BEAUSSANT LEFÈVRE - Bibliothèque d’un château du Velay et à divers - page 9

7
E
lle
comprend
également
un
texte
intitulé
« 
E
ssai
d
une
genèse
de
F
ermina
M
árquez
”. L’E
spagne
,
l
espagnol
,
l
’A
mérique
espagnole
 »,
véritable
autobiographie matérielle
et
intellectuelle
(lettre non datée, vers 1928, 6 pp.) :
Valery Larbaud y relate sa vie depuis l’âge de 8-10 ans, y indique ses lectures et ses travaux d’écrivain, et insiste
particulièrement sur le domaine hispanique.
Paris, 15 mars 1925 : « 
J
e
vous
remercie
d
avoir
pris
la
peine
de
m
envoyer
votre
longue
note
sur
C
e
vice
impuni
,
la
lecture
...
”.
Je l’ai lue avec le plus grand plaisir et le plus vif intérêt. Elle ne pouvait être plus favorable, ni donner plus
habilement au lecteur le désir de connaître ce livre. Surtout, elle me défend d’avoir systématiquement nié l’utilité de la critique
(quand il s’agit de critique créatrice) et de mépriser l’érudition, comme on me l’a fait dire...
C’
est du
lecteur
et du
lecteur qui
n
est que
cela
,
que
j
ai
fait
l
apologie dans
le
premier
chapitre
.
Et en faisant le portrait du lecteur, j’ai pensé surtout à un
de mes plus vieux amis, Marcel Ray, malheureusement détourné de la critique littéraire par ses occupations, le goût de la vie
et un idéal de perfection impossible à atteindre. Je suppose qu’il n’est pas le seul lecteur de cette espèce ; et
c
est
l
ensemble de
ces
lettrés
dilettanti
et muets qui
forme
le
public
pour
lequel
il
vaut
la
peine d
écrire
. J
e n
ai
pas
fait un
portrait
,
je
suis un
lecteur
... “
déchu
”,
puisque
j
écris
.
“Le seul fait que j’écris me met au nombre des maudits” a dit Samuel Butler dans
La Vie et l’habitude
”... »
Valbois (Allier), 30 mai 1926 : « 
...
L
a
préface à
G
ens de
D
ublin
[
de
J
ames
J
oyce
]
... est tout simplement le texte intégral
d’une conférence que j’ai faite en 1921 sur James Joyce, 3 ou 4 mois avant la publication de
Ulysses
, que j’avais lu en épreuves.
Le même texte a paru dans la
Nrf
de mai (ou avril) 1922.
C
e que
je
vous
ai
promis
,
c
est
la
préface que
je dois
écrire
pour
la
traduction
française de
U
lysses
.
Nous voici arrivés à l’objet de votre demande. Oui, je crois que des fragments, et même
un long fragment d’
Ulysses
serait publiable à la
Revue de Paris
, et sans qu’il fût nécessaire de l’expurger. Mais où la question
devient délicate, c’est sur le point de savoir de
qui
la traduction de ce fragment sera signée.
I
l
a
été
convenu
que
A
uguste
M
orel
traduirait
tout
U
lysses
en
français
.
I
l
y
travaille depuis
plus d
un an
. S
on
travail achevé
,
c
est
-
à
-
dire
en avril
1927
au
plus
tôt
,
je
dois
revoir
phrase
par
phrase
cette
traduction
,
et la mettre au point, d’accord avec A. Morel. Et elle
paraîtra, avec ma préface, signée de nos deux noms. Actuellement, si un fragment est publié, en bonne foi Auguste Morel seul
doit signer. Cela me paraît juste. Mais lui, consentira-t-il à cela ? Et notre éditeur ?... Si cela peut contenter Morel et notre
éditeur, je n’ai aucune objection à ce que le fragment publié à la “
Revue de Paris
” soit signé de nous deux. De toutes façons,
ma préface expliquera clairement comment la traduction s’est faite, et quelle part revient à chacun de nous deux dans ce travail...
J
e
suis
certain que
sa
traduction
,
telle qu
elle
est
actuellement
(
j
en
ai déjà
vu
les
120 
premières
pages
)
est
excellente
et que
j
aurai vraiment
très peu de choses à
faire quand
je
la reverrai
 ;
et du reste chaque correction, ou plutôt modification
qui sera introduite ne le sera que du commun accord des deux traducteurs. Ou encore : pour qu’il n’y ait pas l’ombre d’une
supercherie dans la double signature du fragment que vous publierez, je pourrais la revoir... »
Valbois, 28 août 1933 : «
Depuis mon retour ici, j’ai travaillé assez régulièrement, mais avec des périodes de dépression morale :
cela n’allait plus du tout après m’avoir paru tout à fait réussi.
Q
uand on
s
attache
à
un
auteur
comme
D
ante on
arrive
à
une
sorte
d
arrêt
de
la
pensée
,
d
hypnose
,
qui
rend
très
douloureuse
la
sortie
,
la
reprise
du
contact
avec
ce qui
s
est
produit après
lui
.
Me voilà tout s
[aint]
Thomas, avec la certitude qu’il ne peut rien y avoir après, et tout d’un coup il me faut
rentrer dans le temps présent et les contradictions de la pensée depuis Descartes jusqu’à “
L’Avenir de la science
” et Bergson.
C’est une sensation de vertige, un effet de pendaison : la trappe s’ouvre et je reste accroché en l’air, dans l’air d’un siècle révolu.
Et puis le travail même, la construction des phrases, me devient presque impossible, par suite de ce continuel sentiment de
vertige. Pour le moment, ce qui subsiste après de nombreux brouillons tout raturés, c’est le début, qui me semble un peu lourd,
et comme un foie gras où il y aurait trop de truffes. Or je voudrais que “
L’Amour et la monarchie
” soit quelque chose de léger,
de court, d’amusant, et qu’une femme cultivée puisse lire avec plaisir.
C’
est
le
grand
critère
,
je
crois
 :
plaire
aux
femmes
.
On le reprochait à s
[aint]
Jérôme, et c’était un compliment qu’on lui faisait, non un reproche (et il avait la naïveté d’n être très
vexé !). Bien entendu, toute la partie “spéculative” est entre auteur et lecteur masculins ; mais si la chose est vraiment réussie,
sa forme, son mouvement, – la voix de l’auteur, – doivent porter sur
la lectrice
, – être agréables à Béatrice, pour parler Dante.
cela est bien exprimé dans “
Martín Fierro
” :
“Moreno, se ve que tienes
Bien apuesta la garganta :
Sos varón, y no me espanta
Verte hacer esos primores,
Que entre los pájaros cantores
Sólo el macho es él que canta.”
... »
J
oint
,
de même provenance :
L
arbaud
(Valery).
É
preuves corrigées
d’un recueil d’un choix de ses articles. S.l.n.d. 5 ff. in-folio oblong, en feuilles.
Elles comprennent « La dignité de l’amour », « Les romans de Fielding », « Conclusión de un articuló para
La
Nación »
, « Un Hindou en Europe », « Ma dette envers l’Italie ». ––
L
arbaud
(Valery).
Amants, heureux amants...
Paris,
Éditions de la Nouvelle revue française, 1923. In-18, demi-chagrin, mors fendu. Édition en partie originale, S.P. Envoi
autographe signé à Marcel Thiébaut (au crayon de couleur). Exemplaire enrichi d’une lettre autographe signée
1,2,3,4,5,6,7,8 10,11,12,13,14,15,16,17,18,19,...60
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