Background Image
Previous Page  90 / 124 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 90 / 124 Next Page
Page Background

88

l’étincelle : le gouvernement général où se sont retirés les CRS est pris d’assaut. « On téléphone aux généraux Salan, Jouhaud,

Massu [...]. Ils arrivent affolés. Ils pénètrent dans les locaux pour voir des jeunes gens semi inconscients jeter les dossiers par

les fenêtres. Ils ne peuvent faire entendre les appels au calme [...] Au dehors, la foule scande : “Massu, Massu !” Les généraux,

les journalistes se consultent. Enfin ils décident de créer un Comité de Salut Public, dont Massu, si populaire à Alger sera le

Président. Ainsi, cette révolution a été une surprise totale pour tous. Elle n’a pas été préparée – ni par les militaires – ni par les

civils – ni par les Français – ni par les musulmans »... Il résume la hiérarchie qui s’est établie, les rôles de Massu et Soustelle,

l’incompréhension du gouvernement de Paris, et l’enthousiasme des Algériens décrits par Soustelle comme des Français « à part

entière [...]. Dans la griserie générale, on ne s’aperçoit pas immédiatement de la portée de ces paroles. Mais dès le lendemain, on

est amené à parler de “

fraternisation

”. On convoque tous les musulmans à des manifestations de sympathie [...] Dès lors, c’est

le principe de l’

intégration totale

qui est admis. Or, de cette intégration aucun Français d’Algérie n’en veut »... De Gaulle, reçu

triomphalement à Alger, a pris à son compte ce principe, et pour l’instant le général Salan est le seul patron, mais la prochaine

échéance résidera dans les élections ; « seuls, le prestige et l’autorité du général de Gaulle sont susceptibles de nous éviter une

horrible lutte fratricide et de nous sauver de la déchéance totale. Puisse-t-il obtenir ce

miracle

»...

262.

ALSACE

. Manuscrit autographe signé d’A. Monestier, élève de 2

e

classe des Ponts et Chaussées,

Journal de

mission

, 1840 ; 209 pages et demie in-fol., plus un feuillet de dessins sur papier calque intercalaire, rel. demi-

maroquin fauve, titre doré.

800/1 000

Ponts et chaussées. Mémoire d’études portant en sous-titre :

Mission dans le dép

t

du Bas-Rhin avec la résidence de

Strasbourg, sous les ordres de Monsieur Schwilgué ingénieur en chef du département et de la 3

me

section du Canal de la Marne

au Rhin

, signé en fin par Schwilgué, Ingénieur en chef du Bas-Rhin, Strasbourg 18 novembre 1840, qui juge le travail de

Monestier excellent pour une première mission. Rédigé avec soin, et illustré de nombreux croquis, dessins, plans et schémas

(quelques feuillets volants manquent), ce manuscrit, complété par une table détaillée, aborde tous les domaines du service des

Ponts et chaussées : observations sur les routes, ponts et ouvrages d’art, le Rhin et les canaux (de la Marne au Rhin, du Rhône

au Rhin, de la Robertsau), et le futur chemin de fer de Strasbourg à Mulhouse, avec précision sur les tracés, les dimensions, les

coûts, les éléments, etc.

Ex-libris

Bibliothèque de A.

M

onestier

, Ingénieur des Ponts & Chaussées

.

Reproduit page 86

263.

AMÉRIQUE

. L.A.S. « Mouts », [Nouvelle-Orléans, 10 février 1830], à son cousin M. Mouts, directeur d’une

maison d’éducation au Havre ; 3 pages in-fol., adresse avec marques postales (déchirure avec manque par bris de

cachet).

300/400

Depuis la traversée il éprouve un appétit que « tout irrite, surtout depuis que j’ai goûté l’eau duMyssissipi qui est excellente » ;

il apprécie les mets du pays, mais moins la vue depuis l’embouchure du fleuve jusqu’à la Nouvelle-Orléans : « image de la

désolation »... Depuis il a aperçu de riches propriétés et de vastes solitudes. Il apprécie la ville, ses habitants républicains, ses

nègres nombreux « qui auraient une tendance à s’insurger si l’on n’y prenait garde, ils sont au reste fort gais les négresses

toute la journée fredonnent quelques airs à la française et vont le dimanche danser au son du tambourin j’ai vu tant de gaieté

parmi eux que je n’ai pu m’empêcher d’admirer la providence qui fait goûter à l’esclave des plaisirs qu’elle refuse au maître »...

264.

Francisco ANGULO

(1756-1815) savant espagnol, ingénieur des mines, homme politique et ministre du roi

Joseph Bonaparte. L.A.S., Madrid 22 décembre 1786, [à Louis-Bernard Guyton de Morveau] ; 4 pages petit in-4.

400/500

Il continuera de rendre compte de ce qu’il voit en voyage ; à la veille de visiter les mines de l’Andalousie, il se plaint du silence

d’Elhuyar, qui ne lui envoie même pas le livre de Born sur la nouvelle méthode d’amalgation « de plus en plus generale dans

les états de l’Empereur »… Il tient de Megnié, qui est à Madrid, une anecdote au sujet du baromètre de l’Académie de Dijon,

dont l’abbé Bertrand a cassé les deux tubes lors de l’emballage, et, au lieu de le renvoyer à Megnié, chargea Carruchet de

remplacer ces tubes : « il faut que vous sachiez que M. Carruchet ne fit point bouillir le mercure ; on ne peut donc pas compter

sur une grande exactitude dans les observations faites avec cet instrument. La graduation du termometre qui est a coté du meme

barometre est celle de M. de Hue (comme nous avions pensé) en 80 parties depuis 0 jusqu’à l’eau bouillante ; mais Meigné

s’est trompé sur les chiffres, et l’abbé Bertrand ne voulut point attendre qu’il les rectifia »... Il a fait faire pour son voyage un

laboratoire portatif : « J’y ai joint votre lampe, mais je lui ai donnée plus d’hauteur pour augmenter l’activité de la flamme, et

je l’ai faite a double fonds pour user moins d’huile a la fois. Mes nouvelles occupations vont je crois m’empecher de traduire

votre Dictionnaire »...

265.

Louis-Emmanuel-Henri-Alexandre de Launay, comte d’ANTRAIGUES

(1753-1812) député de la noblesse

du Vivarais aux États Généraux, il émigra et devint un redoutable espion et agent secret (et double) dans l’Europe

de l’émigration, avant d’être assassiné avec sa femme, la cantatrice Saint-Huberty. L.A.S., 15 décembre [1803 ?] ;

1 page et demie in-4.

200/250

Il a reçu un billet de Francis Drake (ambassadeur de Londres à la Cour de Bavière), mais il est bien décidé à ne rien faire et

ne peut adopter le plan que lui propose son destinataire ; il attend une lettre de M. Wilkam et ne fera « pas un pas jusques à ce

que je laie reçue ou que j’ai vu des pouvoirs du roi de France soit en vos mains soit en celles de M. de M. [...] je prens sur moi la

resolution de ne plus tourmenter quelqun qui me fait refus sur refus à chaque demande et qui a pris son parti. Hier vous et moi