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1
ère
Vente aux Enchères
– Genève,
27
novembre
2018
Émile
ZOLA
– Lettre autographe signée adressée
à sa
« chère femme »
en voyage à Rome. Paris,
14 novembre 1895. 3 pp. in-8.
Seconde lettre, datée du lendemain, à sa femme
en séjour en Italie alors que Zola termine l’écriture
de
Rome
, second volume de la série des
Trois villes
A propos des visites de courtoisie qu’Alexandrine doit
rendresurplace :
«
Jevoisquetucontinuesbravement
tes visites, avec bon accueil partout, et que tu vas en
être bientôt débarrassée. Tu pourras te reposer et te
promener pour toi, jouir de Rome à ton aise
. Tu me dis
que, malgré le plaisir que tu auras à revenir, tu trouves
que les journées filent bien vite. Encore une fois, reste
là-bas à ta guise, prolonge ton séjour si tu en as le désir,
car je veux que tu me reviennes sans aucun regret. Ici,
la maison ne souffre pas; moi,
je travaille, je mène
ma petite vie réglée comme une machine, content
si tu es contente.
– Seulement, tu me préviendras trois
jours à l’avance de ton départ, par le télégraphe, pour
que je cesse à temps de t’écrire au Grand-Hôtel. Je te
conseille toujours de ne pas revenir d’une traite et de
t’arrêter deux jours à Zurich… »
Puis de ses enfants, qu’il accompagne au cirque :
«…J’ai enfin pu mener cette après-midi les enfants
au Nouveau Cirque. Ils sont plus grands, ils
s’intéressent davantage au spectacle. Pourtant
Jacques
[Jacques Rozerot, l’un de ses deux enfants
naturels qu’Alexandrine fit reconnaître en 1902,
au décès de leur père]
trouve encore les clowns
trop vilains, et il ne veut pas les regarder. Quand
ils s’allongent des gifles, cela le bouleverse.
C’est décidément une petite âme très sensible et
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très affectueuse
[Jacques Emile-Zola (1891-1963)
deviendra médecin] …
.
Denise
[Denise Emile-Zola
(1889-1942) épousera le journaliste Maurice Le
Blond]
, elle, est bien gentille ; mais c’est une tête
sans cervelle. A son cours, il paraît qu’elle est
extraordinaire d’inattention, regardant comment la
maîtresse a le nez fait, au lieu d’écouter ce qu’elle
dit.
Je crois qu’on aura pas mal de peine à lui mettre
quelque chose dans la cervelle. Mais ça m’est égal. Je
dis comme Bruneau que ça ne fait rien, pourvu qu’elle
se porte bien et qu’elle ait un peu de cœur… »
Et enfin sa collaboration avec son ami Alfred
Bruneau
: «…J’ai ouvert mes salons, ce soir; mais je n’ai
vu que Bruneau, qui vient de partir. Il est onze heures
et je suis tout heureux de me coucher de bonne heure.
Nous avons causé longuement de
« Messidor ».
Il
aura fini le troisième acte dans huit jours
, et il nous
le jouera chez lui, vers la Noël,.. Bruneau compte
avoir fini complètement
« Messidor »
, en février. Nous
avons causé aussi du
« Figaro »
.…En accompagnant
Bruneau, je viens de laisser Monsieur Pin se promener
pendant dix minutes dans la rue. Il était fou de joie.
Maintenant, il va venir faire dodo, et il en a besoin,
car il doit couver une petite indigestion, tellement
il a mangé de l’oie, avec moi, sur la table
… »
Le compositeur Alfred Bruneau (1857-1934), élève
de Jules Massenet fut critique au
Gil Blas
puis au
Figaro
. En 1888, il fait la connaissance d’Emile Zola
et entretient ensuite avec lui une profonde amitié.
Zola écrira le livret de son opéra
Messidor
qui sera
créé à l’Opéra de Paris le 19 février 1897.
€ 1’500 - 2’000




