MANUSCRITS ET AUTOGRAPHES
TAJAN - 35
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89 - Jean GIONO.
1895-1970. Écrivain.
L.A.S. au directeur de Grasset.
S.l., samedi 15 août 1936
. 4 ff. in-4.
1000/1200 €
Longue lettre sur les liens de Giono avec la maison d’édition Grasset et l’amitié
qu’il porte pour son directeur
; Tu savais bien, vieux, que tu ne pouvais pas me
faire plus de mal qu’en touchant à notre amitié et en me parlant de la maladie.
Il faut peut-être que tu ne considères pas nos rapports comme simplement ceux
que peuvent avoir auteur et éditeur mais, que comme moi, tu cherches en toi-
même les raisons d’affection que deux hommes ont entre eux sans tenir compte
d’autres choses humaines. Tu ne pourras jamais me faire dire que je ne t’aime
pas (…).
Giono évoque alors sa situation matérielle qui a été longtemps et reste
difficile, indiquant avoir reçu de Gallimard, une proposition plus intéressante
que celle de Grasset;
Tu sais que j’ai vécu depuis cinq ans avec peu de chose.
Les mensualités que la maison Grasset me donnait ne pouvaient équilibrer
le budget qu’avec les mensualités venant de Gallimard (…). Nul n’est plus
conscient de ce que je vaux, que moi-même. Je sais très bien ce que je peux
demander à la vie. Or, s’il ne m’est jamais venu à l’idée de réclamer pour moi
les premières places matérielles, je crois pouvoir exiger cette paix du jardin
et du verger (…). Tu es peut-être trop emporté à présent par l’intérêt purement
commercial de la Maison Grasset; et il y a une maison Giono dont il faut que
ton affection tienne compte si tu l’aimes. Je dois à Gallimard un roman, un
autre à toi et trois encore à Gallimard. Donc après t’avoir donné ton roman, je
resterai quatre ans sans rien te donner à toi (…). Sais-tu mon vieux, qu’on a à la
fin besoin de paix et de repos? Rien n’est plus avilissant que les soucis matériels
(…) Tu vois vieux, qu’il faut examiner cette affaire comme un homme et non pas
comme directeur de la maison Grasset. Je n’ai rien à te reprocher, à toi. Tâche
de comprendre que tu n’as rien à me reprocher (…).
90 - Sacha GUITRY.
1885-1957. Écrivain, scénariste.
L.A.S.
S.l.n.d.
1 pp. bi-feuillet in-8.
100/150 €
Il remercie son correspondant
d’avoir "passionnément" souhaité l’adhésion du public
(…). Vos vœux sont exaucés. Et fait l’homme le plus heureux du monde puisque tout
en servant la gloire de mon père, je parviens à intéresser le public à une œuvre (…).
91 - Adèle HUGO.
1803-1868. Épouse de Victor Hugo.
L.A.S. à Félix Avril,
chez M. Guilleminault (…).
S.l., ce 8 (août 1831).
2 pp. bi-feuillet in-12, adresse au verso, marques postales.
400/500 €
Intéressante lettre relative à la représentation de "Marion Delorme";
Victor est
bien sensible à la bonté que vous avez de vouloir bien vous déranger pour
Marion; il me charge de vous dire que la pièce est fixée sans faute pour jeudi 11
(…).
Elle est fâchée que la représentation soit repoussée à ce point;
mais en
vérité, vous avez été si bon pour Hernani, que j’espère que vous voudrez bien
faire quelques choses pour Marion
(…). Interdit en 1829, le drame allait en
effet être donné en première à la porte St-Martin le 11 août 1831, avec Marie
Dorval dans le rôle de Marion et Bocage dans celui de Didier.
91 - Adèle HUGO.
1803-1868. Épouse de Victor Hugo. &
Alphonse de LAMARTINE.
1790-1869. Écrivain poète.
L.A.S. d’Adèle et L.S. de Lamartine, à Louise Belloc.
(Paris, 28 janvier
1838)
. 1 pp. bi-feuillet in-8 à son chiffre "A H" couronné, adresse
au verso, marque postale, trace de trombone ; 1 pp. bi-feuillet in-4,
apostille, petite tâche.
300/400 €
Bel ensemble de correspondance de la part du couple Hugo et de Lamartine
pour soutenir le journal "
la Ruche
" fondé par Louise Swanton-Belloc.
Adèle
Hugo lui adresse
la réponse de monsieur de Lamartine. Nous avions désiré
qu’il eût promis davantage, mais il tiendra ce qu’il a dit. Victor dîne aujourd’hui
chez monsieur de Ségur. Il lui parlera de vous (…).
Elle souhaite sincèrement sa
réussite;
Le Journal que vous avez fondé est tellement utile qu’il est de l’intérêt
de tous qu’il ait du succès (…).
Joint la lettre d’encouragement de Lamartine adressée à Louise Belloc dont
les textes avaient été recommandés par Victor Hugo
;
Je m’estime heureux de
l’occasion que vous voulez bien m’offrir de payer à votre beau talent le juste
tribut d’éloges qui lui est dû (…).
Il a apprécié les quelques fragments lus dans
la "Ruche";
Vous lire en entier m’est une bonne fortune dont j’ai déjà remercié
Victor Hugo (…).
Lamartine l’assure de son soutien lors du concours du prix
Monthyon. Apostille de Louise Belloc indiquant que la lettre a été sauvée des
Prussiens en 1871 (…).
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