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Collection Alfred de Vigny

RTCURIAL

15 novembre 2016 14h30. Paris

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Alfred de VIGNY

1797-1863

Lettre autographe signée

à Lydia de Vigny

[Pau, décembre 1824]. 8 p. in-12

(12,7 x 10 cm).

La première lettre conservée d’Alfred

de Vigny à sa jeune fiancée. Elle fut

écrite alors que celui-ci tentait

d’obtenir de sa mère un consentement

à ce projet de mariage malgré les

doutes qu’elle entretenait sur la dot

et les “espérances” de sa future bru.

La question de la fortune de Lydia

Bunbury et de l’héritage de son père est

d’ailleurs au cœur de cette lettre :

«Ne nous affligeons plus, chère Lydia,

je vais tenter un nouvel effort pour

mon bonheur ; après tant d’obstacles

surmontés, je ne serai pas arrêté au

moment d’obtenir votre main, ce que

je désire le plus au monde. Je vais

écrire à ma mère mais comme elle n’a pas

le même cœur que moi pour vous, je ne

lui dirai pas la dureté avec laquelle

Mr votre père a refusé un mot d’écrit

qui attestât la part que vous auriez

à son héritage. Vous avez vu aussi

qu’elle ignore que vous n’avez aucun

revenu actuel. Il faut éviter de le

lui faire savoir et que j’obtienne son

consentement qu’elle a fait légaliser

par devant notaire comme elle me l’a

dit. […] Vraiment lorsque je viens à

penser que Mr Bunbury avec un trait de

plume qui n’est rien pour moi et tout

pour sa fille pourrait tout terminer,

je ne puis m’empêcher de sentir que si

j’étais père je n’agirais pas ainsi. Que

d’inquiétudes encore, que de tourmens il

va nous causer !».

Cette lettre est conservée dans une

double enveloppe. La première porte

l’inscription «Dec 24» de la main de

Lydia. La seconde porte deux annotations

autographes de Vigny, dont celle-ci :

«janvier 1863 - Douces reliques. Ma

Lydia avait en secret conservé dans

son nécessaire le plus cher pour elle

de mes premiers billets en 1825 [sic]

à Pau. Celui par lequel je la priais à

l’aider à cacher à ma mère qu’elle était

dépouillée de sa fortune par sa belle-

mère et que je l’aimais pour elle-même

et sans rien attendre de sa fortune

arrachée par ruse».

Provenance :

Archives Sangnier (cachets)

Bibliographie :

Alfred de Vigny,

Correspondance

, 24-31.

1 000 - 1 200 €