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29 PECQUET (Jean). Experimenta nova anatomica.
Paris, Sébastien Cramoisy et Gabriel Cramoisy, 1651
. In-8, basane
marbrée, dos à nerfs, pièce de titre ocre, tranches rouges (
Reliure de l'époque
).
5 000/6 000
€
Garrison & Morton, n°1095. — Heirs of Hippocrates, n°543. — Krivatsy, n°8757.
Édition originale.
L
IVRE CAPITAL POUR LA CONNAISSANCE DU SYSTÈME CIRCULATOIRE
,
LYMPHATIQUE ET SANGUIN
,
ET LE PROCESSUS
D
'
ABSORPTION DES NUTRIMENTS AU MOMENT DE LA DIGESTION
.
Né à Dieppe en 1622 et mort à Paris en 1674, Jean Pecquet étudia la médecine et l'anatomie à Montpellier et à Paris.
On raconte qu'à l'âge de 23 ans il pratiqua l'autopsie d'une marquise au service de laquelle il avait été attaché durant cinq
ans. Entré en 1648 au service de François Fouquet, évêque d'Agde (Hérault), il fut ensuite le médecin de son frère
Nicolas, le célèbre surintendant, lequel devint aussi son protecteur, et celui de Madame de Sévigné.
Dans ses
Experimenta nova anatomica,
Pecquet expose
SA DÉCOUVERTE DU RÉCEPTACLE DU CHYLE ET DU CANAL
THORACIQUE
,
JUSQU
'
ALORS INCONNUS DES ANATOMISTES
. En s'appuyant sur des expériences menées sur des chiens vivants,
il démontra que le chyle (lymphe spéciale chargée des lipides absorbés au niveau des vaisseaux chylifères de l'intestin
grêle) est en réalité transporté à travers le canal thoracique jusqu'à la veine subclavière gauche pour ensuite se déverser
dans le sang, et réfuta de manière définitive les théories anciennes sur la sanguification, émises par Galien dès le II
e
siècle.
Cette découverte, extrêmement importante, de la route suivie par le chyle pour arriver au torrent de la circulation,
détruisit l’ancienne doctrine de la préparation du fluide sanguin par le foie, et suscita dans tous les systèmes de médecine
une révolution que la grande découverte d’Harvey n’avait point encore pu opérer. Certainement la découverte de Pecquet
ne brille pas moins dans l’histoire de notre art que la vérité démontrée pour la première fois par Harvey. Nul doute non
plus que cette dernière n’aurait point eu une influence aussi puissante, si elle n’eût pas été accompagnée de l’autre
(Sprengel,
Histoire de la médecine,
1815, t. IV, p. 208).
On trouve aussi dans ce volume une dissertation de l'auteur sur les mouvements du sang et du chyle par la respiration,
la contraction musculaire, le battement artériel, etc., appuyée par des expériences sur le vide et la pression de l'air.
L'édition fut imprimée aux frais de François Fouquet, à qui Pecquet adressa son épître dédicatoire. Elle est ornée de
5 figures gravées sur cuivre dans le texte illustrant les propos de l'auteur sur la pression, et d'une planche à pleine page,
comprise dans la pagination, représentant d'une part le système lymphatique, et de l'autre l'abdomen et le thorax disséqués
d'un chien.
L'exemplaire porte cet envoi de l’époque à la p. 108 :
pour M. Durand
. Ex-libris manuscrit dudit
Durand
apposé en
pied du titre.
La dernière garde est couverte de notes manuscrites de l'époque.
Petite mouillure claire touchant l'angle inférieur de la planche et quelques feuillets. Reliure restaurée, surtout aux
charnières et coiffes.




