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et les changements de numéros des actes comme des scènes sont indiqués au crayon bleu. Dans la liste des personnages,

il ajoute Père devant Ubu, remplace Onésime par Reboutier et Memnon par Barbapoux. Enfin H. Bordillon date des

derniers mois de la vie de Jarry les changements de toponymes : parisiens à l’origine, il les raya et les remplaça par des

lieux rennais, ex : page 24 du manuscrit : la rue de l’Echaudé devient la rue de la Monnaie, le tramway du pont de

l’Alma devient le coche d’eau du port de Viarmes, la gare de Lyon devient le port de Viarmes.

Dans cette première pièce apparaissent déjà les traits caractéristiques du style de Jarry que l’on retrouve dans tout son

théâtre. Jarry a été considéré comme précurseur du mouvement surréaliste et du théâtre de l’absurde. Dans sa comédie

il mêle la farce, l’invraisemblance des situations, l’absurde de certains dialogues, la satire et invente des nouveaux mots :

saut perigiglyeux, giborgne, oneille, cornegibouille ; il en détourne certains de leur vrai sens : epiploon, pince porc.

Allusion à Musset : « Il faut qu’une trappe soit ouverte ou fermée », les chansons des Palotins page 6 et page 20 rappellent

la belle Hélène d’Offenbach. Le comique est rendu également par des expressions particulières à chaque personnage :

Ubu : « De par ma chandelle », Achras : « Voyez- vous bien », la Conscience « Et ainsi de suite » ; il est rendu également

par des jeux de mots : page 4 à Achras qui dit à Ubu « C’est une imposture manifeste », Ubu répond : « Une posture

magnifique ».

Le personnage d'Ubu est inspiré de monsieur Hébert, professeur de physique au lycée de Rennes où Alfred Jarry a

étudié. Il représentait pour ses élèves l'incarnation même du grotesque ; ces mêmes élèves qui inventèrent l’épenthèse

merdre.