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L'INFORMATION DU BIBLIOPHILE.
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SECONDE PARTIE
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Arthur Rimbaud, le chaînon manquant. «Depuis un an, j'habite Londres avec le sieur Verlaine. Nous faisions des correspondances pour les journaux et donnions des leçons de français. Sa société était devenue impossible, et j'avais manifesté le désir de retourner à Paris. Il y a quatre jours, il m'a quitté pour venir à Bruxelles et m'a envoyé un télégramme pour venir le rejoindre. Je suis arrivé depuis deux jours (...) Ce matin, il est allé acheter un revolver au passage des Galeries Saint-Hubert (...) Rentrés au logement vers deux heures, il a fermé la porte à clef, s'est assis devant ; puis, armant son revolver, il en a tiré deux coups en disant : «Tiens ! Je t'apprendrai à vouloir partir !» Ainsi parla Rimbaud au commissaire de police, le 10 juillet 1873, donnant une première version, froide, du «drame de Bruxelles» qui fit condamner Verlaine à deux ans de prison (1). «Dans un palais, soie et or, dans Ecbatane,/De beaux démons, des Satans adolescents/Au son d'une musique mahométane/Font litière aux sept péchés de leurs cinq sens/(...) Or le plus beau d'entre tous ces mauvais anges/Avait seize ans sous sa couronne de fleurs. Croisant ses bras sur ses colliers et ses franges/Il songeait, l'oeil plein de flammes et de pleurs...» lui répondit Verlaine l'impressionniste dans Crimen Amoris, l'un des cinq «poèmes diaboliques» écrits en prison à Bruxelles (manuscrit autographe de la première des deux versions de ce long poème de quatre-vingts vers de Jadis et naguère, estimé 5 000/6 000 €). Cet adieu du poète «malheureux et désespéré» par son «moment de folie» inspirera Picasso pour son mystérieux Garçon à la pipe, désormais le tableau le plus cher du monde mai). Il fait partie d'un fonds Verlaine, provenant de son infortunée épouse Mathilde Mauté (une dizaine de lots), qui fait battre le sang aux tempes des érudits, notamment des rimbaldiens qui savent y lire mille traces (2). André Vial eut accès, dans les années 60, à ce fonds de très directe provenance et en avait tiré un ouvrage, Verlaine et les siens (Nizet, 1975). Il y étudia la liste des vingt poèmes de Rimbaud, probablement établie par Verlaine pour une édition des poésies de son compagnon qui n'a jamais pu paraître, indiquant pour chacun le nombre de vers prévus : «Les chercheuses de pous... 20/L'homme juste... 75/Les voyelles... 14/Oraison du soir... 14» (grand feuillet autographe estimé 10 000/ 12 000 €). L'érudit ne vit pas le manuscrit du poème de Rimbaud, Mémoire, qui fait la couverture du catalogue Tajan et qui passionne les chercheurs par les hypothèses littéraires qu'il soulève (D'Edgar Poe, famille maudite, un titre lu comme une filiation littéraire jusque-là pressentie, quarante vers d'une belle écriture descendante, estimé 80 000/100 000 €). «Que font dans les archives de la famille de Verlaine, durement meurtrie par le scandale de Bruxelles, toutes ces traces rimbaldiennes, notamment son plus beau poème ?», s'interroge André Guyaux, professeur de littérature française du XIXe siècle à la Sorbonne-Paris-IV et éditeur de la future Pléiade sur Rimbaud. «Traditionnellement, on date ce poème de 1872, soit parmi «les derniers vers» du futur prosateur d'Une saison en enfer en 1873 (3) et des Illuminations en 1874 (4). Sa forme connue fait disparaître les majuscules en début de vers, permettant à ses alexandrins et ses quatrains, notamment par la technique de l'enjambement, de mimer la prose. Cette version inédite, retrouvée dans les papiers de Verlaine, conserve la majuscule de début de vers. Ne contribue-t-elle pas à modifier la date de ce poème et à pousser vers l'hypothèse de 1873», explique l'exégète. Second indice ? La transcription, de la main de Rimbaud, d'un autre des cinq «poèmes diaboliques» sans doute écrits en prison par Verlaine en 1873, qui pourrait éclairer les relations entre les deux hommes et la collaboration littéraire entre les deux poètes. Ce Dom Juan pipé, manuscrit allographe d'un poème de Jadis et naguère, long de 140 vers, riche de nombreuses variantes avec le texte imprimé en 1884, est l'une des trois transcriptions connues d'un poème de Verlaine par Rimbaud (quatre pages réattribuées in extremis à Rimbaud et donc réévaluées par l'expert Alain Nicolas autour de 50 000/60 000 €). Une première se trouve à la Bibliothèque Doucet. La seconde fut vendue lors de la prestigieuse dispersion du marquis Dubourg de Bozas, héritier de Gustave Chaix d'Est-Ange, l'avocat de Baudelaire qui défendit Les Fleurs du mal contre les censeurs. «Pourquoi Rimbaud a-t-il retranscrit les poèmes de Verlaine ? Et surtout quand ? On peut penser que ce poème-ci, comme d'autres attribués à un Verlaine incroyablement prolifique en prison, date de l'hiver 1873», souligne André Guyaux. Verlaine lut en cellule un exemplaire d'Une saison en enfer. Certains évoquent une visite de Rimbaud, sans aucune certitude. D'autres une correspondance disparue témoignant de cette époque au silence symbolique. Chaque nouvelle trace approche le mystère des poètes, et l'épaissit encore. (1) Volume édité par Antoine Adam pour La Pléiade, Gallimard, 1972. (2) Vente par Tajan SVV et leur expert Alain Nicolas, le libraire des Neuf Muses, le 25 mai à Drouot. (3) La BNF préempta à 2,9 MF, à la vente Guérin chez Me Tajan le 17 novembre 1998, le seul brouillon connu d'Une saison en enfer. (4) L'expert Mme Vidal-Mégret vendit autour de 11,5 MF le manuscrit des Illuminations dans les années 50 (préempté par la BN). Depuis, la BNF a préempté à 3,3 MF la Lettre du voyant en mars 1998 à la vente Jean Hugues (Me Renaud). Le Figaro - Valérie Duponchelle - 21 mai 2004 |
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NEW YORK (AP) -- Etre ou ne pas être... acheteur ? Voilà la question posée lors d'une vente aux enchères de la maison Christie's, mercredi, lorsqu'une rare édition du «Hamlet» de William Shakespeare, évaluée largement au-dessus du million de dollar, n'a pas trouvé preneur. L'enchère la plus élevée n'a pas atteint le prix de base voulu par le vendeur. Le livre, âgé de presque 400 ans, est l'une des 19 copies de la version de 1611 dont l'existence est connue, et il s'agit de la seule copie aux mains de particuliers. Le livre appartenait à Mary Hyde, vicomtesse d'Eccles, une collectionneuse de livres du New Jersey, réputée pour son impressionnante collection d'oeuvres du critique Samuel Johnson, qui sont aujourd'hui à la librairie Houghton de l'université de Harvard. Lady Eccles, qui a été une des premières femmes admise au «Club des bibliophile Grolier» à New York, est décédée en août, à l'âge de 91 ans. Sa collection de Samuel Johnson et plusieurs autres oeuvres ont été remises à des institutions, dont Harvard, et le reste de ses livres ont été mis aux enchères mercredi. Christie's avait estimé la valeur de l'édition de «Hamlet» entre 1,5 et 2 millions de dollars (1,25 à 1,67 millions d'euros). Les enchères ont commencé à 900.000 dollars (752.823 euros) et ne sont pas montées plus haut que 1,2 millions de dollars (1 million d'euros), ce qui était sous le prix minimum, resté confidentiel. AP AP 15.04.04 |
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Le Musée de limprimerie (Lyon) vient dacquérir un exceptionnel ensemble de marques dimprimeurs du XVe au XIXe siècle auprès de la librairie Paul Jammes. Ces 1600 marques dimprimeurs provenant de diverses sources dont lancienne librairie parisienne Eggiman et surtout de la collection de limprimeur et éditeur Ambroise Firmin-Didot (1790-1876, sans doute le plus grand bibliophile de son siècle) ont rejoint les 735 marques déjà conservées au Musée de limprimerie, qui peut désormais senorgueillir dun fonds dune importance internationale dans le domaine de lemblème typographique. Comme le dit André Jammes, « il sagit là dune anthologie de lillustration du livre dans une de ses formes les plus brillantes et qui constitue le plus important répertoire emblématique que lon puisse consulter parallèlement aux éditons dAlciat et de ses disciples ». Les 1600 marques dimprimeurs acquises à la librairie Jammes sont toutes montées individuellement sur carton, et sans doute pourrait-on sétonner, ou se scandaliser, de les trouver ainsi séparées de leur livre dorigine. Mais en réalité, cest le respect du bibliophile qui est en oeuvre, non la main de liconoclaste. Lorigine de cette collection se trouve en effet dans les grands événements historiques et politiques qui ont changé le cours des bibliothèques : la Révolution et la séparation de lÉglise et de lÉtat (1901-1905). Avec la mise sous séquestre des biens des émigrés et des communautés religieuses, des millions de livres ont achevé leur existence, en très mauvais état, sur les étals des bouquinistes ; ces derniers en ont découpé les parties les plus intéressantes : images, pages de titre, marques dimprimeurs. Les collectionneurs et bibliophiles ont sauvé ces éléments en constituant des albums, notamment Ambroise Firmin-Didot qui les a utilisés pour son Essai sur la gravure sur bois. Lensemble acquis par le Musée de limprimerie est donc bien, comme le souligne André Jammes, « une collection de sauvetage », qui fut, dans les années cinquante, réunie et classée par sa fille Isabelle Jammes. « Parmi ces ouvrages, se souvient le libraire parisien, se trouvait même une rare édition des Commentaires sur les Évangiles de Lefèvre dÉtaples, mangée par les vers ». Cest donc une exceptionnelle collection, tant sur le plan bibliophilique quiconographique et typographique qui vient de rejoindre le patrimoine lyonnais. Dévoilé au public pour la première fois le 28 janvier prochain à loccasion de lintervention dAndré Jammes et de la conférence de Jean-Marc Chatelain, cet ensemble à la gloire de limprimerie européenne pourrait faire lobjet dun répertoire numérisé à lattention des chercheurs. du 09-02-2004 - http://www.graphiline.com/article5066.html |
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Il est à craindre quà la rentrée de 2004, lenseignement du grec et du latin disparaisse de la quasi-totalité des lycées et bientôt des collèges de France. LAcadémie française exprime sa vive désapprobation dune telle perspective, ouverte semble-t-il pour des raisons déconomie. Cette perspective risque en effet de priver les élèves dun enseignement qui reste essentiel car il facilite la maîtrise de la langue française, et, loin de contrarier lenseignement des langues vivantes, permet au contraire de mieux appréhender lidentité européenne et les cultures étrangères et favorise louverture aux disciplines scientifiques. LAcadémie française sassocie à la pétition de nombreux organismes et associations qui ont déjà pris position en faveur du maintien de lenseignement du grec et du latin en France. |
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13 février 2004 Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication, annonce que deux importants manuscrits autographes signés de Paul Verlaine (1844-1896) ont été préemptés par l'Etat en vente publique le mercredi 11 janvier, et acquis grâce à des contributions importantes du Fonds du Patrimoine. Le premier manuscrit, Sagesse, comprend 43 poèmes rédigés par Verlaine en 1873 dans sa cellule de Mons où il fut incarcéré après avoir tiré au revolver sur Rimbaud. Il comporte de nombreuses ratures et corrections, ainsi que des variantes par rapport au texte définitif de Sagesse, et donne la toute première version de ce recueil publié en 1881 et considéré comme un des chefs-d'oeuvre du poète et un des sommets de la poésie religieuse. Il a été préempté pour la Bibliothèque nationale de France au prix de 350.000 euros hors frais et son acquisition est financée avec le soutien Fonds du patrimoine. La Bibliothèque municipale de Metz, ville natale de Verlaine, s'enrichira quant à elle du précieux manuscrit des Confessions (1894-1895), qui relate notamment l'enfance messine du poète. Ce manuscrit comporte également un grand nombre de corrections, de repentirs, d'additions marginales et interlinéaires, et est enrichi de six dessins : un autoportrait de l'auteur à l'âge de huit ans et cinq dessins de Frédéric Auguste Cazals, poète et chansonnier, représentant Verlaine et Victor Hugo. Il a été préempté au prix de 290.000 euros hors frais et son acquisition est financée à 50% sur le Fonds du patrimoine. |
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Le service de la Culture et de l'Information de Hanoi devrait prochainement créer une bibliothèque sur Thang Long-Hanoi. Autrement dit, il s'agit de disposer d'une collection sur le patrimoine culturel de la capitale, au cours de son histoire de mille ans. Les documents sur Hanoi millénaire constituent un trésor culturel inestimable. Mais ceux qui collectent et rédigent ont encore du pain sur la planche. La plus grande difficulté consiste à trouver les documents, disséminés un peu partout dans le pays et à l'étranger, propriétés d'organismes et de particuliers. Les démarches nécessaires En 1998-1999, la Bibliothèque de Hanoi a proposé un thème de recherche sur les mesures prises, en vue de collecter des monographies sur Hanoi. En 2002, un plan sur la création d'une bibliothèque de ce genre a été dressé. Ont ensuite été programmées des enquêtes sur la recherche des documents à Hanoi, dans les provinces du delta du fleuve Rouge, à Huê, à Hô Chi Minh-Ville. Un immeuble de 11 étages a été mis en chantier fin 2003 toujours à l'initiative de la Bibliothèque de Hanoi. Un étage d'environ 500 m² de ce bâtiment permettrait d'archiver les documents sur Thang Long-Hanoi. La construction de la bibliothèque s'achèverait avant 2010, année de la célébration du millénaire de la capitale. À ce jour, ont déjà été collectés environ 10.000 titres. Un chiffre encore modeste par rapport aux estimations des chercheurs, qui tablent sur près d'un million. Une page web devrait voir le jour. Ainsi, une e-bibliothèque serait accessible au public, à l'horizon 2004-2005. En effet, dans un futur proche, il est tout à fait réalisable de disposer d'une collection complète sur Thang Long-Hanoi millénaire, ce qui contribuerait à valoriser et à conserver le trésor culturel si précieux de la capitale. Thuc Hiên/CVN - 04 février 2004. Le Courrier du Vietnam. |
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Ouverture de trois annexes par Farouk B. La ministre de la Communication et de la Culture, Mme Khalida Toumi, a annoncé, lors des assises nationales, que dans quelques jours, il y aura linauguration dune annexe à Frenda, wilaya de Tiaret, dun centre national des manuscrits à Adrar et dune annexe à Béjaia. Mme Toumi a cité aussi louverture du premier centre algérien des études khaldouniennes à Tiaret, un autre sur les études andalouses à Tlemcen. Pour les professionnels en bibliothéconomie et les universitaires, il sagit dune décision capitale et même historique. Luvre du grand penseur Ibn Khaldoun a été presque oubliée et abandonnée. Sa mémoire a été rarement honorée aussi bien par les institutions publiques que par le mouvement associatif. Pour la première annexe dAdrar, il sera question de la préservation et de la mise en valeur du fonds manuscrit hérité depuis des siècles des anciennes confréries. Ce patrimoine, sil vient à être récupéré, sera dune grande utilité aux chercheurs et aux universitaires. Il révèlera entre autres les tendances et les caractéristiques de la pensée dantan. Le choix de la wilaya dAdrar nest pas fortuit. Cest une région qui compte un nombre important de manuscrits. La deuxième annexe qui sera ouverte à Frenda reprendra le fonds douvrages et de manuscrits du penseur orientaliste Jacques Berque, quil a lui-même légué à la bibliothèque municipale de Frenda. La troisième annexe sera ouverte à Béjaia, ville réputée pour son rayonnement culturel et intellectuel. Lintérêt témoigné au domaine de la bibliothèque par les institutions publiques sera dun grand apport, selon le directeur de la Bibliothèque nationale qui, à maintes reprises, a plaidé pour le renforcement des activités culturelles et danimation, une des options de développement de la société algérienne. F. B.le jeune indépendant - 31/12/2003 |
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Recherche est études sur un millénaire d'écrits. Par Attilio GAUDIO ( tragiquement disparu le 12 juillet 2002). Sous la dénomination de "Bibliothèque du Désert" on a classifié des milliers de manuscrits qui appartiennent à une période allant de l'an 1000 au début de l'ére coloniale. Ecrits principalement en arabe, ces documents sont l'oeuvre de lettrés, juristes, poètes, philosophes, caravaniers, savants appartenant aux groupes ethniques de traditions nomades ou bien aux populations sédentarisées de ces cités historiques du Sahara et du Sahel telles Smara, Chinguetti, Ouadane, Tichitt, Oualata, Tombouctou. L'intérêt pour la sauvegarde et la mise en valeur de ces anciens manuscrits est une constante pour le CIRSS, le Centre Internationnal de Recherche Sahariennes et Sahéliennes créé en 1979, dans le cadre des activités de l'Institut International d'Anthropologie (Paris).Nombreux colloques organisés par le CIRSS ont permis aux historiens et aux chercheurs africains de présenter leurs études conduites sur ces précieux témoignages écrits du passé. Une première mise à jour globale de ces recherches est proposée dans ce volume consacré aux "Bibliothèques du Désert", patrimoine universel de l'humanité. "LES BIBLIOTHEQUES DU DESERT, recherches et études sur un millénaire d'écrits. Contributions réunies et présentées par Attilio Gaudio." Chez L'Harmattan, octobre 2003, in-8°, 410.pp." ( ISBN 2-7475-1800-0 ) e-mail harmattanI@worldnet.fr
(1) Attilio Gaudio, décédé à l'âge de 72 ans, dans un tragique accident de la route survenu aux environs de Brescia au nord de l'Italie. Ethnologue de renommée mondiale, docteur d'Etat ès lettres et sciences humaines. Membre de plusieurs institutions scientifiques et littéraires françaises et italiennes. Il s'était intéressé, très tôt, au Maroc où il était un personnage familier depuis 1947, il fut un avocat inlassable de la marocanité du Sahara. Rares sont les Occidentaux qui connaissent, autant que lui, l'histoire, la généalogie et les aspirations des tribus de tout le Sahara atlantique qu'il avait, à maintes reprises, parcouru. |
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PARIS, 8 juil (AFP) - Les catalogues de la bibliothèque de l'Institut du monde arabe, plus importante ressource documentaire sur le monde arabe en Europe, sont désormais accessibles en ligne, a indiqué mardi l'IMA, parlant "d'atout unique pour les chercheurs". Depuis le site de l'Institut du monde arabe (www.imarabe.org), dans le menu Bibliothèque, les internautes peuvent accéder à trois bases de données : fonds des livres, fonds des périodiques et base des événements culturels de l'IMA. La recherche en ligne permet de découvrir, par auteur, par thème, par titre, les différentes ressources de la bibliothèque. Chercheurs, étudiants ou passionnés du monde arabe pourront donc organiser leurs recherches avant de visiter l'Institut du monde arabe. |
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Entretien - D'Akhenaton à Pol Pot, de César à Hitler, tous les règnes des dictateurs sont jalonnés de destructions de bibliothèques. Lucien X. Polastron publie un essai édifiant sur le sujet : « Livres en feu » (Denoël). Il a répondu aux questions de François-Guillaume Lorrain. François-Guillaume Lorrain LE POINT : Il semble que, dans l'histoire de l'humanité, l'avènement des bibliothèques s'accompagne aussitôt de leur destruction. LUCIEN X. POLASTRON : En effet. Cela commence dès l'Egypte, au XIVe siècle avant notre ère. Akhenaton, une fois devenu pharaon, fait détruire à Thèbes les textes qui lui sont antérieurs. C'est bien sûr une affaire politique : pour mieux assurer le passage au monothéisme, il élimine tout ce qui faisait référence à un autre système de pensée. Puis il s'installe à Amarna, crée sa propre bibliothèque. Mais à sa mort les prêtres de Thèbes lui rendent la pareille et brûlent ses livres. L'autre destruction très ancienne est celle de la bibliothèque assyrienne d'Assourbanipal, roi d'Assyrie, mort vers 625 avant J.-C. C'est un roi mystérieux. On n'en aurait jamais entendu parler si justement on n'avait retrouvé une partie de sa bibliothèque en 1860. Quatorze ans après sa mort, sa ville et son palais sont investis par une coalition. Les plafonds s'effondrent et la bibliothèque se retrouve en miettes. Il s'écoule vingt-cinq siècles avant sa découverte par les Anglais, qui, par ignorance, prennent ces galettes de terre cuite pour des ornements bizarres. Ils ramassent le tout, en vendent une partie, expédient le reste au British Museum, où l'on s'aperçoit qu'il s'agit de textes considérables : l'« Epopée de Gilgamesh », le récit de la Création, le mythe d'Adapa, le premier homme. Mieux, on découvre l'existence de ce roi merveilleux qui recherchait les textes de façon systématique, les organisait et les recopiait lui-même. L. P. : Dès qu'il est question de bibliothèques détruites, on songe à celle d'Alexandrie, qui brûle en - 48. L. X. P. : L'affaire est compliquée. Rappelons que le but de cette bibliothèque, née vers - 300, est de faire d'Alexandrie le lieu de la renaissance grecque. On prend conscience aussi de la valeur d'un patrimoine intellectuel qu'on va accroître, organiser, copier et diffuser. On y établit la première édition scientifique d'Homère et des tragédies grecques, à partir de multiples versions préexistantes qui, du coup, disparaissent. On fait ce que fera plus tard l'Islam avec le Coran, vers 640, ou ce qui se passe aujourd'hui avec la numérisation. Mais, quand en - 48 César met le feu à la flotte de Ptolémée, un incendie qui gagne la ville, on n'est même pas certain que la bibliothèque mère soit encore debout. Car on sait que, depuis sa création, de terribles razzias ont eu lieu. Seule certitude : Cléopâtre n'allait travailler qu'à la Serapeum, la bibliothèque fille. C'est donc que la grande bibliothèque n'existait peut-être plus, disent ceux qui veulent absoudre César. D'autres se servent d'Alexandrie pour accuser César, qui aurait voulu constituer une grande bibliothèque à Rome : il aurait demandé à Cléopâtre ses livres, qui, au moment de l'incendie, se trouvaient dans les entrepôts du port. Ce qui est sûr, c'est qu'Alexandrie marque l'interruption d'une tradition classique. Mais plus tard, au XIIIe siècle, un hurluberlu prétendra que le calife Omar, lorsque les Arabes ont pris Alexandrie en 640, a ordonné la destruction de la bibliothèque : les livres auraient alors servi à chauffer les hammams de la ville. Cette version sert sans doute à innocenter Saladin, qui vient de saccager la grande bibliothèque des fatimides, au Caire. L. P. : On célèbre en 2004 l'année de la Chine. Or c'est justement dans ce pays, en - 213, qu'est intervenu le premier acte massif dirigé contre les livres. L. X. P. : Un acte strictement politique. L'empereur Qin a réuni les six royaumes, unifié l'écriture, construit la muraille. Mais, pour être solide, cet effort d'unification, unique au monde, doit aussi éradiquer la mémoire. C'est ce qu'explique à Qin son « conseiller de gauche » Li Si : « Qui se réfère au passé est fragile. - Alors abolissons le passé », lui répond Qin. On détruit donc l'Histoire. Et ce n'était pas n'importe quoi, mais tout l'âge d'or de la philosophie chinoise, de Confucius à Lao-tseu, fondateur du taoïsme. Tout cela était déjà écrit, avec gloses et commentaires. Quatre cents intellectuels s'insurgent, Qin les fait enterrer vivants. Ceux qui refusent de rendre leur bibliothèque sont envoyés sur la muraille pour « monter la garde la nuit et construire le jour ». Mao a lui aussi tenté d'unifier la Chine. Mais Mao, qui prenait exemple sur Qin, est plus malin : il fait régner une telle oppression morale que les gens, d'eux-mêmes, détruisent leurs livres devant leurs voisins. L. P. : La Chine, berceau du papier, a tout au long de son histoire payé le plus lourd tribut. L. X. P. : C'est également le pays qui a le plus tôt les plus belles bibliothèques. Interviennent deux initiatives spectaculaires. En 1772, on décide de créer le siqu quanshu, une bibliothèque universelle de 168 000 volumes, à partir de textes anciens méritant d'être conservés. Mais cette belle action s'accompagne de la destruction d'un nombre faramineux d'ouvrages. L'une des sept copies existantes du siqu quanshu sera pillée en 1860 par les Français lors du sac du palais d'Eté. L'autre initiative est le yongle da dian : la grande encyclopédie des connaissances chinoises. Mais la dernière copie brûle en 1900 lors du siège de Pékin par les Anglais. Autre point noir : le monastère de Dun-Huang, où des moines du Xe siècle ont muré dans une pièce secrète des dizaines de milliers de manuscrits du IIIe siècle. Lorsque la Chine tombe en déshérence au début du XXe siècle, cette pièce est découverte : les Anglais se servent, suivis des Français puis des Russes. Toute riche bibliothèque sous-entend des bibliothèques mortes. La France s'est souvent engraissée de livres fabuleux, à Huê au Vietnam, en Egypte, en Espagne, en Italie avec Napoléon, en Algérie aussi. Aujourd'hui, la Chine réclame la restitution de ces manuscrits, qui ont pour elle une valeur inestimable. Pour l'instant, nous faisons la sourde oreille. Mais la Chine sera, dit-on, bientôt le pays le plus puissant. L. P. : Le Moyen Age voit l'essor de la civilisation arabe, et c'est elle alors qui paie le plus lourd tribut en livres. Mais les plus grandes destructions (Cordoue par Al-Mansur vers l'an 1000, Le Caire par Saladin en 1171, Bagdad en 1258 par le chef mongol Hulagu) ont souvent des raisons arbitraires. L. X. P. : Le monde islamo-arabique a toujours un côté excessif. Saladin brade la bibliothèque du Caire pour des raisons d'argent. Il doit payer ses soldats et organise des ventes aux enchères, souvent truquées, d'ailleurs. Al-Mansur, à Cordoue, est un bibliophile, il est aussi le précepteur du calife, mais les oulémas, qui trouvent suspects les livres, font pression sur lui : il lâche du lest en faisant détruire la bibliothèque du calife, d'une richesse fabuleuse. A Bagdad, on jette tellement de livres dans le Tigre que l'eau est noire d'encre et les troupes traversent le fleuve sur des piles de manuscrits. Les Francs apportent aussi leur contribution : les croisés sont des sauvages, la plupart ne savent pas lire et sont d'une bêtise crasse. En 1204, à Constantinople, où se trouve la plus grande bibliothèque au monde, qui rassemble toute la littérature grecque, on les voit défiler avec des livres au bout de leurs lances. L. P. : Votre livre pointe du doigt l'Espagne. A partir de 1490, ce pays met en place un anéantissement systématique des livres, caractéristique de l'époque moderne. L. X. P. : C'est avec l'Espagne que le mot autodafé, d'origine portugaise, entre dans le vocabulaire commun. Le premier autodafé est discret, il a lieu en 1490, organisé par Torquemada, l'inquisiteur général, dans son couvent de Salamanque : 600 volumes taxés de judaïsme. En 1499, à Grenade, on baptise de force 3 000 musulmans, qui sont obligés d'apporter leurs livres. On organise une grande fête à laquelle la population est conviée. L'Inquisition sera redoutablement efficace. Après avoir expulsé les juifs et les Arabes, l'Espagne exporte cet esprit d'intolérance vers le Nouveau Monde, qu'elle vient de découvrir. Résultat : tous les livres mayas et aztèques sont anéantis. Même Las Casas, qui osa affirmer que les Indiens avaient une âme, écrit par ailleurs : « Je suis fier d'avoir détruit tous leurs livres. » Et le reliquat se compte sur les doigts d'une main. L. P. : Pour la France, on constate sans surprise que les pertes les plus considérables correspondent aux heures les plus noires. L. X. P. : Le livre a une carrière parallèle aux humains. Comme l'écrit Heine : « Là où on brûle des livres, on finit par brûler des hommes. » On peut aussi retourner la phrase. Le sociologue Leo Lowenthal a entamé une psychanalyse de l'humanité à partir du brûlement des livres : au-delà des cadavres, on tue ce qui leur survit, c'est-à-dire le livre. Sous la Révolution française, ce qui est arrivé aux livres est symptomatique de l'événement. On centralise le pays : les ouvrages venus de province affluent donc vers Paris, dans le but d'un grand classement. Mais l'incurie règne, plusieurs millions de livres pourrissent, on utilise même le papier pour les cartouches à canon. Ainsi disparaît le système français des bibliothèques privées. Puis, durant la Commune, par haine du bourgeois, les communards brûlent les bibliothèques de l'Hôtel de Ville, du Conseil d'Etat et du Louvre, qui inclut les collections des rois ainsi que les livres interdits et censurés. Mais c'est un mouvement de panique. Les communards ne touchent d'ailleurs pas à la Bibliothèque nationale. L. P. : Quant aux bibliothèques parisiennes, pillées par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, la plupart se sont retrouvées en URSS, qui ne les a jamais restituées. L. X. P. : Cela concerne près de 12 millions d'ouvrages. Il s'agit des bibliothèques étrangères (russe, polonaise, ukrainienne) de Paris et des grandes bibliothèques juives (Rothschild, Lipschütz, Mandel, Walter Benjamin). Une chercheuse, Patricia Grimsted, a ainsi découvert que les fonds Léon Blum et Emmanuel Berl se trouvent aujourd'hui dans la bibliothèque présidentielle à Minsk, en Ukraine. Par ailleurs, quelques millions de ces ouvrages pourrissent sous les excréments de pigeons dans une église abandonnée à Uzkoe, près de Moscou. La France ne réclame pas ces livres. Comme me l'a confié un ami diplomate : « Vous n'allez tout de même pas nous fâcher avec les Russes. » Il doit y avoir des choses plus importantes. Hélas, certains officiers soviétiques à la retraite ont révélé en 2001 que beaucoup de littérature « dégénérée » avait été brûlée sous Staline, dans sa période antisémite. L. P. : Dans le chapitre sur l'Allemagne nazie, vous soulevez un paradoxe : d'une part, l'action destructrice à l'égard des livres indésirables et la chasse aux livres juifs, d'autre part, la mise sur pied par les nazis de la plus grande concentration de littérature juive. L. X. P. : Il y a deux moments. D'abord, en 1933, la Bête parle : « Le livre, juif, communiste, doit être détruit. » C'est le grand autodafé du 10 mai 1933, à Berlin. Des dizaines d'autres suivront. Le rituel, avec parade, chants, torches et hérauts, s'inspire de l'Inquisition et ravit la populace. Ces autodafés entraînent une faible réaction, hormis la création des « bibliothèques de livres brûlés » à Londres, New York (inaugurée par Einstein) et Paris (Cité fleurie, boulevard Arago). Détail cocasse : celle-ci sera saisie en 1940 par la police française et intégrée à la Bibliothèque nationale, mise à l'abri dans le Bordelais. Dans un second temps, en 1940, les nazis cessent de détruire et se mettent à trier, avec l'aide de spécialistes, d'hébraïstes. Sous les ordres de Rosenberg, qui crée à Francfort l'Institut d'études juives, on rassemble des millions d'« Hebraïca ». Le dénicheur en chef s'appelle Johannes Pohl, un chercheur, qui parcourt l'Europe, dévalise Vilnius, Salonique. En ligne de mire, il y a le projet d'une Hohe Schule, école supérieure dont les départements seraient : judaïsme, communisme, franc-maçonnerie. En somme, une bibliothèque en négatif de ceux qu'on aura détruits mais qu'on voudra étudier ! L. P. : Un lieu à Paris, situé à 200 mètres de la Bibliothèque François-Mitterrand, porte la cicatrice de cette période. L. X. P. : Il s'agit du « camp Austerlitz », au 43, quai de la Gare. Quatre cents prisonniers pris à Drancy y triaient les rafles d'Actions meubles, section allemande qui prélevait les biens juifs. Chez eux, les gens n'avaient mis leur nom que sur le premier livre de chaque rangée, persuadés que tout serait conservé ensemble. L'entrepôt d'Austerlitz a flambé en 1944, mais aucune plaque n'en parle. Ironie cruelle de l'Histoire, on a construit tout près la BNF. L. P. : Et que sont devenus les ouvrages rassemblés par les nazis à Francfort ? L. X. P. : Une grande partie a brûlé sous les bombardements alliés. Il faut savoir que l'Allemagne, comme l'Angleterre durant le Blitz, a perdu, lors des bombardements de Dresde, Leipzig, Hambourg et autres villes, près de 12 millions de livres. Si on voulait établir la liste des bibliothèques détruites durant cette guerre, il faudrait des centaines de pages. A Francfort, l'Omgus, c'est-à-dire Eisenhower et ses hommes, n'a sauvé que 3 millions de livres juifs. Les deux tiers retrouvent leurs propriétaires, le reste est impossible à restituer. Très vite, la Library of Congress est sur place et expédie 200 000 ouvrages à Washington. Les Américains sont toujours très rapidement opérationnels. Au Japon, en 1945, ils apportent leur propre littérature. A Bagdad, en 2003, la Library of Congress est la première équipe de bibliothécaires présente. L. P. : Justement, où ont eu lieu récemment les grands massacres de livres ? L. X. P. : Il y a d'abord le génocide de Pol Pot. On connaît sa haine du papier : plus de monnaie, plus de photo d'identité, plus de livre. Il n'en reste pas un seul. Autre grand drame, celui de l'Afrique noire, qui, par impéritie et absence de moyens, est orpheline de ses bibliothèques. Il y a bien sûr en 1992 le bombardement de la bibliothèque de Sarajevo, symbole de tolérance entre les cultures, les langues, les civilisations. Elle est toujours fermée. Les Autrichiens ont payé le toit, mais la réfection a nécessité trois ans. Les murs sont donc imprégnés d'eau et de glace, et il n'y a pas de livres. A Bagdad, les Américains ont préservé le ministère du Pétrole, mais ont laissé piller la Bibliothèque nationale. D'autres pays sont préoccupants : le Cachemire, le Pakistan ou l'Inde. Début janvier, au nom de la religion musulmane, l'Institut de recherches orientales de Bhandarkar a été brûlé - on y dénombrait 30 000 manuscrits anciens - par la foule, parce qu'il s'y trouvait un ouvrage de James Laine sur un ancien roi musulman, édité par Oxford University Press, qui avait déplu. Toutes ces exactions sont répertoriées sur des sites tels que Ad libitum ou Ex Libris. L. P. : Le XXIe siècle sera-t-il synonyme de nouveaux dangers pour les bibliothèques ? L. X. P. : La menace vient de la numérisation et de la mise en ligne. Je suis frappé par les efforts de certains conglomérats pour acquérir les sociétés d'édition, celles en particulier qui publient des dictionnaires et des ouvrages de référence, dans le but de numériser l'information et d'en faire payer l'accès François-Guillaume Lorrain. © le point 19/02/04. Lucien X. Polastron. Né en 1944, sinisant et arabisant, il est l'auteur de « Le papier, 2000 ans d'histoire et de savoir- faire » (Imprimerie nationale Ed., 1999). C'est à l'occasion de ces recherches sur les livres et leur création que cet ancien journaliste découvrit les nombreux cataclysmes dont ils avaient été aussi les victimes. Expert reconnu de l'histoire et de la pratique de l'art calligraphique, il a également publié plusieurs essais sur le sujet, dont « Calligraphie chinoise : initiation » (Fleurus, 1995). |
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Expert paléographe internationalement reconnu, Michel Castaing est mort jeudi 29 janvier, à l'Hôpital américain de Paris, des suites d'une infection pulmonaire. Il était âgé de 85 ans. Michel Castaing était né le 26 mars 1918 à Toulouse, berceau de sa famille paternelle, de Marcellin Castaing, écrivain, critique d'art, et de Madeleine Magistry, originaire de Chartres. L'histoire de l'art a retenu le nom de Madeleine Castaing : avec son époux, ils furent collectionneurs pionniers et principaux mécènes du peintre Soutine. La "petite Madeleine des décorateurs", comme on la surnommait avec affection et admiration dans le milieu de la décoration, aussi bien à Paris qu'à New York, où se trouve son portrait au Metropolitan Museum, peint par Soutine en 1928. Michel Castaing a partagé ses années de jeunesse entre Toulouse, où il fit ses études universitaires, et la propriété familiale de Lèves, commune suburbaine de Chartres. Cette belle demeure, construite au lendemain de la Révolution et qui servit de résidence d'été aux évêques de Chartres, était la propriété du grand-père de Madeleine Castaing, un journaliste ami d'Emile de Girardin. Elle en fit sa première uvre de décoratrice en mélangeant avec liberté et fantaisie les styles Restauration, Empire et Napoléon III. Un écrin posé dans un parc ombragé où les Castaing accueillaient leurs relations artistiques parisiennes. Particulièrement Soutine, qu'ils hébergèrent régulièrement de 1928 à 1939 et qui a peint, à Lèves et à Chartres, plusieurs de ses chefs-d'uvre. C'est dans ce milieu et ce lieu où Michel Castaing côtoyait Soutine, Modigliani, Picasso, Cocteau, Cendrars, Erik Satie, Jacques Guérin qu'est née sa vocation lorsqu'il recueillit, à l'âge de 15 ans, son premier autographe. Abandonnant son doctorat en droit, il cultiva sa passion tout en enrichissant sa collection d'autographes. Si bien que, lorsqu'il fut introduit auprès de Mme veuve Charavay, elle lui proposa, en 1944, de succéder à Jacques, Etienne et Noël Charavay en dirigeant la vénérable maison fondée en 1830, 3, rue de Furstenberg, à Paris, spécialisée en lettres, autographes et documents historiques. Lorsque la maladie le surprit, fin décembre 2003, Michel Castaing continuait de partager sa vie, depuis soixante ans, entre Paris et Lèves. Paris et son cabinet d'autographes, dont il avait conservé le décor d'origine, et la demeure de Lèves, témoin d'un temps passé et suspendu comme une évocation de Proust, l'écrivain préféré de sa mère. Mais le libraire paléographe s'était aussi attaché à conserver l'esprit de la maison Charavay en l'ouvrant aux chercheurs. L'expert, qui dirigea des grandes ventes publiques en France et à l'étranger, a contribué à enrichir les collections nationales. Le légataire de la collection des Soutine de Marcellin et Madeleine Castaing s'est acquitté des droits de succession par dation avec deux Soutine, dont Le Grand Enfant de chur, déposé au Musée des Beaux Arts de Chartres selon son souhait. Michel Castaing avait été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1990, à Paris, des mains d'Alain Decaux. C'est Emile Zucarelli qui lui avait remis, en 1998, les insignes d'officier à Lèves. Lèves dont il fut le maire estimé pendant trente ans et regretté quand il décida de se retirer en 1995. Michel Castaing aurait aimé faire une carrière politique. Il se revendiquait de la famille radicale de Clemenceau à Mendès France, mais c'était plus un état d'esprit qu'une appartenance. La dernière grande vente de Michel Castaing se fit dans le cadre de la dispersion de la bibliothèque du grand collectionneur Jacques Guérin, en 1998, qui comportait notamment des poèmes autographes annotés d'Une saison en enfer, d'Arthur Rimbaud, et La Lettre à Barasse, de Lautréamont, qui est en quelque sorte son testament littéraire. Michel Boudaud - LE MONDE le 5 Février 2004 |
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à Abdel Rahman Mounif D'un père saoudien et d'une mère irakienne, Mounif (1933-2004) a été déchu de sa nationalité saoudienne en 1963, et a longtemps vécu en exil, entre plusieurs pays arabes : Jordanie, Algérie, Yémen, Irak et Syrie ainsi qu'en France et en Yougoslavie. Certains de ses ouvrages ont été traduits en plusieurs langues, notamment en français et en anglais. En dehors de l'exposition, sous l'égide du département Littérature et art de la BNF, ces ouvrages sont consultables à la Bibliothèque. "Les villes de sel" (Moudoun al-Milh), "Les villes en noir" (Moudoun al Sawad) et "A l'est de la méditerranée" (Chark al-Moutawasset) figurent parmi ses livres les plus lus dans le monde arabe. Plusieurs de ses romans ont été traduits en français (chez Sindbad/Actes Sud) et en anglais mais la plupart de ses oeuvres sont interdites de publication dans plusieurs pays arabes, notamment dans les monarchies arabes du Golfe. 27/01/2004 - AFP |
