ADER. Paris. Femmes de lettres et manuscrits autographes - page 141

137
229.
LOUISE-MARIE DE FRANCE
(1737-1787) « M
ADAME
L
OUISE
» ; dernière fille de Louis XV, elle entra en religion
en 1770 au Carmel de Saint-Denis, sous le nom de Thérèse de Saint-Augustin ; déclarée Vénérable en 1873.
Lettre autographe signée « S
r
Thérèse de S
t
Augustin R. I. », [Carmel de Saint-Denis] 5 novembre 1787, à Charles-
Henri F
EYDEAU
DE
B
ROU
, conseiller d’État ; 2 pages et quart in-4, adresse.
1 500/2 000
P
LAIDOYER
,
À
QUELQUES
SEMAINES
DE
SA
PROPRE
MORT
,
SUR
LE
SORT
DES
RELIQUES
DE
LA
S
AINTE
-
C
HAPELLE
QU
ON
VEUT
DÉMOLIR
,
ET
CONTRE
LE
REGROUPEMENT
DE
RELIQUES
À
LA
BASILIQUE
DE
S
AINT
-D
ENIS
.
« Je suis bien sensible Monsieur à la diligence
que vous avez mise a faire parvenir ma lettre au
Roy [L
OUIS
XVI]. Je nentend parler de rien je
sçait seulement que M
r
le B[aron] de B
RETEUIL
a
dit quil étoit juste de reunir touttes les reliques
au trésort de S
t
Denis. Mais je vous assure que
si il y avoit quelque part un dépot ou quelques
choses de prétieux a sa famille et qu’on voulu
le changer et le donner en garde a des étrangers
il le réclameroit a juste titre. Le chef de S
t
Loüis ne seroit il pas mieux icy qua l’abbaÿe
ne veaut-il pas mieux que ce S
t
Roy soit révéréz
dans 2 endroits que dans un. Il nest plus
question de sepulture pour luy mais de le faire
honnorer. Nest ce pas même un honneur qui
rejaillira sur le Roy et qui sans luy faire de frais
luy sera très avantageux par le redoublement
de ferveurs que les carmélittes de S
t
Denis
metteront à l’interceder pour luy. Est ce que
le Roy ne tirrera pas plus de satisfactions de
combler de joÿe sa tante en luy confiant les
prétieux instruments de la passion de Nôtre
Seigneur Jesus Christ que de les mettre
comme en magazin a l’abbaÿe où il y a déja
un des clouds dont il fut attaché à la croix ».
Elle charge son correspondant d’en parler au
baron de Breteuil : « Il me semble quil étoit
tout naturel que jaille a vous puisque c’est vous
qui etes chargez de l’affaire de la destruction de
la S
te
chapelle ». Elle est prête à « en écrire de
grands pardons » au baron de Breteuil : « une
carmélitte ne rechigne pas a s’humilier. Mais
seroije encor Madame Loüise je nésiterois pas pour avoir ces reliques dans une église ou jirois souvent et où je croirois quelles
fussent plus honnorées »… Si l’affaire venait au Conseil, elle est sûre que « le plus grand nombre des avis seroient pour moy et si
le conseil y mettoit plus de raisons humaines que de religion il diroit que puisque le Roy ne les mest pas a sa chappelle comme St
Loüis les y avoit mises il est juste quil les mettre a léglise ou sa tante et la petitte fille de St Loüis est Religieuse »…
230.
ADÉLAÏDE DE FRANCE
(1732-1800) « M
ADAME
A
DÉLAÏDE
», quatrième fille de Louis XV ; excellente musicienne ;
elle émigra sous la Révolution et mourut à Trieste.
Lettre autographe signée « Marie Adelaïde », [1787 ?], au baron de B
RETEUIL
; 1 page in-4, adresse avec cachet de cire
rouge aux armes (portrait gravé joint).
250/300
E
N
FAVEUR
DE
L
ABBÉ
DE
R
UALLEM
,
CHEF
DU
C
ONSEIL
ET
INTENDANT
GÉNÉRAL
DES
F
INANCES
DE
M
ESDAMES
A
DÉLAÏDE
ET
V
ICTOIRE
[Louis
XVI le nommera à l’abbaye de Saint-Faron (diocèse de Meaux) le 14 mai 1788].
« M
r
l’Evêque d’Autun [Mgr de Marbeuf, qui fut aussi ministre de la feuille des bénéfices] ne pouvant pas encore faire
l’arrangement que je lui avois demandé pour l’abbé de Ruallem, et m’ayant fait entrevoir qu’il seroit encore longtems, je prie M
r
le
baron de Breteuil de vouloir bien obtenir du roi un traitement de 25 à 30000
ll
de pension, en attendant que le roi veuille bien
lui accorder une abbaye : celle dont il joüit presentement est bien au dessous de ce qu’on la croyoit, et il en tire moins que celle
qu’il avoit auparavant a cause des procès et des frais qu’il exige. Il seroit cruel pour nous d’avoir fait tord à l’abbé de Ruallem en
nous l’attachant »…
1...,131,132,133,134,135,136,137,138,139,140 142,143,144,145,146,147,148,149,150,151,...444
Powered by FlippingBook