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album d’autographes

. Album de plus de 60 lettres ou

pièces, la plupart L.A.S., avec des fragments découpés, la plupart

collés ou montés dans un album, réemploi d’un registre d’artisan (dos

toilé cassé, défauts), constitué par Fernand Goujon, docteur en droit.

Valentin Abeille, Juliette Adam, Charles Blanc, Eugène Brieux, émile

Buré, Jean Chiappe, Dranem, Maurice Dumont, Eugène Étienne,

capitaine Ferdinand Ferber, Gustave Hervé, Paul Hervieu, marquis

de La Rochethulon, Louis Lépine, Jules Massenet, Félix Mayol,

prince Louis de Monaco, Georgette Mounet-Sully, Georges Picot,

Léon Renault, Jacques Rouché, Félix Voisin, etc.

400 / 500

2

Jean ANOUILH

(1910-1987).

4 L.A.S., s.d., à l’acteur Jacques

Castelot ;

8 pages formats divers.

[1948]

. Au sujet d’

Ardèle, ou la Marguerite

 :

« La pièce se décale,

elle n’a plus la même densité qu’aux premières », et Pietri va leur en

parler. « D’abord le saut avec Sainval au moment d’enfoncer la porte

est inadmissible. C’est la chienlit. Il faut y renoncer tous deux dès ce

soir. Ils doivent être grotesques parce qu’ils essaient sans y parvenir

d’enfoncer une porte, pas faire les pitres pour faire rire. Dans votre

grande scène ensuite, vous avez évité le côté dramatique Bernstein

sauf tout à la fin : quand vos cris à tante Ardèle “après tout vivez

embêtez tout le monde”. Il faut

plus d’ humeur

que de pathétique […]

Vous n’avez pas gardé le côté

jeu

que nous avons établi […] Plus gai,

plus drôle, plus enlevé, là ça prend tout de suite le côté “humain” qui

me fait peur et “naturel”. C’est triste mais je vous jure que le grand

art serait qu’on ne pense qu’on ne sente pas que vous avez fini votre

scène et qu’on n’ait pas envie de vous applaudir à la fin, pour que ça

refroidisse sur le “moi” du St Cyrien »…

Praz-de-Fort (Valais)

. « Je

suis heureux de savoir que vous avez enfin tous trouvé le rythme du 4

e

acte. On peut être profond ou pas, drôle ou pas, tout le théâtre c’est

le rythme »…

[Après 1976]

. « Je veux vous dire que je pense à vous

affectueusement et que j’espère vous retrouver bientôt dans un rôle

où il y aura un peu plus de texte ! Mais tout le monde m’a dit que

vous étiez merveilleux dans le baron Hector… Je garde la nostalgie

de

Chers

zoiseaux

. C’était tout de même une bonne pièce et grâce en

partie à vous si drôle dans Duplessis. C’était le bon temps où je faisais

la cuisine moi-même ! »… – « Je suis navré que vous ne soyez pas de

cette tournée. Il paraît que vous aviez abordé très bien dans le style

Victor Boucher le rôle du maître d’hôtel »…

On joint

, adressées au même, une L.A.S. de Pierre

Fresnay

(parlant

d’Anouilh), et des L.S. d’Henri

Bernstein

(4, plus 2 télégrammes),

Jacques

Chirac

(plus télégramme de condoléances) et François

Léotard ;

plus une carte de vœux de Jacques

Faizant

.

500 / 600

3

Louis ARAGON

(1897-1982).

Manuscrit

autographe,

Elle, Edmonde…

,

[1971] ; 13 pages in-4 à

l’encre bleue, quelques ratures et corrections.

Magnifique texte sur le roman d’Edmonde Charles-Roux,

E

lle

, A

drienne

,

publié dans Les Lettres françaises du 16 juin 1971.

« Tous les livres du monde, toujours, sont un portrait de l’auteur,

et d’autant mieux qu’ils sont délibérément le portrait de quelqu’un

d’autre. Qu’

Elle, Adrienne

est d’abord le portrait […] d’une femme

très particulière et qui n’a aucun trait d’Edmonde Charles-Roux

n’implique pas moins que je l’y reconnaisse […] dans chaque moment,

chaque phrase, chaque pause, chaque respiration du texte. Ce qui

est la caractéristique du vrai romancier. […] pour une fois ici, voilà

ce que j’appelle, moi, un roman. Un vrai, un grand, un magnifique

roman, où rien n’est pleuré, ni l’étoffe ni le chant, un roman, pour

moi, qui a

déjà

pris place dans la grande littérature française, à côté

de

La Chartreuse de Parme

et des

Misérables

 »… Sur plusieurs pages,

Aragon se livre à une brillante dissertation, truffée de références

littéraires, dans laquelle il analyse et encense le roman, l’histoire, les

personnages, l’intrigue, et l’écriture de son amie Edmonde Charles-

Roux : …« Le livre refermé, comme vos paupières, c’est vous que

je vois. Et sans doute que derrière vous flambe encore le brasier de

Marseille. […] Tout est demeuré. Le livre est fait. Il existe. Il vous

ressemble. Pour nous aujourd’hui. Pour d’autres, plus tard. Et c’est

une histoire d’amour ».

1 000 / 1 500

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