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Une visite littéraire au château de Kynzvart ( Bohême )
par Vaclav Richter Le Congrès de Vienne qui a rétabli la paix en Europe, en 1815, après la chute de Napoléon, a été le chef-d'oeuvre diplomatique du prince Metternich. Cet aristocrate issu d'une vieille famille rhénane a réussi à recoller l'Europe brisée par les guerres napoléoniennes et à rétablir l'équilibre européen, tout en luttant contre les principes révolutionnaires qui surgissaient dans divers pays depuis la Grande Révolution française. Laissons aux historiens la tâche de juger la vie et l'oeuvre de ce chancelier autrichien qui a joué un rôle clé dans l'histoire européenne des premières décennies du XIXème siècle. Ce n'est pas Metternich - homme politique, mais Metternich - intellectuel et ami des livres, que je vous propose de présenter aujourd'hui. Je vous invite à une visite littéraire du château de Kynzvart en Bohême de l'Ouest, résidence préférée du chancelier, qui abrite encore aujourd'hui d'innombrables souvenirs de cet homme. L'objet de notre visite nous oblige de laisser à part la suite des salons meublés avec un goût exquis dans le style Empire et "Biedermeier" et ornés de portraits représentant les membres de la famille Metternich qu'on doit aux grands noms de la peinture du début du XIXème siècle - Sir Thomas Lawrence, Sir Joshua Reynolds, François Gérard etc. On y trouve aussi de nombreux objets d'art de grande valeur qui ont été offerts au prince Metternich par les puissants de son temps. Passons aussi à côté de la grande salle qui abrite une belle collection de statues en marbre blanc d'Antonio Canova. Nous n'allons nous arrêter qu'à la bibliothèque, une des plus importantes qui se soient conservées dans les demeures aristocratiques de Bohême. Elle compte 24 000 tomes, 160 manuscrits et 240 incunables. Les bases de cette bibliothèque ont été jetées déjà au XVIème siècle. Le noyau de la collection appartenait à l'archevêque Lothar von Metternich ayant vécu entre 1551 et 1623. Il a légué ses livres à ses neveux qui allaient acquérir par héritage le domaine de Kynzvart. Avec le temps, la bibliothèque s'enrichissait de nouvelles acquisitions et de dons précieux. Le chancelier Metternich, lui aussi, soignait bien sa bibliothèque. Après 1818, lorsqu'il a procédé aux travaux de remaniement du château, il a envoyé les livres à Vienne et ne les a réinstallés à Kynzvart qu'après la fin des travaux, dans une nouvelle aile du château, en 1835. Aujourd'hui, on trouve sur les rayons de vieux textes théologiques, des livres d'auteurs grecques et latins, des ouvrages d'histoire, des biographies, des livres sur la héraldique et la numismatique, mais aussi des ouvrages encyclopédiques, des livres sur la géographie, sur le droit, l'économie, les sciences exactes et évidemment sur la politique et la diplomatie, car le maître des lieux, le chancelier Metternich, était, comme on le sait, un des plus grands diplomates de son temps. On peut dire sans exagérer que chaque spécialiste trouvera ici des ouvrages susceptibles de l'intéresser. Il y en qui sont d'une grande valeur. Parmi les manuscrits du XIIème siècle il y a, par exemple, deux lettres de la main de saint Bernard de Clairvaux, on y trouve une "Histoire de France" richement illuminée du XIVème siècle, le manuscrit de la Chronique de Magdebourg, de 1525, source d'informations historiques souvent citées, ou bien, un manuscrit du célèbre dramaturge espagnol Lope de Vega. La bibliothèque abrite aussi une collection de quelque 8000 gravures anciennes de valeur. Je ne veux pas vous fatiguer avec une énumération sans fin des joyaux de la bibliothèque de Kynzvart et je vous propose de passer, pour terminer cette visite, dans le cabinet des curiosités qui fait partie des collections du château et qui ne manque pas non plus de souvenirs littéraires. Parmi d'innombrables petits objets réunis dans le cabinet on trouve un bureau assez usé et égratigné qui n'attirerait sans doute pas beaucoup d'attention si ce n'était pas le bureau d'Alexandre Dumas. Le célèbre romancier ne s'est rendu en Bohême qu'une fois, en 1866. Il n'a passé qu'une journée à Prague en visitant le palais Wallenstein, car il préparait un roman sur la Guerre de Trente ans, roman qui devait raconter les exploits du généralissime Albrecht de Wallenstein. En visitant Prague l'écrivain était accompagné par sa fille Marie Alexandre. C'est grâce à cette femme charmante qui était peintre et poétesse que les rapports entre la famille Dumas et la Bohême ne se sont pas arrêtés là. Elle a connu à Paris l'ambassadeur autrichien Richard Metternich, fils du célèbre chancelier. Une amitié tendre et discrète est née entre Marie Alexandre et le diplomate autrichien. C'est au nom de cette amitié que Marie Alexandre a enrichi la collection des curiosités de Kynzvart par des objets précieux ayant appartenu à son père. On y trouve aujourd'hui le fauteuil du romancier et son bureau sur lequel on déchiffre non seulement des notes et des signatures d'Alexandre Dumas mais aussi des vers écrits par sa main qui lui ont été inspirés par les beautés de Venise. On y conserve aussi d'autres reliques dont une canne et une arme de chasse ayant appartenu à l'écrivain et une moulure en plâtre des mains du romancier et de sa fille. Et ce n'est pas tout. La plus grande surprise pour les archivistes est venue relativement tard. En 1949, on a découvert dans les archives de Kynzvart 345 manuscrits d'Alexandre Dumas relevant pratiquement de tous les domaines de ses activités littéraires. Parmi ces documents il y a un fragment de sa propre version de la tragédie Roméo et Juliette. C'est Marie Alexandre qui, se souvenant de son grand amour pour Richard de Metternich, a décidé, avant sa mort, d'envoyer les manuscrits de son père, donc ce qu'elle possédait de plus précieux, dans ce château de Bohême. C'est grâce à elle qu'il y a aujourd'hui à Kynzvart une partie importante de la succession littéraire du père des Trois mousquetaires. Radio Prague. 2003 |
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Surchargée de valeurs mythologiques et religieuses, la Mésopotamie, carrefour des peuples, est la genèse du monde civilisé. Morte à plusieurs reprises, son héritage est pourtant vivant. Joseph Yacoub raconte. Il est des guerres qui détruisent, mais qui accélèrent la trame de lHistoire et modifient le cours de la pensée. Cette nouvelle guerre contre lIrak déclenchée le 20 mars, avec son déluge de feu et ses nombreuses dévastations, est venue attirer lattention sur un pays qui est à lorigine de la civilisation et à la source de notre mémoire, et qui regorge de richesses archéologiques et scripturaires aujourdhui menacées. LIrak revêt désormais un visage et la Mésopotamie nous devient familière. Pays aux trésors multiples Pays des Jardins suspendus, de la harpe sumérienne, des Taureaux ailés assyriens, des Lions de Babylone, des Mille et une Nuits (Schéhérazade, Aladin, Ali Baba et Sindbad le Marin), lIrak nest pas un désert comme le laisserait entendre lopération « Tempête du désert ». Contrée surchargée de valeurs symboliques, lIrak est la genèse du monde civilisé (Sumer et Akkad) et du monothéisme, une terre biblique par excellence, le pays du Talmud de Babylone et du royaume de Hatra, un berceau majeur du christianisme et des premiers débats christologiques, de la première aventure missionnaire dans le monde, la terre de lécriture cunéiforme et de la langue araméenne que parlait Jésus, un brillant foyer de la civilisation arabe abbasside en contact avec lInde et la Perse, un centre important de lislam et du chiisme, une référence historique en matière de dialogue des religions, et un vrai carrefour de peuples et de minorités variées en cultures et en croyances (Kurdes, Yézidis, Sabéens, Turkmènes, Assyro-Chaldéens, tribus nomades). Doit-on rappeler quAbraham (1850 avant JC), le père des croyants, est un Mésopotamien qui sortit dUr en Chaldée (située au sud de lIrak) et que Thomas lApôtre y prêcha lÉvangile ? Les Irakiens se considèrent, à juste raison dailleurs, comme les héritiers de ce patrimoine cinq fois millénaire et sestiment être en filiation directe avec ce passé. La civilisation arabo-musulmane La Mésopotamie fut conquise par les Arabes en 637 et devint musulmane. Ce pays de lislam vit éclore les premières écoles juridiques (celle de Abu Hanifa, 696-767), le soufisme et le mysticisme (al-Hallaj 857-922), de grands philosophes (notamment le courant rationaliste mutazalite) et poètes (Abu Nuwas, Bachar ibn Burd), de célèbres voyageurs et historiens de renom (al-Tabari 838-923 et le chiite al-Massoudi 893-956), des savants encyclopédistes (comme Ibn al-Haytham 965-1039), des confréries religieuses (comme celle fondée par le soufi Abdel Kader Gaylani, appelée la Kadiriyah). Il vit naître aussi le chiisme avec Ali assassiné en 661 et son fils cadet Hussein qui subit le même sort tragique le 10 octobre 680. Ils reposent à Najaf et Kerbala, deux sanctuaires situés au sud de lIrak. Bagdad, capitale de lEmpire abbasside (762-1258), symbole de lâge dor de lislam, fut édifié par le calife al-Mansour en 762 sous le nom de Cité de la paix. Le calife al-Mamoun (813-833) y fonda la Maison de la sagesse (Bayt al-Hikma), une Académie des sciences qui sest illustrée, en particulier, par ses traductions du grec à larabe, via le syriaque, de la pensée philosophique et médicale hellène. Le chrétien Hunayn Ibn Isaac y joua un rôle majeur. LAcadémie regroupait un million de documents. Forte dun million dhabitants, Bagdad fut un creuset du monde musulman sous lempereur Haroun al-Rachid (786-809), qui allait de lEspagne à lInde. Luniversité al-Moustansiriya date de quinze ans avant la Sorbonne. LIrak accueille huit des douze imams du chiisme et ses principales villes saintes (Kerbala, Koufa, Najaf, Samarra). Une ville comme Koufa est, par ailleurs, réputée pour sa calligraphie arabe dite koufique. La topographie de Bagdad et sa géographie religieuse sont, à elles seules, tout un symbole. Cité qui respire lhistoire, on y trouve beaucoup de lieux de culte, de grandes mosquées (celle de limam al-Adham), les tombeaux des 7e et 9e imams du chiisme (Kazimain), celui du grand poète Abu Nuwas (757-815), chantre du vin et du plaisir, du mystique al-Hallaj (1), qui fut supplicié, la sépulture de limam Abu Hanifa et de Zubayda. La Bible et la Mésopotamie La Bible est jalonnée de récits sur la Mésopotamie, pleins à la fois dangoisse et despérance, pour le bien comme le pire (voir Jérémie, Isaïe, Ezéchiel, Daniel, Jonas, Nahoum). Pays de pluralisme juridique, reconnaissant toujours des communautés et des droits coutumiers, la Mésopotamie octroyait aux juifs exilés à Babylone un statut légal reconnaissant leurs lois et coutumes et leurs règles familiales et personnelles. Ils témoignaient dun grand dynamisme. Le chef de la communauté avait le titre de Resh Galutha (terme araméen qui signifie chef suprême de la diaspora ou exilarque). Le livre denseignement le Talmud de Babylone (Talmud Babli) écrit en judéo-araméen à Babylone à partir du IVe siècle par Rabi Achi, le chef de lécole de Sura, et par ceux de lécole de Mahoza qui sert de référence canonique, juridique et morale est le commentaire le plus détaillé et le plus répandu de la Torah. Il sera largement commenté par Rachi. Par ailleurs, on a établi un parallèle entre la naissance et lenfance de Sargon, premier roi dAkkad (2450 av. JC) et Moïse. Tout au long de son parcours historique, la Mésopotamie contribua puissamment à la création, à lavancement et au progrès de la connaissance et de lorganisation humaine, tant en matière religieuse, philosophique, scientifique, politique, administrative et économique. Lorigine de la civilisation La religion mésopotamienne joua un rôle dans la proclamation du Dieu unique, idée effleurée par les Mésopotamiens. Des textes de sagesse rédigés mille ans avant Jésus-Christ par les Babyloniens, nous rappellent, par leur teneur, le christianisme. On a retrouvé des textes mésopotamiens relatifs à la Création et à lhistoire du Déluge, semblables aux récits de lAncien Testament. Il en est de même pour lastrologie, lastronomie, la théogonie, la cosmogonie, la littérature, la science des présages, la magie, les doctrines sur lau-delà, la divination, les hymnes, la législation, la médecine et bien dautres domaines, dans lesquels les Mésopotamiens ont apporté un savoir appréciable. Notons ici leur contribution en matière dorganisation politique où les différents codes sont des pièces maîtresses dans la manière dorganisation rationnelle du pouvoir. Na-t-on pas dit que ladministration commençait en Chaldée ? Hammurabi (1850 av. JC) nest-il pas un chef dÉtat et un législateur cité en modèle ? LÉpopée de Gilgamesh, ce long poème écrit au XVIIIe siècle av. JC, traite de la vie, de la mort et du devenir. Cette épopée, antérieure à LIliade et à LOdyssée dHomère, considérée désormais comme un des textes fondateurs de la culture occidentale, est entrée dans lenseignement de la philosophie en terminale. Civilisation de lintelligence et de la prévoyance, lécriture avait une grande importance pour les Mésopotamiens. Ils avaient un sens prononcé de la fixation de la pensée, de la transmission, de la durée et de la postérité. Des dizaines de milliers de tablettes et beaucoup de scribes ont consigné lhistoire de la Mésopotamie. La première bibliothèque publique a été instituée par le roi assyrien Assurbanipal (- 668/- 626). Ninive, qui jouxte Mossoul, comportait des dizaines de milliers de tablettes. - A voir la naissance de l'écriture en Mésopotamie : http://classes.bnf.fr/dossitsm/mesopota.htm Berceau des premières cités-États (Uruk, Larsa, Ur, Kish, Lagash, Nippur, Sippar), la Mésopotamie antique était une société structurée dotée de pouvoir dÉtat efficace avec un sens de lintérêt général. On a beaucoup écrit sur lapport de la Mésopotamie et son riche héritage mythologique et littéraire en ce qui concerne les récits relatifs à la création du monde et à lapparition de lhumanité, ainsi que dans le domaine de la codification du droit et de la responsabilité juridique, de la justice et de lorganisation rationnelle de la société. Quelques textes juridiques, qui visent à réglementer la vie civile, méritent, à ce propos, dêtre mentionnés comme les recueils de lois assyriennes et babyloniennes. Il est frappant de constater que les Mésopotamiens étaient animés dun fort sentiment religieux et leur pensée en était très imprégnée. Leurs ziggourats (tours élevées) étaient dédiées à la divinité. Ils avaient le sens de lAu-delà. Dailleurs, le Panthéon était très riche et varié. Environ trois mille dieux lhabitaient, avec de Grands-Dieux principaux, tels Anu, Marduk, Ishtar, Enlil, Ea, Nabu, Sin, Inana, Shamash, Assur, Hadad, Nergal, Ninurta... Pieux, ils avaient une représentation de la temporalité de lhomme enchâssée dans la divinité et incrustée demblée dans lunivers. Lautorité politique contrôlée Dautre part, contrairement à une idée largement véhiculée par lOccident qui considère lOrient comme une terre éternellement gouvernée par des despotes, la Mésopotamie limitait le pouvoir du prince par le service du peuple sous peine de se voir renverser par les dieux. Le paragraphe qui suit nous fait penser à lactualité et à la chute du régime tyrannique de Saddam Hussein : « Si un prince nobserve pas la justice, son peuple sombrera dans lanarchie, et son pays sera dévasté. Sil nobserve pas la justice de son pays, Ea, roi des destins, changera sa destinée et le poursuivra sans cesse avec hostilité. » Ce quil faut retenir de leur philosophie, cest que lhomme est un élément dun ensemble plus vaste et quil a des obligations juridiques, sociales et morales. Jean Bottéro, éminent assyriologue français, dit que les Babyloniens semblent tenir compte de la double finalité laïque et religieuse, en attribuant aux hommes aussi bien le devoir de lorganisation du monde que celui du culte liturgique. Il écrit : « En sorte quil nous faut reconnaître aux Sages de Babylone une doctrine notablement élevée du sens de la vie humaine : lhomme est fait pour le service divin et pour le perfectionnement de la nature. » En matière de sens et de finalité que les Assyro-Babyloniens avaient du droit, ce même auteur écrit : « On peut [ ] avancer sans crainte quavec les Romains, et bien avant eux, et peut-être plus queux, les Babyloniens et les Assyriens ont été, dans lAntiquité, le peuple le plus juriste de la terre : leur sens du droit et de la responsabilité juridique est véritablement étonnant. » Chrétiens depuis 2000 ans Par ailleurs, le monde a découvert, étonné, des chrétiens en terre dislam. Or en Irak, lÉglise nest pas une étrangère, et sa terre est emplie de lieux de culte et de monastères depuis 2 000 ans. Au nombre dun million (4 % de la population), ces chrétiens répètent à lenvi : « Nous sommes les premiers chrétiens dIrak, mais aussi les premiers Irakiens. » La région de Mossoul est truffée déglises et de monastères, où six rites sont célébrés. Quant à Bagdad, cest la ville aux cinquante églises. La présence chrétienne y est aussi vieille que le christianisme lui-même. Cest une religion autochtone et apostolique. À lappel de Dieu, le prophète Jonas fit le voyage de Ninive pour prêcher la repentance. Outre le jeûne des Ninivites (Jonas, 3, 1-10), salué par Jésus comme un signe fort (Matthieu, 12, 39-42 ; Luc, 11, 29-32), durant lequel les chrétiens dIrak font pénitence trois jours, les ancêtres des Irakiens, les « gens de Mésopotamie », furent témoins de la Pentecôte (Actes des Apôtres, 2-9). Après la naissance de Jésus à Bethléem, des notables et des astrologues issus de Mésopotamie, des « Rois mages dOrient » sont venus lui rendre hommage (Matthieu, 2, 1-2). Les chrétiens de Mésopotamie se font gloire davoir en Thomas lapôtre, le premier prédicateur en cette terre originelle du christianisme. En effet, dans la seconde moitié du premier siècle, saint Thomas y prêcha avec un autre apôtre Thaddée (connu en Orient sous le nom dAddaï), lequel était accompagné de deux disciples : Aggaï et Mari. Mar Addaï est considéré comme le bâtisseur de lÉglise de Babylone, du siège de Séleucie-Ctésiphon, premier centre de lÉglise dOrient. Mar Aggaï et Mar Mari lui succéderont à ce siège. Disciple et successeur dAddaï, Aggaï ordonna des évêques en Assyrie et en Chaldée. Compagnon dAggaï, Mari parcourut la Mésopotamie pour lévangéliser, fonda le siège de lÉglise de Kokhé, non loin de Bagdad. Les villes dArbèle, au nord de lIrak, et dAlqosh, près de Mossoul, seront chrétiennes dès le premier siècle. Elles devinrent très tôt des villes métropolitaines. Le Rayonnement universel Le premier des trois textes liturgiques servant pour les prières ordinaires de la messe assyro-chaldéenne, est lAnaphore (terme grec qui signifie élévation, utilisé pour la liturgie eucharistique) attribuée à Mar Addaï et Mar Mari, qui remonte aux origines de lÉglise. Le chant liturgique Lakh ou Mara (À Toi Seigneur), qui date du premier siècle, est considéré comme lun des plus anciens documents liturgiques connus à ce jour. Cette Église dIrak a connu une épopée missionnaire qui la conduit de Bagdad à Pékin, elle possède sa version de la Bible (Pshytta), et a rayonné dans tous les domaines du savoir religieux et profane. Elle a donné notamment Tatien (120-180), Bardesane (154-222), Aphraate (270-346), Narsaï (399-502) et Isaac de Ninive (VIIe siècle) qui sont de réputation internationale. Limaginaire occidental Comme Phénix, la Mésopotamie est morte à plusieurs reprises. Enfouie sous les décombres, il a fallu attendre 1840, grâce aux archéologues français et britanniques, pour retrouver les vestiges de Ninive détruite cruellement il y a 2 500 ans. En 1258, les Mongols avaient à leur tour mis à sac Bagdad avec la même cruauté. Chaque fois, elle fut ressuscitée de ses cendres et ses traces sont au musée du Louvre, au British Museum, au musée de Berlin et de Chicago. Mais en dépit de tout, il faut « défataliser », car son histoire est présente dans limaginaire et inscrite dans la mémoire de lOccident. (1) Lire le livre de Kebir M. Ammi, Évocation de Hallaj, Presses de la Renaissance, 190 p., 18 e La vision mésopotamienne de lhomme et du pouvoir Pour les Mésopotamiens, lhomme nest pas un être absolu ni le centre de lunivers. Cest un être limité tout en étant libre. Écoutons Gilgamesh : « Pourquoi prolonger ta douleur, Gilgamesh? Puisque les dieux tont fait de la chair des dieux et de lhumanité,Puisque les dieux tont fait semblable à ton père et ta mère,À un moment la mort est inévitable » Les récits assyro-babyloniens de la création affirment lévolution, la temporalité et la relativité de ce monde terrestre qui nait jamais à labri de soubresauts : « Parfois nous bâtissons une maison, parfois nous faisons un nid, Mais ensuite des frères la divisent dans lhéritage, Parfois lhostilité est dans le pays, Mais ensuite le fleuve monte, linondant de ses eaux. » Joseph Yacoub - Vendredi 8 août 2003 - Témoignage Chrétien. |
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Professeurs et conservateurs craignent une marchandisation de ces précieux documents et une flambée des prix empêchant les institutions publiques de les acquérir à des fins pédagogiques. Plutôt habitués à lombre des bibliothèques, les papyrologues sinquiètent du soudain intérêt porté à lobjet de toutes leurs études. Ils sémeuvent surtout des sommes déboursées pour ces manuscrits fabriqués par les anciens Egyptiens à partir dune plante poussant sur les bords du Nil et témoins de cultures antiques : du simple contrat de vente au texte religieux. Lors dune vente aux enchères à New York le 20 juin dernier, un acheteur inconnu a mis sur la table pas moins de 400.000 dollars pour un papyrus datant du IIIe siècle après Jésus-Christ et portant un beau passage en grec du chapitre 8 de lévangile de saint Jean (1). "Insensé", "ridicule", "choquant" : les commentaires ont fusé chez les spécialistes qui, pour beaucoup nauraient pas mis la moitié de cette somme. Plus de trois millions de dollars Tous craignent que cette vente donne des idées aux spéculateurs jusqu'alors peu intéressés par ces pièces. Les papyrus pourraient finir au fond de coffres et leurs nouveaux propriétaires préférer lanonymat. Or, rappellent les spécialistes, avant d'être des objets de valeurs, il s'agit avant tout de sources indipensables aux chercheurs et étudiants. En théorie, rien n'empêche les bibliothèques publiques ou les musées de sen porter acquéreurs et d'en garantir laccès. Mais, leurs caisses sont souvent vides et la tentation serait plutôt de se défaire de ces documents à bon prix. Cest ce qua fait le propriétaire du papyrus vendu 400.000 dollars. Confrontée à une dette de 4 millions de dollars, la Colgate Rochester Crozer Divinity School (CRCDS, New York) a chargé Sothebys de vendre au plus offrant le fragment de lévangile de saint Jean. Dans le lot également : une trentaine dautres papyrus, des tablettes en cunéiforme et quelques livres rares. Au total, lopération a rapporté 3 311 280 dollars, en ce compris la commission de la maison de vente. "Jamais un gentleman..." Dans cette affaire, les paléographes sont dautant plus en colère que les papyrus avaient été donnés en cadeau. Dans les années 1920, lEgypt Exploration Society de Londres avait souhaité remercier lancêtre de la CRCDS pour sa contribution aux opérations de fouilles à Oxyrhynchus, petit village à 160 kilomètres au sud-ouest du Caire où furent découverts les papyrus entre 1893 et 1908. Pour les papyrologues, pas de doute : il aurait été de bon ton de restituer les documents au donataire ou, à la limite, de les vendre à une bibliothèque publique mais sans passer par une vente aux enchères. Las, rien juridiquement, ne pouvait imposer cette solution. "A l'époque, jamais un gentleman naurait envisagé de vendre le cadeau quil aurait reçu", déplore Adam Bülow-Jacobsen, professeur émérite de papyrologie à luniversité de Copenhague (Danemark). Autre temps, autre moeurs. Autres techniques aussi : avant d'être vendus, les papyrus dOxyrhynchus ont été numérisés et stockés sur Internet. Voir sur le site : http://www.atla.com/digitalresources/. "Le problème le plus important, fait remarquer le professeur Robert Kraft, concerne des documents qui doivent encore être étudiés." Car, explique ce spécialiste des religions à luniversité de Pennsylvanie (Etats-Unis), "pour les chercheurs, le mystère qui entoure des pièces non encore publiées a bien plus dattrait que la renommée dun document déjà déchiffré et édité." (1) (Oxyrhynchus Papyri, n°1780). Le 15 juillet 2003 - TF1 Infos - Par David STRAUS |
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CITE DU VATICAN (Reuters) - Les amoureux de la langue latine seront heureux d'apprendre la publication cette semaine d'un nouveau dictionnaire moderne du latin, qui reste la langue officielle du Vatican et de l'Eglise catholique, destiné à faciliter la traduction de termes inconnus dans l'Antiquité romaine. Cet ouvrage, le "Lexicon Recentis Latinitas" (dictionnaire des latinités récentes), commercialisé au prix de 100 euros, possède toutefois peu de chances de devenir un succès de librairie, un "best-seller" comme on dit de nos jours, ou plutôt un "liber maxime divenditus", comme l'aurait peut-être dit Jules César ou Cicéron. Les institutions judiciaires internationales, une innovation de l'ère moderne, y occupent une place toute d'actualité. On dira ainsi non pas FBI (le Federal Bureau of Investigations américain), mais "officium foederatum vestigatorium". De même, la police internationale Interpol gagnera à être appelée "publicae securitatis custos internationalis". Les termes techniques ne sont pas oubliés. Le régime de boîte de vitesses surmultiplié des automobiles, couramment désigné par l'anglicisme "overdrive", laisse la place à l'expression "instrumentum velocitati multiplicandae". Les correspondants de guerre "intégrés" ou "embarqués" (de l'anglais "embedded") dans des unités militaires américaines lors de la guerre en Irak seront heureux de savoir que leur instrument de travail principal, le visiophone, s'appelle en latin un "telephonium albo televisifico coniunctum". Les zélés latinistes du Vatican n'ont pas négligé les tourments qui agitent le sport contemporain. Le mot "dopage" pourra être traduit par "usus agonisticus medicamenti stupecfactivi". En ces temps de grève des transports et d'embouteillages, les automobilistes immobilisés dans les bouchons pourront se consoler en récitant par coeur la bonne traduction du terme "heures de pointe": "tempus maximae frequentiae". (Reuters) |
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CITE DU VATICAN, Mercredi 16 avril 2003 ( ZENIT.org ) - Fermée depuis dix ans, lancienne bibliothèque des jésuites à Shanghai va rouvrir ses portes, indique Eglises d'Asie, l'agence des Missions étrangères de Paris, dans son bulletin n° 373 ( eglasie.mepasie.org ). Fondée en 1867 par des jésuites français, lancienne bibliothèque catholique de Xujiahui (1), à Shanghai, va rouvrir ses portes au public en mai prochain, après une fermeture de dix ans. Placée en 1956 sous la tutelle de la Bibliothèque de Shanghai, aujourdhui la plus importante bibliothèque publique de Chine populaire et lune des dix principales bibliothèques au monde, la Bibliothèque de Xujiahui rassemble des collections rares et précieuses en chinois et en langues étrangères, relatives, entre autres, à la présence chrétienne en Chine. Selon Li Tiangang, professeur de religion à luniversité Fudan de Shanghai, les chercheurs attendent avec impatience la réouverture de cette bibliothèque, considérée comme la plus ancienne bibliothèque privée de lhistoire chinoise contemporaine, i.e. depuis la guerre de lopium de 1839-1842 et louverture forcée de la Chine aux puissances impérialistes occidentales. Les actuels bibliothécaires de Xujiahui ont mis à profit la fermeture, décidée au début des années 1990 du fait des travaux menés dans le quartier pour la construction du métro, pour entreprendre lindexation des centaines de milliers de livres et documents présents dans les rayonnages, recensés une première fois au début des années 1900. Le bâtiment de deux étages, édifié en 1867, a également été rénové durant ce long laps de temps. Fondée par les jésuites pour accueillir et aider leurs pairs venus étudier la société chinoise, la bibliothèque compte dans ses collections un exemplaire du dictionnaire français-latin-chinois compilé en 1813 sur ordre de lempereur Napoléon par le sinologue français Joseph de Guignes. Parmi ses raretés, on trouve une carte indiquant lemplacement des missions catholiques dans le Jiangsu entre 1840 et 1920. A côté des ouvrages relatifs au christianisme, présents en nombre, existe une importante collection douvrages sur la culture chinoise, telle cette traduction en latin des Maximes de Confucius, traduction réalisée au XVIIe siècle par les jésuites Prospero Intorcetta et Ignacio da Costa. Après avoir quitté Pékin à la suite de sa dissolution par le pape Clément XIV en 1773, la Compagnie de Jésus avait repris pied en Chine à la fin des années 1830, les jésuites sinstallant à Xujiahui en 1849, sept ans après leur arrivée à Shanghai. A lépoque, Xujiahui était située en zone rurale, au sud-ouest de la ville. En 1953, le pouvoir communiste a confisqué les bâtiments comprenant la résidence des jésuites et la bibliothèque, avant, trois années plus tard, de placer les collections de celle-ci sous la responsabilité de la Bibliothèque de Shanghai. Selon Kwun Ping-hung, chercheur et spécialiste de lEglise catholique en Chine, natif de Shanghai mais basé aujourdhui à Hongkong, le fait que la Bibliothèque de Xujiahui ait été placée sous la houlette de la Bibliothèque de Shanghai a permis de sauver ses collections de la furie destructrice des Gardes rouges lors de la Révolution culturelle (1966-1976). Aujourdhui, cependant, Mgr Jin Luxian, évêque « officiel » de Shanghai, qualifie de « grande perte » le fait que lEglise na pas pu retrouver la propriété de cette institution. LEglise est bien parvenue à récupérer les bâtiments des églises mais pas ses anciennes écoles, hôpitaux et autres institutions, déplore-t-il. Après la Révolution culturelle et la mise en place des réformes initiées par Deng Xiaoping, la Bibliothèque de Xujiahui nétait ouverte quà un petit nombre de fonctionnaires et à quelques chercheurs autorisés. Selon un porte-parole de la Bibliothèque de Shanghai, sa réouverture permettra un accès beaucoup plus large du public à ses collections, même si des règles strictes seront mises en place pour restreindre laccès aux manuscrits et ouvrages anciens et fragiles. Le micro-filmage des collections se poursuit, a encore précisé le porte-parole, ajoutant que les collections chinoises seront déménagées à la Bibliothèque de Shanghai. Resteront sur place quelque 560 000 ouvrages publiés avant 1949 en une vingtaine de langues, dont 2 000 édités entre 1515 et 1800. (1) Outre la bibliothèque, Xujiahui (Domaine de la famille Xu, Zikawei en shanghaïen) est le nom porté par la cathédrale Notre-Dame de Shanghai. Le lieu Xujiahui est associé à Xu Guangqi, célèbre lettré baptisé sur place en 1603 et qui avait choisi Paul comme nom chrétien. Né en 1562 à Shanghai, Xu Guangqi, dabord modeste enseignant dans le sud du pays, gravit peu à peu léchelle mandarinale pour devenir chef du Bureau des Rites et membre du Conseil dEtat de la dynastie Ming. Passionné par les sciences naturelles, les mathématiques et lastronomie, il rencontra le missionnaire jésuite Matteo Ricci et devint lun de ses collaborateurs, contribuant à la traduction en chinois de nombreux ouvrages scientifiques. Il se convertit au catholicisme. En 1634, ses restes furent inhumés à Xujiahui, une croix étant plantée à côté de la pierre tombale chinoise traditionnelle. Il y a quelques années, la municipalité de Shanghai a fait rénover sa tombe, débaptisant le Parc Nandan où elle se trouve en Parc Guangqi et y érigeant un buste en sa mémoire. © EDA - ZF03041610 |
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L'Université d'Ottawa participe à un important projet de numérisation de livres rares en partenariat avec l'University of Toronto. D'ici environ trois mois, toute personne ayant accès à Internet pourra, en passant par le site Web du Réseau de bibliothèques www.biblio.uottawa.ca ou par le site www.archive.org , avoir accès à une panoplie de livres rares, certains vieux de plus de 500 ans. "Cette initiative favorisera grandement l'accès à ces sources documentaires", affirme M. Tony Horava, coordonnateur des collections aux bibliothèques au site spécialisé : www.bibliorare.com Selon lui, « la création d'un centre d'archives virtuel , accessible à tous, permettra de réduire plusieurs contraintes physiques qui empêchent parfois les gens de venir consulter sur place les documents d'archives. Les quelques 500 livres rares envoyés pour fin de numérisation seront non seulement disponibles 24 heures sur 24 sur Internet, mais ils pourront également être imprimés en totalité et gratuitement par tous les utilisateurs ». L'appareil qu'utilise la University of Toronto pour numériser les livres rares qu'elle reçoit est le seul du genre au Canada et on n'en compte que quelques-uns dans le monde entier. M. Horava croit donc qu'emboîter le pas avec les autres universités internationales participantes dix en tout reflète un des mandats de l'université d'Ottawa, c'est-à-dire d'exploiter le potentiel des nouvelles technologies afin de mieux servir la communauté étudiante comme le grand public. Numériser pour sauver les livres du Mali : l'uvre du CCL 15.000 manuscrits témoins de plusieurs siècles d'histoire sont menacés de disparition dans la wilaya d'Adrar, dans le Sud algérien : une institution unique en France, le centre de conservation du livre (CCL) d'Arles, s'est fixé pour mission de les sauver des sables. Grâce entre autres à la numérisation ! Le site www.bibliorare.com explique : "Depuis 1998, le CCL offre son "assistance technique" en "formant les populations locales. La région, peuplée à l'origine de berbères Zénètes avant d'accueillir populations noires, juives et tribus arabes par vagues successives jusqu'au 15 ème siècle, est au coeur de la route des caravanes, d'or, de sel, d'esclaves : autant d'échanges commerciaux Nord/Sud et Est/Ouest qui s'accompagnent d'échanges culturels, raconte Saïd Bouterfa, spécialiste algérien des manuscrits du Sud, dans un ouvrage sur la mission Manumed-Algérie. Les précieux textes, conservés dans une trentaine de "bibliothèques privées", appelées "Khizanas" - souvent de simples pièces prenant l'eau, dotées dans le meilleur des cas d'une armoire - se trouvent pour beaucoup dans un état de dégradation avancée. Ces manuscrits - des documents religieux (Coran et commentaires), scientifiques (traités d'astronomie, de mathématiques), des ouvrages de droit, de poésie, des chroniques locales primordiales pour les historiens - sont menacés par le temps, la chaleur, l'abrasion du sable, les insectes... L'objectif du CCL, en coordination avec l'Institut de bibliothéconomie de l'université d'Alger, a donc été de former les locaux. "Ils sont chargés de rassurer les propriétaires, de les conseiller sur la conservation, d'effectuer le catalogage des collections", explique Bruno Marty. Un laboratoire leur permettant d'effectuer des travaux de restauration, de microfilmer et de numériser les documents est en cours d'installation." Dossier réalisé par Jean de Chambure, pour l'Atelier. (Atelier - groupe BNP Paribas - 17/06/2005) |
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Une sélection dans les collections belges, du 5 décembre 2003 au 25 avril 2004. Quelque 150 pièces provenant de collections belges seront, pour la première fois, rassemblées et présentées au public. A ce jour, aucune étude systématique n'a été entreprise sur ce qui existe dans notre pays dans ce domaine . De même, jamais aucune exposition en Belgique n'a été consacrée à l'art de l'Islam dans son ensemble. Au Benelux, la seule collection qui en donne un aperçu cohérent et global est celle du Musée du Cinquantenaire, mais elle est inaccessible depuis 1993. L'exposition a pour but d'attirer l'attention sur les richesses insoupçonnées que recèle notre pays en matière d'art islamique. Elle veut aborder l'époque et les circonstances dans lesquelles les oeuvres d'art sont arrivées chez nous selon trois axes principaux: découvertes de terrain, objets conservés dans le cadre du culte médiéval des reliques et pièces issues de collections constituées aux XIXe et XXe siècles. Le centre même de la manifestation est l'art de l'Islam proprement dit et le choix opéré s'est porté sur les pièces pour lesquelles nous disposons de renseignements suffisants. La période envisagée s'étend de 600 à 1800 après J.-C. et les régions concernées sont celles situées au centre de l'Islam, soit de l'Espagne à l'Inde, en mettant l'accent sur l'Iran, l'Égypte, la Syrie, la Turquie et l'Espagne. Le Maghreb sera également représenté par quelques exemples. Les pièces proviennent des Musées royaux d'Art et d'Histoire et du Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire - où la collection d'armes des MRAH est temporairement conservée-, de la Bibliothèque Royale, de divers musées du pays, de trésors d'églises et de quelques collections privées. Un catalogue richement illustré est prévu et constituera le premier volume d'une série publiée dans le cadre de l'ouverture de la salle de l'Islam au Musée du Cinquantenaire. Les services éducatifs et culturels prévoient un programme adapté. *Lieu de l'exposition : Musée du Cinquantenaire, Parc du Cinquantenaire 10, 1000 Bruxelles, Salle aux colonnes. http://www.bladi.net/modules/newbb/sujet_13090_26.html |
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Les manifestants ont détruit sans discernement des biens culturels de première importance, parmi lesquels on trouve une tablette assyrienne vieille de 2600 ans Environ 150 membres de la Brigade Sambhaji se sont rués dans la bibliothèque de l'Institut Bhandarkar en Inde pour protester contre la publication d'un livre de James W. Laine consacré à Shivaji, une figure religieuse et guerrière importante de l'Inde occidentale du XVIIIe siècle. Dans leur rage, les manifestants ont détruit, volé ou endommagé 30 000 manuscrits anciens, selon les premières estimations disponibles. La légende de la vie tumultueuse de Shivaji demeure, aujourd'hui encore, au coeur de la pensée de certains nationalistes hindous. Pour écrire son livre controversé, James W. Laine, un auteur américain, s'était notamment documenté aux archives de l'importante bibliothèque de l'Institut Bhandarkar. Dans son travail, il expose des rapports d'opposition entre musulmans et hindous moins tranchés que ne le laisse entendre la tradition au sujet de Shivaji. En décembre, Laine en était venu à s'excuser pour ses interprétations au sujet de Shivaji. Son éditeur, la respectable Oxford University Press, a même retiré le livre du marché. Le 22 décembre dernier, un historien qui avait aidé Laine dans son travail a été molesté en public à la suite de cette affaire. Tout cela n'a semble-t-il pas suffi à calmer la colère locale. Les manifestants ont détruit sans discernement des biens culturels de première importance, parmi lesquels on trouve une tablette assyrienne vieille de 2600 ans. La police a accordé une protection spéciale à trois historiens du centre dont la vie pourrait être menacée. Elle a interpellé à ce jour 72 personnes en rapport avec cette affaire. Dès mardi, jeunes et vieux se sont affairés à nettoyer les lieux et à tenter de préserver ce qui pouvait encore l'être. Jean-François Nadeau - Édition du jeudi 8 janvier 2004 - www.ledevoir.com |
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de la bibliothèque littéraire Robert Moureau.
