoir pu continuer mes recherches, mais votre bienveillance pour cette affaire me réjouit et me fait

espérer que vous voudrez bien appuyer la pétition que je vais adresser de nouveau à Monsieur le Ministre de l’Intérieur »... Il

signe par l’écriture en relief : « Braille de l’Institution des Jeunes Aveugles ».

On joint un alphabet en braille : « Écriture des Aveugles L. Braille » (1 p. in-8).

275.

Georges-Louis Leclerc, comte de BUFFON

(1707-1788) le grand naturaliste et écrivain. L.S., Montbard

8-10 mai 1776, [à Louis-Bernard Guyton de Morveau] ; 4 pages petit in-4 (la fin manque).

800/1 000

Très belle lettre scientifique. Il lui reproche aimablement d’avoir quitté une affaire importante, pour venir s’amuser

avec eux de projets de fourneaux et d’expériences. « M. Allut vient de partir pour s’en retourner chés lui par la route de

Chatillon. Après avoir beaucoup raisonné sur ce que je pouvois faire dans mon fourneau pour l’acier, j’ai reconnu qu’il falloit

abandonner le projet de s’en servir, et en conséquence j’ai pris le parti de vous prier d’accepter pour le laboratoire de l’académie

les deux grands creusets de 42 pouces, les trois autres de 28 pouces, tout cinq en argille et aussi les deux qui restent en pierre

calcaire : ce présent quoique bien gros et bien pesant ne peut acquérir de valeur qu’entre vos mains »... Il parle de ses projets

de glaces arrondies de diverses épaisseurs ; il en donnera une à l’Académie de Dijon, à qui Pajou doit envoyer incessamment

« le Buste en terre cuite » de Buffon, qui remboursera les frais de port. Un long post-scriptum annonce l’envoi d’un « petit

paquet d’une poussiere de pierre ou autre qu’un maître de forge qui a assisté aux expériences faites avec le charbon de terre

dit être un grand secret. Il s’en est servi devant nous pour refroidir le foyer trop chaud de l’affinerie. Avec moins d’un quart

d’once de cette poudre qu’il a projetté dans le foyer de l’affinerie le laitier qui étoit d’un rouge beaucoup trop vif a diminué

de couleur, et il a fait la même opération sur des barres de fer rouge ». Il fait confiance à Morveau pour trouver ce que ce peut

être : « je pense que ce n’est qu’une matiere pierreuse, vitrescible et très fondante ou du spath fusible et peut-être quelque chose

d’encore plus commune. J’ai vû brûler par la méthode du Comte de Stuart une grande quantité du charbon de Montcenis et

vous pouvés être assuré qu’il contient beaucoup de soufre, car on ne pouvoit respirer autour du fourneau tant l’odeur de soufre

étoit suffoquante »... Il évoque d’autres expériences sur des charbons de bois ou de terre, s’étonnant que les Anglais n’aient

pas encore trouvé sa méthode, et il termine par un beau compliment sur la renommée de son « magnifique

Cours de Chymie

;

j’ai dit qu’on commençoit a parler cette science, vous allés la porter tout d’un coup au dernier dégré de clarté et d’éloquence, en

répandant les vrais principes, vous reculerés les bornes étroites où il sembloit que la chymie s’étoit circonscrite »... Guyton de

Morveau a noté en tête : « La poudre est de la corne de cerf calcinée »...

276.

Georges-Louis Leclerc, comte de BUFFON

. L.S., au Jardin du Roi 5 mars 1786, [à Louis-Bernard Guyton de

Morveau] ; 4 pages petit in-4.

800/1 000

Il connaît ce docteur de Lima qui s’appelle Le Blond et a rapporté une grande quantité de platine dont il ne veut se défaire

qu’à 50 écus la livre : « il ne trouvera pas à la vendre à ce prix quoiqu’on commence à l’employer dans les arts. M. l’abbé Rochon

en a fait plusieurs miroirs de Télescope dans lesquels néanmoins le poli n’est pas encore aussi parfait qu’il seroit à desirer, car on

y voit à l’aide du microscope plusieurs petits points qui interceptent ou plutôt ne réfléchissent pas la lumière aussi vivement que

le reste de la surface »... Cependant Le Blond a fait quelques bonnes observations qui sont citées dans le 4

e

volume de l’

Histoire

des minéraux

. Buffon doute qu’il soit possible de convertir le platine en or, mais l’abbé Rochon fait des essais « d’après mes

vues » pour faire de la platine artificielle semblable à la platine naturelle : « Il faut faire fondre un gros d’or fin avec six gros

d’arsenic ; l’or devient blanc et cassant, il faut ensuite pulvériser dans un mortier d’agate ce bouton d’or blanc puis le faire se

fondre en y ajoutant trois gros de sablon magnétique le plus attirable à l’aimant »...

Reproduit page 86