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accepterez certainement de m’aider dans notre initiative, car vous aimez les enfants au point de vous faire lapider par la foule en
exprimant votre amour d’une façon peu courante, mais directe. (J’ai lu
Marie Claire
). Je compte sur vous ? »...
Leur livre [
Pasiphaé. Chant de Minos
] paraîtra début mai. « Comme Fequet avait les foies pour la couverture, et qu’elle m’avait
envoyé une épreuve à sa façon tellement différente de ce que je veux, j’ai fait le méchant pour qu’on m’envoie le papier à Nice où
je le ferai tirer par celui qui m’a déjà fait des essais satisfaisants. – Révolution de Palais : un imprimeur de luxe de Paris cédant le
pas à l’imprimeur de
L’Éclaireur de Nice
– pensez donc. J’ai tenu bon, et la cousine de Madame Lydia passant par Paris a rapporté
les 50 k. de papier et Mad. Lydia vient de partir le chercher à Nice. Maintenant j’ai l’entière responsabilité de la couverture – et
je suis pourtant à Vence souvent au lit – je suis très étonné de ce qu’on peut faire au lit, avec un téléphone, lorsqu’on a conservé
un peu de sang.
F
abiani
vient me faire signer le livre sans l’avoir vu, j’exige qu’on me l’envoie d’abord. – C’est ainsi que j’ai pu
obtenir de faire faire la couverture ici – en menaçant de ne pas signer. Il paraît que tout ça fait épatant à Paris, où tout le monde
doit être énervé et courir comme des rats empoisonnés. Fais bien ce que tu fais ! avant tout »...
114.
Henri MATISSE
. L.A.S., Vence 20 avril 1944, à son « cher ami » Henry de
M
ontherlant
; 2 pages oblong in-8.
1 000/1 500
Il ne peut profiter de ses propositions, « l’affaire de vente étant montée autrement. Je pense à votre santé, car votre lettre était
impressionnante – ne vous laissez pas gagner par les nerfs. Prenez tous les soirs un bain de pied aussi chaud que possible par
la méthode de la main à l’eau simplement chaude, dont on augmente la chaleur graduellement – en ayant soin de verser contre
les parois très doucement – on arrive à supporter si on ne remue pas les pieds, des températures très élevées. Voilà ce qui vous
reposerait après la journée – ne pas faire cette chose trop près du coucher. Ou bien vous lotionner la figure avec de l’eau très
chaude avant le dîner.
Le père La Barbe allez-vous me baptiser !
Ce ne fait rien, j’accepte si vous m’écoutez »...
En post-scriptum : « Je travaille. – Si le conducteur du train est blond noir ou roux, ça ne m’intéresse pas. Voilà quelle a été toute
ma vie mon opinion politique »...
115.
Émile-René MÉNARD
(1862-1930) peintre symboliste. 39 L.A.S., Paris 1907-1914, au critique d’art Achille
S
egard
; 59 pages in-8 ou in-12, 2 adresses (mouillures à quelques lettres).
500/600
I
mportante
correspondance
sur
sa
peinture
, remerciant le critique pour ses articles, l’invitant à ses expositions, le félicitant
pour ses ouvrages, évoquant aussi la reproduction de ses tableaux dans des revues d’art et la préparation des Salons.
25 mai 1907
, remerciant pour l’article de
L’Art Décoratif
et les « lignes si élogieuses que vous avez consacrées à mes toiles de
la Société Nouvelle »…
4 janvier
1908
, au sujet d’un article pour le
Studio
; il s’inquiète si la reproduction en couleurs doit être faite à
Londres ou Paris : « Je ne pourrais dans le premier cas envoyer qu’un
tableau à l’huile et pas de pastel, je n’ai guère en ce moment que 2
tableaux disponibles. J’ai cependant une reproduction peinte de ma
décoration de la Sorbonne »…
17 février
, au sujet de son tableau
Le
Jugement de Pâris
qui doit être porté à l’Exposition de Londres, et
du travail de reproduction par le
Studio
…
13 juin
, il va partir pour
Bénodet en juillet-août ; il est très pris par ses décorations : « je
voudrais achever un panneau avant de partir »…
25 janvier 1909
, au
sujet des « panneaux décoratifs que je termine pour l’École de Droit
et que j’exposerai au prochain Salon » ; il travaille aux deux derniers
panneaux…
5 juin
, remerciant pour le livre sur
La Sicile
…
19 février
1910
, au sujet d’une tombola pour la veuve et les enfants de
S
chnegg
…
8 avril
: « Reproduisez ce que vous voulez dans mes toiles du Salon.
C
revaux
en a de bonnes photographies »…
25 avril
: « Merci mille fois
des lignes beaucoup trop aimables que vous avez consacrées à mes
toiles du Salon. J’y ai été très sensible »…
11 mai
, renseignements
sur un ouvrage allemand sur Paestum…
5 janvier
1911
: « Le bronze
de
C
arpeaux
vient d’arriver, il est superbe. Je serais ravi de vous
donner en échange une peinture ou un pastel »…
20 janvier
: « Je suis
bien heureux que mon pastel de Forêt vous plaise »…
13 septembre
,
remerciant d’un livre sur
R
odin
…
8 mai
1913
.
Il a lu sa nouvelle
Les
Roses de Paestum
: « Elle m’a beaucoup plu. J’ai été très sensible à
votre évocation des temples. J’ai revécu ainsi un beau crépuscule, vu il
y a quelques années. Je serais ravi si vous vouliez présenter au public
mon exposition de l’an prochain »…
8 juillet
: « Votre
Jugement de
Pâris
est sec et les taches que je craignais ne se sont pas produites. J’ai
donc remis la toile dans son cadre et je la tiens à votre disposition »…
… / …