C'est une vente exceptionnelle au chapitre des livres anciens et belles reliures qui s'est tenue à Paris-Drouot, le mois dernier. Il s'agit de la bibliothèque réunie par Robert Moureau et Micheline de Bellefroid. L'exposition de cette bibliothèque eut lieu simultanément à Bruxelles, à la Wittockiana, et chez le libraire-expert Pascal De Saedeleer, puis, à Paris, chez Pierre Bergé & Associés. Robert Moureau, avocat et homme politique belge important, mais surtout grand bibliophile devant l'Eternel, collectionna les éditions originales d'auteurs contemporains, constituant l'une des plus formidables bibliothèques du XXe siècle. Il put réunir bon nombre d'exemplaires de tête, souvent le numéro 1, et d'uvres dédicacées qu'il fit relier par les meilleurs artisans relieurs de son temps. Robert Moureau, administrateur très actif de la Société royale des bibliophiles jusqu'en 1966, moment où un accident de voiture l'immobilisa, mourut en 1983. Gide, Claudel, Michaux, Proust, Mauriac, Gracq, Bataille étaient ses familiers, et le libraire Paul van der Perre le tenait pour l'un des hommes les plus intelligents et les plus cultivés qui fût. Quant à Micheline de Bellefroid, c'est une relieuse d'art et de littérature qui fit ses classes à la Cambre, si complice de la vie propre des uvres et des temps de l'écriture qu'elle put habiller les textes des habits les plus adéquats. Robert Moureau lui confia tôt des ouvrages d'importance, alors même qu'elle n'était encore qu'étudiante. La Belgiquen'était pas présente C'est dire si, dans le catalogue de la vente qui se déroula les 3 et 4 décembre, il y avait abondance de biens, voire de merveilles. D'aucuns regrettèrent que la Belgique et ses institutions ne furent guère présentes à cette vacation qui engageait tant notre pays, les prestigieuses raretés de l'un de ses collectionneurs mais aussi ses écrivains, ses artistes, ses relieurs d'art les plus accomplis dont Tchékéroul et Jo Delahaut. La première partie de la vente totalisa 1.171.000 euros au marteau pour 410 lots. Deux d'entre eux dépassèrent allégrement les estimations et furent adjugés respectivement 100.000 euros, sans les frais. Il s'agit du premier jet du manuscrit de Camus « La corde », 68 pages écrites en 1948-1949 qui allaient devenir « Les justes ». L'ouvrage avec sa reliure en maroquin vert sombre de Liliane Gérard montre une écriture, des ratures et des repentirs qui témoignent de la fièvre créatrice de l'écrivain. Il avait été estimé 75.000 euros maximum. Michaux avec une correspondance de 50 lettres et de cartes à Franz Hellens se vit couronner par une enchère de 45.000 euros. La barre de 50.000 euros qui avait été avancée fut presque atteinte. Reliure de Micheline de Bellefroid en maroquin janséniste noir doublé de daim naturel fauve, cette correspondance qualifiée de « fabuleux trésor conservé en dépit de l'auteur », révèle un Michaux encore inconnu, criant misère, tel qu'en lui-même cependant et attelé à l'écriture avec une passion extraordinaire. Tous ces manuscrits et autographes ont été préemptés par la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. L'autre enchère de 100.000 euros fut mise sur un exemplaire de l'édition originale du « Voyage au bout de la nuit » de Céline, à Paris, en 1932, chez l'éditeur Denoël et Steele. Cet exemplaire hors commerce, non justifié, sur vergé d'Arches, joint à dix exemplaires de tête et relié en maroquin janséniste noir par Huser, contient une lettre de Céline signée « Destouches » à Jean Ajalbert, un envoi autographe au même signé Céline et deux photographies dont l'une, célèbre, montre l'écrivain seul et vu de face. La petite histoire nous apprend que Jean Ajalbert, de l'académie Goncourt, fut le seul, avec Lucien Descaves et Léon Daudet, à soutenir la candidature de l'écrivain au prix qui devait lui échapper Danièle Gillemon Le Soir du jeudi 8 janvier 2004 © Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002 |
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BEIJING, 09/11/2003 - La plus grande bibliothèque en chinois dans le monde, une banque de données contenant plus de 12 millions de documents, soit 25% des ressources d`informations publiques de Chine, a vu le jour samedi dans la capitale chinoise. La bibliothèqe numérique vise à rendre possible l`accès des lecteurs à 80% des ressources intellectuelles chinoises par Internet d`ici trois ans. Il réunit des informations en provenance des ressources électroniques et des périodiques, journaux, livres, thèses dans les domaines tels que les sciences naturelles, l`ingénierie et les sciences sociales. Le plus remarquable caractère de cette banque de données est qu`il offre des services efficaces et professionnels aux lecteurs dans la recherche d`informations d`intérêt, a dit Pan Longfa, président de la maison d`Edition électronique du Quotidien académique de Chine. La bibliothèque numérique a été mise au point conjoitement par cette maison et par Tsinghua Tongfang Optical Disc Co. Ltd. "Au cours de la construction de cette bibliothèque, nous avons mis l`accent sur la protection des droits de la propriété intellectuelle et payé plus de 31 millions de yuans (3,73 millions de dollars) aux auteurs à ce sujet", a poursuivi Pan. Une enquête menée au mois de juin dernier par l`Administration de la Presse et de la Publicatin de Chine révèle que les informations à l`Internet n`incluaient que 15 millions de documents scientifiques, économiques, culturels et éducatifs, à savoir 40% des documents publiés en Chine et que 150 000 livres ont obtenu des droits d`auteur légitimes sur Internet, soit seulement 5% du total disponible sur le marché intérieur. Angola Press 09/11/2003 |
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manuscrits liégeois. Cest une historienne américaine qui, en 1993, a sonné le tocsin, prévenant le conservateur du Musée liégeois dart religieux et dart mosan, le Maram, chez qui luvre était en dépôt depuis une dizaine dannées : un des feuillets de la bible de Léau, prévenait Judith Oliver, venait dêtre vendu 13.000 livres sterling (18.200 euros) chez Christies. Pour le dépositaire de la bible manuscrite et pour la bibliothèque du Séminaire de Liège, qui en reste propriétaire, cest la stupéfaction : personne ne sétait aperçu quune page, au moins, de cet incunable du XIIIe siècle avait été volée. Immédiatement, les Liégeois enjoignent à la salle de vente londonienne de prendre toute mesure de sauvegarde à légard de la précieuse enluminure. Tandis que Bruce Ferrini, lacheteur américain, dénonce la vente. Ce collectionneur nest pas nimporte qui : propriétaire dune galerie à Akron, dans lEtat dOhio (Etats-Unis), il est un spécialiste incontesté de la littérature médiévale et renaissante. Fortuné, il assoira sa notoriété et sa respectabilité quelques années plus tard en léguant, avec son épouse Pamela, en hommage à leur fils de 21 ans décédé quelques mois plus tôt, 6,8 millions de dollars à la Kent University pour quelle puisse intensifier ses recherches sur lévolution humaine. Légende locale, Bruce Ferrini tient à sa réputation, il le fait savoir à Christies qui décide donc de retenir ce manuscrit volé on ne sait quand par on ne sait qui. Le quand, le comment, le pourquoi : autant de points dinterrogation qui, à lété 1993, sont soumis aux enquêteurs liégeois. Cest que la bible de Léau nest pas de ces ouvrages écornés que lon peut feuilleter sur le marché dominical de Tongres : rédigée au XIIIe par des chanoines liégeois exilés à Léau ( aujourdhui Zoutleeuw, en Brabant flamand ), elle représente lun des rares témoignages de lenluminure telle quon la pratiquait dans le diocèse de Liège à la fin du Moyen Age. Lettrines et miniatures rapportent un usage remarquable de la couleur et de la dorure à la feuille. Cest une des pièces maîtresses de notre collection de livres anciens, admet Yves Charlier, le conservateur de la bibliothèque du séminaire. Cet ouvrage a été prêté pour de nombreuses expositions, peut-être est-ce à loccasion dun de ces déménagements que des pages ont été arrachées Et sil ny avait eu, en 1993, la perspicacité dune historienne américaine, peut-être personne ne se serait-il jamais aperçu que le manuscrit avait été amputé de deux feuillets. En 1972, préparant une étude sur les manuscrits du XIIIe dans le diocèse de Liège, jai longuement analysé cette Bible, se souvient Judith Oliver, aujourdhui professeur dhistoire de lart à luniversité Colgate, à New York. Il y a dix ans, jai reçu de Bruce Ferrini la photocopie dun feuillet enluminé quil avait acheté chez Christies. Il sagissait de la première page du « Livre de Judith », je lai immédiatement reconnue et jai alerté Albert Lemeunier, conservateur du Maram. Mais les Liégeois ne sont pas au bout de leurs surprises : en vérifiant lintégrité de la bible, ils constatent quun second feuillet, celui qui ouvre le Lévitique, leur a également été subtilisé. Sur les traces de Judith. Judith fut laissée seule dans la tente avec Holopherne effondré sur son lit, noyé dans le vin ( ) Elle savança vers la traverse du lit proche de la tête de Holopherne, en détacha son cimeterre, puis sapprochant de la couche saisit la chevelure de lhomme et dit « Rends-moi forte en ce jour, Seigneur, Dieu dIsraël ! » Par deux fois elle le frappa au cou et détacha sa tête. (Judith, 13, 2-8). Puisque le premier feuillet a été localisé, cest vers Christies que se tournent dabord les enquêteurs. La salle de ventes les renvoie vers Francesco Radaeli, un Milanais de 58 ans qui a traversé les Alpes et sest établi à Lugano. Où il a créé à la fin des années 80 une librairie spécialisée dans le négoce des livres anciens. Il faudra pourtant attendre 2001 pour que ce bibliophile soit entendu par la police du canton de Tessin et que sa bonne foi soit établie. Cétait au printemps 1993, se souvient Francesco Radaeli. M. de Polo, que je connais depuis plusieurs années, ma chargé de mettre en vente divers objets lui appartenant. Parmi ces objets, figurait la page de la Bible en question. Le marchand naurait appris quen novembre de la même année que la transaction, sur laquelle il devait percevoir une commission de 2 % environ, était viciée. Et quand les enquêteurs, sétonnant sans doute que ce spécialiste nait rien soupçonné, lui demandent sil est courant de trouver dans le commerce des pages volantes se rapportant assurément à un livre ancien, Francesco Radaeli admet que cest chose fréquente et que ce létait plus encore par le passé. Le commanditaire de Radaeli est facilement retrouvé : cultivé, épris dart et de littérature, Claudio Saibanti de Polo est le directeur général de Fratelli Alinari, un des plus anciens et des plus grands fonds photographiques du monde, créé il y a plus de 150 ans, et partenaire de musées réputés tels que le Louvre à Paris, le musée Capodimonte à Naples, lHermitage à Saint-Pétersbourg Récemment, les responsables de la maison dédition ont même signé un accord avec Corbis, une des sociétés de Bill Gates, pour une numérisation et une plus large diffusion de leur patrimoine iconographique. Claudio Saibanti ne cache pas avoir été le propriétaire de cette miniature représentant Judith et sa servante levant une épée pour trancher la tête dHolopherne, général assyrien, lors du siège dIsraël. Factures à lappui, il explique lavoir acquise, en même temps que dautres antiquités, douze ans plus tôt chez un antiquaire de Zurich. Lequel laurait obtenue dun collègue parisien. Des devoirs denquête ont effectivement été effectués à Lugano et à Zurich, avec toutes les difficultés que cela suppose puisque la Suisse ne fait pas partie de lespace Schengen, confirme Véronique Melot, la substitut liégeoise qui a repris et dépoussiéré le dossier. Le galeriste de Paris a lui aussi été interrogé mais il affirme que la plupart de ses archives ont disparu, nous sommes dans une impasse. Reste que, dix ans après que le vol ait été constaté, lespoir de voir lenfant prodigue rentrer au bercail reste vif : Nous sommes toujours en possession du feuillet manuscrit, rassure-t-on chez Christies. Nous attendons des instructions de la Justice belge A la recherche du Lévitique. Le huitième jour il prendra deux agneaux sans défaut, une agnelle dun an sans défaut, trois dixièmes de fleur de farine pétrie à lhuile, pour loblation, et une pinte dhuile. (Lévitique, 14, 10). La restitution du second feuillet signé par les moines de Léau est, elle, malheureusement plus hypothétique. Les enluminures sont daussi grande qualité que celles qui vivifient le livre de Judith. Elles représentent cette fois trois agneaux prêts à être sacrifiés devant un autel. Alors quon avait craint ce feuillet disparu à tout jamais, recelé par un collectionneur peu scrupuleux, voire détruit ou égaré, il réapparaît subitement il y a un peu plus dun an sur un étal de la foire aux antiquaires de Maastricht, soit à une trentaine de kilomètres seulement du lieu de sa disparition. En mars 2002, je suis allé au Mecc de Maastricht le dernier jour du Salon, se souvient Albert Lemeunier, conservateur du Maram. Sur le stand dun antiquaire allemand, jai formellement reconnu la page portée manquante du Lévitique. Une étiquette mentionnait erronément un manuscrit du XIIIe provenant du nord de la France ( ). Jai demandé le prix, cétait 20.000 euros. Je nai pas interpellé le vendeur, je ne voulais pas lui mettre la puce à loreille. La manuvre a réussi au-delà de toute espérance puisque ce jour-là, sitôt refermées les portes du palais des expositions de Maastricht, Jorn Gunther, spécialiste incontesté des autographes et des manuscrits officiant à Hambourg, a rejoint le nord de lAllemagne avec sa précieuse marchandise. Ne soupçonnant pas le relatif émoi quil a provoqué dans lancienne cité épiscopale, il conservera la miniature encore longtemps, en publiant des fac-similés dans son catalogue et la renseignant, dans une base de données consultable sur on site web, comme une illustration de Moïse procédant à un sacrifice devant un autel. En juillet 2002, Judith Oliver, cette Américaine qui, neuf ans plus tôt, avait déjà interpellé les Liégeois sur la dispersion de leur patrimoine, découvre à son tour, en feuilletant un des catalogues de Jorn Gunther, que la page du Lévitique est à Hambourg, quil suffirait de tendre la main. Mais rien ny fait, aucun contact nest pris avec le galeriste. Nous avons joint nos confrères allemands, mais ils font la fine bouche, pour des questions juridiques, et la commission rogatoire na pas encore pu avoir lieu, reprend la substitut Véronique Mélot, en précisant : Sil le faut, nous ferons appel aux officiers de liaison avec lesquels nous travaillons en Allemagne. Mais il est sans doute déjà trop tard et, si collaboration internationale il doit y avoir, ce sera vraisemblablement avec dautres corps de police que les enquêteurs hambourgeois. Car si Jorn Gunther confirme avoir été en possession dun manuscrit ressemblant de manière troublante à celui que revendiquent les Liégeois, il dit aussi lavoir revendu voici plusieurs mois à un marchand londonien, qui sen serait à son tour séparé au profit dun collectionneur privé qui désire rester anonyme. Nous avons identifié le supposé intermédiaire britannique, il sappelle Sam Fogg, omniprésent spécialiste des manuscrits et des textes anciens. Cest notamment lui qui, en 2002, a vendu pour le compte dun tiers un tableau inédit de Rubens titré « Le massacre des innocents ». Peinte entre 1609 et 1611, cette uvre qui représente le massacre des enfants juifs ordonné par le roi Hérode, a été adjugée 76,7 millions de dollars dix fois son estimation basse. Elle est devenue le tableau ancien le plus cher jamais vendu aux enchères. La même année, le même antiquaire, interlocuteur privilégié des commissaires priseurs, avait vendu un atlas arabe, datant de la fin du XIe ou du début du XIIe , pour la somme de 400.000 livres sterling, à luniversité dOxford. Mais je nai jamais eu ce manuscrit liégeois, se défend-il, sétonnant du témoignage de son collègue allemand. Ce dernier pourtant nen démord pas, le Lévitique a bel et bien traversé la Manche. Et lui même laurait acquis, lâche-t-il pour clôturer la discussion, auprès dun collectionneur, Signore de Polo Saibanti. Ce dernier aurait donc, de bonne foi, été en possession des deux manuscrits bibliques volés à Liège. Par quel biais ? De qui les a-t-il obtenus ? Les voies du seigneur sont décidément difficilement pénétrables, même pour la Justice. Le Soir 30 octobre 2003 - JOËL MATRICHE. - http://www.regions.be/Regions/Liege/page_4299_160875.shtml |
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DES PETITS TRESORS A MERVEILLE Il y a bien sûr cet acte de baptême du Nouveau Monde, daté de 1507 ou encore la première référence mondiale à l'arbre de Noël de 1521. Ces trésors de la bibliothèque humaniste de Sélestat, tout le monde les connaît. Mais il y en a d'autres, moins importants mais tout autant dignes d'intérêt. Hubert Meyer, conservateur de la bibliothèque, nous les fait découvrir. Quand vous entrez dans le hall d'accueil de la bibliothèque humaniste, au premier étage, jetez un coup d'oeil sur votre gauche. Vous y verrez une belle sculpture blanche : un visage de femme. Mais ne vous y trompez pas, cette "dame de Sainte-Foy" n'est en fait pas une sculpture. Elle est un moulage du cadavre d'une femme inconnue de la fin du XIeme siècle. Il n'était pas rare, à cette époque, de couler du mortier de chaux dans les cercueils afin de limiter la contagion de certaines épidémies. Résultat : ce moule à l'état de conservation presque parfait, comme une photographie volée au temps. Et un visage très beau d'une femme dont la natte nous est encore visible près de dix siècles plus tard. Insolites « Cette dame de Sainte-Foy est l'un des nombreux trésors méconnus de la bibliothèque humaniste », explique Hubert Meyer, le conservateur. Il existe tant d'objets insolites, visibles ou invisibles pour le grand public, tels ces grands porte-cierges du XVIIIeme, dans la salle principale. L'un est sorti chaque année le 16 août afin que les maraîchers puissent célébrer la Saint-Roch, deux autres le 16 mai pour que les boulangers puissent adorer Saint-Honoré. » Une tradition médiévale qui se perpétue donc. Dans la salle des incunables, un buste de Jean Mentel, le premier imprimeur d'Alsace et en-dessous, cette inscription, inattendue : "Mentel de Schlestadt, inventeur de l'imprimerie". Il a fallu attendre en effet la fin du XIXeme siècle pour que les Sélestadiens cessent de croire à ce mythe. Non, Gutenberg ne pouvait avoir inventé l'imprimerie, seul un Sélestadien en était digne ! Livres avec « anti-vols » Mais bien sûr, parmi les trésors inconnus, de nombreux livres : un lexionnaire du VIIeme siècle, le plus vieux livre d'Alsace dont les extraits étaient lus pendant les messes ou encore ces trois livres du XVeme siècle, retenus à la bibliothèque par une grosse chaîne. « Ces "anti-vols" de l'époque ont presque tous disparus aujourd'hui », raconte Hubert Meyer. A noter également : la première édition du Larousse universel en 15 volumes, daté de 1866. Ne prenez pas la peine de chercher sous "Sélestat". C'est sous "Schelestadt" que vous trouverez. En effet, le temps d'achever les volumes, l'Alsace était devenue allemande ! Le dernier tome a ainsi été édité dix ans après le premier. Autant de petites merveilles qui donnent tous son sens à cette éloge de Sélestat, écrit par Erasme lui-même en 1515 et qui se trouve amoureusement conservé par Hubert Meyer : « D'autres enfantent des corps, toi tu enfantes des génies. Qui déjà n'envierait de si éclatantes faveurs ? ». Erasme l'avait donc dit. Alexandre Sulzer - 01 août 2003 - Dernières Nouvelles d'Alsace |
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Après leur remise en état, les 221 volumes du fameux « Grand Dictionnaire de Yongle » entreposés dans la Bibliothèque nationale de Chine - l'une des ses collections les plus précieuses - vont être présentés au public à partir du 17 juillet, et ce jusqu'à la première décade de septembre prochain. Durant cette période, les habitants de Beijing auront l'occasion de voir de leurs propres yeux 9 des originaux de cet ouvrage ancien légendaire. Rédigé sous le règne Yongle de la dynastie des Ming (1403-14250), cet important dictionnaire constitue l'encyclopédie la plus mûrement conçue et la plus remarquable qui ait été réalisée dans l'antiquité chinoise. Etant donné ses aventures extraordinaires, il va de soi que tout ce qui la concerne fait l'objet de l'attention générale du public. Ayant rassemblé des documents de quelque 7 ou 8 mille livres anciens, cet ouvrage composé de 60 tomes de catalogue et de 22 877 tomes pour le dictionnaire lui-même a été en tout relié en 11 095 volumes. Selon les statistiques, dans le monde entier, il ne reste du « Grand Dictionnaire de Yongle » édité sous le règne Jiajing (1522-1567) que 400 volumes environ, dont 223 entreposés en Chine et 221 dans la Bibliothèque nationale de Chine. Avec le soutien des ministères chinois des Finances et de la Culture et en faisant appel à des artisans habiles, la Bibliothèque nationale a procédé depuis 2002 à la remise en état générale du « Grand Dictionnaire de Yongle », travaux qui ont été achevés au bout de 9 mois. Le Quotidien Du Peuple - 17 / 07 / 2003 |
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L'histoire du livre grec et latin trouve dans les découvertes archéologiques d'Egypte une part majeure de ses sources. Les sables des franges désertiques de la vallée du Nil et des oasis ont en effet restitué, par milliers, les plus anciens manuscrits grecs et latins, souvent de mille ans antérieurs aux copies médiévales. Ces livres sur papyrus ou sur parchemin conservaient parfois aussi des uvres inédites. La sécheresse du climat a assuré leur préservation. Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'une Egypte multiculturelle, où cohabitent, dès avant la conquête d'Alexandre le Grand (332 av. J.-C.), Grecs et Egyptiens, puis, avec son intégration dans l'Empire romain, Grecs, Egyptiens et Romains. Il s'achève avec la conquête arabo-musulmane (639-642) qui met un terme à plus d'un millénaire d'intense vie culturelle grecque. Cette étude permet de réfléchir aux relations réciproques entre les civilisations. Elle aborde le contenu des livres grecs qui rassemblent les uvres de la culture écrite grecque et les traductions des " sagesses barbares ". A travers l'examen des supports du livre et de leur typologie on découvre les conditions dans lesquelles les Grecs d'Egypte renoncèrent au livre en rouleau, le " livre ancien " pour adopter cette invention romaine qu'est le codex, le " livre moderne ". Notre objectif est de présenter ces livres perdus et retrouvés dans leur contexte social et culturel, en nous intéressant à la sociologie des lecteurs et aux pratiques de la lecture. Nous allons pour cela à la rencontre des lecteurs - et des lectrices -, aussi bien à Alexandrie qui accueille - entre autres - la célèbre bibliothèque du Musée, que dans les provinces égyptiennes (les " nomes "), dans cette chôra où s'est épanouie une vie culturelle brillante. Aujourd'hui la nouvelle bibliothèque d'Alexandrie apparaît comme l'héritière de sa prestigieuse aînée. Editions Picard, collection Antiqua, 2002. Bernard Legras - 30 juillet 2003 - www.info-grece.com |
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par Olivia Marsaud
Chinguetti, vieux ksar alangui de chaleur et cerné par les dunes, offre au visiteur des ruines belles et nostalgiques où il fait bon se perdre. Pour tomber, par hasard, sur l'une des dix bibliothèques anciennes du lieu. Et remonter alors le cours du temps. 20/04/03 : Chinguetti, c'est d'abord une vision. A la sortie de la piste et de son paysage lunaire, mélange de rocailles sèches et grises, la vue monotone et un peu triste débouche sur celle, surréelle, de dunes mordorées émaillées de rose et parsemées de palmiers. Au centre de ce sable émouvant, la vieille ville de Chinguetti, étale et alanguie, offre au visiteur ses ruines écrasées de chaleur. " Parfois, alors qu'il n'espère plus rien du paysage inhumain où il trace lentement sa route, le voyageur aperçoit, posée comme un bijou sur la nudité vertigineuse du Sahara, une de ces roses de sable faites de silice blonde, nées du désert et de la caresse du vent ", écrivait déjà l'aventurière Odette du Puigaudeau en 1935 alors qu'elle se trouvait à l'orée de la ville. Inexorablement victime de l'ensablement, la ville ancienne dans laquelle il fait bon se perdre date de 1264. Elle a fait suite à la première ville bâtie sur cet emplacement en 777 qui s'appelait alors Aber, " le petit puits " en arabe. Celle que l'on a rapidement surnommée La Mecque mauritanienne comptait alors douze mosquées pouvant accueillir chacune 1 000 hommes. Enfin, une troisième ville, qui s'organise autour de l'ancien fort français, est née il y a 43 ans, regardant en face l'antique cité et la tenant à distance, séparée d'elle par 1 km de sable. 7 ème ville de l'Islam sunnite. Elément de fierté pour ceux qui l'habitent, Chinguetti est considérée comme la 7ème ville de l'Islam sunnite. Elle a gagné ce titre grâce à son ancienneté, à l'abondance des livres religieux que renferment ses bibliothèques et grâce, d'après le gardien d'une maison, à la faculté de mémoire des habitants de la ville. " Ici, on mémorise tout le Coran dès l'âge de 9 ans !! ", affirme-t-il. Chinguetti est surtout connue pour être l'un des premiers berceaux du savoir de l'Islam, ayant abrité une université islamique. La ville, avant qu'elle ne tombe dans l'oubli, était au carrefour du commerce transsaharien entre le Maroc, l'Algérie, le Sénégal, le Mali et le Soudan. Elle pouvait voir transiter jusqu'à 30 000 chameaux par nuit et offrait une halte propice aux caravanes. Aujourd'hui, il ne reste rien de ce lustre d'antan. Seules les dunes ont conservé leur majesté. Une mosquée est encore debout, entourées de maisons à demi écroulées. Couronnée d'un ciel bleu implacable et indifférent, elle accueille toujours les fidèles et l'appel du muezzin trouble encore les ruelles muettes et sablonneuses alentours. La bibliothèque de Seif Chinguetti, murée dans un silence à peine troublé par quelques éclats de voix fantomatiques, se dévoile au détour d'un éboulis de pierres aux reflets rosés, d'une porte solide fermée par un étroit cadenas ou d'une fenêtre entrouverte sur un vide poussiéreux. Et puis, par un bel hasard, on tombe sur la bibliothèque de Seif Islam. L'homme chaleureux vous accueille dans sa maison familiale, celle des Al Ahmed Mahmoud. C'est une des plus anciennes bâtisses du lieu. Elle dispose d'un puit de 2,5 mètres de profondeur et d'1 mètre de diamètre ; sa construction, austère mais parée de niches murales décoratives, est en grès, les linteaux en troncs de palmiers et les portes en acacia. La famille Al Ahmed Mahmoud fait partie des dix autres lignées qui détiennent des bibliothèques dans la vieille ville. Elles étaient une trentaine dans les années 50 mais l'exode massif dû à la sécheresse les a fait fuir et elles ont souvent emporté leurs livres avec elles. La famille de Seif Islam était une famille d'érudits, de cadis (juges musulmans) plus précisément, d'où les nombreux ouvrages concernant le domaine juridique, le droit musulman et le code pénal qui sont à consulter. Econome dans un lycée, Seif s'occupe avec ses maigres moyens de la sauvegarde du patrimoine familial. Le paradoxe : pour entretenir les livres, il est obligé de les montrer aux touristes de passage quitte à les abîmer chaque jour un peu plus, au contact de la lumière et de la poussière. La clé de Chinguetti C'est avec entrain pourtant qu'il nous ouvre la porte de ses richesses à l'aide d'une clé de Chinguetti. Cette clé, d'origine yéménite et que l'on retrouve aussi au Mali, en pays Dogon, et au Maroc, ressemble étrangement à une brosse à dents préhistorique& Mais elle permet d'accéder à la salle des imprimés, qui bénéficie d'un système d'éclairage traditionnel faisant aussi fonction de système d'aération, gardant la température constante au gré des saisons. C'est donc à la source d'un petit puits de lumière que l'on découvre les étagères poussiéreuseset les livresqui les composent. La deuxième pièce, plus petite et plus sombre, rassemble les manuscrits que seuls les chercheurs et les religieux sont autorisés à consulter. Religion, astrologie, astronomie, médecine, biologie, mathématiques, généalogie& Seif a classé les trésors dans des boîtes d'archives. " On a commencé à scanner les documents car ils sont très fragiles et on aimerait pouvoir en faire profiter tout le monde. Nous espérons à partir de cette base de données mettre un catalogue sur Internet. Cela fait un moment que l'Unesco ou la Fnac (chaîne de distribution française de biens culturels, ndlr) promettent de nous aider financièrement mais nous n'avons toujours rien reçu. Alors on fait avec les moyens du bord. " Dont acte : le guide improvisé sort tout de même quelques exemplaires. L'heure du crépuscule On découvre avec émotion un acte de mariage datant du XIIème siècle, petit bout de papier à l'encre noire étonnamment conservée, un Coran du XIIIème siècle délicatement décoré à la poudre d'or ou encore un traité d'astrologie du 18ème siècle. On aperçoit certains ouvrages rongés par les termites. Déchirement. Le temps, suspendu au milieu de tant d'Histoire, est passé malgré tout et Seif vous raccompagne à petits pas. Le soleil a commencé son repli et les ombres portées des ruines s'allongent. L'air est saturé de l'attente du couchant. Aux bêlements lointains des chèvres et au souffle du vent dans les palmes, se joint alors, pur et presque irréel, le chant d'un petit garçon qui traverse l'espace séparant la nouvelle ville de l'ancienne en sautillant. Solitaire et beau. Comme ce " vieux ksar mystérieux qu'une vague d'or soulève dans le ciel incolore des crépuscules mauritaniens* ". * Odette du Puigaudeau, Mémoire du Pays Maure, 1934-1960. Voir : Odette du PUIGAUDEAU (1894-1991) - Une Bretonne au désert. © Afrik.com - 20/04/2003 Site : http://www.afrik.com |
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Lhistorienne Amina Aouchar a signé un récit passionnant et riche en informations sur une époque du Maroc.
