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Louis ARAGON
.
L.A.S., Toulon 18 juillet 1973, à Edmonde
Charles-Roux
à Panarea
en Sicile
;
1 page in-fol. très remplie, enveloppe.
Intéressante lettre sur un projet d’adaptation scénique de
son célèbre poème
L
e
F
ou
d
’E
lsa
. Il a vu Antoine
Bourseiller
en Avignon, qui a décliné la possibilité de monter
Le Fou d’Elsa
,
« estimant que cela ferait un spectacle de 5 heures, que cela représente
un travail non de metteur en scène, mais de coordinateur de professions
engagées »… Il a reçu à ce propos une longue lettre de Pierre
Cardin
,
qu’il retranscrit en partie : le bilan financier de l’Espace Cardin le
force à renoncer à cette production, mais peut envisager pour 1974
une transposition scénique du poème réductible aux dimensions
du plateau du théâtre, mais sous certaines conditions… Aragon
comprend les raisons de Bourseiller, qui lui a dit que la décision de
Cardin était peut-être salutaire si
Werner
choisissait « de travailler
à Paris avec une jeune compagnie, et non point à l’Espace. Il dit que
c’est ainsi qu’il a commencé, cherchant de l’argent à droite et à gauche,
etc. […] Je vais donc, avec Alain [Werner], chercher des sous »… Par
contre les arguments de Cardin lui paraissent assez insensés, « si on
songe qu’à la mi-juin Cardin me réaffirmait que je n’avais aucun souci
à me faire et que qu’il monterait de toute façon, comme prévu et sur
sa propre proposition, dans le jardin hors l’Espace », etc. « Il avait en
mains le texte depuis novembre 72 », ce n’est donc pas l’adaptation
qui est en cause, mais plutôt la situation financière de Cardin : les
renseignements qu’Aragon a obtenu à ce sujet font état « d’un déficit
de 250 millions pour l’année au bilan de l’Espace : extraordinaire
qu’il n’en ait eu aucune idée il y a un mois ! » Il soupçonne Cardin de
lui avoir menti, d’autant qu’il a appris qu’il avait renvoyé depuis un
bon nombre d’employés… « En attendant, nous voilà jolis, tenus neuf
mois en suspens par des promesses répétées pour en arriver là. », etc.
On joint
un billet a.s. d’Aragon : « Pour Edmonde, ce manuscrit d’à
mi-chemin, retrouvé dans les cendres du C.E.S. Henri-Matisse, jour
pour jour. Louis » ; une lettre de J. Deville concernant la reproduction
du manuscrit du
Matisse
d’Aragon ; plus la photocopie d’un texte
d’André Breton.
500 / 600
€
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