sciences
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une grande probabilité en faveur du nouveau
corps simple. – Nous proposons pour ce
corps le nom de
radium
»…
1899
.
27 avril
. Il remercie des renseignements.
« Le n° 1300 provient d’un fractionnement des
azotates. – Le n° 1100 d’un fractionnement
des chlorures, mais la plus grande partie du
produit avait été sublimée à l’état de sulfure
ce qui explique le peu de bismuth. – Nous
venons de trouver que le n° 1100 contenait
une petite quantité d’un sulfure soluble dans le
sulfhydrate d’ammoniaque probablement de
l’antimoine, est-ce que la réaction spectrale de
ce métal est peu sensible ? Ne vous fatiguez
pas trop pour les raies non encore identifiées
que vous nous signalez. Nous espérons pou-
voir vous soumettre prochainement un produit
plus actif et si ces raies sont nouvelles elles
seront renforcées »…
7 mai
. « Je vous envoie
par la poste deux produits renfermant du
polonium, le premier a une activité de 8500
le 2
me
une activité de 850, ces deux produits
sont la
tête
et la
queue
d’un fractionnement
par l’eau d’azotates ayant une activité de 3000.
– Comme vous le voyez les fractionnements
agissent toujours énergiquement et nous
sommes loin d’avoir un produit pur. – Mais
qu’est-ce que nous fractionnons ? Vous seriez
bien aimable de nous le dire. – S’il n’y a que
du bismuth et du polonium le bismuth doit
au spectroscope faire sensiblement le même
effet que s’il était pur. […] je ne comprends
pas qu’est-ce qui pouvait accompagner le
polonium dans les sulfures sublimes que
nous avons obtenus il y a quelque temps ; ce
ne pouvait être du bismuth puisque le sulfure
n’est pas volatil et l’antimoine ne pouvait se
trouver qu’en très petite quantité. Nous nous
demandons si nous n’avons pas un produit
moitié analogue au bismuth et dont le sul-
fure serait volatil. – Nous avons constaté que
tous les azotates d’activité inférieure à 3000
finissent en les fractionnant par l’eau par se
dédoubler d’une part en produits très actifs
et d’autre part en produits à peine actifs ; il
semble donc qu’il n’y ait pas de corps ayant
une activité comprise entre 1 et 3000 »…
24
mai
. « Nous faisons traiter en ce moment le
tonneau de minerai que nous avons, nous
aurons ainsi une quantité de matière active
assez forte et nous n’aurons plus à nous
débattre avec des quantités infinitésimales.
En voulant distiller une très petite quantité
de sulfure très actif dans un courant d’acide
carbonique j’ai perdu presque toute l’acti-
vité, j’imagine qu’il y avait un peu d’air ou
d’humidité dans l’acide carbonique et qu’il
s’est formé le composé gazeux actif dont
nous avons une fois constaté l’existence en
chauffant la pechblende. – En attendant nos
nouveaux produits, nous cherchons à recon-
naître la nature du produit actif qui fait partie
du groupe du fer »…
24 juin
. Il veut lui envoyer
une substance à examiner : « Il s’agit du corps
radioactif voisin du fer, dont je vous ai déjà
parlé. – Quant au polonium et au radium nous
attendons les résultats du gros traitement en
cours qui ne marche guère vite »…
30 juillet
.
« Je crois qu’il ne nous est plus guère pos-
sible de douter que nos corps radio-actifs
ne soient des éléments nouveaux et c’est
grâce à vous que nous avons pu acquérir la
quasi-certitude de ce que nous pensions »…
Il envisage un nouvel examen d’un échantillon
encore plus actif ; Mme Curie « va essayer de
rechercher s’il y a une différence dans le poids
atomique […] Le dernier produit que vous avez
examiné avait à l’état de chlorure une activité
de 900 je crois c’est donc probablement un
produit environ 13 fois plus riche que nous
vous avons envoyé. – À l’état de sulfate les
sels (Ba Ra) sont environ 3 fois plus actifs il
faut donc s’attendre à une activité de 36 000
à l’état de sulfate »…
20 septembre
. « Nous
allons travailler dans le but de vous remettre
un produit plus riche. Avec un produit valant
6000 environ M
me
Curie a trouvé une diffé-
rence de 2 unités sur le poids atomique, elle
a obtenu 140 au lieu de 138, obtenu avec du
chlorure de baryum purifié dans des condi-
tions identiques. Nous serons bien contents
M
me
Curie et moi si vous voulez vous occuper
des métaux radioactifs.
La Société centrale
de produits chimiques
, ancienne Maison
Rousseau, (44 rue des Écoles) vient juste-
ment de terminer le 1
er
appareil (électroscope
avec plateaux et microscope) pour l’étude
des corps radio-actifs. Si vous le désirez cet
appareil sera mis à votre disposition. Le prix
de l’instrument n’est pas encore bien établi,
mais ce sera quelque chose comme 200
ou 250 francs. – J’ai essayé l’appareil hier,
l’isolement est excellent, et c’est la qualité
essentielle »… Il rend compte des travaux de
M. DEBIERNE sur les substances actives de
la pechblende non précipitable : il a séparé
« une substance très active (8000 fois ura-
nium) ; cette substance a des propriétés
chimiques assez analogues à celles de l’acide
titanique »…
25 octobre
. Il annonce sa venue
au laboratoire avec du radium à soumettre
à l’examen de Demarçay. « Je vous plains
d’avoir à remonter un aussi gros rocher, mais
nous ne sommes pas dans une situation
meilleure, au contraire ; nous sommes en
train de nous noyer dans une mer agitée ! –
Nous sommes en train de nous débattre avec
un phénomène d’émission secondaire de
rayons de Becquerel par lequel tous les corps
peuvent être rendus radio-actifs !! – C’est très
troublant et nous commencerions à douter
de tout, si ce n’était vos raies du radium qui
nous consolent. – Croyez-vous à la théorie de
CROOKES
sur l’évolution des éléments ? »…
27 octobre
. « Nous avons un fractionnement
en train depuis 15 jours et relatif aux produits
en radium de 450 kg de résidu. – Nous nous
figurions que les capsules de tête étaient déjà
très actives. Mais hier nous avons pris l’activité