Nous sommes le 29 juin de lan 1893. Moulay Hassan, à la tête de trente milles hommes, entame un long voyage à travers le Maroc de ce XIXe siècle. De Fès au Tafilalt, du Tafilalt à Marrakech en passant par le sud de lAtlas, le voyage du sultan est une expédition dans lhistoire, la géographie et la société marocaine de lépoque. A travers son ouvrage Le voyage du Sultan Moulay Hassan au Tafilalt du 29 juin au 28 décembre 1893, lhistorienne Amina Aouchar a signé là un récit passionnant et riche en informations et données sur les coutumes et les pratiques dune période importante de lhistoire du Maroc. Reconstitution vivante dun périple entrepris pour des raisons religieuses et politiques, ce livre est également une invitation à la découverte: Celle de la mémoire dun pays. Comment on voyage à cette époque, comment était la cour du Sultan, le protocole, les rituels doffrandes à Moulay Hassan, la célébration des fêtes religieuses adaptée au mode déplacé, lorganisation du camp royal, Aouchar décrit avec minutie les détails pour brosser un ensemble clair et précis. Étape après étape, le portrait de cet homme remarquable commence à prendre forme dans lesprit du lecteur tout en suggérant limportance de son uvre. Animée par un souci dobjectivité, lauteur a fait appel aux témoignages des personnes, marocaines et étrangères, qui ont accompagné le sultan dans son voyage. Les lettres officielles, les comptes-rendus des membres de la cour et les notes des topographes qui inspectaient les itinéraires viennent également agrémenter ce récit historique tout en lenrichissant par une diversité des visions et des approches. Le lecteur se trouve ainsi invité à se poser des questions, à commenter et à interpréter les événements qui lui sont racontés selon sa propre sensibilité. Amina Aouchar entame chaque chapitre en racontant le voyage royal tout en lillustrant par une iconographie abondante puisée dans les archives de la Bibliothèque Royale et la Bibliothèque Générale de Rabat. Composées de lettres officielles, manuscrits, dessins et aquarelles, les illustrations comportent aussi des reproductions de tableaux dorientalistes italiens et anglais. Une reconstitution momentanée de lhistoire conjuguée à limaginaire artistique. Après cela, le verbe cède la place à limage pour raconter le voyage par flash. Le regard du photographe Franco DAlessandro transporte le lecteur dans le cortège du Sultan, le conduit à travers les paysages naturels, les monuments, historiques dans une tentative de capter lâme du moment et du mouvement. Premier né de la maison dédition Senso Unico, Le voyage du sultan Moulay Hassan au Tafilalt du 29 juin au 28 décembre de Amina Aouchar a vu le jour grâce au soutien de la BMCI. Hayat KAMAL IDRISSI L'économiste - 19 décembre 2003. |
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à 96.725 euros chez Sotheby's Un brouillon autographe d'une des plus importantes lettres du roman "Julie ou la Nouvelle Héloïse" de Jean-Jacques Rousseau a été adjugé 96.725 euros jeudi chez Sotheby's à Paris, soit un record mondial pour un manuscrit littéraire de l'écrivain, a-t-on appris vendredi auprès de Sotheby's. Dans ce manuscrit (deuxième partie du roman, lettre XXI), qui était estimé entre 40 et 60.000 euros, l'auteur du "Contrat social" décrit en 14 pages les moeurs des Parisiennes modernes. Sur les 163 lettres du roman, seule une dizaine de brouillons sont encore entre des mains privées. Une second record mondial a été atteint au cours de la même vacation pour une lettre autographe de Catherine II de Russie, vendue 35.625 euros. Dans cette longue lettre, document historique inédit, l'impératrice propose à Frédéric-Guillaume II, roi de Prusse, de s'allier pour écraser une insurrection en Pologne en mars 1794. Le même jour, deux vacations consacrées à la dispersion de la Bibliothèque du roi Léopold III au château d'Argenteuil ont atteint un total de 261.156 euros, soit 99% vendus en valeur et 95% en lots. Au total, les trois vacations de cette journée dédiée à des livres et manuscrits a atteint 674.111 euros (93% de vendus en valeur et 94 % en lots), a précisé Sotheby's France. PARIS (AFP), le 12-12-2003 |
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trois arrestations
COPENHAGUE - La police danoise a arrêté le mois dernier la veuve d'un bibliothécaire danois, son fils et sa belle-fille, soupçonnés de recel à l'étranger de livres anciens, dont des éditions originales de John Milton et Emmanuel Kant, volés dans les années 1960 et 70 à la Bibliothèque royale du Danemark, a-t-elle annoncé mercredi. Elle a précisé avoir saisi lors de perquisitions au Danemark et à l'étranger quelque 1.600 documents volés, d'une valeur provisoire estimée à 150 millions de couronnes (20,2 millions d'euros), appartenant à la Bibliothèque royale. "Nous avons arrêté au total quatre personnes jusqu'à présent, qui ont été placées en détention préventive" début novembre, a déclaré à l'AFP un inspecteur de la police criminelle de Copenhague, Henrik Svind, n'excluant pas d'autres arrestations. Les quatre personnes interpellées ont été inculpées de recel aggravé. Elles sont soupçonnées d'avoir revendu pour 8 à 10 millions de couronnes million d'euros) d'oeuvres dérobées, par l'entremise de plusieurs maisons d'enchères situées hors du Danemark, selon la police. Celle-ci enquête depuis environ trois mois sur cette affaire, à la suite d'une information de la maison de vente britannique Christie's qui avait signalé à la Bibliothèque royale que des personnes tentaient de vendre des livres de grande valeur disparus de ses rayons. Les oeuvres volées comptent entre autres des éditions originales des astronomes danois Tycho Brahé et allemand Johannes Kepler, des poètes irlandais Thomas Moore et anglais John Milton, du philosophe allemand Emmanuel Kant et un recueil original du réformateur allemand Martin Luther ainsi qu'une série d'atlas, notamment du Néerlandais Willem Blaeu. "Nous avons eu une coopération fructueuse avec Christie's, et notre travail a consisté avant tout à mettre la main discrètement sur le plus grand nombre de livres possible dérobés à la Bibliothèque royale", a observé M. Svindt. L'identité des personnes impliquées a été gardée secrète, sur décision de justice. Le directeur de la Bibliothèque royale, Erland Kolding Nielsen, a déploré que "cette affaire soit étalée maintenant dans les médias" alors que l'enquête n'est pas terminée. "Je confirme simplement que les vols se sont arrêtés en 1978, et qu'il n'y avait aucune trace à leur sujet avant cet automne", a-t-il indiqué dans le quotidien Politiken de mercredi. Selon lui, la veuve d'un chercheur-bibliothécaire, décédé l'année dernière, a tenté de "vendre beaucoup de livres et des premiers tirages". (©AFP / 10 décembre 2003 17h58) |
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en livre et en exposition. Le mercredi 27 octobre, l'ouvrage Zeitungen in Luxembourg 1704-2004 (Journaux au Luxembourg 1704-2004) sera présenté lors du vernissage d'une exposition ayant également trait à l'histoire de la presse écrite luxembourgeoise. Le journaliste Romain Hilgert est l'auteur du livre édité par le Service information et presse du gouvernement luxembourgeois (SIP) et commissaire de l'exposition organisée par la Bibliothèque nationale, en collaboration avec le SIP. Ces deux événements sont l'occasion de commémorer 300 ans de presse luxembourgeoise. En effet, c'est en juillet 1704 que parut le premier journal au Grand-Duché. Le livre présente celui-ci, tout comme les plus de 400 titres y ayant fait suite jusqu'à nos jours. En ce sens, c'est là aussi un précieux moyen pour comprendre au mieux la situation actuelle de la presse écrite du Luxembourg. L'exposition et le livre Zeitungen in Luxemburg 1704-2004 permettent de découvrir non seulement la richesse des formes mais aussi la grande diversité politique qui jalonnent l'histoire de la presse luxembourgeoise. En effet, cette presse a joué, dès ses débuts, un rôle important dans l'évolution des débats publics et, en ce sens, de la démocratie à travers le Grand-Duché. De nos jours encore, les Luxembourgeois restent ainsi parmi les plus fervents lecteurs de journaux de l'Europe. Le vernissage de l'exposition a lieu le 27 octobre à 18 heures à la salle Mansfeld de la Bibliothèque nationale et donne l'occasion à l'auteur Romain Hilgert et au directeur du Service information et presse Mil Jung de présenter officiellement l'ouvrage Zeitungen in Luxemburg 1704-2004. Le livre sera disponible en version allemande dans les librairies, au prix de 20 euros, la semaine suivant cette présentation. La version française du livre est en préparation. Quant à l'exposition, elle est visible jusqu'au 31 décembre 2004. 27-10-2004 - http://www.gouvernement.lu/salle_presse/actualite/2004/10/27_300press/ |
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Du 9 octobre 2004 au 8 janvier 2005. la Bibliothèque du Musée royal de Mariemont a procédé il y a peu à l'inventaire systématique de ses éditions montoises anciennes acquises, pour la presque totalité, par Raoul Warocqué. Cette fabuleuse collection, riche de plusieurs centaines de titres, dont certains sont inédits, est une source inestimable pour approcher l'histoire de l'imprimerie (près de 40 imprimeurs seront représentés) et la diffusion des idées dans la capitale de l'ancien comté de Hainaut, du XVIe siècle au début du XIXe siècle. L'exposition, organisée dans la Galerie de la réserve Précieuse, présentera pour la toute première fois les pièces les plus éloquentes de cet ensemble. Commissaire de l'exposition : Bertrand FEDERINOV. Voir le site : http://www.musee-mariemont.be/ |
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Le désormais bien connu prix de la « Carpette anglaise », qui stigmatise « un membre des élites françaises » pour son soutien à langlais au détriment de la langue française, a été décerné hier par le jury de lacadémie [1] à Claude Thélot, auteur du rapport de la commission pour lavenir de lÉcole. M. Thélot avait placé langlais parmi les enseignements fondamentaux, au même rang que le français, à partir du primaire. Il a été élu au troisième tour de scrutin avec six voix contre quatre à Claude Simonet, président de la Fédération française de football (FFF), qui a choisi une chanson anglaise (Can you feel it) comme hymne de léquipe de France... Dautres candidats ont été écartés : Bernard Arnault, président du conseil dadministration de la société Dior, pour sa gamme de produits aux intitulés anglomaniaques, notamment son pure poison où « pure » est écrit selon lorthographe anglaise ; Philippe Baudillon, président du Groupement dintérêt public de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012, qui a présenté en anglais, à Athènes à loccasion des Jeux 2004, la candidature de Paris dans une conférence de presse ; Michel Prigent, président du directoire des Presses universitaires de France, pour avoir publié dans la collection « Que sais-je ? » un ouvrage sur les investissements financiers rédigé uniquement en langue anglaise et intitulé Investments. Le prix spécial à titre étranger va à Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, qui a présenté en anglais la politique de létablissement devant le Parlement européen de Strasbourg. Il a devancé Stéphane Garelli, président du conseil dadministration du journal suisse Le Temps, pour publier à linstar du journal Le Monde, un supplément hebdomadaire en anglais du New York Times, et Louis Schweitzer, pour langlicisation forcée du réseau Renault à létranger (en Pologne, Renault a imposé langlais aussi bien à ses cadres français quà ses employés polonais). Lan dernier, lAcadémie de la Carpette anglaise avait épinglé le groupe HEC, dont le directeur général, Bernard Ramananantsoa, avait contesté le rôle du français comme langue de communication internationale, et le commissaire européen Pascal Lamy pour son usage exclusif de langlais dans les réunions européennes. En 2002, les champions étaient le directeur du Monde Jean-Marie Colombani pour publier chaque semaine un supplément en anglo-américain, et le président de la Commission européenne, Romano Prodi, meilleur valet de la cause de langlais unique dans les institutions européennes. (Sources : AFP et Vox Latina.) [1] Douze membres dont Angelo Rinaldi de lAcadémie française, Christine Clerc, Jean-Paul Clément, Paul-Marie Coûteaux, Anne Cublier, Claude Duneton, Max Gallo, Dominique Noguez. Pour en savoir plus sur lAcadémie de la carpette anglaise : Académie de la Carpette anglaise chez « Le Droit de Comprendre » - 34 bis, rue de Picpus 75012 Paris. Contact : Marc Favre dÉchallens, secrétaire de lAcadémie de la Carpette anglaise (tél. : 06.75.26.88.05). Revue républicaine - 25 novembre 3004 |
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à la BNF du 9 décembre au 22 février. La Bibliothèque nationale de France (BNF) expose du 9 décembre au 22 février (site François Mitterrand) le Journal d'Edmond et Jules de Goncourt, à l'occasion du centenaire du prix attribué pour la première fois en 1903 à John-Antoine Nau pour "Force ennemie". La BNF propose aussi les 10 et 11 décembre deux journées de colloque autour des deux frères et du célèbre prix. Légué à la Bibliothèque par Edmond de Goncourt, le manuscrit du Journal sera exposé dans son ensemble pour la première fois et formera le centre de l'exposition (entrée libre). Il sera accompagné d'un choix d'oeuvres des Goncourt, de lettres, de portraits et photographies provenant pour la plupart des collections de la BNF. Outre le manuscrit du premier lauréat, sont également exposés ceux de dix oeuvres couronnées par le prix, dont "A l'ombre des jeunes filles en fleurs" (Proust), "La condition humaine" (Malraux), "Les mandarins" (Beauvoir) etc. A la mort de Jules, en 1870, Edmond continua le Journal que tous deux tenaient depuis 1851. Le souci d'assurer la naissance de son Académie marque la fin de sa vie. Il puise les futurs membres du jury parmi les admirateurs, disciples et amis qui fréquentent "le grenier" de sa maison d'Auteuil dès 1885. Les différentes versions de son testament, toutes exposées, témoignent de ses hésitations et de ses craintes sur ce jury. "Les frères Goncourt ont mauvaise presse. Considérés comme réactionnaires, misogynes, antisémites et médisants jusqu'à la calomnie, il ne suffit pas, pour les excuser, de rappeler que Flaubert, Baudelaire et quelques autres ont partagé les mêmes travers. Mieux vaut sans doute les étudier dans leur siècle, explorer le réseau de leurs relations, analyser leurs oeuvres de fiction et leurs critiques d'art, scruter la modernité de leur Journal", expliquent d'autre part les organisateurs du colloque. Placé sous l'autorité de l'Académie Goncourt, le colloque sera ouvert par Edmonde Charles-Roux, présidente de l'Académie, et Jean-Noël Jeanneney, président de la BNF. Des spécialistes ( comme Michel Winock ou Marc Fumaroli ainsi que de nombreux universitaires ) participeront aux quatre débats programmés : "Les Goncourt et l'histoire", "Les Goncourt et leurs contemporains", "Arts et spectacles" et "Modernité et décadence". Le colloque (comme l'exposition) est soutenu par France Loisirs, qui édite par ailleurs "La passion Goncourt" de Pierre Kyria (252 pages, 14,50 euros). Il est organisé avec le concours de l'universitaire et éditeur Robert Kopp (il dirige la collection "Bouquins" chez Robert Laffont). PARIS (AFP) - 08/12/2003 |
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La vente de la collection de livres dédiée à "Michel de Montaigne et son temps", constituée par Francis Pottiée-Sperry, a suscité des passions bibliophiles jeudi chez Sotheby's, le produit total dépassant largement les estimations à 1.926.807 euros (frais inclus). Les 157 lots de la collection du chirurgien disparu en 2002, qui associait des éditions originales des "Essais", des traductions et des auteurs lus par Montaigne (1533-1592), ont tous trouvé preneurs, ce qui a permis au commissaire priseur Alain Renner d'honorer la tradition en enfilant ses gants blancs à l'issue de la vente. Lire et Imprimer les résultats de la vente. Celle-ci a démarré sur les chapeaux de roues, cinq des dix meilleures enchères de la vacation ayant été enregistrées dans la première demi-heure. Le lot vedette, un précieux exemplaire de l'édition originale de 1580 des "Essais" de Montaigne, conservé dans sa reliure en velin d'époque, a été adjugé 337.875 euros (frais inclus), dépassant de 50% son estimation haute. Cette vente constitue le deuxième record mondial pour une oeuvre imprimée de littérature française, après une édition originale de "Du côté de chez Swann" de Marcel Proust enlevé 340.342 euros en décembre 2001, également chez Sotheby's France. Contenant les deux premiers "Livres" des "Essais", cet exemplaire de l'un des plus grands textes de la littérature mondiale, publié à Bordeaux chez Simon Millange, est l'un des trois ou quatre connus en mains privées. Il a été acheté par le libraire Patrick Sourget, installé à Chartres. Ce dernier s'est également porté acquéreur pour un client collectionneur, d'un rare recueil réunissant des textes poétiques de Marot et Villon, qui a presque triplé son estimation haute, à 249.875 euros. Libraires et particuliers européens présents dans la salle se sont également disputés âprement deux livres ayant appartenu à Montaigne et porteur de son ex-libris, provenant de la fameuse "librairie" de l'écrivain, qui, selon son témoignage, comptait un millier de volumes et dont on ne connaît aujourd'hui qu'une centaine. Les "Commentaires de la Guerre des Gaules de César" (1543), offert par Pierre Eyquem de Montaigne à son fils Michel âgé de 16 ans, s'est ainsi envolé à 216.875 euros, soit près du double de son estimation haute. Adjugé 128.875 euros, un exemplaire dans la première reliure en velin du "Förster" (1565), un des rares livres de droit acquis par l'écrivain, a été préempté par la bibliothèque de Bordeaux, qui a également acheté un dessin représentant une vue du château de Montaigne (3.600 euros). Parmi les autres lots vedettes de la vente, un exemplaire du "Discours d'Ambroise Paré (...) à savoir de la mumie, des venins, de la licorne et de la peste" (1582), a été enlevé 74.400 euros, tandis qu'une première édition collective des "Oeuvres" de Rabelais de 1553, comprenant Gargantua, Pantagruel, le Tiers Livre et le Quart Livre, en reliure parisienne en veau fauve de l'époque atteignait 68.525 euros. Oeuvre d'une vie perpétuellement retravaillée par son auteur, les "Essais" ont naturellement remporté un franc succès : une édition de 1587 en reliure de velin d'époque a été vendue 52.075 euros, la première édition posthume de 1595 donnée par Mlle de Gournay, seul exemplaire en mains privées, 49.725 euros et un éxemplaire de 1582,également en reliure d'époque, 48.550 euros. AFP - 27/11/2003
21h13
Un exemplaire de l'édition originale de 1580 des Essais de Montaigne, conservé dans sa reliure en vélin d'époque, a été adjugé 300 000 euros (hors frais) hier, lors d'une vente consacrée à l'écrivain, chez Sotheby's à Paris. Ce livre, est l'un des trésors de la collection de Francis Pottiée-Sperry, un chirurgien du Touquet décédé l'an dernier. Contenant les deux premiers Livres des Essais, cet exemplaire, publié à Bordeaux chez Simon Millange, était estimé entre 150 et 200 000 euros. Estimée entre 800 000 et 1,2 million d'euros, la collection compte 158 lots et associe des éditions originales des Essais, oeuvre sans cesse retravaillée par l'écrivain et les auteurs qu'il lisait, tous volumes en reliures d'époque. Le Figaro - 28 novembre 2003 La fabuleuse collection du docteur Pottiée-Sperry dispersé chez Sotheby's, a battu des records. Un précieux exemplaire de l'édition original de 1580 des Essais de Montaigne a été adjugé 300.000 euros. C'était le fleuron de la collection du docteur Francis Spottiée-Sperry, chirurgien , grand admirateur de Montaigne au point d'avoir voulu être inhumer, en 2002, dans le petit cimetière de Saint-Michel de Montaigne en Dordogne. Une passion littéraire Le futur chirurgien qui avait découvert l'écrivain à l'adolescence était devenu un montaigniste inconditionnel. Admirateur de l'oeuvre de l'écrivain et homme politique gascon dont il connaissait des passages entiers par coeur, Francis Pottiée-Sperry collectionna également ses écrits. Il parcourait le monde à la recherche des éditions les plus rares des Essais, il possedait ainsi un exemplaire original de 1588. In fine, il fut à la tête d'une extraordinaire collection, celle que Sotheby's s'est chargé de disperser. Elle était estimé entre 800.000 et 1,2 millions d'euros. Les premières adjudications indiquent que le gain final sera bien plus élevé. France3 Aquitaine -27/11/03 |
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et la Bibliothèque du Congrès (Etats-Unis) créeront un projet Internet "Rencontre à la frontière" La Bibliothèque de lAcadémie des Sciences de Russie, le Musée danthropologie et dethnographie Pierre le Grand (la Kuntskamera) et la Bibliothèque du Congrès des Etats-Unis ont signé une convention de création dun projet Internet "Rencontre à la frontière". Lagence dinformation ROSSBALT fait savoir que dans le cadre du projet les collections de la Kunstkamera et de la Bibliothèque de lAcadémie des Sciences seront numérisées. Pour la création du projet seront utilisés les photographies, les dessins, les livres rares et les manuscrits consacrés à lOuest américain, à la frontière russe en Sibérie, aux rapports russo-américains en Alaska. "Rencontre à la frontière" contiendra plus de 100 milles cartes géographiques et documents en provenance de plus de 10 bibliothèques et musées des deux pays. Le programme de participation des Etats-Unis aux festivités du Tricentenaire de Saint-Pétersbourg est composé de manifestations qui seront réalisées durant toute lannée du jubilé, tant aux Etats-Unis (plus de 40 manifestations) que dans la ville sur la Neva (plus de 20 manifestations). Le 14-05-2003 Site : http://300online.ru/ |
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Plusieurs records du monde, deux préemptions et une recette de 5,96 millions d'euros ont marqué la dispersion jeudi soir chez Christie's à Paris de la première partie de la prestigieuse bibliothèque surréaliste de Daniel Filipacchi. "Parmi les fleurons de la collection, le premier exemplaire sur parchemin de + La Prose du Transsibérien et la petite Jehanne de France + de Blaise Cendrars, rythmé par des aquarelles de Sonia Delaunay, a été adjugé 349.250 euros. Un record du monde pour cette édition vendue aux enchères", a commenté Christoph Auvermann, directeur du département livres et manuscrits chez Christie's. Par ailleurs, un ensemble capital pour le mouvement surréaliste, le recueil des correspondances de Vaché avec Breton, Fraenkel et Aragon, "Lettres de Guerres", a atteint l'enchère de 294.250 euros. Parmi les dix plus belles enchères de la soirée, trois autres records du monde ont été pulvérisés pour certaines éditions : "Le Cornet à dés" de Max Jacob, illustré par Pablo Picasso, avec une reliure de Paul Bonet (283.250 euros), "Saint Matorel" de Max Jacob et Picasso (140.250 euros) et "Dormir dormir dans les pierres" de Benjamin Péret et Yves Tanguy. L'un des trente exemplaires d'"Autre chose" de Pierre-André Benoit, avec gravure à la pointe sèche signée par l'artiste et une reliure de Rose Adler, a été préempté à 8.225 euros par la Bibliothèque municipale de Montpellier. De son côté, la Bibliothèque nationale de France a préempté à 94.000 euros "Alcools" de Guillaume Apollinaire, un ensemble unique de 63 pièces, dessiné et lithographié en noir par Marcoussis (25 dessins originaux), sous une reliure de Georges Hugnet. Sur les 205 lots proposés aux enchères, 175 ont été vendus. Pour M. Auvermann, "cette vente confirme la place de Paris comme haut lieu de la bibliophilie". Daniel Filipacchi, apprenti typographe devenu fondateur d'un des plus grands groupes de presse français, avait commencé à collectionner les ouvrages surréalistes en 1939, alors qu'il était âgé de 11 ans. Il a décidé de se séparer "par morceaux" de sa collection, estimant que "65 ans de chasse aux livres, ça suffit". PARIS (AFP), le 30-04-2004 |
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Des experts iraqiens, arabes et occidentaux discutent cette semaine en Jordanie des moyens de protéger les sites archéologiques afin d'éviter les pillages. Au cours d'ateliers qui dureront sept jours, organisés à Pétra (sud de la Jordanie) par le Global Heritage Fund (GHF) basée aux Etats-Unis, et en coopération avec la Banque mondiale, des experts se penchent cette semaine sur les moyens de protéger et développer 11 sites archéologiques clés en Iraq. L'Iraq, qui a vu se succéder pendant plus de 5 000 ans les grandes civilisations de la Mésopotamie, avait été abandonné aux pillards pendant plusieurs semaines après l'entrée des troupes d'occupation américano-britanniques en mars 2003. En mai, le ministre iraqien de la Culture, Moufid Al-Jazaïri, avait affirmé que les pillages se poursuivent dans de nombreuses villes abritant des ruines et annoncé la formation par son ministère d'agents chargés d'assurer la sécurité des sites archéologiques. Selon lui, il manque encore près de 10 000 uvres d'art, soit environ deux tiers des quelque 14 000 pièces qui avaient disparu, un an après les pillages au musée national de Bagdad. Il n'y a toujours « aucune trace » des 9 000 à 10 000 « trésors archéologiques » emportés par des pillards, avait déclaré le ministre à la presse. Des uvres ont réapparu dans plusieurs pays d'Europe et du Moyen-Orient ainsi qu'aux Etats-Unis, mais la plupart des objets pillés sont en Iraq, avait poursuivi le ministre. Donny George, le directeur du musée national de Bagdad, a pour sa part fait état de près de 15 000 pièces d'antiquités volées du musée national de la capitale iraqienne et accusé des pays voisins comme la Turquie et l'Iran de ne pas coopérer à leur recherche. « Nous savons, nous en sommes sûrs, que des antiquités iraqiennes passent par la Turquie et l'Iran, mais nous n'avons jamais rien entendu de la part de ces pays », a déclaré George. Il a indiqué que d'autres voisins de l'Iraq comme la Jordanie, la Syrie, le Koweït et l'Arabie saoudite coopéraient avec Bagdad et avaient saisi plusieurs pièces que des trafiquants avaient réussi à faire passer dans leurs pays. Le directeur général du département jordanien des antiquités, Fawwaz Khraysha, a de son côté affirmé à l'AFP que 1 046 pièces volées d'Iraq avaient été saisies et étaient actuellement entreposées en attendant que les autorités iraqiennes les réclament. M. George a affirmé que la Syrie a saisi environ 200 objets volés en Iraq alors que le Koweït a réussi à en saisir 35. « L'Arabie saoudite nous a informés qu'elle détenait certains objets mais nous n'en connaissons pas le nombre », a-t-il ajouté. « 15 000 pièces pillées du musée restent toujours introuvables », a-t-il souligné. Il a précisé que parmi ces objets figurent « une statue en diorite représentant Entemena, un roi sumérien (environ 2400 av. J.-C.) ainsi qu'une pièce en ivoire et or incrustée de pierres précieuses représentant une lionne attaquant un Nubien », qui remonte à 720 av. J.-C. Plusieurs autres pièces ont également disparu des sites archéologiques iraqiens, où, selon M. George, des « bandits continuent de piller impunément ». De son côté, un haut responsable d'Interpol, M. Karl Heinz Kind, a indiqué qu'il y aurait en Iraq « environ 100 000 sites archéologiques dont 10 000 seulement sont recensés, et qu'il est donc impossible de les protéger tous ». 16 juin 2004. A.F.P. - http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2004/6/16/patri0.htm |
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La Bibliothèque nationale de France, qui possède l'un des plus beaux fonds de manuscrits coptes et coptes-arabes du monde, organise une exposition intitulée Pages chrétiennes d'Egyptes. Les manuscrits Coptes. Lorsque le christianisme se répandit en Egypte, à partir du IIe siècle, la traduction de ses écrits fondateurs dans la langue autochtone coïncida avec un changement de système graphique : cette dernière phase de l'égyptien, qui s'appelle le copte, n'est en effet plus transcrite en hiéroglyphes, mais à l'aide de l'alphabet grec enrichi de sept signes dérivés de l'ancienne écriture. A partir de la fin du IIIe siècle furent copiés en copte de nombreux manuscrits, en particulier dans les monastères - l'Egypte est le berceau du monachisme - et les églises. À travers la période byzantine et musulmane, cette tradition de copie s'est perpétuée en s'adaptant, jusqu'au XIXe siècle, le copte étant toujours aujourd'hui la langue liturgique des quelques millions de chrétiens d'Egypte. Suscitée par la tenue à Paris, du 28 juin au 3 juillet, du 8e congrès international d'études coptes, qui rassemblera environ deux cents spécialistes de ce domaine, cette exposition a pour but de présenter différents aspects de cet art du livre, autour de quatre thèmes : Copie et ornement des livres saints : de manuscrits sobres, sans décorations, où l'écriture est la même que celle des manuscrits grecs contemporains, la tradition évolue vers des livres plus grands, où l'écriture acquiert ses caractères propres. Ils sont décorés, souvent modestement, mais joyeusement, de motifs colorés, végétaux ou animaux. Grâce aux efforts de l'égyptologue Gaston Maspero, la Bibliothèque nationale a pu acquérir, à la fin du XIXe siècle, plus de la moitié des vestiges de la bibliothèque d'un grand monastère de Haute-Egypte qui conservait les restes de la littérature la plus ancienne. La relative austérité de l'ensemble fait d'autant plus admirer les exemplaires d'apparat en provenance de Basse-Egypte, tels le copte 13, évangéliaire entièrement enluminé ou l'arabe 12, pentateuque orné à la manière d'un Coran, véritables trésors artistiques. Les manuscrits bilingues coptes-arabes, majoritaires à partir du XIIe siècle, permettent de percevoir comment se fait la cohabitation entre deux écritures et deux langues fondamentalement différentes. Livres liturgiques : très nombreux à partir du XIe siècle, alors que la langue copte était devenue minoritaire, ils sont de contenus divers (lectionnaires, rituels, recueils d'hymnes) et donnent une image vivante de l'activité religieuse. Au hasard d'une page, on découvre parfois de manière inattendue une lettre soigneusement peinte comme un visage. Quelques objets empruntés au Louvre viennent compléter cette section. Variété des supports : papyrus et parchemin sont les matériaux les plus anciens, remplacés progressivement par le papier. A côté de ces supports traditionnels, mais chers, on trouve aussi, pour des textes de moindre importance, les tessons de poterie et les éclats de calcaire. L'art de la reliure - les livres coptes en sont les plus anciens témoins - est illustré par quelques exemples. Histoire des études coptes : on oublie souvent que c'est le copte qui a donné à Champollion la clef du déchiffrement des hiéroglyphes. Sa "Grammaire égyptienne" est là pour illustrer ce fait. D'autres manuscrits coptes-arabes médiévaux de nature grammaticale, composés par des lettrés coptes essayant de sauver leur langue en voie d'extinction et soigneusement collectionnés par des érudits du XVIIe siècle, tels Peiresc ou Gaulmin, permettent de comprendre dans quelle tradition s'inscrivait Champollion et sont nées les études coptes modernes. Exposition du 30 juin au 29 août 2004. Site Richelieu - Crypte, du mardi au samedi de 10h à 19h. le dimanche de 12h à 19h. Fermé lundi et jours fériés. Entrée libre : renseignements 01 53 79 59 59 08/08/2004 - http://www.topchretien.com/topinfo/affiche_info_v2.php?Id=6800 |
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de sa très attendue Médiathèque. Toulouse ouvre au public les portes de sa très attendue Médiathèque José Cabanis, un nouvel espace d'envergure régionale dédié au livre et au multimédia. Désormais plus grande bibliothèque de Toulouse et de la région Midi-Pyrénées avec ses 13.500 m2, ses 150.000 documents (livres, journaux, CD-Rom, DVD), son auditorium de 200 places, ses salles d'exposition et ses 170 ordinateurs en accès libre, elle est située dans le quartier Marengo, à la porte nord-est du centre ville. Le bâtiment -- conçu par l'architecte Jean-Pierre Buffi associé au cabinet toulousain Séquences -- est constitué de deux grands piliers de largeur différente, prenant ainsi la forme d'une grande arche asymétrique en bois, verre et briques de terre cuite. Il est surmonté d'une sorte de belvédère et agrémenté de pare-soleils mobiles sur la facade largement vitrée, ce qui le fait déjà surnommer "le radiateur" par certains toulousains. Les travaux de cet équipement culturel quelque peu monumental, initié par l'ex-maire de Toulouse Dominique Baudis, ont coûté plus de 60 millions d'euros. Le lieu abrite, outre la médiathèque, la délégation régionale de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel), TLT (Télé Toulouse), une cafétéria, un restaurant et des salons de réception. La médiathèque a été baptisée José Cabanis en hommage à l'écrivain toulousain et académicien José Cabanis (1922-2000), lauréat du prix Renaudot 1966 pour son roman La bataille de Toulouse. République des Lettres - Paris mercredi 18 août 2004 |
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Prix Jacques Mercier 2004 à lICHEC En 2003, LICHEC (Institut Catholique des Hautes Etudes Commerciales) avait décidé, pour souligner lintérêt porté à lutilisation de la langue française, doctroyer le « Prix Jacques Mercier » au travail de fin détudes présentant la meilleure expression écrite. Cest ainsi quen juin dernier, Mademoiselle Céline Mairiaux recevait le « Prix Jacques Mercier 2003» pour son mémoire intitulé « Laffichage, analyse et enjeux dun outil de communication ». Cette année, le jury, composé de plusieurs enseignants de lICHEC et de Monsieur Jacques Mercier a décidé à lunanimité dattribuer le prix à Monsieur Vahé Barsamian pour son travail de fin détudes intitulé « Approche socio-économique de la musique ». Ce mémoire a été choisi pour sa diversité stylistique, la musicalité de son écriture et loriginalité de sa structure. Lors de la cérémonie de proclamation des résultats, Monsieur Barsamian a reçu plusieurs ouvrages offerts par le Service de la langue française du Ministère de la Communauté Française, par les Editions De Boeck et par Monsieur Jacques Mercier. Deux autres mémoires faisaient partie de la sélection du jury : celui de Monsieur Arnaud Tabery sur « La malléabilité du comportement consumériste » et celui de Mademoiselle Anne-Catherine Corbion pour son « Etude dopportunité de développer le concept Business to Business auprès du secteur pharmaceutique et du secteur événementiel ». Ils ont tous les deux reçu des livres offerts par le Service de la langue française du Ministère de la Communauté Française de Belgique. Jeudi 8 Juillet 2004. |
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PARIS (AP) - Le conservateur en chef en charge des manuscrits hébreux (1) de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) a été présenté vendredi à la juge parisienne Nathalie Turquei, en charge d'une enquête pour «vols et recels en bande organisée» de manuscrits anciens. On précise de source policière que le suspect, présenté comme une sommité dans son domaine, a été interpellé mercredi sur le site Richelieu, dans le IIe arrondissement. Il est soupçonné d'avoir dérobé des feuillets ou des manuscrits entiers destinés à alimenter le réseau des collectionneurs. Les documents dataient des XIVe, XVe et XVIe siècles. Plusieurs plaintes ont été déposées depuis que les premières disparitions ont été constatées en 1998. Agissant dans le cadre d'une commission rogatoire depuis février dernier, la brigade de répression du banditisme a interpellé et placé en garde à vue le conservateur en chef, qui a nié les faits dans un premier temps, avant de changer de version au palais de justice. Tout comme son épouse, dont le rôle n'a pas été précisé, il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Les ouvrages dérobés, qui se chiffreraient par dizaines, étaient tous d'une valeur inestimable, précise-t-on de même source. AP : 30 juillet 2004 (1) : Constitué depuis le XIVe siècle, par la volonté du roi Charles V le Sage, ce fonds, considéré comme l'un des plus riches au monde, compte 1 480 ouvrages. De toutes provenances : Yémen, Byzance, Afrique du Nord, Europe centrale, France, Angleterre, Allemagne... |
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Huit cents numéros du journal francophone Le Progrès de Windsor ont récemment été découverts dans les archives municipales de Windsor. C'est Daniel Noël, un employé de la bibliothèque municipale, qui a fait la découverte. Les historiens connaissaient l'existence du Progrès de Windsor, mais rares sont ceux qui ont mis la main sur un exemplaire. La bibliothèque municipale de Windsor a fait appel à l'historien et folkloriste Marcel Bénéteau pour rendre ces journaux accessibles au public dans Internet. « Ça nous donne un beau petit portrait de la communauté francophone d'il y a une centaine d'années », dit-il. « Le Progrès de Windsor a été fondé en 1881 par Orel Paco, un avocat d'Arthabaska, au Québec. Ses frères Gaspard et Benjamin ont ensuite dirigé le journal jusqu'en 1921 », ajoute l'historien. Selon Marcel Bénéteau, le journal témoigne d'une importante présence francophone au-delà de nos frontières : « C'est clair, dès le début, quand ils annoncent leur politique dans le premier numéro, qu'ils s'adressent aux canadiens français du comté d'Essex et de Detroit. Même au début, ils ont un bureau à Windsor et un à Detroit. On voit, dans ces années-là, entre 1880 et 1890, qu'il y a encore une population francophone importante à Detroit » Paul-François Sylvestre est l'auteur d'un livre sur les journaux de l'Ontario français. Pour lui, cette découverte est extraordinaire : « Pour moi, les mots qui viennent tout de suite sont : mine d'informations. C'est une période qui n'est pas nécessairement très bien connue, certainement pas une période qui est très bien connue du côté francophone. » Une fois les huit cents numéros de la période 1881-1901 encapsulés et numérisés, les chercheurs pourront procéder à une analyse plus précise. © Radio-Canada. 03 août 2004 |
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de ses vitrines un texte antisémite célèbre Le directeur général de l'UNESCO, Koichiro Matsuura, a protesté contre la Bibliothèque d'Alexandrie qui avait placé dans son exposition des Manuscrits le célèbre pamphlet antisémite du XIXème siècle, les "Protocoles des Sages de Sion". Le directeur de la Bibliothèque a retiré le livre et s'est excusé de cette "erreur de jugement". L a Bibliothèque d'Alexandrie a retiré de son exposition des Manuscrits la première traduction arabe du plus célèbre pamphlet antisémite du XIXème siècle, les "Protocoles des Sages de Sion", après des protestations notamment de responsables de l'ONU et une polémique dans la presse. Le directeur de la Bibliothèque Ismail Serageldin s'en est excusé et a expliqué: exposer ce texte "était une erreur de jugement et une preuve d'insensibilité". Une enquête interne a été ouverte pour savoir s'il faut donner une suite à cette affaire, a-t-il ajouté. Ce texte de propagande antisémite, qui se présente comme le récit d'une conspiration juive pour dominer le monde, est une fabrication de la police secrète de la Russie tsariste, destinée à accuser les juifs de tous les maux de la Russie. Il a donné naissance à la théorie antisémite du "complot juif mondial ". Ismail Serageldin a aussi démenti que la traduction arabe des "Protocoles" ait été exposée à côté de la Torah, le livre saint du judaïsme, et précisé que les "Protocoles" n'étaient pas présentés comme un livre sacré dans cette exposition. L'ouvrage figurait "dans une vitrine consacrée à des exemples de curiosités et de textes inhabituels dans notre collection", ajoute-t-il. "La Bibliotheca Alexandrina est profondément engagée dans son rôle de centre d'étude et de promotion de la tolérance, du dialogue et de la compréhension entre les peuples, les cultures et les civilisations", poursuit-il dans son communiqué. "Un terrible pouvoir comme outil de l'antisémitisme" Koichiro Matsuura, directeur général de l'UNESCO, l'organisation des Nations unies pour la science, l'éducation et la culture, avait protesté auprès de la Bibliothèque. M. Matsuura comptait dénoncer à nouveau les "Protocoles" au cours d'un séminaire à Venise, à l'occasion des 100 ans de leur créations. Malgré les multiples réfutations, ce livre "continue à exercer son terrible pouvoir comme outil de l'antisémitisme", écrit le directeur de l'UNESCO dans un projet de discours pour cette conférence, obtenu par l'Associated Press. Youssef Ziedan, directeur du Centre des manuscrits de la Bibliothèque, chargé de cette exposition, ouverte exclusivement aux chercheurs, a dit ne pas s'être attendu à ce que l'affaire fasse autant de bruit. "Mon avis professionnel est que c'est un livre idiot. Sa seule signification est que c'est la première édition arabe d'un livre qui a fortement influencé la mentalité arabe". Cette vitrine, dont le contenu change tous les mois, inclut aussi des livres politiques interdits et des ouvrages controversés, a-t-il ajouté, estimant que le retrait était dû à des "pressions juives". Feuilleton télévisé La Bibliothèque moderne, qui a ouvert l'année dernière, se veut l'héritière de l'antique bibliothèque alexandrine, phare du savoir et de la science, détruite dans un gigantesque incendie en 48 avant JC. L'an dernier, les "Protocoles" avaient déjà été au centre d'une polémique en Egypte. Israéliens et Américains avaient protesté contre un feuilleton racontant l'histoire d'un journaliste qui cherchait à vérifier si ce texte était un véritable document juif. Suite à ces plaintes, la télévision précisait lors de la diffusion que les "Protocoles" étaient une fabrication. AP © Le Nouvel Observateur 2003 - 07/12/03 |
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PRAGUE, 10 nov (AFP) - Quelque 500.000 pages de manuscrits historiques, dont certains datant des XIIIe et XIVe siècles, sont désormais disponibles sur un nouveau site internet ( www.memoria.cz ) ouvert par la Bibliothèque nationale tchèque, a annoncé lundi un responsable du projet, Adolf Knoll. Le projet baptisé Memoria, subventionné par le ministère tchèque de la Culture, doit mettre à la disposition des historiens et autres chercheurs une large sélection de documents historiques conservés dans une vingtaine de bibliothèques en République tchèque, a-t-il précisé. La plupart des manuscrits concernés proviennent des milieux universitaires et religieux. Une opération de numérisation systématique des manuscrits sélectionnés, provenant notamment des pays d'Europe centrale, avait été lancée par la Bibliothèque nationale tchèque en 1996, après l'achèvement d'une phase d'essai entamée en 1992-93, a indiqué M. Knoll. Un projet parallèle, intitulé Kramerius du nom de Vaclav Matej Kramerius (1753-1808), fondateur en 1789 du premier journal en langue tchèque, permettra avant la fin de l'année de consulter sur l'internet quelque 1,2 million de pages de journaux publiés au XIXe siècle en tchèque et en allemand sur le territoire du pays qui faisait alors partie de l'Empire austro-hongrois, selon le responsable. PRAGUE, 10 nov (AFP) |
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Un séjour balnéaire sur les côtes de la mer Rouge est l'occasion rêvée de partir à la découverte des paysages lunaires du Sinaï . Au terme de la bande côtière qui accueille les infrastructures hôtelières de Sharm-el-Sheikh, en plein boom touristique, elles s'élèvent à la verticale, les dents de requin formées par les montagnes du Sinaï. Une barrière quasi infranchissable, la route stratégique conduisant au fond du golfe d'Aqaba, à 250 kilomètres de là, parvenant difficilement à se faufiler au fond de vallées tortueuses. Une géographie aussi tourmentée demande explication: ici, on se trouve sur les rebords du rift, grande faille terrestre courant de la Turquie jusqu'au Kenya, en passant par la vallée du Jourdain et la mer Morte. D'énormes bouleversements telluriques ont donné au Sinaï cet air de matin du monde. Pour l'approcher de plus près, il conviendra de contourner beaucoup d'obstacles naturels Le vacancier qui devra s'arracher un jour ou deux au spectacle offert par les formations coralliennes et les poissons tropicaux de la côte ne le regrettera pas. Soit il partira à dos de chameau ou en 4 x 4 à la rencontre des Bédouins peuplant le désert proche. Soit il se lancera dans des périples plus ambitieux, avec dépaysement garanti. Ainsi rejoindra-t-il le Canyon coloré, que seuls les tout-terrains atteignent. Du sommet du plateau, la vue, saisissante, plonge au fond d'une gorge creusée par les eaux. Les calcaires immaculés et l'azurite bleue réduits en poudre, les marnes aux larges strates marron, les rayures verdâtres des feldspaths, les granits roses, jaunes ou gris racontent l'histoire des entrailles de la terre. La promenade est sportive. Pour dépasser le bloc de pierre obstruant le boyau, il faut se laisser glisser dessous, le long d'un toboggan de pierre. Les amateurs de grande nature seront comblés. Ne voulant surtout pas manquer la visite de la perle de la pointe du Sinaï, voilà le vacancier à nouveau en route, mais cette fois à destination de Sainte-Catherine, bastion de la chrétienté. Il ambitionnera peut-être l'ascension de la montagne de Moïse, aux flancs de laquelle est adossé le monastère. Le paysage, désert de sable et de rochers d'une rare beauté, est le royaume de la gazelle, de la hyène et du loup! Bout du monde Les véhicules de tourisme se hâtent de rejoindre le plus vieux monastère de la chrétienté et siège du plus petit diocèse du monde. A 1570 mètres, au bout d'une vallée qu'écrasent les masses granitiques, l'air est frais et la clarté divine. «Tout récemment, j'étais à New York pour une rencontre, mais j'apprécie tellement de me retrouver ici», confie ce moine américain dans la quarantaine qui veille sur la bibliothèque du monastère. La deuxième plus riche du monde après celle du Vatican, avec ses six mille manuscrits et volumes, dont l'une des premières copies des versions originales des évangiles. «On vient à Sainte-Catherine pour la vie. Moi, il y a cinq ans que je suis ici. Nous sommes trente moines et le plus âgé compte septante-sept ans de vie religieuse; il est entré à l'âge de 17 ans!» Le Buisson ardent L'homme est tout de sérénité. Avec ses confrères de l'Eglise orthodoxe de Grèce dont le monastère dépend depuis toujours, il perpétue la longue tradition du monachisme sinaïtique, inaugurée voilà quatorze siècles. C'est ici que Moïse aurait vu s'enflammer le Buisson ardent. Sainte Hélène, mère de Constantin, fait recouvrir en 330 ses racines d'un autel face auquel on se déchausse, en souvenir du commandement divin à Moïse. Quant à l'arbuste, il continue de prospérer sur une façade extérieure. La foule des touristes et des pèlerins se presse dans la basilique de la Transfiguration, surmontée d'une très ancienne mosaïque du Christ en gloire. Avant de rejoindre leur véhicule, les visiteurs jettent encore un regard rapide sur une collection d'icônes qui ont miraculeusement traversé les âges. Un minaret à deux pas du clocher de l'église? Oui, il a fallu composer avec l'islam. D'autant que Mahomet, comme les califes musulmans et les sultans turcs ont toujours accordé leur protection au lieu saint. Mais la meilleure défense contre les pillards sera encore le mur d'enceinte de granit rouge, élevé par l'empereur Justinien au VIe siècle et réparé par Napoléon. Il forme un quadrilatère de 85 x 74 m. Si vous êtes courageux, vous ferez nuitamment le pèlerinage du mont Horeb de la Bible, le Sinaï actuel. Soit en empruntant les 3750 marches de l'escalier creusé dans le roc, soit en lui préférant le confortable chemin moderne. Au moment où le soleil se lèvera sur la montagne sacrée, vous vous souviendrez qu'ici, au bout du monde, Moïse fit connaître à son peuple les Dix commandements, lois intangibles d'un Dieu unique. Texte Jean-Pierre Grenon - 09 août 2003 |
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Le trait de Michel-Ange. C'est un simple trait à l'encre brune qui devrait ne pas passer inaperçu le 12 mai, à Drouot, chez Pierre Bergé & Associés. La pièce tient plus du domaine de la relique que du véritable autographe. La feuille est un minuscule morceau de papier de 5,7 x 6 cm. Mais elle est de la main de Michel-Ange et fait déjà fantasmer plus d'un amoureux du maître de la Renaissance italienne. Certes, on est loin des grandes feuilles de l'artiste comme l'Étude de femme en deuil que le marchand franco-italien Jean-Luc Baroni vendit 13 M€ à un collectionneur américain à la foire de Maastricht 2002, puissant Michel-Ange de jeunesse acheté près de 9,81 M€, chez Sotheby's à Londres l'été 2001 (nos éditions du 15 mars 2002). Mais il s'agit là d'un document d'une simplicité touchante, d'une valeur sentimentale dont le prix (estimation : 60 000 €) relève du coup de coeur. C'est «un précieux témoignage du processus de travail de Michel Ange architecte et sculpteur qui passait lui-même ses commandes de marbres sous la forme de croquis exécutés à main levée et soigneusement dimensionnés. Un souvenir. La dédicace d'un auteur dont le nom reste magique», souligne le vendeur, André Hofmann, architecte en chef de la Ville de Paris, sculpteur par passion sous le pseudo de Sadko. Pour s'acheter un atelier de sculpture, ce lauréat du concours de la fondation Coprim en 2001, qui a installé son Promeneur au Viaduc des arts, se sépare «à regret» de ce petit dessin annoté de la main du maître de la chapelle Sixtine et mis en valeur dans un splendide cadre vénitien XVIIe aux incrustations de marbre et de nacre. Resté inédit jusqu'à ce jour, ce document date probablement du printemps 1518, époque où Léon X, fils de Laurent le Magnifique, successeur du pape Jules II, commanda à Michel-Ange Buonarroti la réalisation de la façade de l'église Saint-Laurent à Florence, qui resta inachevée ainsi que la bibliothèque (seuls les tombeaux de Laurent et de Julien de Médicis furent terminés dans une chapelle attenante). Il porte l'inscription des mesures en braccia florentines : un bras et demi de large et un bras un tiers d'épaisseur. De par sa forme incurvée, ce profil de marbre pourrait correspondre à un élément sculpté de la façade ou du tombeau des Médicis. Seule une dizaine de ces feuillets de croquis pour l'église Saint-Laurent ont passé le temps. Ils ont été réunis dans un «cuaderno» (un cahier) dont le neveu de Michel-Ange, Leonardo Buonaroti hérita, puis furent conservés par la famille jusqu'au XIXe siècle. Avant sa mort, en 1859, Cosimo, le dernier représentant de cette grande dynastie, légua à la ville de Florence la maison familiale avec tout le contenu des archives. A l'exception de quelques croquis qu'il avait offerts à ses amis en certifiant au dos, comme c'est le cas pour notre dessin autographe, l'origine et la destination de ces commandes de marbres : «Misuri di marmi serviti per la fabbriche della Chiesa di San Lorenzo ordenati de Michelangelo a Carrara C. Buonarroti.» Le Corpus de l'oeuvre de Michel-Ange, publié par Tolnay, en 1978, recense cinq croquis de ce type : à la Casa Buonarroti, à la fondation Custodia de Paris, au Musée Bonnat de Bayonne et deux dans la collection Scharf de Londres. Il en existe un sixième au Musée de la Légion d'honneur à San Francisco repéré par Mme Carmen C. Bambach du Metropolitan de New York. Le Louvre (riche en feuilles de Michel-Ange, comme l'a montré l'exposition de juin 2003) n'en possède pas. Quelques centimètres carrés à prix d'or ? Le Figaro - par Béatrice de Rochebouet - 07 mai 2004 Voir le catalogue ici |
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au palais Jacques Coeur à Bourges. Dans le cadre de l'année George Sand, le Centre des monuments nationaux propose une exposition explorant les liens entre George Sand et Félix Nadar et plus particulièrement autour du portrait photographique. Les reproductions d'une cinquantaine de portraits de George Sand et de sa famille, réalisées par Félix Nadar, sont réunies sous les combles du Palais Jacques Cur, exceptionnellement ouverts au public. Cette exposition, et le livre éponyme qui l'accompagne publié par Monum, Éditions du patrimoine, présente les différentes séries de clichés réalisés dans les deux derniers ateliers parisiens de l'écrivain entre 1864 et 1874. Exposition du 17 Mai 2004 au 05 Septembre 2004 : Centre des monuments nationaux Palais Jacques Cur. 10 Bis, rue Jacques Cur, 18 000 Bourges. tél. 33 (0)2 48 24 06 87 Horaires : De 9 h30 à 11 h 30 et de 14 h 30 à 17 h 30. Tarif unique exposition seule : 4, 10 € avec un supplément 1, 50 € pour la visite du monument. Droit d'entrée du monument : 6, 10 € Tarif réduit : 4, 10 € |
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la traduction intégrale du «Zibaldone», le gisement d'idées du plus grand poète italien depuis Dante.
