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Collection Alfred de Vigny
RTCURIAL
15 novembre 2016 14h30. Paris
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Alfred de VIGNY
1797-1863
Réunion de vingt lettres autographes
signées à Virginie Ancelot
Pau, Paris, le Maine-Giraud, 20 juin
1824-20 mars 1861. Ens. 77 p.
in-12 et in-8 (dimensions diverses),
suscriptions et 3 enveloppes.
Correspondance d’Alfred de Vigny
à Virginie Chardon (1792-1875) qui
épousa en 1817 le dramaturge et futur
académicien Jacques Ancelot. Si elle
s’était fait d’abord connaître comme
peintre - elle exposa régulièrement au
Salon entre 1814 et 1819 - c’est surtout
en tant que femme du monde qu’elle donna
toute la mesure de sa personnalité
hors-norme : «Dans son salon,, dont
le recrutement en soixante ans allait
évoluer avec un grand pragmatisme,
Virginie Ancelot sut recevoir un monde
nombreux, aussi influent que mêlé :
elle associa toujours artistes, hommes
politiques, français et exilés, hommes
de lettres, journalistes et gens à
la mode, n’hésitant pas à mêler les
partis et les générations, conviant
académiciens et débutants. Parmi de
nombreux autres, Guizot, Tocqueville,
Delacroix, Brifaut, Custine, Ballanche,
Mérimée, Stendhal, Musset et surtout
Vigny, qui fut un de ses grands fidèles,
fréquentèrent sa maison» (Alfred de
Vigny, Correspondance, V, p. 596).
Femme de lettres, elle écrivit sous la
monarchie de Juillet plusieurs pièces et
romans à succès, et se fit mémorialiste
pour immortaliser l’un des derniers
salons littéraires parisiens, qu’elle
avait aussi peint à diverses époques.
Les lettres présentées ici sont
parmi les très rares d’Alfred de
Vigny à Virginie Ancelot à avoir été
conservées ; la plupart évoquent la
fille de Virginie Ancelot, Louise, dont
on attribue la paternité à Alfred de
Vigny mais sans preuve formelle, et
les enfants de celle-ci et de l’avocat
Charles Lachaud, Georges, le filleul
du poète, et Thérèse. «Ne vous figurez
pas, [Mada]me, que je sois dans un
pays [chaud ?] parce qu’il y a le nom
de Pau en [haut] de ma lettre. Je suis
bien convaincu à présent que je m’étais
trompé en croyant le pays au midi, il
est fort au nord de Paris, car à mesure
que j’approchais des Pyrénées, j’ai
trouvé du froid, ici de la pluie et un
peu plus loin de la neige ; si bien que
je vous écris à l’heure qu’il est les
pieds dans le feu. » (20 juin 1824 ; la
lettre présente un important manque
central touchant plusieurs lignes) ; «Il
y a des salons qui nous enveloppent de
tous les petits liens de Guliver [sic]
sans qu’on s’en puisse détacher quelque
secret reproche que l’on se fasse.
Aujourd’hui dans le silence des bois
et des prairies, du fond d’une grande
tour où j’écris beaucoup, j’envoie
tous les sentimens que vous connaissez
si bien, à vous d’abord puis à la sœur
Ange Louise qui est sans doute près
de vous. » (12 décembre 1850) ; «Vous
avez fait pénétrer dans ma demeure,
soirée par soirée, une douce lecture
qui a duré trop peu de temps mais qui a
charmé des heures fort attristées et que
je travaille sans cesse à rendre plus
légères. Je vous remercie, mon amie, de
m’y avoir aidé. Vous étiez médecin sans
le savoir. - Le feuilleton tant combattu
a un avantage sur le livre, c’est que
personne ne peut courir au dénouement
par curiosité, on ne voit chaque scène
qu’à son tour, comme au théâtre» (2
janvier 1853, à propos de Renée de
Varville, roman de Virginie Ancelot paru
en feuilletons dans le Constitutionnel à
la fin de l’année 1852).
[On joint :]
Virginie ANCELOT (1792-1875). Lettre
autographe signée à Alfred de Vigny.
[Paris, entre le 5 et le 9 avril 1846].
Une page in-12. «Il y a une personne, une
dame de ma connaissance qui va faire un
journal pour les jeunes personne. Elle
voudrait y citer un fragment de vous et
me charge de vous envoyer cette lettre
pour vous en demander la permission.
Soyez assez bon pour lui faire cette
faveur». C’est la seule lettre de
Virginie Ancelot à Alfred de Vigny
conservée dans les archives du poète,
les autres ayant été détruites.
On joint en outre une lettre d’Anaïs
Lebrun à Vigny, celle évoquée par
Virginie Ancelot (1 p. in-12), le
brouillon autographe de la réponse du
poète à cette lettre (9 avril 1846 ;
1 p. in-8) et une note autographe
signée d’Alfred de Vigny qui devait
vraisemblablement accompagner les
lettres qu’il avait reçues de Virginie
Ancelot : «Lettres à Brûler. Je compte
sur l’Honneur de la personne qui ouvrira
cette cassette pour l’exécution de la
prière que je fais de brûler tout cette
correspondance qui me fut précieuse
pendant longtemps. » (Paris, 8 juillet
1848).
Quelques manques, déchirures et pliures
marginales, certains atteignant
légèrement le texte. Manque central
important à deux lettres. Quelques
brunissures, taches et trous d’épingles.
Provenance :
Archives Sangnier (cachets)
Bibliographie :
Madeleine Ambrière, Nathalie Basset,
Loïc Chotard et Jean Sangnier,
Alfred de
Vigny et les siens : documents inédits
,
1989, n° 1, 3, 4, 6, 9-11 M, 16-18, 20,
24-28, 30, 33, 37, 41, 50, 54, 58, 73.
5 000 - 6 000 €




