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54 [GALIANI (Ferdinando)]. Dialogues sur le commerce des bleds.

Londres,

s.n.,

1770

. In-8, veau marbré, filet à

froid encadrant les plats, dos orné, pièce de titre rouge, tranches rouges (

Reliure de l'époque

).

1 500/2 000

Goldsmith, n°10640. —Tchemerzine, t. II, p. 952.

Édition originale de cette critique de la politique de libéralisation du commerce des grains, établie en 1763-1764 par

Bertin et L'Averdy, contrôleurs généraux des finances sous Louis XV. Elle a été publiée à Londres à la demande de

l'auteur par Grimm et Diderot.

Brillant économiste napolitain, l'abbé Ferdinando Galiani (1728-1787) séjourna longtemps en France où il occupa le poste

de secrétaire d'ambassade du royaume de Naples à Paris. Proche du cercle des Encyclopédistes, il fut l'ami de Diderot

et fréquenta les salons philosophiques de la capitale, en particulier ceux du baron d'Holbach et de Madame d'Épinay.

Son ouvrage se présente sous la forme de huit dialogues fictifs au sujet des famines, du système agricole, des greniers,

du prix du blé, etc. Galiani prend ici position contre les physiocrates et demande la rédaction d'un nouveau code de la

police des bleds en faveur des paysans français.

L'o

bjet d'un bon gouvernement doit être que le bled de France garde fidélité aux Français ; qu'il soit à eux ; qu'il n'aille

pas à l'étranger

annonce-t-il p. 161, avant de renchérir sur un projet qui permettrait de reprendre le contrôle du commerce

du grain :

L'impôt que je vais mettre doit être un droit à percevoir sur les bleds étrangers qui entrent

[…]

Alors les

positions seront égales. L'étranger ne pourra pas ruiner le fermier Français, mais il l'empêchera de survendre ; alors

les bleds étrangers feront la guerre aux monopoleurs, & ne la feront pas aux agriculteurs. L'étranger pourra vendre au

même prix que les propriétaires, & le monopoleur sera frustré de ses peines & du profit qu'il comptait faire de la seconde

main

(p. 308).

B

EL EXEMPLAIRE

ayant appartenu à Louis-François de Monteynard (1713-1791), secrétaire d'État à la guerre de 1771 à

1774, avec son ex-libris armorié gravé.

Reproduit page 105

55 BOUGAINVILLE (Louis-Antoine de). Voyage autour du monde, par la frégate du roi la Boudeuse, et la flûte

l'Étoile ; en 1766, 1767, 1768 & 1769.

Paris, Saillant & Nyon, De l'Imprimerie de Le Breton, 1771.

In-4, veau

blond, triple filet doré, dos orné, pièce de titre rouge, roulette intérieure, tranches dorées (

Reliure de l'époque

).

10 000/15 000

Duviols, pp. 472-474. — O'Reilly & Reitman, n°283. — Sabin, n°6864.

É

DITION ORIGINALE DU RÉCIT DE LA PREMIÈRE EXPÉDITION SCIENTIFIQUE FRANÇAISE AUTOUR DU MONDE

.

20 cartes dépliantes (îles Malouines, détroit de Magellan, terres de la Nouvelle-Guinée, etc.), dont une grande montrant

le trajet de l'expédition, et 3 planches gravées sur cuivre par

Croisey

représentant des embarcations d'indigènes du

Pacifique :

Canot de l'isle Taiti à laVoile, Canot des Isles des Navigateurs à laVoile,

et

Canot sauvage de l'Isle Choiseuil

.

Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811), cet

enfant chéri des philosophes

comme le surnomme Chinard dans son

livre

L'Amérique et le rêve exotique dans la littérature française,

fut chargé de restituer à l'Espagne les îles Malouines,

archipel qu'il avait colonisé lors d'un précédent voyage en Amérique du Sud en 1763-1764.

À bord de la frégate

La Boudeuse,

il quitta le port de Nantes en novembre 1766 et atteignit Montevideo au début de

l'année suivante. Quelques mois plus tard, sa mission remplie, il se dirigea vers Rio de Janeiro pour rejoindre

L'Étoile,

flûte royale sur laquelle était embarqué Philibert Commerson, le botaniste de l'expédition. Les deux navires firent ensuite

route vers le cap Horn et s'aventurèrent dans l'océan Pacifique, entamant ainsi leur voyage de retour vers la France. En

avril 1768, Bougainville fit escale à Tahiti et décrivit l'île comme un

jardin d'Eden ;

enchanté par les lieux et ses habitants,

il la nomma même la Nouvelle-Cythère, en référence à l'île grecque de la déesse Aphrodite.

L'expédition rentra à Saint-Malo en mars 1769, rapportant avec elle de nombreuses observations qui firent progresser

la connaissance du Pacifique, en particulier sur le plan cartographique.

Lors de sa publication, le récit de Bougainville rencontra un immense succès et les descriptions laissées par le navigateur

sur Tahiti forgèrent à jamais le mythe du paradis polynésien et celui du « bon sauvage ».

Le

Voyage

marque une étape importante dans la littérature maritime et philosophique du Siècle des Lumières

(

En français

dans le texte,

n°167).

Dédiée à Louis XV, l'édition comprend notamment un discours préliminaire décrivant les voyages entrepris depuis le

XVI

e

siècle dans la mer du Sud, ainsi qu'un vocabulaire tahitien (pp. 389-402).

S

UPERBE EXEMPLAIRE IMPRIMÉ SUR UN PAPIER FIN DANS UNE FRAÎCHE RELIURE EN VEAU BLOND

.

Il porte la cote d'inventaire manuscrite et l'ex-libris armorié gravé de la bibliothèque de Louis-François de Monteynard

(1713-1791), secrétaire d'État à la guerre de 1771 à 1774.

La carte placée en regard de la p. 255 a été coupée par le relieur mais sa partie détachée est conservée volante.

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