«Douce et claire est la nuit, sans un souffle, Et calme sur les toits, au-dessus des jardins, La lune repose et révèle, sereines, Les montagnes au loin....» (1) A 10 ans, Leopardi élit domicile dans la richissime bibliothèque de son père : il y travaille sans trêve, « à genoux devant sa petite table, pour pouvoir écrire jusqu'à l'ultime instant, avant que la bougie ne s'éteigne ». En regardant à l'est, on verrait de jour le Monte Conero naufrager dans l'Adriatique. Au-delà, est enchâssée Ancône. En deçà, à partir des plages étroites de Sirolo, Numana ou Portorecanati, le pays grimpe en douceur de coteau en coteau, se repose sur les «balcons des Marches», Osimo, Castelfidardo, Offagna, Recanati, et poursuit, plus âprement, vers «les montagnes au loin», la dorsale blanchie des Appenins. A la fin du XVIIIe siècle, Recanati devait compter, éparpillées de la colline à la mer, moins de quinze mille âmes. C'était un « bourg sauvage », isolé, aussi éloigné de Rome que de Milan. Annexées depuis 1532 aux Etats pontificaux, les Marches étaient piétinées par toutes les soldatesques, espagnoles, autrichiennes, françaises. Lorsque Napoléon traversa à cheval Recanati, le comte Monaldo Leopardi fut l'un des rares à rester cloîtré en sa demeure. Profondément réactionnaire, fidèle au pape, le comte assistait depuis des années, entre rage et résignation, à l'érosion de «son» monde, fait du respect de la hiérarchie et de la soumission aux valeurs chrétiennes. Bibliophile passionné, écrivain féru d'histoire et de philosophie, gouverneur du pays, il ne sortait qu'en habit de parade, pour appeler «des révérences encore plus marquées», de la part du peuple. A sa femme Adélaïde, marquise d'Antici, revenait l'économat, la gestion du patrimoine familial et des affaires domestiques. C'était une femme dure, taciturne, fermée à toute manifestation de tendresse, toujours prête à brandir la croix contre les diables du plaisir, une bigote, capable, écrira son fils, d'envier «intimement et sincèrement» ces parents «qui perdaient leurs enfants jeunes» parce que ceux-ci «étaient montés au ciel sans connaître le danger». Le fils, Giacomo, naît le vendredi 29 juin 1798. Viendront ensuite Carlo, Paolina, Luigi, et, plus tard, Pierfrancesco, qui continuera la lignée. « Encre de couleur bure.. » De Giacomo Leopardi paraissent aujourd'hui le Discours sur l'état présent des moeurs en Italie et, surtout, le Zibaldone. Ecrit probablement en mars 1824, en même temps que les premières Petites OEuvres morales, le Discours décrit la condition culturelle et psychologique et l'Italie et des Italiens. Leopardi y fustige l'anomalie morale que représente son pays, qui n'a pas de société, qui possède des usages ou des habitudes plutôt que des moeurs, qui, rongé par le cynisme, ne s'est «civilisé» que de façon chaotique et incomplète, en se déracinant des fondements de la morale antique mais sans leur substituer les principes de vie sociale et civile sur lesquels reposent la France, l'Allemagne ou l'Angleterre. De cet ouvrage, on disposait déjà d'une traduction française (Michel Orcel), publiée en 1993 chez Allia. La présente édition vaut néanmoins par son appareil critique, notamment la très longue «Note philologique» de Marco Dondero, si hallucinante de précision qu'elle va, pour étudier la datation, les variantes ou les correspondances avec d'autres écrits léopardiens, notamment le Zibaldone, jusqu'à analyser sur le manuscrit le filigrane du papier, la forme calligraphique de la jambe des «g» ou l'encre utilisée («encre de couleur bure, trait assez appuyé ; utilisée de la ligne 18 du f° 22r à la ligne 14 du f°26r...»). Mais l'événement éditorial, et culturel, est, sans conteste, la traduction, par Bertrand Schefer, du Zibaldone : une première mondiale. Des extraits du Zibaldone ont été publiés en France. Nul cependant ne pouvait raisonnablement penser aujourd'hui on a presque «tout Leopardi», mais, il y a encore une quinzaine d'années, « le plus grand poète que l'Italie ait connu depuis Dante » reposait dans le plus profond oubli que cette oeuvre immense serait un jour traduite dans son intégralité, parce qu'elle est proprement «intraduisible», et, même dans sa langue, « inqualifiable », incomparable, au sens strict. Du simple mot zibaldone il n'est guère aisé de donner un équivalent : anciennement, il indiquait une boisson faite d'ingrédients divers (se confondant ainsi avec zabaione, sabayon), puis a signifié mélange tout court, salmigondis, et par dérives successives miscellanées, recueil, cahiers. Aujourd'hui, en italien, il évoque avant toute chose... le livre de Leopardi ! Ni un journal, ni des « Cahiers » à la Valéry, mais un « chaos écrit », un entrepôt de la pensée, un labyrinthe, un chantier maritime, une encyclopédie qui au lieu de se fermer en cercle s'ouvrirait tous azimuts, un grenier dans lequel sont rangés tous les matériaux pouvant faire l'objet, plus tard, d'une réélaboration littéraire ou philosophique, un gisement dont il faut des mois, des années pour faire le tour ou sonder les profondeurs, un laboratoire aux dimensions quasiment monstrueuses, qui n'a pas d'équivalent dans la littérature mondiale. Le poète le rédige à intervalles plus ou moins réguliers de juillet 1817 il a alors 19 ans à décembre 1832. La plus belle saison est celle des années 1820-1823. Leopardi venait d'écrire l'Infini les plus célèbres vers de toute la littérature italienne et rédigeait la plupart de ses «Canzoni», ainsi que les «Idylles» : en 1821, il emplit mille huit cent cinquante-trois pages du Zibaldone, en 1822 trois cent quarante-six, en 1823 mille trois cent quarante-quatre... Même lorsqu'il n'y touchera plus (une demi-page en 1931, une page en 1832), il gardera toujours auprès de lui ce qu'il intitule lui-même le «Zibaldone de mes pensées», qui comprendra au final quatre mille cinq cent vingt-six feuillets. Au soir de sa courte vie, il le confiera à son plus cher ami, Antonio Renieri. C'est sous l'égide d'une commission nationale présidée par le poète Giosue Carducci qu'il sera publié à Florence en 1898, chez Félix Le Monnier, sous le titre Pensieri di varia filosofia e di bella letteratura. Monaldo Leopardi veillait personnellement à ce que, confiée à un abbé et au chapelain de la maison, l'éducation de ses enfants fût parfaite. Il les soumettait à d'intensifs programmes d'études et contrôlait l'acquisition des connaissances par des «tests» de son invention, ou des jeux de théâtre au cours desquels Giacomo, Carlo et Paolina, sur scène, devant parents ou amis, devaient traiter en latin des questions de rhétorique, de philosophie, de logique, de géographie, de religion ou de géométrie. Comme l'écrira Sainte-Beuve, «le génie philologique se fit jour merveilleusement» chez Giacomo, «à l'âge où les autres en sont encore à répéter sur les bancs la dictée du maître». D'une sensibilité exacerbée, incapable d'insouciance, constamment «tenu» par les exigences de son père, blessé jusqu'à l'humiliation par la répression constante et ouatée qu'exerçait sa mère, pour une prière non dite ou un rire non retenu, Giacomo se réfugie de plus en plus dans ce «merveilleux» que l'on perçoit par l'ouïe ou par la lecture (Zib. 1401). La vie au Palazzo Leopardi, la léthargie de Recanati, «peuplé de gens/ rustres et vils» pour qui «science et savoir/ ne sont que mots étranges», lui apparaissent comme «irréels» et il s'en échappe par une sorte de négation de la négation, en s'enfermant dans un autre monde, fait de rêves, d'ennui, de fantasia, dont la «fausseté» voulue annihilait la «vraie» fausseté. Il a juste 10 ans lorsqu'il élit domicile dans la richissime bibliothèque de son père : il y travaille sans trêve, « à genoux devant sa petite table, pour pouvoir écrire jusqu'à l'ultime instant, avant que la bougie ne s'éteigne ». De ce voyage au bout de la culture antique («sept années d'études folles et désespérées»), Giacomo ressortira «ruiné», la colonne vertébrale déviée, les yeux presque aveugles : «Je me suis abîmé misérablement et sans remède pour toute la vie, rendant mon aspect tout à fait vilain et hideuse cette partie de l'homme qui est la seule qu'en général on regarde.» A «neuf et neuf soleils», le «bossu de Recanati», que les enfants raillent, est un érudit : il sait le latin, le grec, l'hébreu, le français, l'espagnol, a traduit les Odes et l'Ars poetica d'Horace, les Idylles de Moschos, le premier livre de l'Odyssée, le deuxième livre de l'Enéide, les fragments de Fronton, des extraits de l'Archéologie romaine de Denys d'Halicarnasse, écrit les premiers de ses poèmes, des tragédies, une Histoire de l'astronomie, achevé ses études philologiques sur la Doctrine des hommes illustres d'Hésychios de Milet et sur la Vie de Plotin de Porphyre qui vont bientôt le faire connaître en Europe. « Traîner sa vie avec les dents » Giacomo Leopardi quitte pour la première fois Recanati le 17 novembre 1822 et, définitivement, le 29 avril 1830. Il séjournera à Rome, Bologne, Pise, Florence, Milan et, à Naples, où il mourra le 14 juin 1837. Il écrit l'Infini en 1819, rédige les Chants entre 1818 et 1823, puis connaîtra une nouvelle « saison miraculeuse » en 1829, où il compose entre autres le Repos après l'orage, le Samedi du village et le Chant nocturne d'un berger errant de l'Asie, l'une des plus déchirantes expressions du mystère et de la douleur universelle, dont Nietzsche s'inspirera dans la seconde Inactuelle. Toujours souffrant, ne connaissant de l'amour que la déception, ne voyant d'autre bonheur que l'illusion, conscient que jamais ni le regard, ni la voix, ni l'existence elle-même ne peuvent se porter sur la réalité mais seulement l'effleurer dans son irréversible disparition, il n'arrêtera jamais de «traîner sa vie avec les dents». La manière dont la poétique léopardienne a transposé ou transmué cette présence de Leopardi à sa propre fragilité, lui faisant dire que «tout est néant», n'est pas facile à définir. Son oeuvre a fait l'objet de milliers de lectures, de même que sa pensée philosophique, jamais exposée comme système, a été interprétée en fonction de toutes les clefs possibles, romantique, matérialiste, existentialiste, heideggerienne, marxiste, nihiliste... Nietzsche comparaît Leopardi à Goethe, d'autres ont en fait un Pascal, un Dostoïevski, un Montaigne, un Kierkegaard, un Schopenhauer... Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que le «secret» de cette «poésie pensante» et de ce «penser poétisant» se trouve dans le Zibaldone. Tout y est : linguistique, philologie, philosophie, politique, esthétique, science, histoire, histoire littéraire, morale, petites notules, grands développements, art d'être malheureux, désir et «théorie des plaisirs», théorie formaliste de la musique, critique du christianisme, métaphysique de la nature, raison, machiavélisme de la vie sociale, hymne aux illusions, théorie de l'origine du langage, influence du climat sur la moralité des peuples, notes de la vie quotidienne, souvenirs, amour, ennui... Tout y est, mais comme sur un continent dont on aurait perdu toutes les cartes et les pancartes sauf une, qui dirait : vous qui entrez ici, renoncez à trouver une sortie. Si «l'histoire de chaque homme contient toute l'histoire de l'esprit humain», et si Leopardi a fait «précipiter» toutes ses expériences de vie et d'écriture dans le Zibaldone, est-il d'ailleurs souhaitable de chercher une issue ? On ne sait pas ce qu'on découvrirait. Peut-être, comme les génies, «le rapport constant des choses avec l'infini et avec l'homme» ? Peut-être, comme les hommes ordinaires «que rien n'élève jamais», une vie de «plénitude sans substance», menant «de la naissance au tombeau par un chemin tranquille» ? Ou bien, comme «les philosophes et la plupart des hommes de sentiment», armés de la «funeste connaissance des choses», «le néant, le vide, la vanité des occupations humaines, des désirs, des espérances, (...) toutes les illusions de la vie sans lesquelles il n'est point de vie» ? Giacomo Leopardi arrive à Naples le 2 octobre 1833. C'est là qu'il écrit deux autres de ses poèmes les plus célébrés, le Coucher de la lune et le Gênet. Et toi, souple genêt, Qui des buissons odorants Adorne ses campagnes dépouillées, Toi aussi tu succomberas vite A la cruelle force du feu souterrain... (2) Le climat, au début, lui fait du bien. Antonio Ranieri rapporte sa «folie des sucreries et des glaces». Il s'installe à la villa Ferrigni, sur les basses pentes du Vésuve, entre Torre del Greco et Torre Annunziata. L'hiver, la maison était glaciale. (1) Giacomo Leopardi, «Le soir du jour de fête», in «les Chants», traduction de Michel Orcel (L'Age d'Homme 1982). (2) Trad. M. Orcel. Giacomo Leopardi - Zibaldone. Traduit de l'italien, présenté et annoté par Bertrand Schefer. Allia, 2398 pp. Discours sur l'état présent des moeurs en Italie. Traduction d'Yves Hersant, introduction de Novella Bellucci, édition et notes de Marco Dondero, bilingue. Les Belles Lettres, 130 pp. Par Robert MAGGIORI - Libération 18 decembre 2003. |
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Une bibliothèque royale recèle parfois bien des trésors. Pour les amateurs de beaux livres mais aussi pour les passionnés d'Histoire. A fortiori quand il s'agit de celle de feu le roi Léopold III et de la princesse Lilian CHRISTIAN LAPORTE A n'en pas douter, il y aura de belles affaires à réaliser ce jeudi 11 décembre (1), à la Galerie Charpentier, rue du Faubourg Saint-Honoré, 76 dans le 8e arrondissement de Paris à l'occasion de la vente par Sotheby's d'une partie de la bibliothèque du domaine d'Argenteuil. En feuilletant le catalogue, c'est, évidemment l'Histoire nationale qui défile sous nos yeux mais pas uniquement car notre troisième souverain se doublait d'un homme curieux qui avait aussi un goût aiguisé pour les belles lettres. Et pour les documents rares. Un amour largement partagé, on doit le souligner, par sa seconde épouse. Patrimoine de la dynastie Un espoir : que parmi les plus offrants se retrouvent aussi des mandataires de l'Etat belge car il serait vraiment dommage de voir filer à l'étranger ou voir privatisés certains ouvrages ou manuscrits de bien plus grande valeur sentimentale pour le passé de ce pays que celle estimée par Sotheby's. En s'installant à la lisière de la forêt de Soignes en 1960, Léopold III et Lilian avaient aussi emporté une partie du patrimoine livres que de la dynastie, réuni surtout par Philippe, comte de Flandre, le grand-père de Léopold III. Des ouvrages historiques ou relatifs à la Belgique mais également de littérature plus classique. Des lots qui valent autant par la forme que par le fond. Il va de soi que les livres personnels de Léopold III s'y taillent la part du lion. Avec des ouvrages officiels relatifs à la vie administrative ou militaire mais aussi une impressionnante collection de livres relatifs à des expéditions ou tout simplement des écrits qui ont fait date et que leurs auteurs avaient adressés avec une dédicace toute personnelle au souverain. Citons, par exemple, un lot de quatre ouvrages du grand égyptologue Jean Capart mais aussi nombre de récits de Paul-Emile Victor, Gaston de Gerlache ou encore Jacques Piccard. En bonne place aussi, les grands livres d'Histoire de la dynastie Pirenne, d'Henri à Jacques-Henri Pirenne. Un lien réel unissait en effet la famille du grand historien à la dynastie belge. Parmi les pièces rares, signalons encore un livre que l'on dit rarissime de Lord Mountbatten et une autobiographie dédicacée de Gandhi. Plus surprenant entre ces livres d'Histoire et ces mémoires, un manuel de pêche et d'autres guides de la mer et des poissons mais le roi Léopold III ne fut pas le seul pêcheur de la famille : les albums privés de Baudouin Ier montrent que celui-ci n'hésitait pas non plus à l'occasion à taquiner les êtres marins dans les domaines royaux. Si d'aventure, vous étiez un fan d'Haroun Tazieff, on vous recommandera plutôt les six (!) livres dédicacés par le vulcanologue au Roi Des livres d'Astrid Surprise : les livres personnels de la reine Astrid seront également mis en vente avec, entre autres, un magnifique cabinet de littérature suédoise offert par la ville de Göteborg à l'occasion de son mariage avec le prince Léopold. Un cadeau de mariage qui aligne des uvres de Strindberg, Rydberg, Lägerlof, Fröding ; soit quelque 128 volumes évoquant un temps fort de la monarchie belge A noter, enfin, une série d'ouvrages provenant de la collection personnelle de la princesse Lilian. Une manière de retrouver par l'écrit quelques-unes de ses grandes passions comme la faune africaine mais aussi la chasse. Parmi les autographes célèbres, ceux de Colette mais aussi de Raoul Follereau dont on sait qu'il soutint le combat contre la lèpre. Et, last but not least, l'Histoire finit toujours par rattraper ses acteurs : on y mettra aussi en vente un exemplaire unique, relié, sur les travaux de la commission d'information instituée dès le lendemain de la Seconde Guerre par Léopold III · (1) Outre la bibliothèque d'Argenteuil, la vente concernera aussi une collection de livre de numismatique. L'on pourra voir les lots, du lundi 8 au mercredi 10 décembre inclus, chaque fois de 10 à 18 h. Renseignements : 0033.1.53.05.53.05. Le Soir du jeudi 4 décembre 2003 © Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002 |
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Le musée souterrain du livre, construit par Botta à Cologny, sinaugure aujourdhui. Vendredi 21 novembre. La presse est réunie dans lun des deux pavillons édifiés dans la propriété de la Fondation Martin Bodmer, chemin du Guignard à Cologny. Il sagit comme dans la Bible dannoncer la bonne nouvelle. Ce temple de la bibliophilie rouvre ses portes, après quatre ans de repos forcé. Grâce à la vente dun précieux et donc coûteux dessin de Michel-Ange, Mario Botta a pu éventrer le sol de la cour pour y installer deux étages de musée. Ils sont beaucoup à parler en préambule. Martin Bircher, bien sûr, puisquil est lactuel directeur de la Fondation. Charles Beer vient cependant apporter le soutien de lEtat à une institution se tournant davantage vers le public que par le passé. Jean Murith, qui soccupe non seulement des morts mais aussi des vivants, souligne leffort de Cologny, dont il est le maire. André Hurst apporte enfin le poids de lUniversité, quil préside. "Ma dette envers les manuscrits grecs de la Bodmeriana reste immense", confesse cet helléniste forcément distingué. Des choix douloureux Le public peut alors quitter le décor très buffet de gare années 40, avec ses panneaux marquetés et ses fresques de Walser, afin de plonger dans les nouveaux locaux, dont lentrée se trouve déjà en sous-sol. Mario Botta, qui vient de débarquer toutes lunettes dehors, explique ses intentions révolutionnaires. Il sagit en fait dune nouvelle version de son Centre Dürrenmatt à Neuchâtel. Terrasse plongeant sur le lac, atmosphère de crypte pour ne pas dire de catacombe , tout se révèle dans le même esprit. Même les fauteuils de rotin, baptisés Charlotte en hommage à la veuve Dürrenmatt, ont été réutilisés. Parler d"audace", comme le fait Metin Arditi, président de la Commission de construction, semble donc un brin exagéré. Ces entrailles de la terre, aux fonds de vitrines noirs et au murs chocolat foncé, abritent 237 objets, ou artefacts pour employer un terme pédant. Douloureux, le choix a pris un an. La Bodmeriana abrite en effet 160 000 volumes imprimés, manuscrits ou objets dart en rapport avec la littérature. "Mario Botta a voulu des livres qui volent", explique Charles Mélia, président du Conseil de Fondation. Cela signifie que les ouvrages, dont le papier blanc troue la nuit, ne sont que peu nombreux par cage de verre. Limpression donnée est aérienne, certes, mais aussi un peu vide. Cinq piliers de base Des fossiles préhistoriques, qui préoccupaient Martin Bodmer au moment de sa mort en 1971, à Louis Aragon, le parcours se révèle immense. Né à Zurich en 1899, lhomme possédait une curiosité presque universelle. Lensemble, quil a réuni à partir de ses 16ans avec des moyens financiers considérables, suit cependant certaines lignes. Tout dabord, en bon germanique, Bodmer sétait fixé cinq piliers solides: la Bible, Homère, Dante, Shakespeare et Goethe. Sa recherche est ensuite allée par capillarité jusquà des auteurs moins intimidants, avec une préférence pour la "première pensée". En écriture, ce serait le manuscrit, en art le dessin. Jusquà sa mort à Genève, où il sétait installé en 1939, cet enfant de bonne famille na cependant pas joué aux esthètes. Il y a bien sûr des manuscrits médiévaux enluminés, des gravures superbes, des exemplaires impeccables ou de belles reliures. Mais lessentiel réside ailleurs. Bodmer était une sorte dintégriste du texte. Il lui fallait se rapprocher de sa source: brouillons, éditions originales, papyrus. En complétant lensemble avec une acquisition récente comme les épreuves raturées dA la recherche du temps perdu, la Fondation se situe ainsi dans la lignée du maître. Temple du savoir Tout au long du parcours, dans une immense salle sur deux niveaux éclairées par cinq puits de lumière grâce à Botta, le visiteur a beau tenir le Guide du musée. Il se sentira perdu sil na pas le minimum de connaissances de départ. En un temps où Star Academy sert de référence culturelle, il semble certes rassurant de voir souvrir un lieu voué à la culture pure et dure. Un temple du savoir. Il sagit cependant, au propre comme au figuré, dun musée. Lamateur ne dépassera pas les années 1960. Aucune section contemporaine nest prévue. "Nous nous arrêtons quand lordinateur commence", explique Martin Bircher. Les belles lettres appartiendraient-elles au passé ? Fondation Martin Bodmer, ouvert du mardi au dimanche de 14 à 18 heures. 19-21, route du Guignard, tél. 022 707 44 33, Site www.fondationbodmer.org © Tribune de Genève - Lundi 24 novembre 2003 - ÉTIENNE DUMONT |
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Icônes de la vie économique Au XIIIe siècle, des moines cisterciens étaient chargés des comptes de la ville de Sienne ( Italie ). Leurs livres comptables étaient somptueusement enluminés. Si l'école de peinture siennoise, au Moyen Age, est bien connue avec ses suaves madones sur fond doré qui évoquent la tradition byzantine, les couvertures peintes des livres de comptes provenant de l'administration financière de la ville Toscane le sont évidemment bien moins. Dûment illustrées pourtant, dès le milieu du XIIIe jusqu'au XVIe siècle et parfois par des artistes en vue, elles sont l'objet, aux côtés d'une quarantaine de manuscrits enluminés, d'une belle et originale exposition à la Chapelle de Nassau de la Bibliothèque Royale à Bruxelles. Etranges icônes, en vérité, de la vie économique, généralement tenues au secret dans les archives communales de Sienne, ces « Biccherne » témoignent d'une administration financière très complexe et structurée, dûment maîtrisée par le gouvernement de la ville. Elles ont pour support des panneaux de bois qui servaient de reliure aux registres consignant recettes et dépenses, et représentent le plus souvent, du moins au début, des inspecteurs tout à leurs travaux d'écriture ou à leurs manipulations de l'espèce sonnante et trébuchante. Perception et redistribution des impôts mais aussi, par extension, images de la ville elle-même avec sa cathédrale si fameuse, son palio qui rassemble toute la ville sur la place centrale, ses scènes d'intérêt public et historique comme la belle « Accolade entre Philippe II d'Espagne et Henri II de France », ces thèmes étaient assortis d'écussons et de textes institutionnels à valeur de loi. Au début du XIIIe siècle, la fonction de gérer les comptes de la commune était confiée à des moines cisterciens susceptibles d'offrir - auprès du gouvernement de la ville - toutes les garanties d'une parfaite honnêteté. Ces moines étaient assistés d'inspecteurs qui, pour des raisons pratiques de classement, imaginèrent de faire décorer les reliures de ces registres comptables. Les images cessèrent vite d'être une décoration ou une commodité à valeur ajoutée pour devenir un genre pictural à part entière confié à des peintres tout à fait spécialises. Avec le temps, d'autres administrations municipales et la sphère économique « privée » adoptèrent cette pratique soutenue par une symbolique jamais anodine, tout à son dessein politique et citoyen, au contraire. Il s'agissait, par le biais de cette iconographie, d'appuyer la stabilité, voire la puissance de la ville face à ses rivales. Si on est ravi par la grâce de ces peintures qui oscillent sans cesse entre art populaire et savant, on réalise surtout quel précieux enseignement socio-économique elles dispensent. Très attachantes, naïves et raffinées à la fois, elles permettent en effet d'entrer de plain pied dans la vie quotidienne d'une ville qui, dans ses murs, a si peu changé. Il n'est pas indifférent de savoir que ces « Biccherne » ont évolué au fil du temps, en intégrant de plus en plus de scènes religieuses et civiles, se rapprochant de la peinture monumentale et du tableau pur et simple pour offrir toutefois un autre point de vue - alimenté à une autre source - sur la peinture du Moyen Age et de la Renaissance. · Exposition : Chapelle de Nassau, Bibliothèque Royale, Albertine, 1000 Bruxelles. Tous les jours sauf dimanches, de 12 à 17 heures. Entrée libre. Rens. 02-519.53.11 Danièle Gillemon - Le Soir, Bruxelles. Le 12/08/2003 |
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un joyau pour abriter les trésors culturels du Maroc. Rabat devra accueillir la nouvelle Bibliothèque nationale du Royaume dont la pose de la première pierre a été effectuée mercredi 23 juillet par SM le Roi. Ce lieu culturel aura pour mission la sauvegarde et le rayonnement du patrimoine marocain ici ou ailleurs. «Maintenir un inventaire permanent tout en conservant et en mettant en valeur le patrimoine documentaire marocain en fonction des normes internationales quil sagit de toute la documentation publiée au Maroc ou ailleurs.» Cest la mission confiée à la nouvelle Bibliothèque nationale du Royaume, dont la pose de la première pierre par SM le Roi Mohammed VI a eu lieu, mercredi dernier à Rabat. Les documents qui doivent intégrer cette bibliothèque le seront par voie de dépôt légal, dachat ou par voie déchanges ou de don. Les modalités dapplication du dépôt légal oblige tous les éditeurs et imprimeurs à déposer gratuitement leurs publications à la Bibliothèque. Même les documents publiés à lextérieur du Maroc, dont lauteur ou le créateur est marocain sont également concernés. Gravures, cartes postales, documents photographiques, sonores, audiovisuels et cinématographiques, multimédia, bases de données et logiciels sont touchés par la loi sur le dépôt légal. Le traitement de ces documents recouvre plusieurs opérations, dont la description bibiographique ou catalographique (auteur, titre, édition, éditeur, etc.) et lanalyse du contenu pour établir sa classification selon le sujet. Autres fonctions, celles de la conservation et de la restauration des manuscrits. Plusieurs procédés ont été prévus pour prolonger la vie des documents : des acidifiation (débarrasser les livres anciens de tous les éléments destructeur), restauration et reliure et enfin lutilisation de la microphotographie et la photographie pour proposer au public les informations quils contiennent tout en garantissant leur conservation. Des magasins seront aménagés avec des niveaux dhumidité, de température et de ventilation pour maintenir à bien létat des manuscrits et autres. Autres missions de ce temple du savoir, la publication de bibliographies thématiques et des catalogues dexposition ainsi que le prêt de ses documents à dautres bibliothèques du Maroc et de létranger. A côté des salles de lecture, ce nouveau temple culturel disposera dauditorium lui permettant dorganiser plusieurs manifestations culturelles : théâtre, musique, danse, rencontre décrivains et conférences. La Bibliothèque proposera des lieux dexpositions de ses collections : estampes, affiches, livres dartistes, cartes postales, etc. De même, elle fera la promotion du patrimoine national auprès des jeunes en organisant notamment des rencontres avec des illustrateurs. Dautre part, des relations avec la presse et les médias seront maintenues. La Bibliothèque réalisera des campagnes de communication pour promouvoir son trésor culturel. Bref historique Lidée de créer une bibliothèque moderne au Maroc remonte à 1912. Le projet fut effectivement concrétisé en 1919. Les locaux de cette bibliothèque furent construits à proximité de lInstitut des Hautes Etudes Marocaines. Les fonds documentaires de lIHEM, contenant manuscrits et imprimés, ont constitué le noyau de cette bibliothèque. En 1924, la Bibliothèque générale fut installée dans les locaux définitifs quelle occupe encore aujourdhui et qui gardent leur aspect initial. Le dahir du 1er novembre 1926 érigea la Bibliothèque générale en établissement public. La vocation de la nouvelle institution était de rassembler, centraliser et communiquer au public toute la documentation concernant le Maroc. Une autre mission de grande importance, celle de recevoir et de conserver les archives administratives, a été confiée à la Bibliothèque générale en vertu de larticle 9 du dahir susmentionné. Linstitution devint Bibliothèque générale et archives (BGA). Un second fonds documentaire, constitué dimprimés et de manuscrits, fut versé à la BGA, celui de la bibliothèque de la mission scientifique du Maroc, dissoute en 1920. Les collections de la Bibliothèque générale et archives furent, par la suite, enrichies dun certain nombre de collections particulières. A laube de lindépendance, la BGA reçut des fonds très importants de manuscrits, choisis dans les collections de bibliothèques de zaouias, de mosquées ou provenant encore de certaines bibliothèques privées. Le lancement par S.M. le Roi des travaux de construction de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc constitue un nouveau tournant dans cette évolution historique. 24.07.2003 - www.lematin.ma |
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A partir de maintenant, les habitants de Beijing auront eux aussi l'occasion de participer à la remise en état d'ouvrages relevant du patrimoine culturel national car le 7 août, la Bibliothèque nationale de Chine a lancé une campagne de "souscriptions pour la remise en état de livres anciens précieux". Rien que pendant la première journée, 19 des 50 premiers ouvrages publiés par la Bibliothèque nationale de Chine pour cette campagne ont trouvé des souscripteurs. Parmi ces 50 ouvrages, la majeure partie est constituée de livres exhumés de Dunhuang (imprimés à l'époque des Tang et des Cinq Dynasties) et le reste, de documents rares conservés à la Bibliothèque de la capitale. En ce qui concerne le montant des souscriptions, il va de plusieurs centaines à des milliers de yuans : pour le « Recueil impérial des Qing - tome 3 » composé de 28 volumes, en édition xylographique, il faudra par exemple contribuer quelque 9 800 yuans ; tandis que pour « Que Li Zhi » en caractères mobiles et consacré à la Corée sous les Ming, la contribution se situe aux alentours de 8 100 yuans. Bien sûr, ces deux livres sont parmi les plus chers des 50 premiers ouvrages qui seront restaurés grâce à des contributions de particuliers. Selon les statistiques, pendant les 50 dernières années, la Bibliothèque nationale de Chine a en tout réparé quelque 60 mille ouvrages classiques d'édition rare. Parmi ceux-ci, on a consacré 15 ans à la remise en état de la « Collection d'or de Zhaocheng » composée d'environ 5 000 volumes, permettant ainsi à ce précieux canon bouddhique de retrouver sa splendeur. On a en outre restauré quelque 4 000 documents exhumés de Dunhuang et terminé tout récemment la remise en état de 161 volumes du fameux « Grand dictionnaire de Yongle ». La campagne de "souscriptions pour la remise en état de livres anciens précieux" lancée par la Bibliothèque nationale de Chine permettra non seulement de financer la restauration des livres anciens qu'elle conserve, mais aussi de rapprocher les Pékinois des classiques précieux du pays et de participer directement à leur remise en état. Début juillet dernier, la Bibliothèque nationale de Chine a essayé de soumettre à des souscriptions dix volumes des livres exhumés de Dunhuang qui avaient besoin d'être restaurés de toute urgence ; chose incroyable, leur souscription a été accomplie en moins de deux heures et demie ! De source officielle, on a appris qu'à partir de cette année, la Bibliothèque nationale de Chine publiera tous les ans un catalogue de livres anciens à remettre en état par des contributions souscrites. Par ailleurs, celle-ci s'engage à délivrer à chaque souscripteur un certificat à titre d'encouragement et à terminer la réparation des livres souscrits dans l'année qui suit. La Bibliothèque nationale de Chine promet en même temps d'organiser régulièrement des expositions afin de présenter au public les précieux classiques remis en état. Voici deux numéros de téléphone pour participer à cette souscription : 010-88545164 et 010-68716449. selon : http://fpfre.peopledaily.com. Le 8 août 2003 |
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des imprimés d'Indochine Les anciens livres sont des documents précieux qui subissent, malheureusement, les outrages du temps. Actuellement, la bibliothèque des sciences de Hô Chi Minh-Ville est l'unique établissement de l'État, chargé de leur restauration. "Selon de récentes enquêtes, la quasi-totalité des imprimés précieux de l'entrepôt des livres d'Indochine, localisé dans les locaux de la bibliothèque des Sciences de Hô Chi Minh-Ville, sont dans un état alarmant, voire pitoyable", a fait savoir la directrice Nguyên Thi Bac. En effet, la plupart des documents sont abîmés, voire pourris ou ravagés par les termites... "Selon les estimations, 80 % des livres de l'entrepôt sont en train de s'effriter; 10 % sont attaqués par les termites et 2 % sont très humides. Voilà le sort lamentable de presque tous les livres de l'entrepôt des imprimés d'Indochine", précise la bibliothécaire Nguyên Thi Ngoc Luu. C'est ici que sont archivés plus de 40.000 travaux d'un intérêt autant historique que culturel, certains vieux de plusieurs siècles et d'une valeur inestimable. Citons, entres autres, les deux tomes complets de "Technique du Peuple annamite" de Henri Oger. Parus en 1910, cet ouvrage est riche de près de 4.000 dessins, illustrant des scènes de la vie quotidienne des Vietnamiens du XIXe siècle ou inspirés de fameuses estampes populaires du village de Dông Hô (dans la province de Bac Ninh, au Nord)... Autres ouvrages de valeur, le "Voyage au Tonkin" (Tonkin : nom donné par les Français au nord du Vietnam) paru en 1888, ou le "Dictionarium Annammiticum de 1651, le "Dell'historia" de 1586, etc. Des restaurations urgentes à entreprendre Il existe plusieurs façons de conserver les livres précieux. Si l'on ne souhaite que conserver le contenu, alors les photocopies, les microfilms, les CD-Rom... feront l'affaire. Mais si l'on désire aussi conserver l'ouvrage en tant que tel, pour sa valeur, c'est la restauration qui s'impose. Vers la fin de l'an 2000, deux experts américains dans la restauration des documents imprimés, du centre de préservation de l'école supérieure de Cornell (aux États-Unis), se sont rendus au Vietnam pour aider les bibliothécaires vietnamiens dans la restauration d'anciens imprimés. C'est dans la salle de préservation des livres de la bibliothèque des sciences de Hô Chi Minh-Ville qu'ils ont mené leur travail. " La restauration ne s'improvise pas, révèle la directrice Nguyên Thi Bac. Elle ressemble en de nombreux points à une opération chirurgicale. Outre des outils spécialisés, comme une grande table, des scalpels..., il faut également une machine qui peut définir les types de moisissures. Celle-ci est importée des États-Unis et coûte cher ". "La restauration ne demande pas uniquement des connaissances techniques, elle exige aussi une certaine sensibilité, voire un véritable amour pour les vieux livres, souligne Huynh Trung Quy, un expert dans ce domaine. Le restaurateur doit ressentir une réelle émotion lorsqu'il travaille sur un ouvrage vieux de plusieurs siècles. Et puis, il faut également de la minutie comme un médecin qui opère son patient. Toutes les manipulations doivent être précises, pesées et habiles". Pour chaque imprimé, le travail est le même. Tout d'abord, le diagnostic : la reliure, la couleur des fils, la qualité de la jaquette et des pages, les dégradations et leurs causes... La phase suivante consiste à blanchir les tâches de saleté, laver les pages dans une solution alcaline puis les aplatir. Avec comme objectif final de redonner au livre son aspect primitif. Actuellement, plus de 2.000 titres attendent d'être remis en état. Autant dire que la tâche qui attend les restaurateurs est immense... Thu Trang/CVN - ( 23/07/03 ) |
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dans les musées et sites archéologiques en Irak WASHINGTON (AFP), le 11-06-2003
Des milliers de pilleurs sont actuellement à l'oeuvre dans un grand nombre de musées et sites archéologiques irakiens qui ne sont plus gardés depuis l'invasion américano-britannique, ont relaté mercredi des archéologues et historiens de retour d'une expédition sur place en mai. Ces experts ont visité une vingtaine de sites majeurs dans le nord et le sud du pays, où de sérieux dommages infligés par de récents pillages ont été constatés. "Plusieurs sites importants ont été sérieusement pillés et n'étaient pas gardés quand nous nous sommes rendus sur place", a expliqué Henry Wright, conservateur du musée d'anthropologie de l'université du Michigan, qui dirigeait l'expédition organisée par la National Geographic Society. Le chercheur a estimé que "des dommages irréparables sont infligés, alors même que nous parlons", en appelant à une protection de ces sites, lors d'une conférence de presse par téléphone. Cette équipe d'experts a dressé un sombre bilan de l'état des sites, musées et palais visités. Parmi les sites les plus importants de la culture mésopotamienne, celui de l'ancienne capitale assyrienne de Nimroud a été pillé. Les tombes royales parées d'or sont très endommagées. Les experts ont aussi constaté que les ornements des murs de l'un des palais avaient été volés. Sur le site de Ninive, la plus importante ville de l'ancienne Assyrie, un bas-relief ornant un palais paraît avoir été attaqué à la masse, et deux trous au moins ont été creusés dans le sol des chambres funéraires par des voleurs à la recherches d'or et objets en ivoire. Un seul garde était présent, par intermittence sur le site. Le musée de Mossoul, même s'il n'a pas été directement touché par des missiles de croisière américain, a subi d'important dégâts dus aux bombardements. Ses grandes fenêtres notamment ont été soufflées. Et surtout, les pilleurs se sont emparés de bronzes des portes du palais de Balawat dans la galerie assyrienne, ainsi que de briques assyriennes portant des inscriptions cunéiformes. "Les dommages dans les galeries et salles de stockage du musée sont considérables", ont rapporté les experts. "Nous avons vu le pillage du musée de Mossoul de nos propres yeux", a relaté l'archéologue Tony Wilkinson, en précisant que, sur d'autres sites, les vols étaient très ciblés par "des pilleurs bien armés, qui sont capables de prendre le dessus sur les gardes", quand ils existent. Mais la plupart des sites ne sont pas surveillés. Dans le sud du pays, les pilleurs ont causé "des dommages majeurs sur le site de Dahaileh" qui faisait partie de la basse Mésopotamie, a poursuivi M. Wright. Plusieurs énormes trous ont été creusés dans le sol, par des voleurs à la recherche d'outils en bronze et bijoux placés dans les tombes. Le même constat a été fait sur le site de Larsa, qui n'est pas gardé. "Je n'ose pas imaginer ce qui a pu être volé ici", a dit le responsable de l'expédition. Le musée de Babylone a également été sérieusement pillé et sa bibliothèque réduite à un tas de cendres, ont rapporté les chercheurs. Si le site de Nippour, centre religieux sumérien de basse Mésopotamie, demeure intact car sous la surveillance de gardes tribaux irakiens, ceux de Oumma et Oumm al-Akarib sont endommagés. Oumma a été attaqué par un groupe de voleurs de plus de 200 hommes, a relaté l'archéologue McGuire Gibson en estimant qu'"à ce stade, c'est un gruyère". Dans la ville de Ctésiphon, capitale de l'ancien empire sassanide, sur le Tigre au sud-est de Bagdad, un musée a été entièrement pillé et les anciens jardins d'un palais servent désormais de terrain de football pour les enfants. L'anthropologue Elisabeth Stone, qui a participé à l'expédition, a souligné que les pillages sont encouragés par "le désir d'acheter ces objets dans les pays occidentaux, par des personnes aisées aux Etats-Unis, en Europe et au Japon". |
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Le musée archéologique de Bagdad, pillé après l'entrée des troupes américaines dans la capitale irakienne, pourra rouvrir partiellement en septembre, a indiqué mercredi un conseiller des forces de la coalition. "Mon objectif est d'ouvrir en septembre, même deux salles, du musée archéologique de Bagdad, pour marquer la reprise de l'activité culturelle dans le pays", a affirmé le conseiller de la coalition pour les affaires culturelles, l'Italien Piero Cordone. Le seul conseiller non-américain des forces de la coalition a indiqué que l'inventaire était en cours et que le nombre de pièces manquantes tournait autour de 1.800 à 2.000. "Il y a eu environ 3.000 à 3.500 pièces volées et sur ce nombre 1.200 ont été récupérées. Parmi les objets manquants figurent une trentaine d'une valeur inestimable", a ajouté cet ambassadeur à la retraite, âgé de 70 ans, arrivé il y a huit jours à Bagdad. M. Cordone a indiqué qu'il se rendrait "très prochainement avec une équipe d'experts dans les caves de la Banque centrale pour vérifier que le 'trésor de Nemrod' s'y trouve toujours". Ce trésor est l'une des plus grandes découvertes du 20ème siècle, avec celle de Toutankhamon en Egypte. "Il s'agit de 650 bracelets, colliers et objets en or, qui avaient été mis à l'abri dans les caves de la Banque centrale lors de la guerre du Golfe de 1991. Nous vérifierons qu'ils y sont toujours, faire l'inventaire, les nettoyer et ensuite les exposer", a-t-il souligné. Tout comme le musée, la Banque centrale a été partiellement pillée lors des désordres ayant suivi la chute du régime de Saddam Hussein. Les Etats-Unis s'étaient attirés des critiques du monde entier car leurs troupes n'étaient pas intervenues, lors des pillages, pour protéger les collections. Le musée de Bagdad renferme les plus importantes collections d'antiquités au monde sur l'histoire de l'ancienne Mésopotamie, berceau des civilisations de Sumer, de Babylone et d'Assyrie, auxquelles l'Humanité doit notamment l'écriture, la loi écrite et les premières villes. BAGDAD (AFP), le 04-06-2003 |
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Du 6 mai au 18 août 2003 à L'Institut de Monde Arabe (Paris) Exposition organisée en partenariat avec la Maison d'Antioche, le Centre de Conservation du Livre, le Musée des icônes de Francfort, Allemagne, et avec le concours de l'Union européenne. LInstitut du monde arabe accueille "Icônes arabes, art chrétien du Levant", une exposition dart sacré, qui témoigne des évolutions de la vie et de la foi des Chrétiens dOrient au cours des siècles. Sont présentées 80 icônes des maîtres alépins, crétois ou palestiniens et des objets liturgiques (certains datant du IVe siècle) originaires de Syrie et du Liban, ainsi que des manuscrits enluminés, dont la plupart sont exposés pour la toute première fois. Sur lart des Chrétiens dOrient Creuset de civilisation, le Levant est un carrefour de traditions : grecque, byzantine, sassanide, ottomane, occidentale... Dans cette région, berceau du christianisme, lart chrétien sest développé dès les premiers siècles de notre ère. A la faveur dun contexte politique, économique et culturel favorable, cet art connaît une ultime floraison à partir du XVIe siècle, principalement dans la région dAlep. Naissent alors des dynasties dartistes, comme celle des Moussawir. Les maîtres de lécole dAlep se caractérisent par leur liberté de création : leurs compositions, inédites, empruntent à toutes les influences auxquelles le Levant a été exposé. Doù des uvres étonnantes, mélangeant les styles, les techniques et les thèmes. Cest bien cette diversité et cette ouverture sur les autres cultures qui caractérisent lart des Chrétiens du Levant. Un manuscrit arabe chrétien enluminé, le Roman de Barlaam et Joasaph, daté du XIIIe siècle et tout juste restauré par le Centre de Conservation du Livre d'Arles, illustre en effet la vie du Bouddha, adaptée à la foi chrétienne à partir d'une version géorgienne traduite en grec ! Cette exposition est loccasion de découvrir l'art sacré des Chrétiens d'Orient : un patrimoine riche et prestigieux et un art parachevant la symbiose entre islam et christianismes latin et oriental. http://www.imarabe.org/index.html EXPOSITION Splendeur des icônes arabo-chrétiennes, venues pour la plupart de Syrie et présentées à l'Institut du monde arabe Ferveur chrétienne du Levant Damas : envoyée spéciale du Figaro - Anne-Marie Romero, 08 mai 2003.
