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83 BATAILLE (Georges) écrivain et philosophe (1897-1962) - Madame Edwarda.

Manuscrit autographe avec dédicace autographe signée à Paul Eluard, sans lieu ni date (1937, date de sa première

publication sous son pseudonyme) 45 pages d’un cahier à reliure cartonnée, 18,5 x 12 cm, au crayon, à l’encre

rouge et à l’encre noire, nombreuses ratures et corrections, titre et pseudonyme : Pierre Angélique, autographes.

12 000/15 000

Très précieux manuscrit complet à l’encre noire à l’exception de 3 pages écrites à l’encre rouge (dont la première) écrit

sur le recto des pages, quelques lignes ou passages sont reformulés sur le verso. Les corrections, plus ou moins

importantes sont très nombreuses et montrent la précision et la minutie de son travail d’écriture : qu’il s’agisse d’un mot

remplacé par un autre, d’une phrase voire même de passages rayés, entièrement réécrits soit entre les lignes soit sur la

page en face. L’édition ne présente que quelques très rares variantes par rapport au texte original.

Madame Edwarda ou la rencontre d'une prostituée qui rayonne dans un bordel au comportement étrange et qui finit par

avouer que Dieu c'est elle. Bataille dans son introduction note : « Ce récit met en jeu dans la plénitude de ses attributs,

Dieu lui-même ; et ce Dieu néanmoins, est une fille publique, en tout pareille aux autres. Mais ce que le mysticisme n’a

pu dire… l’érotisme le dit : Dieu n’est rien s’il n’est pas dépassement de Dieu dans tous les sens ; dans le sens de l’être

vulgaire ; dans celui de l’horreur et de l’impureté ; à la fin dans le sens de rien… nous ne savons rien et nous sommes

dans le fond de la nuit. Mais au moins pouvons-nous voir ce qui nous trompe, ce qui nous détourne de savoir notre

détresse, de savoir, plus exactement, que la joie est la même chose que la douleur, la même chose que la mort. » le plaisir

sexuel et la douleur sont tous deux intimement liés, relèvent du domaine du sacré et de la mort.

« Madame Edwarda » est le plus marquant des livres érotiques de Georges Bataille.

Les pages 3 à 10 (4 pages au crayon et 4 pages à l’encre) insérées dans le roman n’en font pas partie : il s’agit de notes

philosophiques sur le rire, la communication, le péché, il cite quelques philosophes Kierkegaard, Heidegger… :

« Il manquerait une partie essentielle à ce livre si je ne parlais pas du péché ! mais qui n’a vu qu’en posant le sacrifice,

j’avais posé le péché ? le péché c’est le sacrifice, la communication nécessairement est le péché… le rire, la jouissance

sexuelle, le sacrifice religieux – ces pamoisons déchirant le cœur y faisant jaillir l’aurore- sont les manifestations de

l’angoisse… ». A la suite du roman sont jointes 7 pages à thème philosophique : de la communication, du faux

semblant…

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