peuvent « marcher sous la même définition que nous avons déjà donnée aux maximes et à la raison d’État, qu’elles
sont un excès du droit commun, à cause du bien public, ou pour m’étendre un peu davantage en français, des
actions hardies et extraordinaires que les princes sont contraints d’exécuter aux affaires difficiles et comme
désespérées, contre le droit commun, sans garder même aucun ordre ni forme de justice, hasardant l’intérêt du
particulier, pour le bien du public ». – Est. 25/50
LE MARQUIS DU BOUCHET ET LA GUERRE D’INDÉPENDANCE DES ÉTATS-UNIS
59 Ordre royal et militaire de Saint-Louis.
Brevet de chevalier décerné à Denis Jean Florimond Langlois de
Mautheville, marquis du Bouchet. Feuillet 4° sur peau de vélin, imprimé et complété à l’encre, signé par Louis XVI
« Louis » et daté de « Versailles, 12 août 1783 »./
Brevet de nomination
adressé au même en tant qu’aide-major
général du corps de troupe envoyé, comme auxiliaire, aux États-Unis d’Amérique sous les ordres de Rochambeau.
Le document est daté de « Versailles, le 1
er
mars 1780 », signé « Louis » et « Montbarrey » [Alexandre Marie
Éléonor de Saint-Mauris-Montbarrey [1732-1796], Secrétaire d’État à la Guerre de 1777 à 1780 sous Louis XVI.
Sous cadre en imitation acajou. Le Marquis du Bouchet (1752-1826), entre en service le 1
er
juillet 1767, dans
l’arme du génie, et en 1768, il devient aspirant au corps royal d’artillerie, il passe lieutenant dans le régiment
Marche-Prince infanterie, avec lequel il fait la campagne de Corse en 1770. En 1776, il passe avec l’agrément de la
cour de France, au service des États-Unis d’Amérique. Il est nommé par le général en chef Gates au grade de major
du corps des grenadiers américains, sur le champ de bataille de Saratoga le 7 octobre 1777, confirmé par le congrès
américain le 5 septembre 1778. De retour en France, il est attaché en tant que capitaine au régiment de Conti le 22
janvier 1779, puis il devient aide de camp du général Rochambeau, commandant sur les Côtes l’avant-garde de
grenadiers et de chasseurs de l’armée qui, sous les ordres du comte de Vaux, était destinée à faire une attaque sur
l’Angleterre. Le 1
er
mars 1780, il est nommé aide-major général du corps de troupe envoyé, comme auxiliaire, aux
États-Unis d’Amérique, et le 13 juin 1783, il passe lieutenant-colonel au sein de l’état-major de l’armée. Sur la
recommandation du général Washington, qui l’avait signalé comme « un officier plein de zèle, d’intelligence et de
bravoure », il est fait chevalier de Saint-Louis le 12 août 1783, et chevalier de l’ordre de Cincinnatus le 14 mai
1784 bien qu’il ne soit pas colonel, condition requise pour l’obtenir. De retour en France en 1788, il est appelé par
le prince de Condé en qualité d’aide major général de l’infanterie, rassemblé au camp de Saint-Omer. Il obtient le
grade de colonel ainsi que celui d’adjudant-général le 1
er
avril 1791, et il prend le commandement du 21
e
régiment
d’infanterie, qu’il quitte au mois d’août suivant pour émigrer et aller rejoindre le prince de Condé à Worms. Il est
employé d’abord comme officier d’état-major au corps de ce prince, puis il obtient le commandement de la
compagnie noble de Guienne. Il est promu général de brigade le 15 juin 1794. De retour en France en 1802, suite à
l’amnistie accordée aux émigrés, il reprend du service le 26 août 1809, comme colonel commandant d’armes à
Ypres, puis à Bréda en Hollande. Rentré en France en février 1814, le roi Louis XVIII, le confirme le 23 août dans
son grade de maréchal de camp, il le fait chevalier de la Légion d’honneur le 28 septembre 1814 et officier de
l’ordre le 17 janvier 1815. Il est admis à la retraite le 9 février 1815./ Ens. 2 pièces. – Est. 50/75
60 [OVIDE] DOLCE (Lodovico). – Le Trasformationi di M. Lodovico Dolce.
Di nuovo ristampate, e da lui
ricorrette et in diversi luoghi ampliate. Con la Tavola delle Fausole. Venetia, Gabriel Giolito de Ferrarie Fratel.,
1553, petit 4°, [16]-309-[9] p., plein veau brun du 19
e
s., dos à 5 nerfs, pièce de titre rouge, filets dorés et en noir,
double filet doré d’encadrement sur les plats, filet doré sur les coupes, dentelle dorée intér., tranches dorées (rel.
légèrement frottée, 1 feuillet habilement restauré en marge). Publié la même année que l’édition originale ce très
beau livre illustré comprend un titre dans un bel encadrement gravé sur bois, 1 curieux planisphère gravé sur bois
dans le texte (sur lequel figure l’Amérique du Nord sous le nom de « Terra del Bacalaos », la « Nuova Espana » et
le détroit de Magellan découvert en 1520) et 84 vignettes gravées sur bois dans le texte, belles lettrines historiées,
texte sur 2 colonnes en caractères italiques, complet de la table des gravures in fine qui manque souvent. Nouvelle
édition, entièrement refondue de la traduction libre des Métamorphoses d’Ovide par le poète italien Lodovico
Dolce. Il s’agit plutôt d’une adaptation que d’une traduction, Dolce s’étant contenté d’utiliser les arguments des
différentes fables des Métamorphoses pour en faire une nouvelle rédaction en vers italiens, très éloignée du texte
original d’Ovide. La première édition, imprimée en 1553 s’était attirée les critiques de G. Ruscelli. L. Dolce reprit
entièrement son travail et publia cette nouvelle édition en prenant soin de ne plus faire apparaître le nom d’Ovide
sur le titre. Belle impression vénitienne de Giolito de Ferrari, illustrée de 84 gracieuses vignettes gravées sur bois de
Antonio Giovanni Rusconi (v. 1520-1587). Apart from being introduced into building and painting young Antonio
Rusconi studied mathematics at the University of Padua under Giovanni Battista Memmo and Niccolò Tartaglia.
Extensively consulting Vitruvius’ « Ten Books on Architecture » while he was constructing a novel type of
watermill Antonio became aware of many grave technical errors within the work’s early Renaissance editions and
commentaries. Finally Pietro Lauro, who had rendered Leon Battista Alberti’s « De Architectura » into the
vernacular, convinced Rusconi to set out with a translation of his own. The text was finished until 1552 and
illustrated with more than three hundred supplementary woodcuts. Earlier, Rusconi had already provided the
illustrations for Lodovico Dolce’s version of the Ovidian « Metamorphoses ». Yet, since then countless treatises on
architecture and commentaries on Vitruvius (e.g. by Daniele Barbaro, Giacomo Vignola and Andrea Palladio) were
being published, Rusconi’s Venetian editors, Giolito and Tommaso Porcacchi, saw no benefit in printing another
title on the subject. Together with Palladio Rusconi draughted the Palazzo municipale (Brescia) in 1562, they also