Syriaques et chaldéens orthodoxes ou catholiques, nestoriens, monophysites, maronites, coptes, arméniens, éthiopiens, melkites, églises de rite grec ou latin, les chrétiens d'Orient nous déconcertent souvent. Leurs particularismes minuscules, reliquats de querelles dogmatiques d'un autre temps, nous étonnent. Ce sont elles, pourtant, ces petites Eglises du Levant, qui donnent, à travers l'oecuménisme de leur art, l'exemple édifiant d'un dialogue possible entre les religions. Et les cultures. Témoin : l'icône, cette prière en image qui a essaimé depuis Byzance à travers tout l'Orient, de la Russie à l'Irak, et qui a connu, dans les pays arabes un âge d'or aux XVIIe et XVIIIe siècles. Avec l'exposition «Icônes arabes», une centaine d'entre elles, essentiellement syriennes, sont présentées pour la première fois au public français, à l'Institut du monde arabe (IMA). «On parle d'art melkite ou arabo-chrétien, explique soeur Agnès-Mariam de la Croix. Personnellement, je préfère le mot arabo-chrétien, parce que nos icônes se démarquent de l'art ottoman, qu'elles sont le produit de communautés arabes, arabophones et de peintres qui représentent un décor typiquement arabe.» Libanaise, ancienne carmélite, soeur Agnès dirige aujourd'hui, à Qara, dans le désert syrien, une petite communauté de sept religieuses « une Grecque catholique, une Grecque orthodoxe, une Éthiopienne, une Arménienne, une Latine et une maronite. Il ne nous manque qu'une syriaque !» Soeur Agnès a fondé cet ordre, les Moniales de l'unité d'Antioche, et a choisi de l'installer dans un vieux couvent fortifié du VIe siècle, Saint-Jacques-le-Mutilé, situé sur la piste caravanière de la Bekaa à Damas. «Il s'agit d'un saint martyr persan, qui a vécu à Ninive sous les rois sassanides, poursuit la religieuse. Découpé en vingt-neuf morceaux, il symbolise l'unité de l'Eglise. On ne pouvait rêver meilleur patron pour notre communauté !» Iconographe de formation, elle a assuré, avec ses soeurs de la Maison d'Antioche, le Musée des icônes de Francfort et le programme ManuMed de l'Union européenne, tous partenaires de l'IMA dans cet te manifestation, la restauration de la plupart des peintures présentées dans l'exposition. «L'art melkite, celui des catholiques arabes, reprend soeur Agnès, se caractérise par un brassage de toutes les cultures locales à un moment béni de l'Histoire, celui de l'Empire ottoman, pluriethnique et ouvert à toutes les cultures.» Au XVIIe siècle, toutes les Eglises schismatiques, rejetées à un moment ou un autre par l'Eglise officielle de Byzance, profitent de cette ouverture et dialoguent. L'icône, art orthodoxe par excellence, connaît alors un épanouissement général. Des écoles voient le jour, à Damas, Beyrouth, Jérusalem. Le nom des peintres en témoigne. Il y a Michel le Damascène, Hanna al-Qudsi (de al-Qods, Jérusalem, en arabe), Michel le Crétois, preuve que l'art melkite a influencé en retour les peintres grecs, eux-mêmes à l'origine de l'icône arabe. Mais c'est la dynastie des Moussawir qui va régner sans conteste sur la plus prestigieuse des écoles, celle d'Alep. Depuis l'aïeul, Yusuf al-Mussawir (Joseph l'Iconographe), mort en 1667, jusqu'à son arrière-petit-fils, Girgis, en passant par Nehmet-Allah et Hanania, leur évolution sur un siècle reflète toute l'histoire de l'icône, de la fidélité de Yusuf au classicisme byzantin, à la tentation latinisante de Girgis. Et son oecuménisme : Nemeth savait-il, lorsqu'il peignait, au XVIIIe siècle, que l'Eglise à laquelle il appartenait se séparait de l'orthodoxie pour revenir dans le giron du catholicisme ? Comme l'icône russe, l'icône arabe décline des christs, des vierges et des saints : Christ Pantocrator, Vierge orante, «de tendresse», «qui montre le chemin» ou «Mère de Dieu». Mais elle avoue sa prédilection pour les saints militaires, Georges, Théodore, plus rarement Michel, pour les scènes bibliques à plusieurs personnages ou les évocations de saints locaux, comme Siméon le stylite, sur sa colonne. Encore conservée dans le plus vieux sanctuaire de la chrétienté (Ve siècle), ruine somptueuse parmi les ruines de quelque 700 villages chrétiens abandonnés dans la «montagne calcaire», au nord d'Alep. Davantage que les sujets, c'est le style des iconographes arabes qui surprend. La fraîcheur de leurs personnages, qui ont perdu le hiératisme de l'icône byzantine au profit de visages doux, sereins, ou impétueux. Leur liberté, comme le montre cette petite peinture du monastère Saint-Serge et Saint-Bachus de Maaloula, où un saint Jean-Baptiste assis, croise les jambes avec désinvolture. Ou cette Cène, prêtée à l'IMA, où Jésus siège en bout de table et non au centre. A ces hardiesses de représentation s'ajoute l'abandon progressif de l'écriture grecque au profit de légendes exclusivement rédigées en arabe, un choix de couleurs que l'icône européenne n'utilise jamais en à-plat : le vert pastel, le rouge cinabre, le rose garance, les oppositions noir et or, les cartouches semblables à ceux du Coran, les fioritures, bordures et autres arabesques. Perché dans la montagne Kalamoun, au nord de Damas, le couvent de religieuses orthodoxes de Saidnaya conserve des merveilles au fond d'un petit oratoire aveugle. Là, parmi des dizaines d'icônes historiques, noircies par la fumée des cierges, une Vierge du IVe siècle, rescapée de la crise iconoclaste, cachée dans une niche, derrière des chapelets d'ex-voto d'or et d'argent. «Personne n'a le droit de la voir», dit la jeune soeur qui la garde. Car pour tous les chrétiens d'Orient, même pour les catholiques comme soeur Agnès, l'icône n'est pas un «objet archéologique». « C'est le mystère de la Foi chanté en lignes et en couleurs, qui transcende les dogmes et réunit les hommes. » Le Figaro - 08 mai 2003 |
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Ingénieur et agrégé, il avait volé par passion des livres anciens. SAVERNE (AFP) 10/06/2003 - Il avait volé des livres anciens "par passion", après avoir trouvé un passage secret conduisant à la bibliothèque du couvent du Mont Sainte-Odile. Stanislas Gosse, 33 ans, a comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Saverne (Bas-Rhin) pour vol aggravé avec ruse et par escalade, au préjudice du lieu de culte et de pélerinage alsacien. Ingénieur en génie mécanique, professeur agrégé, titulaire d'un Diplôme d'études approfondies (DEA) avec mention "très bien", enseigne de vaisseau, Stanislas est décrit comme un homme d'une "intelligence supérieure". Ce jeune enseignant élégamment vêtu est poursuivi pour avoir dérobé à huit reprises entre 2000 et 2002, au cours d'expéditions nocturnes durant ses vacances scolaires, 1.100 livres anciens, ainsi que neuf incunables (livres enluminés antérieurs au quinzième siècle) d'une valeur inestimable dans les bibliothèques du mont Sainte-Odile. "Je ne m'explique pas cette passion démesurée. J'ai pensé que ces livres ne servaient à personne, ils étaient poussiéreux, ils étaient mieux chez moi. Mais c'était une vision égoïste", a justifié le collectionneur. "La passion vous a fait oublier votre conscience", souligne la présidente Martine Rivet. Dès sa plus tendre enfance, le père de Stanislas, ingénieur érudit, l'emmène au Mont Sainte-Odile. Stanislas grandit dans ce climat de mystères et de recherches. Il voulait connaître tous les secrets du couvent. Un club des cinq à la recherche d'un trésor à lui tout seul. "C'était aussi par aventure et par jeu" reconnaît-il. En 1997, en visite avec des amis dans ce haut lieu sacré, ils poussent une rosace (porte) et parviennent miraculeusement à la salle des chapitres. Ce n'est qu'en août 2000 qu'il perpétue la première visite nocturne assortie du vol d'un incunable. Des disparitions suspectes d'ouvrages amènent une plainte, et les gendarmes enquêtent. Un parfum du "Nom de la rose" règne alors. En effet, des enquêteurs en civil se mêlent aux pensionnaires de la partie hôtellerie accueillant ceux qui veulent se ressourcer et prier. En vain. Les serrures sont changées. Mais Stanislas Gosse n'en reste pas là. Il poursuit des recherches à la bibliothèque municipale de Strasbourg. Il découvre un passage secret recouvert par des planches qui nécessite l'emploi d'une corde de rappel. "Vous êtes passé alors", lui reproche la présidente, "du simple vol avec une bicyclette au déménagement avec valise, échelle de cordes et voiture". "Lorsque je pénétrais, j'avais peur et j'avais honte" confie l'accusé. Une vidéo-surveillance mise en place le prend en flagrant délit à la fin du mois d'avril 2002. Les gendarmes retrouvent tous les ouvrages à son domicile, soigneusement répertoriés et certains ont tout de même été endommagés, selon Me Sébastien Bender, avocat des religieux du Mont Sainte-Odile. Le psychiatre et la psychologue ont démontré chez lui une intense souffrance psychique, "la recherche du père". Stanislas est né d'une liaison, un père qui n'a jamais divorcé, mais le procureur lui fait remarquer qu'il est issu d'un milieu aisé et qu'il a été très aimé par ses parents. Stanislas Gosse essuie des larmes. Des experts semblent prendre un grand intérêt à cette histoire unique, et à l'analyse que Stanislas poursuit. Me Bender a réclamé 8.000 euros de préjudice moral et 9.000 euros de préjudice matériel ajoutant néanmoins que l'accusé "a demandé pardon et tout naturellement cela lui a été accordé". Le procureur de la République de Saverne, Jean Dissler, le considère comme un "monte-en-l'air qui viole une lieu sacré qu'il connaissait" et réclamé une peine de deux ans de prison, qui peut être assortie d'un sursis, d'une interdiction des droits civiles, civiques et de famille de deux ans et 5.000 euros d'amende. Quant à l'avocate du prévenu, Me Cathy Petit, elle a supplié que la peine ne soit pas inscrite au casier judiciaire vierge, "sinon c'est la fin de sa vie professionnelle". "Il regrette, il a agi comme un 'gosse", un signifiant remarqué par les psychiatres. "Je suggère un Travail d'intérêt général qui l'obligerait par exemple à réparer tous les ouvrages", a déclaré l'avocate en notant que Sébastien Gosse n'a pas agi par "esprit de lucre". Les enquêteurs, de fait, ont établi qu'il n'avait effectivement contacté aucun spécialiste des livres anciens. Le jugement est attendu pour le 18 juin à 9h. Le pilleur du couvent du mont Sainte-Odile aimait trop les livres
Son avocate suggère, pour ce délinquant extraordinaire, un travail d'intérêt général, peut-être même au mont, pour restaurer cette fascinante bibliothèque qu'il avait voulu sienne... J'ai été égoïste, mais ces livres étaient poussiéreux, ils avaient l'air abandonnés. Je ne me serais pas permis de voler dans une bibliothèque publique." Devant le tribunal de grande instance de Saverne, Stanislas Gosse, grand et mince, tente de s'expliquer. Pourquoi ce brillant agrégé de mécanique de 32 ans, enseignant dans une école d'ingénieurs de Strasbourg, a-t-il dévalisé la bibliothèque du couvent du mont Sainte-Odile, haut lieu de pèlerinage et de tourisme dans les Vosges alsaciennes ? L'histoire commence comme un roman policier médiéval. En août 2000, le chanoine Charles Diss, directeur du couvent, porte plainte. Seize livres, dont deux incunables - des ouvrages imprimés avant 1500 - ont disparu de l'ancienne salle du Chapître, devenue bibliothèque au XIXe siècle. Les deux entrées de la salle ne sont accessibles qu'à quelques privilégiés, et il n'y a pas eu effraction. Après enquête, l'énigme demeure et l'affaire est classée, malgré la disparition de plusieurs lithographies et d'un inventaire. Dix-neuf mois plus tard, le nouveau directeur du couvent, le Père Alain Donius, retourne à la gendarmerie. Les vols ont repris : des clés et surtout des livres, par rayonnages entiers, ont disparu. Or les serrures ont été changées. Les gendarmes interrogent le personnel, explorent les bâtiments. Ils découvrent alors au plancher du grenier une trappe qui permet d'accéder à une pièce aveugle, oubliée de tous. De là, à travers le fond mobile d'un meuble, un passage secret rejoint la bibliothèque. Les enquêteurs installent une vidéosurveillance. Le 18 mai 2002, à 18 h 49, Stanislas Gosse est filmé emportant des livres dans des valises. Il en laisse aussi dans la salle aveugle. Le lendemain soir, les gendarmes le cueillent. L'enseignant a reconnu les faits, sans discuter. Il avait découvert la bibliothèque "par hasard" en 1997. Il est revenu souvent au mont, et il a compris en 2000 qu'en appuyant sur une rosace, on débloquait l'ouverture de la porte. Il a volé ses premiers livres, puis lorsque les serrures ont été changées, il s'est rabattu sur une bibliothèque plus modeste, dans l'hôtellerie du mont. C'est alors qu'il tombe, dans une revue historique, sur une étude du mont Sainte-Odile, qui décrit minutieusement la salle obscure, près de la bibliothèque. Il vole alors les clés qui lui permettront de rejoindre le grenier, et, de là, avec une corde, la salle secrète et la bibliothèque, où il a repris sa "collection"... Plus de 1 000 ouvrages ont été retrouvés chez lui, ou stockés dans le passage. " PAR JEU " "Comment expliquez-vous votre passage à l'acte ?", interroge la présidente du tribunal de Saverne, Martine Rivet. "J'ai toujours eu une passion pour les livres anciens, j'ai volé les premiers par jeu, content de pouvoir jouir de ces ouvrages, j'avais aussi peur et honte, mais la passion a repris le dessus, cela a été une spirale, un engrenage", répond Stanislas Gosse. "Avez-vous travaillé sur ces livres ? "J'en ai lu dix intégralement." "Il en a aussi abîmé", s'indigne Me Sébastien Bender, représentant l'archevêché, qui l'accuse d'avoir gratté des tampons du mont et collé ses ex-libris. "Vous vous êtes approprié ces livres pour votre seule jubilation", s'est indigné le procureur Jean Dissler, qui a requis deux ans d'emprisonnement, en tout ou partie assortis du sursis avec mise à l'épreuve, une amende de 5 000 euros et la privation des droits civiques pour deux ans. Stanislas Gosse a tout reconnu, n'a rien vendu, a tout rendu, plaide Me Cathy Petit, qui cherche à éclairer la psychologie de son client. Plus que poussé par une "passion de bibliophile", le jeune enseignant aurait été "en quête de sa généalogie, de sa lignée". Fils naturel d'un père qui l'avait reconnu à trois ans sans pour autant quitter sa femme et ses quatre enfants, Stanislas aurait tenté d'apaiser sa "souffrance psychique latente" par le truchement des livres anciens. Elle suggère, pour ce délinquant extraordinaire, un travail d'intérêt général, peut-être même au mont, pour restaurer cette fascinante bibliothèque qu'il avait voulu sienne... Le jugement a été mis en délibéré au 18 juin. Jacques Fortier - Le MONDE L'EDITION DU 13.06.03 - Strasbourg de notre correspondant LA BIBLIOTHEQUE DU MONT SAINTE ODILE Enigme au monastère du Mont Sainte-Odile SAVERNE (AFP), le 23/05/2002
Un passage secret menant à la bibliothèque d'un monastère perché sur un éperon rocheux et garni de précieux incunables : un professeur agrégé alsacien a mis à profit ces circonstances rocambolesques pour s'emparer d'un millier de volumes en deux ans. Contrairement au triste sort survenu récemment à près de 200 oeuvres d'art, volées par un autre collectionneur alsacien passionné - détruites ou jetées dans un canal-, les précieux livres de la bibliothèque du monastère du Mont Sainte-Odile ont été retrouvés intacts, jusqu'au dernier, dans l'appartement de cet enseignant agrégé de mécanique, habitant à Illkirch-Graffenstaden, à la périphérie strasbourgeoise. Ils retrouveront les rayons de la bibliothèque après inventaire. "C'était pour ma collection personnelle, je suis passionné par les livres anciens", a expliqué aux enquêteurs ce professeur de 32 ans dont le nom n'a pas été révélé. Selon le procureur du tribunal de Saverne (Bas-Rhin), Madeleine Simoncello, l'enseignant déchiffrait le latin et s'était pris de passion pour les livres religieux du monastère dédié à la patronne de l'Alsace, dont certains étaient des incunables datant du 15ème siècle, d'une valeur inestimable. Le bibliophile a été interpellé dimanche en flagrant délit par les gendarmes, alors qu'il transportait deux valises contenant 300 livres anciens. Les premiers vols dans la bibliothèque avaient été repérés en août 2000. Depuis cette date, ils s'étaient répétés régulièrement, malgré le changement des serrures à plusieurs reprises et des enquêtes minutieuses. "Un système de vidéo-surveillance, installé en mai, a finalement permis l'arrestation du voleur", a indiqué Mme Simoncello. Les enquêteurs n'ont découvert qu'à cette occasion le passage secret utilisé par le bibliophile, selon le procureur. Un couloir étroit situé entre le mur de la bibliothèque et celui de l'église, permettait en effet d'accéder à la bibliothèque, située au premier étage, grâce à une échelle de corde. De simples planches, qu'il suffisait de pousser, fermaient la cloison. L'enseignant avait découvert ce passage dans un article publié dans une revue spécialisée, à la bibliothèque universitaire de Strasbourg. Très peu de personnes en connaissaient l'existence, comme l'ancien directeur du Mont Sainte-Odile, le chanoine Charles Diss. "Mais jamais je n'aurais pu imaginer que le voleur passait par là", a-t-il dit. Le voleur, qui semble-t-il n'avait pas de complices, pénétrait avec le public dans le bâtiment puis il disparaissait dans la bibliothèque où il pouvait, pendant toute la nuit, faire ses choix et emporter son butin sans crainte d'être dérangé, a précisé le procureur. Il avait aussi utilisé pendant une période des clés qu'il avait volées. Présenté mardi au parquet de Saverne, le bibliophile a été mis en examen pour vols sans effraction et vols par escalade et par ruse ( pour l'utilisation de clés volés). Il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire, a précisé le procureur. SAVERNE (AFP), le 23/05/2002 |
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irakiennes afin de les restaurer. Le département d'Etat américain a autorisé jeudi l'importation vers les Etats-Unis d'antiquités irakiennes afin de les restaurer. Les objets, retrouvés au quartier général de la police secrète de Saddam Hussein à Bagdad, sont notamment des rouleaux de parchemin et des livres anciens et modernes consacrés à la communauté juive irakienne. Certains documents datent du XVIe siècle, a indiqué le département d'Etat. Ces documents vont aux Etats-Unis pour être restaurés et temporairement exposés. »Ce sont les premiers biens culturels irakiens apportés aux Etats-Unis pour restauration depuis la fin de la guerre», a indiqué Nina Bishop, porte-parole du Bureau des affaires culturelles et d'éducation au département d'Etat. Les objets ont été découverts, détrempés, début mai dans le sous-sol inondé du quartier général de la police secrète, a dit Mme Bishop à l'AFP. Ils ont été disposés dans 27 grands cylindres métalliques et gelés pour arrêter la croissance de la moisissure, a expliqué John Constance, un responsable des Archives nationales américaines qui supervisera la restauration des documents. De premières analyses ont montré que les plus anciens datent du XVIe siècle tandis que d'autres sont contemporains. Parmi les objets figurent des torahs et des livres pour enfants écrits en hébreu, a précisé M. Constance. Les documents semblant les plus précieux sont un volume de l'Ancien Testament imprimé à Venise en 1568 et ce qui semble être l'édition originale de 1696 du "Birkat Avraham ", un commentaire de la torah également publié à Venise. Ni Mme Bishop ni M. Constance n'ont pu expliquer comment ces documents se sont retrouvés au siège de la police secrète. Selon eux, ils auraient pu être confisqués par les autorités irakiennes ou abandonnés par des juifs irakiens ayant fui le pays. Référence : http://www.tageblatt.lu/edition/article.asp?ArticleId=9699 - 22 août 2003 |
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Les « Mémoires d'outre-tombe » et autres « Voyages... » monuments de la littérature française reflètent la vie et l'oeuvre de Chateaubriand : ses voyages, les descriptions des paysages qu'il a visités - et Dieu sait s'ils furent nombreux -, ses découvertes architecturales et patrimoniales, ses témoignages aussi. A ces notes, prises au fil des pérégrinations de l'auteur, aux missions qu'il a accomplies en qualité d'ambassadeur à travers l'Europe, l'Orient, etc., il manquait l'image, la photo : une représentation matérialisée. Les éditions de « La Renaissance du Livre » comblent en quelque sorte cette absence, tout à fait relative, de fort élégante manière en proposant un livre magnifique, un album des voyages de Chateaubriand, en quelque sorte, par l'image. (1) Pour réaliser cet ouvrage, Anne Gérard a effectué d'importantes recherches iconographiques. Dans les musées les plus prestigieux d'Europe, des États-Unis, d'Australie majoritairement, elle a choisi les oeuvres de peintres du XVIIIe siècle notamment, qu'elle a associées aux écrits de Chateaubriand. Travail colossal, qui aboutit au mariage harmonieux des textes extraits des « Mémoires d'outre-tombe » et des huiles ou gouaches de nombreux peintres français, italiens, anglais, américains. Résultat : un ouvrage d'art à consulter, à feuilleter, en tout état de cause à posséder en fond de bibliothèque. (1) Les voyages de Chateaubriand illustrés par les peintres. Anne Gérald, éditions de la Renaissance du Livre, collection Références, format 245 x 310 mm, 264 pages en couleurs, 250 reproductions. Dernières Nouvelles d'Alsace - Mardi 16 décembre 2003 |
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dans les bibliothèques municipales En partenariat avec la bibliothèque Landowski de Boulogne-Billancourt, Mobipocket annonce une expérimentation de prêt de livres numériques. La bibliothèque nationale de France " François Mitterand " est-elle déjà obsolète ? En partenariat avec la bibliothèque Espace Landowski de Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, et la cyber librairie Numilog, la jeune pousse Mobipocket annonce une expérimentation de prêt de livres numériques pour assistants personnels et smartphones. La bibliothèque sélectionne et fait l'acquisition de ebooks Mobipocket/Numilog pour la constitution de son fonds (370 titres aujourd'hui). Mobipocket assure la mise à jour, la maintenance, l'hébergement et la gestion de la bande passante pour le téléchargement des ebooks. Numilog assure la conversion au format .prc des titres qu'il distribue et négocie directement auprès des éditeurs le droit de prêt des ebooks. "Cette expérience permet aux lecteurs inscrits à la bibliothèque et munis dun terminal mobile, de télécharger gratuitement à partir dune station infrarouge installée dans la bibliothèque, une sélection duvres numériques, parmi lesquelles figurent des ouvrages de consultation comme dictionnaires ( Dictionnaire Pocket Oxford, Dictionnaire Pons...), guides touristiques ( guide Paris balades, Quid des villes de France), mais aussi des romans policiers, etc..." précise la bibliothèque sur son site web. Avec à peine 36 abonnés actifs depuis mai 2003, ce service ne connaît pas encore un vif succès mais a au moins le mérite de valider une nouvelle chaîne de diffusion des biens numériques et de remettre au goût du jour le concept du eBook , très populaire du temps de Cytale et Gemstar, mais quelque peu malmené depuis l'effondrement de la bulle internet. Le 07 août 2003 - Jérôme Bouteiller - http://www.neteconomie.com/ |
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Près de 500 souvenirs historiques liés à la famille royale de France et plus précisément à Louis XVII, "l'Enfant du Temple", dont le coeur a été authentifié par une analyse ADN il y a trois ans, seront dispersés à Drouot le 21 mai, par la société PIASA. Tableaux anciens, dessins, miniatures, médailles, vêtements, bibelots, au total 473 objets provenant de la Collection Alain Bancel, dont un rarissime devoir d'écriture de "l'Enfant du Temple", deuxième fils du Roi Louis XVI et de la Reine Marie-Antoinette, feront resurgir sa poignante existence. Dans son exercice (estimé 10/12.000 euros), le jeune garçon, né le 25 mars 1785, et qui devait mourir dix ans plus tard, enfermé au Temple, abandonné de tous, s'entraîne à écrire soigneusement son nom "Louis Charles" en lettres de tailles différentes. Devenu dauphin le 4 juin 1789 à la mort de son frère aîné, le jeune Louis Charles ne sera jamais roi. Il connaît très jeune la fuite, l'arrestation à Varenne, le 25 juin 1791, avant d'être contraint à témoigner contre sa mère. Orphelin à l'âge de 8 ans, il est d'abord confié à un cordonnier, puis emprisonné au Temple. Atteint de scrofule, il meurt de tuberculose le 10 juin 1795. Il sera enterré secrètement au cimetière Sainte-Marguerite. On verra ainsi une moitié d'habit de soie bleue qu'il portait à 7 ans (le vêtement fut coupé en deux dans le sens de la hauteur et partagé entre deux fidèles des Bourbons à titre de souvenir), des vêtements qu'il porta, des éventails, médaillons et divers bibelots commercialisés à l'occasion de sa naissance. Seront également proposés aux enchères : un manuscrit autographe de Louis XVIII appelant les Français à rétablir la royauté (5/6.000 EUR), la chemise portée par Louis XVI peu avant son exécution le 21 janvier 1793 (5/8.000 EUR), les aiguilles à tricoter en ivoire de Marie-Antoinette (4/5.000 EUR), la clef de la prison du Temple dans laquelle fut enfermée la famille royale (5/6.000 EUR). L'historien Philippe Delorme a procédé à une analyse ADN à partir d'une mèche de cheveux de Marie-Antoinette et du coeur du jeune dauphin, conservé à la nécropole des rois de France de Saint-Denis. Il devait annoncer le 19 avril 2000 que le coeur de l'enfant du Temple était bien celui de Louis XVII. ( Exposition les 20 et 21 mai. Vente le 21, au 9, rue Drouot, Paris 9e ) PARIS (AFP), le 16-05-2003 |
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et des d'objets d'art retrouvés Quelque 39.400 manuscrits anciens et environ 700 objets d'art dérobés par des pilleurs au Musée National d'Irak, à Bagdad, ont été récupérés par les services américains des douanes et les forces militaires américaines, a-t-on annoncé mercredi de source officielle américaine. "La récupération de ces objets est le résultat d'un superbe effort de coopération entre les autorités américaines, l'armée des Etats-Unis et le peuple irakien", s'est félicité Michael Garcia, secrétaire adjoint de l'Office américain de l'Immigration et des Douanes (ICE). Dans un communiqué, l'ICE souligne que ces agents avaient été déployés en Irak avant même le début des hostilités lancées le 20 mars contre le régime de Saddam Hussein. Ils étaient entrés en action dès l'annonce des premiers pillages. Les agents américains ont travaillé en étroite coopération avec les conservateurs du Musée National d'Irak "afin de répertorier les pièces manquantes". "Les agents d'ICE ont aussi commencé à dormir à l'intérieur du musée afin de prêter assistance à l'armée américaine pour protéger le musée de nouveaux pillages", souligne le communiqué. Une campagne d'information a été lancée en Irak, auprès de la population, afin de la convaincre de restituer les objets volés ou contribuer à les retrouver. Un nombre considérable de pièces du musée avaient été entreposées dans des caches par les conservateurs du musée. Mais plusieurs d'entre elles ont été cambriolées à la faveur du désordre suscité par la guerre. " Il y a encore beaucoup de travail ", a estimé M. Garcia en promettant la poursuite des recherches en Irak et dans le monde. Jeudi 08 Mai 2003 - AFP |
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de Saint - Petersbourg Le 31 mai 2003. Inauguration de la nouvelle installation de la bibliothèque Voltaire ( futur centre européen des Lumières ) par Jacques Chirac, président de la République française Sujet exemplaire de coopération entre la France et la Russie et projet phare de la participation française aux célébrations, ce Centre Européen des Lumières-Fonds Voltaire sera un lieu détudes (dans les deux salles rénovées ) et de conservation des ouvrages littéraires du Siècle des Lumières, notamment la bibliothèque de Voltaire achetée par Catherine II à la mort du philosophe et conservée à la Bibliothèque Nationale de Russie. Louverture de ce Centre exceptionnel permettra pour la première fois laccès du large public à luvre créatrice de Voltaire et des encyclopédistes. la bibliothèque de Voltaire acquise par Catherine II à la mort du philosophe sera présentée pour la première fois au public à partir de juin dans un espace spécialement aménagé de la Bibliothèque nationale de Russie. Riche de 7.000 ouvrages littéraires du siècle des Lumières, ce "Cabinet de Voltaire" deviendra ensuite un "Centre européen des Lumières" ouvert aux chercheurs du monde entier. Partenaires : Le Ministère de la Culture et de la Communication russe, la Bibliothèque Nationale de Russie, la Bibliothèque Nationale de France, lAmbassade de France à Moscou, lInstitut Français de Saint-Pétersbourg, le Ministère des Affaires étrangères français. Site : http://300online.ru/ et lhistoire de lachat de la bibliothèque de Voltaire par Catherine II - Voir le Site http://centre.c18.org/pu.karp.html |
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aux enchères à Drouot Deux manuscrits de Marcel Proust, dont le célèbre questionnaire de l'écrivain, ont été mis aux enchères lors d'une vente de livres, autographes et manuscrits à l'hôtel Drouot-Richelieu mardi à Paris. Le célèbre questionnaire a été rédigé par l'écrivain à l'âge de 14 ans. Très en vogue à l'époque victorienne, la tradition du questionnaire, album de questions permettant de cerner la personnalité de celui qui y répond, fut par la suite adoptée en France. Le jeune Marcel répondit à l'un d'entre eux pour son amie Antoinette Faure, fille du président Felix Faure, dont la famille entretenait des liens d'amitié avec celle de Proust. Estimé entre 25.000 et 30.000 euros, ce premier "questionnaire de Proust" est inclus dans un album anglais comptant quelque 40 pages de réponses, parfois signées et datées de 1884 à 1887, dont celles du futur auteur d'"A la recherche du temps perdu", a été adjugé pour 120.227 euros au créateur Gérard Darel Le second document mis aux enchères est un extrait dactylographié de "La prisonnière", cinquième partie d'"A la recherche du temps perdu", comprenant de nombreuses corrections, ajouts et ratures, estimé entre 30.000 et 35.000 euros. Le texte fut publié pour la première fois dans la Nouvelle revue Française parue le 1er novembre 1922, peu de temps avant la mort de l'écrivain, disparu le 18 novembre. PARIS (AFP), le 27-05-2003 Le questionnaire de Proust aux enchères. La confession mythique de l'écrivain, alors âgé de 14 ans, en vente le 27 mai à Drouot
Un petit album rouge, plat comme un voeu pieux, avec des arabesques d'or qui dessinent des mots comme une marelle enfantine. «An album confessions to record... thoughts... feelings» s'achetait alors sous les arcades de Rivoli, à la librairie Galignani «English & American Books». De sa jolie écriture à l'anglaise, la jeune Antoinette Félix Faure, fille du député du Havre qui deviendrait dix ans plus tard président de la République, signe ce petit cahier de rêves sages et d'idéal qui raconte, de 1884 à 1887, une certaine enfance parisienne, déjà grande bourgeoise bien élevée. A chaque page, les mêmes 24 questions censées dévoiler l'âme du questionné et les réponses candides, ferventes comme des nonnes, policées comme des révérences, emphatiques comme l'ignorance des choses. L'un des derniers à répondre en 1886 est l'un des rares à ne pas avoir signé. C'est pourtant lui qui a donné son nom à ce questionnaire. Il s'appelle Marcel Proust. Il a 14 ans (1). «Your favorite occu pa tion ?» «La lecture, la rêverie, les vers, l'histoire, le théâtre», répond le futur auteur de Jean Santeuil qui répugnait à appeler cette esquisse de La Recherche, un roman («c'est moins peut-être et bien plus, l'essence de ma vie, recueillie sans rien y mêler, dans ces heures de déchirure où elle découle»). «Si vous n'étiez pas vous, qui voudriez-vous être ?» «N'ayant pas à me poser la question, je préfère ne pas la résoudre, j'aurais cependant bien aimé être Pline le Jeune», concède le jeune homme, presque absent au monde. Il ne dit pas quels sont sa «principale caractéristique», son «état d'esprit actuel», «les personnages de l'histoire qu'il déteste le plus» alors que les jeunes Germaine et Adèle citent respectivement «les grimaces, inquiétude, Bismark» et «fermer les yeux pour mieux voir, gaieté, Catherine de Médicis et Gaston d'Orléans». Ce genre d'album avait été emprunté à l'Angleterre victorienne par un Paris anglomane (...) Marcel écrit d'une plume facile et spontanée, il a de l'esprit et sa forme témoigne d'une originalité précoce ; des mots tels que «l'intelligence», «le naturel», «le beau», «le pays de l'idéal», paraissent et reparaissent, montrant qu'il avait l'habitude de soumettre toutes les questions à ces critères», analyse George D. Painter dans son Marcel Proust de référence (Mercure de France), s'amusant à resituer la prose du fils du Dr Proust parmi celle des «autres jeunes amis de Mlle Faure ces futurs généraux et politiciens, et ces futures femmes du monde». «Ses goûts et sa culture n'étaient pas encore mûrs. Ses «auteurs favoris» sont encore George Sand et Augustin Thierry [un des grands maîtres français de l'historiographie romantique], car il demeure fidèle au souvenir de la nuit où sa mère lut François le Champi à son chevet, et de l'été d'Augustin Thierry à Illiers, avec ses lilas et ses aubépines», souligne le chercheur. «Quel est pour vous le comble de la misère ?» L'exégète reste frappé, comme tous, par la réponse du jeune Proust : «Être séparé de maman» (La Pléiade, volume 1). «Il avait d'abord écrit : «Etre éloigné de maman» ; mais après tout, qu'importe l'éloignement ? C'est une notion acquise qui ne fait souffrir qu'à la réflexion. Non ! Le comble de la misère pour ce jeune être passionné, c'était la séparation, cette réalité brutale que l'on éprouve d'une manière directe, intense, presque physique», commente André Berge, le descendant d'Antoinette Faure, qui découvrit ce petit cahier rouge dans «la masse des volumes transformés par l'humidité en une sorte de pâte gluante qui cimentait les quelques piteux survivants», aujourd'hui trésor encore en main privée (Autour d'une trouvaille, Les Cahiers du mois, 1924). Née Jeanne Weil (1849-1905), «Mme Proust a une culture, un esprit vifs, profonds, variés, sensibles, qui complètent et stimulent ceux de son fils, si bien que, longtemps, il ne conçoit pas d'écrire sans elle : elle est sa principale collaboratrice et La Recherche est née d'une «conversation avec maman» autour de Sainte-Beuve», insistent les pédagogues de L'ABCdaire Proust (Flammarion). «La mort de sa mère a été un choc inouï. Ne dit-on pas que cette perte à 34 ans a déclenché son asthme, son enfermement, son écriture et cette monumentale Recher che», résume l'expert Alain Nicolas, le plus proustien de nos libraires (agrégation de lettres à 22 ans et mariage à Cabourg, forcément !). «Dans une photographie prise au Parc Monceau, Mlle Faure, portant un chapeau à plumes et tenant une ombrelle, a environ 14 ans, et Marcel, avec son chapeau de paille rayé, n'en a que 13», décrit Painter à propos de cette grande amitié de Marcel, lecteur des poètes (Musset !), pour Antoinette aux yeux gris et aux cils si longs, qui lui apprenait à faire des caramels. «Mme Faure contait à Maman tous ses petits malheurs, qui étaient aussi nombreux que les belles amies du président (...) Mais elles trouvaient encore le temps de faire ensemble des projets. Eh oui, Céleste, il fut question de me marier avec les yeux gris d'Antoinette», confia M. Proust à la divine Céleste (Robert Laffont, 1973). (1) Jamais passé sur le marché, l'album mythique sera proposé le 27 mai à Drouot par la SVV Beaussant-Lefèvre (estimé 25 000/30 000 euros, il devrait atteindre le double) ainsi qu'un important extrait de LaPrisonnière, cinquième partie d'Ala recherche du temps perdu ( manuscrit dactylographié très corrigé, jeu d'épreuves corrigées et petit placard encore corrigé par l'homme des paperoles à quelques mois de sa mort, lot estimé 30 000/35 000 euros. Valérie Duponchelle - Le Figaro -02 mai 2003 |
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les manuscrits de Dunhuang Les tablettes en porcelaine devraient devenir le matériel idéal pour la duplication des manuscrits découverts dans les grottes de Dunhuang, province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, ont révélé des chercheurs chinois. Ma De, directeur adjoint de l'Institut de recherche de Dunhuang, a dit récemment que les tablettes en porcelaine, développées par la Compagnie de la culture Zhinan basée au Guangdong, peuvent être utilisées dans la reproduction à l'identique des manuscrits. On peut retrouver la couleur, la texture et même les rides des papiers d'origine sur les répliques faites sur les tablettes en porcelaine spécialement traitée, a-t-il dit. En comparaison avec d'autres matériaux de reproduction, tablettes en pierre, en bois et en pellicule photo, M. Ma a ajouté que les tablettes en porcelaine étaient beaucoup plus faciles à préserver en raison de leur résistance à l'acide, à l'eau, au feu et aux changements de température. Selon M. Ma, les tablettes en porcelaine ont été utilisées pour reproduire trois manuscrits découverts dans les grottes sur la base des expériences acquises en 2002. Il y a au total 40 000 vestiges culturels, y compris manuscrits, peintures et instruments musicaux déjà découverts dans les grottes de la période allant du 4ème au 11ème siècles. Un grand nombre de manuscrits ont jauni avec le temps et la menace des bactéries et des vers, a dit Ma. Placées sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture ( UNESCO) en 1987, ces grottes furent découvertes en 1900 par un prêtre taoïste nommé Wang Yuanlu. Site : http://www.china.org.cn/french/69461.htm |
