Previous Page  12 / 148 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 12 / 148 Next Page
Page Background

J’attends une réponse, mon cher père, courrier par courrier ; ce qui fait que je pourrai la recevoir vendredi. Ne remettez pas votre

voyage, et partez sûrement lundi à 11 heures ½.

Je vous embrasse, et ma chère femme vous met deux lignes.

Ton fils bien affectueux

Jules Verne

Monsieur,

Je regrette que Monsieur Jules ait laissé aussi peu de place. C’est peu aimable de sa part ; connaissant comme lui tout le plaisir qu’il

m’aurait fait. Recevez je vous prie l’assurance de mes sentiments respectueux et faites les aggréer

(sic)

à Madame Verne. Rappelez-moi

je vous prie au souvenir de vos trois charmantes demoiselles.

Votre toute dévouée fille future.

H. Deviane-

Jules Verne ajoute en marge de la première page, ponctué de neuf points d’exclamation :

Je rouvre ma lettre pour vous dire que ma belle-mère me donne une montre magnifique, et ma fiancée une chaîne de toute beauté

- !!!!!!!!!

Lettre 4 :

Derniers détails

L.A.S. (3 pp. de format 13,1 x 20,5 cm), portant la seule date de « Vendredi » [fin décembre 1856 ou début janvier 1857], de Jules Verne

adressée à son père à propos de son mariage imminent avec Honorine, aux cadeaux et à certains projets boursiers. Cette lettre peut

être considérée comme inédite bien qu’elle fut partiellement citée par Marguerite Allotte de la Fuÿe.

Mon cher père

Je suis arrivé hier à cinq heures à Paris, et j’ai trouvé ta seconde lettre qui confirmait celle que j’avais reçue à Amiens ; tu dois avoir

ma réponse entre les mains ; je n’imagine pas qu’il fasse beaucoup plus froid en janvier qu’en décembre.

Les cadeaux seront fort limités ; Honorine a déjà quelques diamants assez beaux que l’on fera monter autrement ; elle n’a pas besoin

de robe de mariage ; elle en a en pièces, c’est-à-dire qui n’ont jamais été faites ; quant au

(illisible)

rien n’est décidé ; il est même

probable qu’on s’en passera, puisqu’elle en a un long français ; je me bornerai donc probablement à un bracelet, sur lequel je ferai

monter ses diamants ! Tu vois, mon cher père, que nous ne faisons pas de folies. La chaine de montre que j’ai est bien jolie ; elle a

crochet et broche, avec des entredeux en jaspe sanguin.

J’ai été admirablement reçu dans la famille Devianne et chez l’oncle qui a pour Honorine une affection toute particulière ; un rhume

gagné en chemin de fer m’a donné la fièvre pendant un jour ; j’ai été soigné comme un enfant impérial.

Honorine vient d’écrire à ces demoiselles

(ses sœurs)

; j’espère qu’elles vont s’exécuter de bonne grâce ; qu’elles seront élégantes et

spirituelles ; elles n’auront qu’à être naturelles, et tout sera pour le mieux.

Je cours après un appartement. Dieu me vienne en aide.

L’établissement de l’associé de Ferdinand à Paris me sera superbement avantageux ; je travaillerai avec lui ; j’apprendrai avec lui ; et

néanmoins je serai son remisier, ayant des remises pour les affaires que je ferais à son compte.

Je touche au bonheur ; pourvu que rien ne vienne l’anéantir.

En tout cas, je vous embrasse bien.

Ton très respectueux

Jules Verne

Jules Verne ajoute une remarque témoignant d’une préoccupation plus terre-à-terre :

Maman a laissé partir le panier d’Hignart sans mes chemises et mes caleçons ! J’en ai pourtant bien besoin !

5 000 / 7 000 €

10

Jules VERNE | Collection Weissenberg - Première vente