ADER. Paris. Femmes de lettres et manuscrits autographes - page 346

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635.
Louise HERVIEU
(1878-1954) dessinatrice et écrivain.
Lettre autographe signée « Votre pitoyable Louise », Boulogne 21 juin 1931, à la femme de lettres Renée D
UNAN
;
2 pages in-4.
200/300
Elle a reçu son dernier livre, « un livre rare d’énergie et de puissante compréhension ». Elle parle ensuite de la santé de sa mère
qu’elle a dû faire admettre à la maison spéciale de santé de Neuilly-sur-Marne, filiale de Ville-Évrard... « Et voilà où ont abouti des
années une existence de soins et de tendresses, qu’elle n’a jamais voulu reconnaître, qu’elle ne pouvait peut-être pas reconnaître.
Encore une de mes défaites. Et maintenant la pauvre créature achève lamentablement sa vie à Neuilly s/Marne dans des peines
corporelles, qui souvent terrifient le cœur. [...] Elle a repris, en partie, une lucidité souvent cruelle »...
Librairie Les Autographes, 2006
.
636.
Louise HERVIEU
(1878-1954) dessinatrice et écrivain.
Lettre autographe signée « ta Louise », Lundi [1936], à Germaine B
EAUMONT
; 1 page et demie obl. in-4.
300/400
B
ELLE
LETTRE
DE
L
HÔPITAL
,
SUR
SON
LIVRE
S
ANGS
ET
SON
COMBAT
POUR
L
INSTAURATION
D
UN
C
ARNET
DE
SANTÉ
.
Les traitements qu’elle suit font que « je me ratatine comme un bigorneau que l’on épingle ! Ma Germaine, ma B
EAUMONT
chérie,
je viens à toi avec des “mercis” tout tremblés de bonheur et d’émotion. […] Cette fois encore tu t’es portée caution pour moi ! Si
j’allais être insolvable ! et ne pas donner tout de moi-même à la cause de
Sangs
… Voilà que je t’égoutte ce pauv sang d’navet dans
cette vie blanche et docile d’hospice où cependant je tiens jusque devant les autorités ! mon petit drapeau [le « Carnet de santé »].
Car figure-toi : ici on ne croit pas à l’hérédité ! et l’on me fait un peu la guerre. Mais les infirmières y croient, elles, qui torchent,
entendent et soutiennent le malade. Les médecins eux ne connaissent pas le malade […] mais seulement la maladie… Chérie,
n’écoute pas mes histoires qui puent l’hopital, la campagne est à toi, et ton escalier est construit, ma Divinité »… On vient lui faire
un lavement « je dois l’accepter pour une analyse, quoi que ce soit ma détestation… Je te quitte ! garde-toi ma Germaine ! […] reste
bien belle ! ton bigorneau est tout amour, autant que ta Louise est tendresse et reconnaissance »…
Librairie Les Autographes, 2011
.
637.
Thérèse DEBAINS
(1907-1975) peintre.
Lettre autographe signée « Thérèse Debains », Vendredi 5 février [1937 ?] ; 1 page et demie in-4.
150/200
À
PROPOS
DE
SA
PARTICIPATION
À
UNE
EXPOSITION
COLLECTIVE
À
LA
GALERIE
B
ERNHEIM
-J
EUNE
.
Elle regrette de n’avoir pas le temps de venir le voir, trop accaparée par le travail : « J’ai le modèle pour une semaine encore –
c’est trop rare pour ne pas en profiter en avare. Et depuis le retour de la campagne, je n’ai que trop négligé la peinture – depuis un
mois j’ai repris sérieusement et j’en éprouve un grand bien »… Elle envoie un article de V
AUXCELLES
, dont une partie la concerne :
« J’espère qu’il vous fera un petit plaisir non à cause de l’opinion personnelle que Monsieur V. se met à avoir mais à cause des
conséquences possibles – de la vulgarisation commerciale »… Elle a également reçu une invitation pour participer à l’exposition
d’un nouveau groupe formé entre autres par G
ROMAIRE
, G
OERG
, L
ABOUREUR
, L
HOTE
, qui aura lieu chez Bernheim-Jeune le mois
suivant : « Je ne me sens quoi que ce soit de commun ou de parent avec ces messieurs sus nommés mais j’ai quand même accepté –
toujours pour la vulgarisation. Nous n’avons été l’un comme l’autre que trop passifs et indifférents. Vous en avez d’ailleurs toute
ma sympathie bien entendu »…
638.
Gabrielle dite Coco CHANEL
(1883-1971) couturière.
Carte postale autographe signée « Coco », à Christian B
ÉRARD
; au dos d’une carte postale illustrée, avec adresse.
400/500
Au dos d’une carte postale italienne très kitsch (
L’Appuntamento
) : « Venez m’embrasser. Autrement je ne fais pas de collection »…
R
ARE
.
Librairie Les Autographes, 2007
.
639.
Valentine G
ROSS
, dite Valentine HUGO
(1890-1968) peintre ; femme (1919-1932) du peintre Jean Hugo, dont elle
divorça, elle fut l’amie des surréalistes.
Lettre autographe signée « Valentine Hugo », 27 avril 1943, [à Marcel C
ARNÉ
] ; 2 pages in-4 à son adresse
2, rue de
Sontay
(lég. fentes au pli).
400/500
B
ELLE
LETTRE
SUR
L
ES
V
ISITEURS
DU
SOIR
ET
L
ES
E
NFANTS
DU
P
ARADIS
.
Elle vient de voir le film
Les Visiteurs du soir
: « C’était la première fois depuis 6 mois de claustration que je me retrouvais au
milieu d’une immense salle pleine de monde et devant un film – et quel film ! Certainement le plus bouleversant que j’aie vu
depuis plus de dix ans. Dès le départ il est plein de puissance par l’étrange descente à cheval de Dominique et de Gilles. Tout
est déjà là en menace par le rythme des images, par l’éclairage diffus, par le lieu difficile, par les paroles équivoques et surtout
par ces visages fermés comme des coffrets sur des cœurs tendres et cruels. Et ce rythme se maintient jusqu’à l’arrivée du démon
où il se précipite jusqu’à la fin de la légende. Marcel [Herrand] est magnifique d’allure et de force contenue. Il est vraiment
enthousiasmant que vous ayez fait ce film après l’autre [
Le jour se lève
] si différent encore que passionnant en tous points. Et je
pense au prochain que vous allez réaliser – ces
Funambules
[qui deviendra
Les Enfants du Paradis
] auxquels je devais collaborer [en
tant que costumière] et dont m’éloigne hélas ma santé actuelle […]. Mais j’espère être prête à tout cela pour une autre fois si cela
vous tente encore. J’ai d’ailleurs – je vous l’ai dit – non plus trois mais quatre livres à illustrer cette année. Cette atmosphère entre
Daumier les images et vous me convenait plus que je ne saurais vous dire – Et je vous redis encore ici tout mon regret d’être encore
et pour un temps si fragile ce qui me ressemble vraiment peu »…
Les Neuf Muses, 2005
.
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