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de "crime du siècle". Le directeur du musée de Bagdad a accusé vendredi les troupes américaines d'avoir commis le "crime du siècle" en ne protégeant pas les oeuvres des musées irakiens des pillages et les sites archéologiques des destructions. "Ce qui est arrivé aux sites (archéologiques) et ce qui s'est passé au musée de l'Irak constitue le crime du siècle parce que cela affecte l'héritage de l'humanité ", a déclaré le directeur du Musée archéologique national de Bagdad, Donny George, qui s'exprimait en présence d'autres archéologues irakiens. "Il faut croire qu'il y avait d'autres priorités ( pour les Etats-Unis ) que le musée de Bagdad", a ajouté M. George. Les troupes américaines qui ont pris le contrôle de la capitale le 9 avril ont observé sans intervenir les pillards qui emportaient les oeuvres issues des civilisations les plus anciennes au monde. Jaber Khalil Ibrahim, président de l'Office national des antiquités irakiennes, a estimé que les gouvernements américain et britannique devaient faire amende honorable en empêchant ces antiquités de quitter le pays et en partant "à la recherche des objets qui réapparaîtront en Suisse, Angleterre, Amérique, Israël et au Japon", pour les renvoyer en Irak. M. Ibrahim s'est dit d'accord avec les conclusions d'une réunion d'experts réunis jeudi à Paris sous l'égide de l'Unesco, à savoir que des bandes spécialisées dans le trafic d'antiquités avaient participé aux pillages. Certaines des pièces volées, dont un vase d'albâtre sumérien vieux de 5.000 ans et pesant 300 kilos, connu comme le vase d'Uruk, n'ont pu être emportées que par plusieurs personnes, a-t-il expliqué, ajoutant que les seuls objets qui restent dans la galerie étaient trop lourds pour être emportés. "Je suppose qu'ils savaient vraiment (ce qu'ils cherchaient) et qu'ils recherchaient particulièrement des objets sumériens de valeur", a ajouté M. Ibrahim. Il a en revanche démenti des rapports de témoins, cités par l'Unesco, mettant en cause des hommes bien habillés et qui possédaient les clés des réserves où étaient stockées les plus belles pièces, laissant supposer que des responsables irakiens auraient pu être impliqués. M. Ibrahim a ajouté qu'"environ 20 poteries émaillées de valeur et certains (objets) en métal" avaient été rapportés dans la matinée aux mosquées voisines du musée en réponse aux appels des imams. Selon les archéologues irakiens, il faudra "des jours et des jours" pour dresser une liste complète des pertes en raison de l'absence d'électricité à Bagdad et dans les autres régions d'Irak. Parmi les pièces célèbres disparues, ils ont cité une statuette en bronze de l'époque akkadienne. Les experts réunis à Paris ont indiqué qu'une collection de 80.000 tablettes cunéiformes en argile, portant les premières traces d'écriture, avaient notamment disparu, ainsi que les petites pièces du musée de Mossoul qui avaient été mises à l'abri à Bagdad. Le président du comité consultatif présidentiel américain pour les affaires culturelles, Martin Sullivan, a démissionné pour protester contre le pillage du musée de Bagdad. Selon des sources proches du comité s'exprimant jeudi sous le couvert de l'anonymat, un autre membre, Gary Vikan, a également démissionné et plusieurs autres pourraient prochainement quitter leurs fonctions. Le FBI a annoncé jeudi avoir dépêché des agents pour enquêter sur les pillages d'antiquités en Irak. BAGDAD (AFP), le 18-04-2003 |
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La Bibliothèque nationale de Bagdad, qui renfermait des documents originaux exceptionnels, a été incendié par des pillards après avoir été volée. Situé face au ministère de la Défense, qui, lui, n'a pas été touché par les flammes, le "Palais de la Sagesse", bâti en 1961, abrite également le Centre national des Archives. Cet incendie, constaté au cours du week-end, intervient après le pillage vendredi du musée archéologique de Bagdad, qui renferme la plus importante collection d'oeuvres du riche patrimoine irakien. BAGDAD (AFP), le 14-04-2003 |
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« Il aurait suffi d'un char. Un char devant le musée et ce désastre n'aurait pu avoir lieu », disait, il y a quelques jours, un témoin impuissant. Près d'une semaine après l'irruption des vandales, destructeurs frénétiques, voleurs de circonstance ou instruments des trafiquants, il est bien difficile d'établir un bilan de cette catastrophe qui a touché aussi le Centre national des archives, mis à sac et incendié. Si les forces de la coalition veillaient devant certains ministères, elles n'avaient apparemment reçu aucune instruction pour protéger ces lieux qui recelaient les chefs-d'oeuvre et les témoignages culturels d'un pays qui est le berceau même de la civilisation et qui, de siècle en siècle, a rayonné sur le monde. Mais, on le sait aujourd'hui, les pillards sont passés par les portes arrière, celles de la conservation, et certains experts pensent que c'est parce que des oeuvres avaient été déjà mises à l'abri que les militaires n'ont pas été immédiatement requis. Il est trop tôt et la situation est encore trop confuse pour établir aujourd'hui le moindre bilan des déprédations, faire la part de ce qui a été irrémédiablement détruit, disloqué, brûlé et de ce qui pourra être réhabilité ; faire la part aussi de ce qui a été dérobé, sous l'impulsion d'un geste de vengeance adressé à un pouvoir qui s'était beaucoup servi de l'histoire pour fonder son illusoire légitimité et de ce qui l'a été sous la dictée de trafiquants professionnels qui rôdent toujours sur les champs de bataille et les ruines des cités «libérées», ainsi que cela fut le cas à Kaboul après le départ des troupes soviétiques d'Afghanistan (80% des pièces du musée avaient alors été saccagées ou volées) et, plus sporadiquement après la chute des talibans. On avait craint, à l'orée de la guerre, que des sites archéologiques soient touchés, que des vestiges soient écrasés sous les bombardements. Nul, dans la communauté scientifique mondiale, n'avait imaginé qu'on laisserait sans surveillance suffisante les institutions muséales et patrimoniales de Bagdad en toute ignorance apparente de ce qui pouvait advenir. Ce ne sont pourtant pas les admonestations qui auront fait défaut bien en amont du déclenchement de la guerre et si le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a dépêché hier à Paris, auprès de l'Unesco, une envoyée spéciale chargée d'établir la manière dont les Etats-Unis et la communauté internationale peuvent tenter de réparer le désastre, on voit mal comment on pourrait un jour effacer cette catastrophe culturelle. Aujourd'hui, à Paris, à l'initiative du directeur général de l'Unesco, Koïchiro Matsuura, une trentaine d'experts dont certains archéologues, responsables de musées, historiens d'art irakiens, se réunissent donc (nos éditions d'hier). Leur rencontre a lieu à huis clos mais ces savants feront connaître à l'issue de leurs discussions un certain nombre de propositions. On pense qu'ils décideront d'abord d'une mission rapide d'évaluation. Le Figaro -17 avril 2003 - Armelle Héliot Les pillards s'emparent des trésors de Babylone. Des pillards ont mis à sac vendredi le célèbre musée archéologique de Bagdad en faisant main basse sur des joyaux remontant à l'aube de la civilisation mésopotamienne, ont indiqué samedi des représentants du personnel. Devant les vitrines brisées et les tessons de poterie jonchant le sol du Musée national irakien, sa directrice adjointe, Nabhal Amine, était en larmes samedi : «Ils ont pillé ou détruit 170 000 objets antiques datant de milliers d'années (...). Cela représente des milliards de dollars.» Elle a déploré que l'armée américaine n'ait pas répondu aux demandes de protection : « Les Américains étaient censés protéger le musée. S'ils avaient stationné un seul char et deux soldats, rien de tel ne serait arrivé. Je tiens les troupes américaines pour responsables de ce qui s'est passé au musée.» Gardiens armés. Les pilleurs d'objets d'art ont pénétré dans des salles dotées d'épaisses portes d'acier, à l'instar des chambres fortes d'établissements bancaires. Samedi, à l'intérieur du musée, on ne voyait que portes et fenêtres défoncées. Le sol était couvert de documents administratifs et de livres éparpillés. «Nous savons que les gens ont faim, mais que vont-ils faire de ces objets anciens ?», lance Mouhsen Kadhim, gardien depuis trente ans, qui dit avoir été submergé par les pillards. «Dès que j'ai vu les soldats américains près du musée, je leur ai demandé de le protéger. Mais le deuxième jour, les pillards sont arrivés et ont volé ou détruit tous les objets anciens», ajoute-t-il. Nabhal Amine a demandé à quatre gardiens du musée de se munir d'armes pour protéger ce qui n'a pas encore été dérobé. Certaines pièces avaient été transférées dans des entrepôts pour éviter que ne se reproduisent les déprédations intervenues durant la première guerre du Golfe, en 1991. Rouvert en 2000. Le musée archéologique renferme des objets qui remontent à Babylone et à Ninive, statues sumériennes, coupes et casques d'argent du cimetière d'Ur, bas-reliefs assyriens et 5 000 tablettes où sont portées les plus anciennes écritures connues. Fermé au début de la première guerre du Golfe, le musée n'avait rouvert ses portes au public qu'en 2000. Il avait survécu aux raids aériens de 1991 sur Bagdad et les pilonnages des trois dernières semaines l'avaient pratiquement épargné. (Reuters à Bagdad) Libération, Par Hassan HAFIDH - lundi 14 avril 2003 |
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Le « jeudi noir », le jour de la mise à sac, Muhssein Kazum était bien seul. Cet archéologue a assisté, impuissant, au pillage du principal musée irakien, qui retrace l'histoire de la Mésopotamie. Sa direction avait pris la fuite, et les locaux étaient abandonnés. Spécialiste de l'époque assyrienne et passionné par son métier, Muhssein Kazum contribue depuis trente ans par ses fouilles à Mossoul et à Babylone à enrichir les collections. Venu en voisin, lorsque les hordes ont commencé à déferler sur le musée, il s'est opposé en vain aux pillards. «J'ai essayé d'intervenir, mais j'ai échoué, affirme-t-il. Au début, j'étais persuadé que les gens venaient pour voler des climatiseurs et du matériel de bureau. Ils étaient armés et je ne l'étais pas. Très vite, la foule a grossi. C'était une invasion. Ils ont brisé de lourdes statues, des lions babyloniens et des fres ques de l'empire néobabylonien. Ils ont pris des pièces, des têtes et des masques mortuaires sumériens. C'était horrible. J'ai crié : «Ce n'est pas à Saddam, c'est notre patrimoine.» » Alors ils m'ont frappé. Je suis sorti pour demander de l'aide aux Américains qui tenaient une position pas très éloignée avec leurs tanks. Ils avaient un interprète koweïtien, et ils m'ont répondu que, malheureusement, ils ne pouvaient pas protéger le musée. Je ne comprends pas pourquoi ils n'ont rien fait pour nous alors qu'ils ont placé des chars au ministère du Pétrole et au ministère de l'Intérieur.» Selon l'archéologue, les vandales ont attaqué de manière spontanée le musée comme on chaparde dans l'épicerie du coin, mais une partie du cambriolage aurait été orchestrée par des professionnels. «Beaucoup d'émeutiers ont cassé pour se défouler, témoigne Muhssein Kazum. Dès qu'une pièce était trop volumineuse pour être déplacée, ils la détruisaient avec rage. La foule était composée d'hommes plutôt pauvres et incultes. Elle volait dans la précipitation. Mais, parmi elle, il y avait quelques personnes bien habillées qui donnaient des ordres. Elles savaient exactement ce qu'elles voulaient prendre comme si elles avaient préparé leur coup ; leurs bandes avaient des outils adaptés pour desceller et scier. Ce ne sont pas seulement les salles mais aussi les réserves qui ont été violées. Des cloisons et des murs ont été abattus dans les sous-sols pour accéder aux caves. Quand tout était fini j'ai pleuré...» Hier, à la veille d'une réunion, à Paris, de l'Unesco sur l'Irak, la direction du musée est venue accueillir les troupes américaines chargées désormais de sécuriser ce qu'il reste des collections du musée. Deux chars se sont frayé un chemin pour s'installer dans les jardins. Absent de son établissement le «jeudi noir», le directeur, le docteur Georges Jaber, un ex-pilier de l'appareil baasiste, s'est plaint de l'absence des Américains lors des destructions. Quelques semaines avant la conquête de Bagdad, il prétendait pourtant avoir un plan d'urgence antipillards. A l'époque, ses employés n'avaient pas le droit de parler à un étranger sans son accord. Sous le choc, la plupart d'entre eux ont d'ailleurs du mal à comprendre que les temps ont changé. Responsable des fouilles au département d'archéologie, le docteur Hanna a dressé un tableau partiel de l'étendue des dégâts : «Nous n'avons pas de véritable estimation car l'inventaire n'a pas encore été fait. Mais les pertes sont inestimables, irremplaçables et inappréciables. Ce qui s'est passé est une tragédie. Nous avons constaté, par exemple, la destruction d'un vase sacrificiel sumérien unique datant de 3 500 ans avant Jésus-Christ. Nous déplorons aussi le vol de la statue du roi akkadien Ur-Nammu datant de 2100 avant Jésus-Christ.» Fondateur de la IIIe dynastie d'Ur et grand bâtisseur de la Mésopotamie, Ur-Nammu fit édifier bien avant le règne de Babylone la grande ziggurat d'Ur dédiée au dieu de la Lune, Nana. Quant à la coupe sumérienne, elle remonte à la création des premières cités Etats où les rites funéraires s'imprégnaient de croyances surnaturelles. On déplore aussi la disparition de textes sumériens à l'écriture primitive ressemblant à des croquis rédigés sur des tables d'argile molle, des fragments de l'histoire de l'humanité peut-être à jamais perdus. Après le pillage, le docteur Hanna a adressé un e-mail d'appel au secours au ministère français des Affaires étrangères en arguant de la convention internationale de La Haye, qui prévoit la protection des biens culturels en cas de conflit. Et, dans le courant du week-end, de mystérieux Irakiens armés de kalachnikovs ont cadenassé avec des chaînes les portes des salles et chassé les derniers vandales. Ce n'est pas la première fois que les trésors irakiens sont l'objet de convoitise. Durant la guerre du Golfe, plus de quatre mille pièces ont disparu. Certaines sont réapparues sur le marché international en Europe et aux Etats-Unis, comme chez Christie's, à Londres. Les réseaux de trafiquants internationaux s'intéressent depuis plus de dix ans aux statuettes et aux bijoux de Mésopotamie. Dans le domaine de la prévention des pillages comme pour son système de défense, l'ancien régime a brillé plus par sa logorrhée que par son efficacité. Lors de la guerre de 1991, le musée de Bagdad avait été fermé par précaution. Durant cette période, les vitrines avaient été vidées par le ministère de la Culture, et leur contenu évacué dans des lieux tenus secrets. Le site n'a été rouvert qu'en 2000. Et seules quelques salles ont été réaménagées. Elles correspondent dans un ordre chronologique aux grandes périodes du pays : préhistoire, civilisations sumérienne, babylonienne, akkadienne, assyrienne, chaldéenne, etc. Les deux carrés consacrés aux monnaies et aux ivoires ont, bien sûr, connu un vif succès auprès des visiteurs indélicats en quête de pièces légères et faciles à revendre. Les véritables fonds archéologiques irakiens constituent toutefois une formidable énigme. Car, bien avant sa chute finale, le régime a organisé la mise en sécurité des trésors les plus précieux du pays. La plus grande partie du patrimoine n'était vraisemblablement pas dans les salles du musée ouvertes au public ou même dans les remises. Selon des témoins, le 16 mars, un convoi de camions escortés par l'armée irakienne a franchi les lourdes grilles du bâtiment pour une destination inconnue. Mis à l'écart, le trésor archéologique irakien pourrait servir de butin de guerre aux dignitaires de l'ère Saddam, ou, plus probablement, réapparaître après avoir servi de moyen de pression à des responsables baasistes soucieux de donner des gages et de ménager l'avenir. Le Figaro - Bagdad : de notre envoyé spécial Thierry Oberlé - 17 avril 2003 |
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va rouvrir ses portes Après dix ans de fermeture
CITE DU VATICAN, Mercredi 16 avril 2003 ( ZENIT.org ) - Fermée depuis dix ans, lancienne bibliothèque des jésuites à Shanghai va rouvrir ses portes, indique Eglises d'Asie, l'agence des Missions étrangères de Paris, dans son bulletin n° 373 ( eglasie.mepasie.org ). Fondée en 1867 par des jésuites français, lancienne bibliothèque catholique de Xujiahui (1), à Shanghai, va rouvrir ses portes au public en mai prochain, après une fermeture de dix ans. Placée en 1956 sous la tutelle de la Bibliothèque de Shanghai, aujourdhui la plus importante bibliothèque publique de Chine populaire et lune des dix principales bibliothèques au monde, la Bibliothèque de Xujiahui rassemble des collections rares et précieuses en chinois et en langues étrangères, relatives, entre autres, à la présence chrétienne en Chine. Selon Li Tiangang, professeur de religion à luniversité Fudan de Shanghai, les chercheurs attendent avec impatience la réouverture de cette bibliothèque, considérée comme la plus ancienne bibliothèque privée de lhistoire chinoise contemporaine, i.e. depuis la guerre de lopium de 1839-1842 et louverture forcée de la Chine aux puissances impérialistes occidentales. Les actuels bibliothécaires de Xujiahui ont mis à profit la fermeture, décidée au début des années 1990 du fait des travaux menés dans le quartier pour la construction du métro, pour entreprendre lindexation des centaines de milliers de livres et documents présents dans les rayonnages, recensés une première fois au début des années 1900. Le bâtiment de deux étages, édifié en 1867, a également été rénové durant ce long laps de temps. Fondée par les jésuites pour accueillir et aider leurs pairs venus étudier la société chinoise, la bibliothèque compte dans ses collections un exemplaire du dictionnaire français-latin-chinois compilé en 1813 sur ordre de lempereur Napoléon par le sinologue français Joseph de Guignes. Parmi ses raretés, on trouve une carte indiquant lemplacement des missions catholiques dans le Jiangsu entre 1840 et 1920. A côté des ouvrages relatifs au christianisme, présents en nombre, existe une importante collection douvrages sur la culture chinoise, telle cette traduction en latin des Maximes de Confucius, traduction réalisée au XVIIe siècle par les jésuites Prospero Intorcetta et Ignacio da Costa. Après avoir quitté Pékin à la suite de sa dissolution par le pape Clément XIV en 1773, la Compagnie de Jésus avait repris pied en Chine à la fin des années 1830, les jésuites sinstallant à Xujiahui en 1849, sept ans après leur arrivée à Shanghai. A lépoque, Xujiahui était située en zone rurale, au sud-ouest de la ville. En 1953, le pouvoir communiste a confisqué les bâtiments comprenant la résidence des jésuites et la bibliothèque, avant, trois années plus tard, de placer les collections de celle-ci sous la responsabilité de la Bibliothèque de Shanghai. Selon Kwun Ping-hung, chercheur et spécialiste de lEglise catholique en Chine, natif de Shanghai mais basé aujourdhui à Hongkong, le fait que la Bibliothèque de Xujiahui ait été placée sous la houlette de la Bibliothèque de Shanghai a permis de sauver ses collections de la furie destructrice des Gardes rouges lors de la Révolution culturelle (1966-1976). Aujourdhui, cependant, Mgr Jin Luxian, évêque « officiel » de Shanghai, qualifie de « grande perte » le fait que lEglise na pas pu retrouver la propriété de cette institution. LEglise est bien parvenue à récupérer les bâtiments des églises mais pas ses anciennes écoles, hôpitaux et autres institutions, déplore-t-il. Après la Révolution culturelle et la mise en place des réformes initiées par Deng Xiaoping, la Bibliothèque de Xujiahui nétait ouverte quà un petit nombre de fonctionnaires et à quelques chercheurs autorisés. Selon un porte-parole de la Bibliothèque de Shanghai, sa réouverture permettra un accès beaucoup plus large du public à ses collections, même si des règles strictes seront mises en place pour restreindre laccès aux manuscrits et ouvrages anciens et fragiles. Le micro-filmage des collections se poursuit, a encore précisé le porte-parole, ajoutant que les collections chinoises seront déménagées à la Bibliothèque de Shanghai. Resteront sur place quelque 560 000 ouvrages publiés avant 1949 en une vingtaine de langues, dont 2 000 édités entre 1515 et 1800. (1) Outre la bibliothèque, Xujiahui (Domaine de la famille Xu, Zikawei en shanghaïen) est le nom porté par la cathédrale Notre-Dame de Shanghai. Le lieu Xujiahui est associé à Xu Guangqi, célèbre lettré baptisé sur place en 1603 et qui avait choisi Paul comme nom chrétien. Né en 1562 à Shanghai, Xu Guangqi, dabord modeste enseignant dans le sud du pays, gravit peu à peu léchelle mandarinale pour devenir chef du Bureau des Rites et membre du Conseil dEtat de la dynastie Ming. Passionné par les sciences naturelles, les mathématiques et lastronomie, il rencontra le missionnaire jésuite Matteo Ricci et devint lun de ses collaborateurs, contribuant à la traduction en chinois de nombreux ouvrages scientifiques. Il se convertit au catholicisme. En 1634, ses restes furent inhumés à Xujiahui, une croix étant plantée à côté de la pierre tombale chinoise traditionnelle. Il y a quelques années, la municipalité de Shanghai a fait rénover sa tombe, débaptisant le Parc Nandan où elle se trouve en Parc Guangqi et y érigeant un buste en sa mémoire. © EDA - ZF03041610 |
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Chinguetti, vieux ksar alangui de chaleur et cerné par les dunes, offre au visiteur des ruines belles et nostalgiques où il fait bon se perdre. Pour tomber, par hasard, sur l'une des dix bibliothèques anciennes du lieu. Et remonter alors le cours du temps. 20/04/03 : Chinguetti, c'est d'abord une vision. A la sortie de la piste et de son paysage lunaire, mélange de rocailles sèches et grises, la vue monotone et un peu triste débouche sur celle, surréelle, de dunes mordorées émaillées de rose et parsemées de palmiers. Au centre de ce sable émouvant, la vieille ville de Chinguetti, étale et alanguie, offre au visiteur ses ruinesécrasées de chaleur. " Parfois, alors qu'il n'espère plus rien du paysage inhumain où il trace lentement sa route, le voyageur aperçoit, posée comme un bijou sur la nudité vertigineuse du Sahara, une de ces roses de sable faites de silice blonde, nées du désert et de la caresse du vent ", écrivait déjà l'aventurière Odette du Puigaudeau en 1935 alors qu'elle se trouvait à l'orée de la ville. Inexorablement victime de l'ensablement, la ville ancienne dans laquelle il fait bon se perdre date de 1264. Elle a fait suite à la première ville bâtie sur cet emplacement en 777 qui s'appelait alors Aber, " le petit puits " en arabe. Celle que l'on a rapidement surnommée La Mecque mauritanienne comptait alors douze mosquées pouvant accueillir chacune 1 000 hommes. Enfin, une troisième ville, qui s'organise autour de l'ancien fort français, est née il y a 43 ans, regardant en face l'antique cité et la tenant à distance, séparée d'elle par 1 km de sable. 7ème ville de l'Islam sunnite Elément de fierté pour ceux qui l'habitent, Chinguetti est considérée comme la 7ème ville de l'Islam sunnite. Elle a gagné ce titre grâce à son ancienneté, à l'abondance des livres religieux que renferment ses bibliothèques et grâce, d'après le gardien d'une maison, à la faculté de mémoire des habitants de la ville. " Ici, on mémorise tout le Coran dès l'âge de 9 ans !! ", affirme-t-il. Chinguetti est surtout connue pour être l'un des premiers berceaux du savoir de l'Islam, ayant abrité une université islamique. La ville, avant qu'elle ne tombe dans l'oubli, était au carrefour du commerce transsaharien entre le Maroc, l'Algérie, le Sénégal, le Mali et le Soudan. Elle pouvait voir transiter jusqu'à 30 000 chameaux par nuit et offrait une halte propice aux caravanes. Aujourd'hui, il ne reste rien de ce lustre d'antan. Seules les dunes ont conservé leur majesté. Une mosquée est encore debout, entourées de maisons à demi écroulées. Couronnée d'un ciel bleu implacable et indifférent, elle accueille toujours les fidèles et l'appel du muezzin trouble encore les ruelles muettes et sablonneuses alentours. La bibliothèque de Seif Chinguetti, murée dans un silence à peine troublé par quelques éclats de voix fantomatiques, se dévoile au détour d'un éboulis de pierres aux reflets rosés, d'une porte solide fermée par un étroit cadenas ou d'une fenêtre entrouverte sur un vide poussiéreux. Et puis, par un bel hasard, on tombe sur la bibliothèque de Seif Islam. L'homme chaleureux vous accueille dans sa maison familiale, celle des Al Ahmed Mahmoud. C'est une des plus anciennes bâtisses du lieu. Elle dispose d'un puit de 2,5 mètres de profondeur et d'1 mètre de diamètre ; sa construction, austère mais parée de niches murales décoratives, est en grès, les linteaux en troncs de palmiers et les portes en acacia. La famille Al Ahmed Mahmoud fait partie des dix autres lignées qui détiennent des bibliothèques dans la vieille ville. Elles étaient une trentaine dans les années 50 mais l'exode massif dû à la sécheresse les a fait fuir et elles ont souvent emporté leurs livres avec elles. La famille de Seif Islam était une famille d'érudits, de cadis (juges musulmans) plus précisément, d'où les nombreux ouvrages concernant le domaine juridique, le droit musulman et le code pénal qui sont à consulter. Econome dans un lycée, Seif s'occupe avec ses maigres moyens de la sauvegarde du patrimoine familial. Le paradoxe : pour entretenir les livres, il est obligé de les montrer aux touristes de passage quitte à les abîmer chaque jour un peu plus, au contact de la lumière et de la poussière. La clé de Chinguetti C'est avec entrain pourtant qu'il nous ouvre la porte de ses richesses à l'aide d'une clé de Chinguetti. Cette clé, d'origine yéménite et que l'on retrouve aussi au Mali, en pays Dogon, et au Maroc, ressemble étrangement à une brosse à dents préhistorique& Mais elle permet d'accéder à la salle des imprimés, qui bénéficie d'un système d'éclairage traditionnel faisant aussi fonction de système d'aération, gardant la température constante au gré des saisons. C'est donc à la source d'un petit puits de lumière que l'on découvre les étagères poussiéreuseset les livresqui les composent. La deuxième pièce, plus petite et plus sombre, rassemble les manuscrits que seuls les chercheurs et les religieux sont autorisés à consulter. Religion, astrologie, astronomie, médecine, biologie, mathématiques, généalogie& Seif a classé les trésors dans des boîtes d'archives. " On a commencé à scanner les documents car ils sont très fragiles et on aimerait pouvoir en faire profiter tout le monde. Nous espérons à partir de cette base de données mettre un catalogue sur Internet. Cela fait un moment que l'Unesco ou la Fnac (chaîne de distribution française de biens culturels, ndlr) promettent de nous aider financièrement mais nous n'avons toujours rien reçu. Alors on fait avec les moyens du bord. " Dont acte : le guide improvisé sort tout de même quelques exemplaires. L'heure du crépuscule On découvre avec émotion un acte de mariage datant du XIIème siècle, petit bout de papier à l'encre noire étonnamment conservée, un Coran du XIIIème siècle délicatement décoré à la poudre d'or ou encore un traité d'astrologie du 18ème siècle. On aperçoit certains ouvrages rongés par les termites. Déchirement. Le temps, suspendu au milieu de tant d'Histoire, est passé malgré tout et Seif vous raccompagne à petits pas. Le soleil a commencé son repli et les ombres portées des ruines s'allongent. L'air est saturé de l'attente du couchant. Aux bêlements lointains des chèvres et au souffle du vent dans les palmes, se joint alors, pur et presque irréel, le chant d'un petit garçon qui traverse l'espace séparant la nouvelle ville de l'ancienne en sautillant. Solitaire et beau. Comme ce " vieux ksar mystérieux qu'une vague d'or soulève dans le ciel incolore des crépuscules mauritaniens* ". * Odette du Puigaudeau, Mémoire du Pays Maure, 1934-1960. Voir : Odette du PUIGAUDEAU (1894-1991) - Une Bretonne au désert. © Afrik.com - 20/04/2003 Site : http://www.afrik.com |
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Avant la mise en vente des manuscrits les 11 et 12 avril, la dispersion de la bibliothèque d'André Breton a eu lieu, les 8 et 9 avril, devant un public de professionnels et d'amateurs, plus calme et plus clairsemé que le premier jour (Le Monde du 8 avril). Livres illustrés ( Dali, Miro, Max Ernst, Michaux ) et ouvrages de la galaxie surréaliste ont fait monter les enchères : le 8 avril, environ 400 lots ont été vendus pour un total de 1 118 301 euros, soit plus du double de l'estimation (environ 400 000 euros) ; le 9 avril, près de 500 lots ont été adjugés par l'étude Calmels-Cohen pour un montant total de 1 288 607 euros (estimation de 1 181 000 euros). Ces deux journées ont été marquées par de nombreuses préemptions de l'Etat, en faveur des musées, ou pour le compte de villes. Nantes a acquis 22 lots, notamment des livres de Julien Gracq, dédicacés à Breton, et de Benjamin Péret. Reims a fait préempter deux ouvrages de René Daumal. La bibliothèque Jacques-Doucet a fait préempter une dizaine de pièces importantes : Deuil pour deuil, de Robert Desnos notamment, et la collection de la revue Littérature (adjugée 173 210 euros), dirigée par Breton et Soupault de 1922 à 1924, fascicules reliés par Paul Bonet. C'est la Bibliothèque nationale de France qui a fait préempter une autre revue, Le Surréalisme au service de la révolution, après de vives enchères (adjugée 160 000 euros hors frais pour une estimation à 75 000 euros). La revue Minotaure, estimée 25 000 euros, est montée à 90 000 euros, mais n'a pas été préemptée. L'édition originale de La Femme visible, de Salvador Dali, estimée 45 000 euros, a été emportée à 120 146 euros (102 000 sans les frais), et les cinq volumes, illustrés de collages, de l'uvre de Max Ernst Une semaine de bonté ou les sept éléments capitaux ont été adjugés 100 245 euros (85 000 hors frais), pour une estimation à 25 000 euros. Le 9 avril, la plupart des ouvrages de Man Ray et de Henri Michaux ont dépassé largement les estimations des experts. Michèle Champenois ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU MONDE du 11.04.03 |
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La Bibliothèque nationale vous plonge dans la genèse de la "Recherche". Une promenade photographique vous emmène notamment à la découverte des lieux qui ont marqué son enfance, tels Combray ou Illiers. On prend ici conscience de tout ce qui, selon Proust, "converti en souvenirs, donne une sorte de plus-value à notre pensée, ombragée de charmilles qui n'existent plus". Emouvant : des brouillons et manuscrits scannés, que l'on découvre raturés et surchargés de paperoles collés, témoignages de ses multiples hésitations. A Voir : http://expositions.bnf.fr/proust/salles/index.htm Cécile Blaize & Laure Marescaux - Point de Vue 9 avril 2003 |
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Par Rachid Aouli PARIS (AP) - La première journée de ventes aux enchères de l'impressionnante collection de l'écrivain André Breton, figure emblématique du surréalisme, s'est terminée lundi sur un bilan "positif, puisque supérieur de près de 40%" aux estimations effectuées par les nombreux experts. Au total cette première journée a donné des enchères totalisant 937.796 euros, selon les responsables de Drouot, soit 820.830 euros hors frais (à comparer avec les estimations initiales de 590.000 euros hors frais). Jusqu'au 17 avril, près de 7.000 tableaux, livres, photographies, objets d'arts ou manuscrits accumulés par André Breton seront mis aux enchères, sur décision de la fille de l'artiste, Aube, et sa petite-fille, Oona. Ce sont les livres qui ont ouvert lundi le bal de ces 10 jours «marathon» de vente à Drouot, sous la direction des commissaires-priseurs Laurence Calmels et Cyrille Cohen. Une vente au pas de charge puisque ce sont 240 pièces qui ont été adjugées en ce premier jour, avec notamment un sommet atteint pour une édition originale de «Qu'est-ce que le surréalisme?» (1934), sur la couverture de laquelle figure un dessin de René Magritte (»Le Viol»), estimée à 80.000 euros et adjugée à 276.021 euros (243.000 hors frais). "Au regard des divinités" (1949), un poème calligraphié estimé à 3.000 euros, a été adjugé à 40.098 euros (34.000 hors frais). »L'immaculée Conception» de Breton/Paul Eluard (1930), estimé à 10.000 euros, a été adjugé à 22.408 euros (19.000 euros hors frais). Ainsi qu'avait prévenu le ministère de la Culture par la voix de Jean-Jacques Aillagon, plusieurs institutions et collectivités territoriales ont usé dès ce lundi de leur droit de préemption. «La Bibliothèque Nationale de France (BNF) et la Ville de Nantes, par exemple», a confié l'un des assesseurs à l'Associated Press. Ainsi, le lot n 164 -un dossier de coupures de presse relatives à l'Exposition internationale surréaliste en 1938, préempté à 14.152 euros (12.000 euros hors frais)- a été préempté par le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. La préemption consiste pour l'Etat à acquérir l'oeuvre au prix atteint par les enchères. Vingt-huit lignes téléphoniques ont été installées dans la salle des ventes de Drouot, permettant ainsi à des acquéreurs potentiels basés à l'étranger de renchérir à distance. Afin que chacun y trouve son compte, la collection d'André Breton a été scindée par thèmes. Les ventes s'établiront selon le calendrier suivant: les 9 et 10 avril à 10h30 et 14h30 et le 11 avril à 10h30 pour les autres livres; les manuscrits les 11 et 12 avril à 14h30; la numismatique le 14 avril à 10h30; les arts populaires le même jour à 14h30; les tableaux modernes le 14 avril à 19h30, le 15 à 10h30 et 14h30; les très nombreuses photographies le 15 avril à 19h30, le 16 avril à 14h30 et 19h30 ainsi que le 17 avril à 14h30; enfin les arts primitifs, dont Breton fut l'un des premiers défenseurs, seront proposés le 17 avril à 10h30 pour la documentation et le même jour à 19h30 pour les oeuvres, dont des masques «eskimo» évalués à plusieurs milliers d'euros, achetés quelques années avant sa mort. Les nombreux écrits faisant référence de l'oeuvre «Nadja» (1928) étaient particulièrement représentés pour cette première journée. Cette oeuvre, texte littéraire composé d'anecdotes disparates et de photographies, est centrée autour de la rencontre de l'auteur avec une femme portant ce prénom, rencontrée en octobre 1926. Leur liaison de courte durée s'arrêta en février 1927, peu avant que la jeune femme sombre dans la folie et se retrouve à l'asile. L'auteur de «l'Amour Fou» mêlait facilement surréalisme et inconscient, et l'ombre de Freud, père de la psychanalyse, qu'admirait André Breton, a souvent plané sur la couvertures des livres, notes et manuscrits de ce premier jour de ventes à Drouot. Une première journée marquée par quelques incidents, des manifestants opposés à la vente ayant dispersé devant l'établissement des ventes des faux billets de 10 euros frappés de l'effigie de l'artiste et portant la mention « Votre argent pue le cadavre du poète que vous n'avez pas osé devenir ». Et alors que la vente venait de débuter, un autre manifestant a tenté d'interrompre la séance pour lire deux textes attribués à André Breton et Léon Trotski; il a été reconduit vers la sortie par les services de sécurité. AP © AP - The Associated Press. Tous droits réservés. |
