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Achille Allier

(Moulins 1808/1836). L.A.S. à Claude Henry Dufour. 2 pp. in-4. Bourbon l’Archambault,

6 janvier 1832. Adresse et marques postales au dos.

Premier contact entre Achille Allier et Claude Henry Dufour. Très belle et émouvante lettre sur la genèse du

projet.

« Je m’adresse à vous franchement et avec confiance, comme un jeune homme avide de savoir et amoureux

de l’étude du passé aborde un vieillard riche de ses veilles & de son expérience. Mon nom ne vous est peut être pas

tout à fait inconnu ; j’ai payé ma dette au journalisme […].

Né avec l’ardeur qui fait entreprendre et la patience

qui fait achever, j’éprouve de jour en jour un besoin plus vif de m’attacher à une œuvre sérieuse d’une plus

durable utilité. Une histoire complète du Bourbonnais manque

; vous possédez comme artiste une curieuse

collection relative aux antiquités du pays, comme écrivain d’immenses documents, votre érudition vous met à

même de diriger avec fruit de nouvelles recherches :

j’ose donc, Monsieur, vous proposer pour cette entreprise

une association de nos noms & de nos travaux

[…]. Je poursuivrai avec une ferme volonté les recherches que

vous m’indiquerez, j’élaborerai les matériaux que vous m’aurez fourni ; artiste de cœur et aussi, quelque peu de

pratique, l’habitude que j’ai prise à Paris du travail lithographique me servira à orner notre œuvre d’un atlas des vues

pittoresques & des études d’art recueillies par vous […] ».

800 / 1 200 €

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Achille Allier

(Moulins 1808/1836). L.A.S. à Claude Henry Dufour. 3 pp. in-4. Montluçon, 9 mars 1833.

Adresse et marques postales au dos.

Longue et splendide lettre sur l’

Ancien Bourbonnais

, qui est aussi une véritable profession de foi

. Il court le

retrouver à Moulins « j’espère que nous exhumerons votre précieux trésor pour le mettre en circulation », avant

de partir à Paris où il va faire jouer son réseau de connaissances pour diffuser l’ouvrage « les uns me serviront par

dévouement pour l’art, les autres dans un intérêt de vanité ». Il lui est très reconnaissant de l’amitié qu’il lui porte et

se dévoue entièrement à son art. «

L’art est chez moi une vocation plutôt qu’un état, j’y cherche des jouissances

plus que des profits

: si le hasard m’avait donné des ressources des De Caylus, des Sommariva, des Visconti,

etc., plein d’amour pour mon pays natal, j’aurais emploié ma fortune à lui élever un monument, j’aurais appelé les

graveurs français et étrangers, et l’histoire du Bourbonnais eut été exécutée d’une manière napoléonienne, avec un

million. Mais avec une fortune médiocre, […] il faut se résoudre à l’intermédiaire des gens intéressés qui calculent

les résultats, laissent de côté l’art, et envisagent la spéculation. Il y aura donc association entre Mr Desroziers et moi.

Mr Desroziers peut faire des avances, l’état prospère de sa maison de commerce lui permet de traiter avec avantage

pour les fournitures premières […]. Sans son secours je n’aurais malheureusement pu songer à une entreprise

qui s’adresse à trop peu d’intelligences hélas ! […].

L’artiste confie son nom à la mémoire des peuples et ses

œuvres à leur justice

. Chaque ouvrier qui a sculpté une pierre de la cathédrale de Bourges n’y a pas mis son nom ;

tous ensemble ont fait une œuvre sublime :

nous apportons notre pierre à l’édifice de la pensée humaine, qui

grandit dans l’avenir

. Qu’importe que notre nom se perde ?

Quand nos descendants s’arrêteront frappés par

la grandeur de l’édifice, nous aurons une part de leur admiration

: les clameurs de l’envie, le sourire niais de

la médiocrité ne nous poursuivra pas jusque là ! Telles sont les idées que je me fais de ma destination :

aussi je

marcherai au but sans découragement. Tant d’hommes en accomplissant leur œuvre n’ont eu ni un regard

pour les suivre, ni une main pour les diriger

, que je m’estime heureux d’avoir rencontré au commencement de ma

carrière un homme qui m’encourage par son exemple & m’aide par son expérience : réhabiliter vos nobles travaux,

vous venger de l’injustice de nos contemporains,

faire sentir à une génération qui commence à comprendre l’art,

que pendant qu’un fanatisme aveugle faisait une guerre d’extermination au passé, un artiste – savant, la

plume & le crayon à la main sauvait ses monuments et ses souvenirs historiques,

ses richesses et ses traditions,

c’est une tâche que je remercie le ciel de m’avoir réservé […] ». Il raconte ensuite ses découvertes dans les greniers

de l’hôtel de ville de Montluçon et s’alarme des détournements et des détériorations, puis termine sur ses courses

géologiques et botaniques dans la région.

800 / 1 200 €

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