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Jean Fouquet, peintre et enlumineur du XVe siècle. Bibliothèque nationale, galerie Mazarine, 58, rue de Richelieu à Paris. Catalogue : 48 pp., 7,70 euros. Tél. : 01 53 79 59 59. Publication : «Jean Fouquet, peintre et enlumineur du XVe siècle», sous la direction de François Avril, éd. Hazan-BNF, 416 pp., 65 euros. Jusqu'au 22 juin. Il a laissé très peu d'oeuvres et on ne sait pas grand-chose de lui. D'emblée, monter une exposition Jean Fouquet relève donc de la gageure. Quelques portraits, dont ceux de Charles VII et de Guillaume Jouvenel, conservés d'ordinaire au Louvre, des dessins originaux, des illustrations de manuscrits et une peinture religieuse (la Pietà de Nouans) composent l'ensemble de l'exposition consacrée à Jean Fouquet. Les deux autres grandes peintures d'autel n'ont pas fait le voyage. Toutes les deux formaient le diptyque de Melun, mais les panneaux ont été séparés. Le premier, portrait du commanditaire Etienne Chevalier en compagnie de son saint patron, est resté à Berlin. Le second, Vierge et enfant entourés d'anges, n'a pas quitté Anvers. Absences. Pourtant, l'année dernière, le public belge pouvait l'admirer à Bruges lors de l'exposition consacrée à Van Eyck (1). En réalité, les deux oeuvres peuvent très bien se déplacer, et ce n'est pas leur fragilité qui les a empêchées de participer au rendez-vous parisien. Aussi, pour pallier ces absences de taille et masquer ces vides criants, la manifestation s'est augmentée de pièces provenant de l'atelier et de l'entourage de Fouquet. Ainsi se justifie la présence du Maître de Boccace de Munich, probablement l'un de ses fils, à qui on doit quelques enluminures de très belle qualité et suffisamment originales pour se distinguer sans dommage des oeuvres paternelles. De Jean Fouquet lui-même, on imagine qu'il a été en contact avec le milieu flamand et on est maintenant certain qu'il séjourna en Italie pendant quatre ans, de 1443 à 1447, à Florence, à Rome et peut-être à Mantoue. Il s'installe ensuite à Tours et y exécute son portrait de Charles VII, le roi qui, une dizaine d'années auparavant, s'était fait sacrer à Reims grâce à Jeanne d'Arc. Quand la Pucelle d'Orléans est brûlée, Fouquet n'est qu'un adolescent d'une quinzaine d'années. Au grand portrait royal succèdent le diptyque de Melun et le livre d'Heures d'Etienne Chevalier. Après avoir été le peintre de Charles VII, il le sera de son successeur Louis XI. Ce dernier mourra, en 1483, trois ou quatre ans avant Fouquet. Outre la peinture sur bois, l'illustration de manuscrits, il aura pratiqué le vitrail, l'émail, l'héraldique, sans doute la tapisserie et sut se rendre indispensable pour l'organisation des spectacles et des festivités à la cour. Pour mémoire, on se rappellera que Gutenberg imprime la Bible en 1 450 et que l'imprimerie prend officiellement ses quartiers à Paris à la fin des années 1460. C'est donc au moment où le livre fabriqué entièrement à la main («manuscrit») vit ses dernières heures qu'il fournit aux bibliophiles ses exemplaires les plus précieux. Faveur. Tout cela ne présenterait qu'un intérêt anecdotique, n'était la personnalité hors du commun de Jean Fouquet. Le peintre est à la fois un pur représentant de son époque et un personnage atypique. Il jouit en permanence de la faveur des princes et des grands commis, de sorte que ses talents s'épanouissent en pleine visibilité. Bien sûr, ses succès concernent le petit milieu de ceux qui, comme Jacques d'Armagnac, peuvent s'offrir une bibliothèque mais, hors ce cénacle, aucune réputation n'existe. Recherché et louangé, Fouquet n'en développe pas moins une liberté d'expression sans pareille. La vallée de la Loire est alors loin d'être isolée du monde. Enlumineurs et portraitistes étrangers viennent y profiter des largesses de la noblesse. Quant à Fouquet lui-même, sa connaissance approfondie de la manière flamande et sa compréhension des lois de la perspective lui assurent une aisance érudite. Ligne. Les recherches en géométrie conduites par Alberti aboutissent à la publication du De pictura en 1435, contemporaine donc des années de formation du jeune Fouquet. Dix ans plus tard, il aura l'occasion d'être confronté aux innovations les plus remarquables des peintres toscans. Sa science de la ligne se manifeste dans la composition des portraits mais aussi des paysages. Un réseau aussi complexe que rigoureux saisit dans ses mailles les figures pour les ordonner selon les règles d'une harmonie d'autant plus résistante qu'elle est imaginaire. Quant aux constructions composites, elles s'ordonnent tantôt selon un axe en point de fuite central, tantôt selon un feuilletage de plans successifs. Mais le plus remarquable est bien que cette extraordinaire connaissance ne donne pas lieu à des excès de virtuosité. Bien au contraire, ce qui pourrait faire signe d'une leçon apprise s'estompe au profit d'une apparente facilité. Les perspectives sophistiquées et acrobatiques cèdent la place à un simple renversement de lignes qui redresse la scène face au spectateur. Ainsi le Lit de justice de Vendôme fait-il basculer sa construction carrée en l'ouvrant sur un losange au centre duquel le regard accusé est invité à comparaître. Sur cette même image, le roi, à l'aplomb de la verticale du dais, porte un costume bleu qui se fond littéralement, ton sur ton, dans le décor. Ce choix permet à Fouquet de souligner, avec une grande économie chromatique, la relative discrétion du personnage royal, qui en vient presque à se retrouver «camouflé» dans l'environnement. Or tous les portraits désignent, au-delà d'une caractérisation psychologique, la fonction sociale du personnage. Mais, au lieu d'indiquer le rang par les attributs du costume ou les détails du décor, Fouquet peint le pouvoir à travers la pose du modèle et même par sa configuration physique. Davantage qu'un cadavre qu'on allonge, le Christ de la Pietà est un athlète fatigué. Dans presque tous les portraits et peintures de groupe, quand les personnages représentés ne ferment pas les yeux, ils ont un regard doucement triste qui ne s'adresse plus à personne. Pour qui peignait vraiment Jean Fouquet ?. (1) Libération du 6 avril 2002. Libération jeudi 27 mars 2003 - Par Hervé GAUVILLE |
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La bibliothèque Nationale propose un accès en ligne d'une sélection de documents ou objets exceptionnels. Ouvrages scientifiques & techniques, traité de médecine, de mathématiques ou d'astronomie, ainsi qu'un département occidentale où sont notamment conservé les carnets de Pasteur et ceux de Marie et Pierre Curie. Les collections imprimées recèlent des volumes rares, dont beaucoup d'incunables. La mise en ligne de ses collections : "Mille tésors de la Bibliothèque nationale de France" offre une sélection de textes, d'images et d'objets numérisés en mode image, ainsi que de documents sonores et multimédias, qui ne se limite pas aux pièces emblématiques que possède l'établissement, comme le Papyrus Prisse (vers - 2000 an avant J-C) ou le grand Camée de France. Elle est aussi conçue comme "une introduction" aux collections de la BNF, riche de plus de 13 millions de livres et imprimés. La bibliothèque en ligne Gallica http://gallica.bnf.fr offre déjà un accès à 70 000 ouvages numérisés, à plus de 80 000 images ainsi qu'à plusieurs dizaines d'heures de documents sonores. Pierre Le Hir. Extrait : " LE MONDE - samedi 22 mars 2003" |
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Les collections manuscrites et imprimées de la BNF recèlent des ouvrages de sciences et de techniques exceptionnels. L'ouverture du site de Tolbiac a été l'occasion de créer et de développer un département consacré à ces domaines. C'est un livre des premiers temps de l'imprimerie. L'édition originale de La Géométrie d'Euclide, réalisée par un compagnon de Gutenberg et datée de 1482. Un chef-d'uvre, dédicacé à la feuille d'or au doge de Venise et émaillé de figures géométriques, angles, cercles, triangles, qui en font le premier livre de sciences illustré. "Une pure merveille ! Le mariage parfait du texte et de l'image", s'enthousiasme Magali Vène, conservateur à la réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France. Cet incunable est l'un des trésors que recèlent les collections scientifiques et techniques hébergées, pour les volumes imprimés, sur le nouveau site de Tolbiac de la BNF. Bien d'autres merveilles s'y trouvent, parfois méconnues. Ainsi de la Chirurgia de Guy de Chauliac, dont l'édition lyonnaise de 1478, agrémentée de dessins de scalpels, ciseaux et autres trépans, constitue le premier livre français illustré. Plus célèbre est le Traité de dissection des parties du corps de Charles Estienne, publié en 1545 et offert au futur Henri II. Ce livre d'anatomie, science à l'honneur au XVIe siècle, se distingue par ses planches gravées en couleurs : des écorchés traités comme des compositions picturales, dans des poses parfois inspirées de gravures érotiques. Presque contemporain (1558) est l'Astronomia de Jacques Bassantin offert à la femme de Henri II, Catherine de Médicis, passionnée d'astronomie et d'astrologie. Cet ouvrage, le plus important de la Renaissance française dans cette discipline, est exceptionnel par sa reliure en maroquin estampé à chaud et orné du monogramme du couple royal. On retiendra dans ce florilège, l'Essai pour les coniques de Pascal, écrit en 1640, alors qu'il n'avait que dix-sept ans, et qui constitue son premier texte édité. Le projet d'histoire des plantes formé par la toute jeune Académie des sciences, à la fin du XVIIe siècle, qui ne vit jamais le jour, victime de son ambition, mais dont il reste plus de 300 planches botaniques, exécutées par les meilleurs dessinateurs et graveurs de l'époque. L'édition originale, de 1735, du Systema naturaede Linné, première tentative de classification de la nature qui servit de modèle à des générations de naturalistes. Ou encore, acquisition récente de la BNF et signe que ce patrimoine n'est pas figé, un recueil de textes inédits sur le voyage autour du monde de La Pérouse (1785-1788). Les collections de la Bibliothèque nationale n'ont pas toutes pris le chemin des tours vitrées des bords de Seine. Les bâtiments historiques de la rue de Richelieu abritent toujours le département des manuscrits. Quelque 225 000 volumes répartis en deux divisions, occidentale et orientale, où les ouvrages scientifiques occupent une place de choix. Le fonds oriental, constitué dès le règne de Louis XIV grâce à l'envoi de missions d'acquisition au Levant par Colbert (dont l'exceptionnelle bibliothèque personnelle rassemblait plus de 6 000 volumes " de sciences et haute érudition"), enrichi pendant la Révolution avec la nationalisation des biens du clergé, puis continûment étoffé au XIXe et au XXe siècle, réunit des documents sur papyrus, cuir, soie, bois, écorce de bouleau, papier, parchemin, ivoire, jade ou métal... dans plus d'une centaine de langues. Si sa pièce la plus fameuse est le papyrus Prisse, le plus vieux livre du monde, âgé de quatre mille ans, il compte aussi un grand nombre de traités de mathématiques, d'astronomie et d'astrologie, et surtout de médecine et de pharmacopée. "Le catalogue arabe, soit plus de 7 200 manuscrits, permet de reconstituer toute l'histoire de la médecine arabe", décrit Marie-Geneviève Guesdon, qui veille sur cet ensemble. Parmi ses joyaux, le Livre de la thériaque, l'un des plus anciens (1199) manuscrits illustrés conservés. Ce recueil de textes traitant de la thériaque, préparation pharmaceutique prescrite comme antidote aux morsures de serpents, est remarquable par la beauté de ses miniatures, de ses enluminures, de sa calligraphie et de sa mise en page, davantage que par son propos, qualifié par le Prix Nobel de médecine allemand Otto Meyerhof de "production mystico-magique de la littérature pseudo- scientifique de la basse époque alexandrine". Autre bijou, la traduction arabe, datant du IXe siècle, du De materia medicadu médecin grec Dioscoride (Ier siècle de notre ère), recensant quelque 500 plantes. Cet ouvrage savant, fondement de la pharmacologie musulmane, constitue aussi un éloquent témoignage de la filiation entre les peintures grecque et arabe. Un recueil filigrané de Maimonide, médecin de Saladin, des manuels de chirurgie et d'ophtalmologie, ou encore le premier traité d'anatomie en persan, du début du XVe siècle, font aussi la fierté de la Bibliothèque nationale. Dans les salles réservées aux manuscrits occidentaux rôdent les mânes de savants illustres. "Ne montrer à personne mes cahiers d'expérience", avait souhaité Pasteur. Son petit-fils, Louis Pasteur Vallery-Radot, a estimé de son devoir de mémoire d'enfreindre cette consigne et de faire don à la BNF, en 1964, non seulement des cent ciquante-deux cahiers de laboratoire du microbiologiste, mais aussi d'une abondante correspondance. On y suit, page à page, le cheminement de Pasteur, jusqu'au feuillet fameux, daté du 6 juillet 1985, où se trouve consignée, d'une écriture fiévreuse, la vaccination contre la rage du jeune Joseph Meister. "Dans ces cahiers d'écolier raturés, agrémentés de très fins dessins à la plume Pasteur avait hésité entre la médecine et les beaux-arts , est écrit le journal d'une vie", commente avec émotion Marie-Laure Prévot, conservateur en chef. Autres figures mythiques ressuscitées par leurs écrits, Marie et Pierre Curie, dont les héritiers ont confié à la BNF tous les papiers en leur possession, complétés par les archives de l'Institut du radium. Les célèbres Cahiers de la découverte du radium encore légèrement radioactifs rédigés par le couple de chercheurs côtoient ceux où Marie Curie notait les moindres faits et gestes de ses fillettes Irène et Eve. Et les lettres de son époux, qui s'essayait au polonais pour mieux lui plaire, font bon ménage avec les courriers échangés avec les plus grands physiciens, Einstein, Bohr ou Rutherford. Entourés de tous les soins, dans les magasins climatisés de la Bibliothèque nationale, ces livres rares et ces documents précieux, consultables par les seuls chercheurs, sont mis aujourd'hui à la disposition du public sous forme de microfilms. Grâce au programme de numérisation engagé par la BNF, une partie de ce patrimoine devrait, à terme, être accessible en ligne http://gallica.bnf.fr, pour le plus grand nombre de lecteurs épris de sciences ou, tout simplement, de beaux ouvrages. Pierre Le Hir - ARTICLE PARU DANS LE MONDE DU 22.03.03 |
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La Bibliothèque Nationale de Varsovie a fait acquisition, à une vente aux enchères à Cracovie, du manuscrit d'une lettre de Frédéric Chopin et ce pour une somme de 120.000 PLN. La mise à prix de l'objet était à 94.000 PLN et les acquéreurs semblent très heureux du prix qu'ils ont payé, l'achat a été financé par un "sponsor" dont le nom n'a pas été rendu publique. L'acquisition est une lettre rédigée de la main de Frédéric Chopin et adressée à Wojciech Grzymala à la date du 19 juillet 1849. Les spécialistes ne connaissaient pas son existence, jusqu'à présent elle faisait partie d'une collection privée. Dans la lettre, écrite à Paris, le compositeur se plaint de la canicule régnant dans la capitale française, il informe aussi son ami que sa sur, restée en Pologne, n'a pas obtenu l'autorisation de quitter le territoire nationale au profit de la terre française. Mais Chopin y demande également de vérifier que le don qu'une riche Ecossaise lui avait fait, d'une valeur de 25.000 frs, était bien parti, puisqu'il ne semblait pas être arrivé à destination. Le compositeur semble souffrant au moment de la rédaction de la lettre, il tousse et semble épuisé nerveusement . C'est la première fois qu'un manuscrit de Chopin est vendu aux enchères en Pologne même, par contre, aux différentes ventes à l'étranger, les lettres de l'artistes partaient pour des sommes se négociant entre 20 et 30.000 dollars. Un autre document concernant l'artiste a été vendu à Cracovie à la même occasion et pour la somme de 30.000 PLN. Il s'agit d'un dessin caricatural, représentant Chopin, et réalisé selon toute vraisemblance par le fils de la compagne du compositeur George Sand, Maurice, ainsi qu'un autre dessin, réalisé au crayon par George Sand elle-même et représentant Eugène Delacroix, ce dernier est "parti" pour 12.000 PLN. Ces deux documents ont été acheté par un acquéreur anonyme. Selon le premier magazine francophone consacré à la Pologne : http://www.beskid.com/ |
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La Bibliothèque nationale de France a annoncé, le 3 mars, que la galerie Mansart (350 m2), sur le site Richelieu, sera entièrement dédiée à des expositions de photographies. Riche de millions d'images amassées depuis le XIXe siècle à travers le dépôt légal, les acquisitions et les dons, la collection de la BNF couvre tous les genres, techniques, époques. La programmation "s'attachera à construire des itinéraires thématiques ou monographiques originaux" et visera à "restituer le meilleur de ces collections". Seront présentés "Mikael Levin" (18 mars-27 avril), "Minot-Gormezano" (19 mai-31 août), "Visages d'une collection, 1853-2003" (21 octobre-25 janvier 2004), "La collection de photographies de Napoléon III" (printemps 2004). Le Champagne Louis Roederer est le mécène d'une galerie dont certains événements pourront être ensuite présentés à l'étranger. Ces expositions seront accompagnées de publications réalisées en coédition avec Gallimard. ARTICLE PARU DANS LE MONDE DU 06.03.03 |
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Un siècle avant la découverte de lAfrique par des Européens, ce continent a déjà été dessiné dans une carte géographique réalisée par des Chinois. Une nouvelle est à la une en Afrique du Sud : une carte universelle conservée par le Palais impérial de la dynastie des Ming (1368-1644) est exposée au Cap, capitale de lAfrique du Sud. Pour en connaître les tenants et les aboutissants, le journaliste a interviewé le chercheur Xin Yongfu, président des Archives historiques n° 1 de Chine. Le président des Archives Xin a déclaré que la carte géographique exposée en Afrique du Sud est la « Carte universelle des Grands Ming », dessinée sur lordre de la cour impériale sous le règne de Zhu Yuanzhang, premier empereur de la dynastie des Ming (1328-1398). Avec lapprobation du gouvernement chinois, une reproduction de cette carte géographique est maintenant exposée au Cap, en participant à l « Exposition cartographique millénaire du Parlement sud-africain ». Cest dans la nature des choses que les Africains accueillent avec enthousisme cette carte universelle la plus ancienne qui représente lAfrique. Le manuscrit de la carte universelle des Grands Ming est conservé aux Archives historiques n° 1 de Chine qui conservent les 10 millions de documents secrets des cours impériales des Ming et Qing, qui comprennent entre autres les édits impériaux, les pétitions des ministres et généraux, les notes et lettres diplomatiques, et un millier de cartes géographiques. Il faut attendre le début du XXe siècle pour que ces documents gardés hermétiquement au Palais impérial pendant plusieurs siècles, soient accessibles. Comme les inscriptions sur les os des ruines des Yin (XVIe siècle-XIe siècle av. J.-C.) et les soûtras écrits de Dunhuang, ces documents constituent une mine de trésors historiques et culturels. Selon le directeur Xin, la « Carte universelle des Grands Ming » fut dessinée en 1389 sur soie, et mesure 3,86 mètres sur 4,75 mètres. Cest la carte universelle la plus grande, la plus ancienne et la mieux conservée de Chine, et un trésor historique national. Au centre de cette carte universelle est le territoire de la dynastie des Ming, à lest le Japon, à louest lEurope, au sud Java et au nord la Mongolie. La carte na pas de frontière évidente. Cest par différente couleur que le territoire national est reconnaissable. Dans la carte, sont dessinés 1 000 lieux-dits--chefs-lieu, montagnes, cours deau, bourgs, hameaux, forteresses, postes, canaux, étangs, puits, lacs, marécages, contrées frontalières, îles et sites. LEurope et lAfrique sont dessinées de manière détaillée et régulière. Le continent africain est en bas, à gauche, et la position des cours deau est très proche du Nil et de lOrange, et les hauteurs correspondent à une chaîne de montagnes dAfrique. La carte représente un lac au centre du continent africain, qui est probablement le lac décrit par une légende arabe disant que loin au sud du Sahara se trouve un lac plus grand que la mer Caspienne. Le cap de Bonne Espérance est bien dessiné et facilement reconnaissable. Cette carte nous fait naturellement penser au long périple effectué par la flotte chinoise dirigée par Zheng He, grand voyageur de la dynastie des Ming, qui avait contourné le cap de Bonne Espérance pour aller vers louest. |
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d'Alexandrie en Egypte ALEXANDRIE ( AP ) - Un incendie apparemment dû à un court-circuit a provoqué dimanche le dégagement d'une épaisse fumée dans la nouvelle bibliothèque d'Alexandrie (nord de l'Egypte) et 29 personnes ont été hospitalisées pour inhalation de fumées, selon la police. Le sinistre, qui s'est déclaré selon des témoins vers 11h ( 9h gmt ), a été maîtrisé au bout de 45 minutes environ. On ignore pour le moment si l'incendie, apparemment limité à des bureaux du troisième étage, a fait des dégâts importants. De nombreux pompiers, policiers et militaires ont été dépêchés sur place, avec 16 véhicules et 15 ambulances. "Nous avons été évacués, et les pompiers sont arrivés. La fumée s'est arrêtée maintenant, tout le monde est sain et sauf, Dieu merci", a déclaré Leila Dewidar, responsable du service des prêts. La nouvelle bibliothèque d'Alexandrie a été inaugurée en octobre 2002 par le président égyptien Hosni Moubarak, Jacques Chirac et quelque 300 personnalités venues du monde entier. Vaste complexe érigé entre 1995 et 2001 à l'emplacement supposé de son ancêtre antique, sur la corniche d'Alexandrie, face à la Méditerranée, la bibliothèque comprend une salle de lecture de 30.000 mètres carrés, la plus étendue du monde, un planétarium, un centre de congrès et plusieurs musées. Quelque 240.000 livres sont actuellement proposés en accès direct, mais la direction prévoit de porter à terme la capacité de la bibliothèque à 500.000 ouvrages en accès direct et quatre millions dans les magasins. Le projet, qui a coûté 230 millions de dollars et a reçu le soutien de 40 pays dont la France, entend perpétuer l'esprit de l'ancienne bibliothèque fondée vers 295 avant Jésus-Christ par Ptolémée Ier, successeur d'Alexandre le Grand. La mémoire du monde était alors rassemblée dans les deux bibliothèques d'Alexandrie, détruites par deux incendies lors de l'invasion de l'Egypte par Jules César en 48 avant JC et en l'an 391. AP |
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Ancienne place forte médiévale enrichie par le commerce du lin et du chanvre, Bécherel a trouvé une nouvelle notoriété en devenant en 1989 la première cité du livre en France, la troisième en Europe. La commune compte aujourd'hui 18 librairies pour 600 habitants. " En 1988, Bécherel était un village qui se mourait et dont les commerces fermaient les uns après les autres ", témoigne Catherine Guérin, cofondatrice de "Bécherel-Cité du livre", qui se partage entre sa crêperie, "An duchenn hud", (Le tertre magique), dont le menu bilingue franco-breton vante l'agriculture biologique, et la librairie Dazont. "Réunis dans l'association Savenn Douar (Le tremplin), nous voulions créer une entreprise en milieu rural, qui allie l'économique et le culturel, dans la lignée du slogan +vivre et travailler au pays+", explique-t-elle. " En 1988, des membres de l'association avaient visité Redu en Belgique, cité du livre depuis 1984, qui compte 20 librairies pour moins de 300 habitants. Nous avons organisé dans la foulée la première fête du livre, à Bécherel, à Pâques 1989. Plusieurs libraires ont alors décidé de tenter le coup ", ajoute-t-elle. Aujourd'hui, libraires, relieurs, artistes et artisans d'art cohabitent dans les maisons bourgeoises du centre-ville XVIIe et XVIIIe siècle de Bécherel - qui n'a rien à voir avec le fameux dictionnaire des frères Bescherelle -, entre Rennes et Saint-Malo. Du bouquiniste aux 10.000 romans à la librairie d'art, chaque librairie - ouverte toute l'année, le week-end en hiver - s'est spécialisée dans un domaine. Mais tout le monde participe au grand événement de l'année, la fête du livre, à Pâques, qui a accueilli 8.000 visiteurs l'an passé. "La prochaine fête aura pour thème + le livre de A à Z + et verra la création d'un livre artisanal, par les artisans de Bécherel, avec la participation du public. Je ferai des démonstrations de reliure, pour expliquer le métier", prévoit Guillaumette Goar, relieur d'art et pionnière à Bécherel, où elle a ouvert son atelier-boutique "Relier pour relire" il y a 14 ans. "C'est ce type d'animation que nous souhaitons désormais promouvoir tout au long de l'année, avec des activités d'initiation et de formation aux métiers du livre", précise Catherine Guérin. La concentration de librairies entraîne un regroupement de compétences que les jeunes libraires apprécient lorsqu'ils s'installent: "Il faut avoir un esprit un peu communautariste, mais on apprend bien plus vite qu'ailleurs à la Cité du livre", estime Bruno Foligné, de la librairie Abraxas libris, même si la concurrence est rude, "pas à la vente mais à l'achat". Il revendique volontiers un " esprit libertaire ". " Les livres anciens, c'est aussi de la résistance culturelle et de la sauvegarde du patrimoine. C'est souvent un dernier recours pour des bouquins même récents, mais déjà épuisés en raison des tirages très bas pratiqués actuellement", juge-t-il. Cet état d'esprit se traduit dans le fonctionnement de la librairie: "Nous étions trois libraires qui avons décidé de nous regrouper en une seule librairie, tout en ayant chacun notre propre entreprise. Il n'y a qu'à Bécherel que c'était possible", raconte-t-il. Mais l'activité de la librairie dépasse déjà le cadre des remparts de Bécherel : " La vente sur Internet représente aujourd'hui 20% de notre chiffre d'affaires ", précise Bruno Foligné. (AFP), le 26-02-2003 |
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Musée de l'Homme, hier matin. Tristesse, inquiétude et dignité ont marqué la conférence de presse du comité Patrimoine et Résistance qui se tenait dans la salle de cinéma du musée. A une semaine de la fermeture définitive des salles d'Afrique, Jean Mennecier, qui préside le comité, a appelé à une grande manifestation publique, ce jour-là, le 3 mars, à 9 heures, devant le Palais de Chaillot. Rappelant les deux mois de grève de l'an dernier et les 40 000 signatures recueillies par la pétition contre le démantèlement, Jean Mennecier a déclaré : « Qui a décidé cette fermeture anticipée ? Ce n'est pas notre directeur, c'est Stéphane Martin, directeur du futur musée du quai Branly, qui n'a rien à voir avec nous, Stéphane Martin qui disait il y a un an : « Nous n'avons plus besoin d'un Musée de l'homme, parce qu'aujourd'hui on voyage ! » En présence de nombreux chercheurs de l'établissement, dont le cinéaste Jean Rouch, et des représentants de nombreux autres musées, les intervenants ont tous stigmatisé les promesses non tenues, la précipitation avec laquelle on ferme le musée du Trocadéro et la hâte à vider les réserves des grands musées «sous prétexte de risque de crue » pour entreposer leurs collections dans des locaux privés. Cette politique, « comme la loi musées qui rend possible la vente des collections», témoigne, selon eux, d'une démission de l'Etat. « Pourquoi vider les vitrines alors qu'on n'a pas fini de déménager les réserves ? Au nom de quoi va-t-on priver étudiants et chercheurs de collections de travail et de 90 000 ouvrages de la bibliothèque dès le mois de mars, alors que le Quai Branly ne doit ouvrir que dans trois ans ? » A ce propos, M. de la Roncière, président de la société des amis de la bibliothèque du musée, a annoncé qu'il avait «déposé un référé en recours devant le tribunal administratif pour rupture de la continuité du service public et, a-t-il poursuivi, nous avons des chances de gagner». Quant aux démentis sur un éventuel transfert des collections de préhistoire et d'anthropologie dans un Musée national des origines à Marseille (voir nos éditions du 17 et 19 février) ils semblent n'avoir convaincu personne, «le projet de Marseille épousant parfaitement les projets d'avenir du Musée de l'homme», selon Jean Mennecier. André Langaney, ex-directeur du laboratoire d'anthropologie, souligne : «Sachant l'intérêt de longue date de mon ex-collègue Henry de Lumley pour les collections d'anthropologie et de préhistoire du Musée de l'homme, l'annonce de la création d'un Musée national des origines à Marseille ne peut être qu'inquiétante, malgré les déclarations rassurantes et contradictoires faites à ce propos.» Un jugement catégorique que l'anthropologue se dit prêt à étayer. La mairie de Marseille n'a du reste pas démenti la rumeur. D'autre part, c'est cette semaine que Jean-Pierre Mohen, directeur du laboratoire de recherche et de restauration des Musées de France doit être officiellement chargé de la «rénovation» du Musée de l'Homme, c'est-à-dire de sa transformation en Musée de Sciences naturelles de l'homme. Avec ou sans collections... Anne-Marie Romero - [25 février 2003] LE FIGARO |
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La chaîne de télévision britannique BBC diffusera, le 1er mars prochain, un documentaire sur la découverte par un chercheur canadien d'un manuscrit où Isaac Newton prédit la fin du monde pour 2060. Le professeur Stephen Snobelen, de l'université King's College de Halifax, aurait trouvé le document lors de recherches menées à la Bibliothèque nationale juive de Jérusalem, qui détient une impressionnante collection d'oeuvres du célèbre physicien, mathématicien, économiste et théologien. Sir Issac Newton aurait fait cette sombre prédiction sur la base de calculs réalisés à partir de la Bible, qu'il a étudiée pendant une cinquantaine d'années. Le quotidien israélien Maariv a précisé que les documents qui se trouvent aujourd'hui à Jérusalem avaient été découverts en Angleterre dans la propriété du duc de Portsmouth et mis en vente lors d'une vente aux enchères de la maison Sotheby's à Londres, en 1930. L'acheteur, identifié par le journal comme étant Abraham Yehuda, aurait un peu plus tard fait don de la collection à la Bibliothèque nationale juive de Jérusalem. Lundi 24 février 2003 |
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L'écrivain et essayiste Maurice Blanchot est mort. Il avait de 95 ans. Ses livres avaient influencé Jean-Paul Sartre, Roland Barthes ou Michel Foucault. 'écrivain et essayiste français Maurice Blanchot est décédé jeudi soir à son domicile près de Paris à l'âge de 95 ans, annoncent conjointement les quotidiens Le Figaro et Libération lundi. "Le décès a été confirmé durant le week-end par des proches, mais il n'a pas été, semble-t-il, question de l'annoncer officiellement", selon Libération. Né le 22 septembre 1907 à Quain (Saône-et-Loire), Maurice Blanchot, auteur d'une oeuvre critique et romanesque jugée difficile, était peu connu du grand public. Mais cet auteur solitaire et très discret - ses portraits sont rares - a bénéficié d'une autorité intellectuelle considérable, à l'instar de celle, en son temps, de Georges Bataille. Ses livres ont influencé de nombreux intellectuels français, comme Jean-Paul Sartre et René Char, Roland Barthes et Michel Foucault. Selon Libération, il était "le dernier des écrivains d'une génération où Marguerite Duras et Dionys Mascolo côtoyaient Emmanuel Lévinas, Michel Leiris, Louis-René des Forêts ou Pierre Klossowski". Outre "Thomas l'obscur", le plus connu de ses livres, il est l'auteur d'"Aminadab" (1942), "Le Très-haut" (1948), "L'Arrêt de mort" (1948), "La Part du feu" (1949), "L'espace littéraire" (1955), "Le Livre à venir" (1959), "L'Entretien infini" (1969) puis "L'Attente, l'oubli", une oeuvre allant vers un dépouillement grandissant. En 1983, il publie "Après coup" et participe en 1986 à un ouvrage collectif sur Nelson Mandela. Nouvel Observateur - Lundi 24 / 02 / 2003 |
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les trésors d'André Breton Quelque 4 000 lots provenant de l'atelier du poète surréaliste doivent être dispersés à Drouot en avril. Un Comité de vigilance demande aux pouvoirs publics de préserver ce patrimoine. Le comité de vigilance animé par Mathieu Bénézet, François Bon et Laurent Margantin a réuni plus de deux mille signatures sur l'appel lancé par ces écrivains contre la dispersion des collections d'André Breton, en avril, à Paris, par la maison de ventes Calmels-Cohen. Dans une lettre au ministre de la culture, il lui demande de "prononcer l'interdiction de sortie de territoire" des livres, objets et uvres d'art de l'atelier du 42, rue Fontaine, à Paris, où vécut le poète de 1922 à sa mort en 1966 (Le Monde daté 22-23 décembre 2002). "Dans un deuxième temps", le comité "souhaite obtenir des acteurs culturels, dont certains y sont déjà favorables, l'acquisition par les pouvoirs publics des lots mis en vente à l'hôtel Drouot grâce au droit de préemption". La prise de position d'Yves Bonnefoy (Le Monde du 5 février) a donné un éclat particulier à une émotion collective légitime. Elle devrait inciter les pouvoirs publics à dépasser le cadre des arrangements déjà prévus (donations, acquisitions de certaines pièces) dont le ministère de la culture rappelle la liste en précisant que la dation du "mur" de l'atelier vient d'être acceptée par les services fiscaux. Car cette mobilisation de dernière minute ne peut faire oublier une indifférence de vingt années à l'égard d'un patrimoine dont l'existence était connue. Elisa Breton, jusqu'à sa mort en 2000, et Aube Elleouët-Breton, fille de l'écrivain et de Jacqueline Lamba, ont tenu bon pour protéger son intégrité tout en l'ouvrant aux chercheurs, dans l'attente d'une initiative publique pour conserver ensemble les objets, livres, peintures, etc. réunis par le chef de file du mouvement surréaliste. "Nous ne nous battons pas pour une muséification de notre mémoire littéraire", notent les auteurs de l'appel du 7 janvier. "Protester contre le dépeçage marchand de cette mémoire, organiser une action symbolique au moment de la vente, c'est revendiquer pour ce qui nous soude, le sens même de la littérature, tout simplement qu'elle soit action." Jacques Derrida, Michel Butor, Annie Ernaux, Alain Jouffroy, Jean Ristat, Valère Novarina, Kenneth White figuraient parmi les premiers signataires, auxquels se sont joints de nombreux lecteurs, artistes, étudiants, libraires et bibliothécaires ( appel breton@remue.net ). "Cette affaire nous est tombée dessus, on en ignorait tout jusqu'à l'annonce de la vente", souligne François Bon. Concernant les responsables culturels, l'argument de la surprise ne tient pas. Quand Michel Duffour, ancien secrétaire d'Etat au patrimoine, prend position au nom du Parti communiste ou quand Jack Lang, ancien ministre de la culture, écrit à Jean-Jacques Aillagon pour lui demander des mesures de protection, ils sont loin de découvrir la menace. De 1982 à 1993, l'association Actual, présidée par Jean Schuster et parrainée par les acteurs du mouvement ( Leiris, Masson, Matta, Gracq, Soupault ), a mené un considérable travail sur les archives et tenté de trouver, auprès de l'Etat ou de la Ville de Paris, un lieu d'accueil pour une fondation. L'écrivain Jean-Michel Gontier, ancien secrétaire de l'association Actual, se souvient que Jack Lang visita l'atelier de la rue Fontaine, quelque temps avant François Mitterrand, qui y fut reçu au début de 1989, du vivant d'Elisa Breton. "La gauche n'a rien fait quand elle pouvait le faire", indique Jean-Michel Gontier. L'association n'a pas obtenu des pouvoirs publics le soutien nécessaire pour créer un lieu qui aurait perpétué, autour des collections historiques, "l'esprit du surréalisme". Outre la correspondance privée léguée par André Breton à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet qu'il avait contribué à créer, des pièces majeures sont toutefois entrées dans les collections nationales. Le futur musée du quai Branly a acquis plusieurs grands masques. Des donations sont en cours : le bureau d'André Breton rejoindra la Bibliothèque Doucet ; La Danseuse espagnole de Miro, un portrait de Hitler par Victor Brauner et une toile de Matta sont destinés au Centre Pompidou, qui s'apprête à réinstaller, en mars, le "mur" entré par dation dans les collections publiques selon le vu d'Aube Ellouët-Breton et qui comprend deux cents oeuvres. "C'est une pièce capitale, note Jean-Michel Gontier, le témoin de son regard sur les objets. Une charge poétique maldororienne, en écart absolu avec les accrochages traditionnels habituellement réalisés pour célébrer la marchandise culturelle qui demeurera comme rappel du rêve surréaliste." Michèle Champenois - ARTICLE PARU DANS " LE MONDE " EDITION DU 15.02.03 |
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Un site érudit à la portée de tous et à l'interface soignée : la Bibliothèque Nationale de France met en ligne un site consacré à son exposition sur " L'art du livre arabe ", terminée en 2002. Une façon de prolonger le plaisir. 26/01/03 : La Bibliothèque Nationale de France (BNF) a le bon goût de prolonger ses expositions sur Internet. Ainsi, l'exposition sur L'Art du livre arabe, qui a pris fin en 2002, s'offre une seconde vie sur le Web. Et c'est tant mieux : le site est remarquable. Pédagogique et hautement esthétique, ses pages se tournent comme celles d'un livre... On y découvre toutes les subtilités de l'écriture et de la calligraphie arabes. " Les inscriptions trouvées dans la péninsule arabique attestent de l'existence de l'écriture arabe dès le IIIème siècle ", explique le site. " Peu pratiquée avant l'avènement de l'islam en Arabie au VIIème siècle, l'écriture connaît avec la révélation coranique un développement extraordinaire. Commune à l'ensemble du monde musulman, elle est investie d'une forte dimension symbolique et assume, outre une fonction utilitaire, un rôle éminemment décoratif. " Mille et une pages Le site est d'un accès et d'une utilisation simplissimes mais toujours raffinés. Au gré d'une interface très agréable et soignée, on suit " L'expo en images ", des " Arrêts sur " les matières, les écritures, les décors, les peintures, les reliures et les imprimés et des " Gros plans " sur les livres illustrés, décorés, reliés, ainsi que sur un traité d'astrologie à la mise en page interactive et sur Les Mille et une nuits. On y apprend que le célèbre recueil de contes est mentionné pour la première fois au Xème siècle. " Anonyme, écrit en arabe, il s'est édifié sur un substrat indo-persan, enrichi de deux strates successives, le cycle de Bagdad et les récits égyptiens. " Chaque document photographié renvoie à une notice explicative et le site permet d'avoir accès à de petites merveilles du livre arabe, comme le Coran manuscrit du grand calligraphe Yaqût al-Musta'Simî, calligraphié à Bagdad en 1289. Agrémenté d'une chronologie, d'un glossaire et d'une bibliographie, le site de la BNF se lit comme un livre d'art... Voir le site : http://expositions.bnf.fr/livrarab/index.htm Selon : www.afrik.com |
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La Bibliothèque Sainte Geneviève (Paris) vous propose une exposition virtuelle, présentée dans le cadre des célébrations nationales 2002, en l'honneur du mille cinq-centième anniversaire de la mort de Sainte Geneviève (422 502). ( Les textes sappuient sur louvrage de Dom Jacques Dubois et Laure Beaumont-Maillet, Sainte Geneviève de Paris, Paris, Beauchesne, 1982.) Sainte Geneviève fut dès lorigine honorée dun culte public, qui s'explique par la gloire dont elle jouissait déjà de son vivant et par la puissance surnaturelle que ses contemporains lui avaient reconnue. Sa Vita a été écrite dès le VIe siècle, peu après sa mort, par un clerc anonyme de léglise de Paris. Celui-ci y livre avec une évidente sincérité des informations de première main, pieusement recueillies auprès de témoins directs. |