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L'INFORMATION DU BIBLIOPHILE.
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SECONDE PARTIE
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Arthur Rimbaud, le chaînon manquant. «Depuis un an, j'habite Londres avec le sieur Verlaine. Nous faisions des correspondances pour les journaux et donnions des leçons de français. Sa société était devenue impossible, et j'avais manifesté le désir de retourner à Paris. Il y a quatre jours, il m'a quitté pour venir à Bruxelles et m'a envoyé un télégramme pour venir le rejoindre. Je suis arrivé depuis deux jours (...) Ce matin, il est allé acheter un revolver au passage des Galeries Saint-Hubert (...) Rentrés au logement vers deux heures, il a fermé la porte à clef, s'est assis devant ; puis, armant son revolver, il en a tiré deux coups en disant : «Tiens ! Je t'apprendrai à vouloir partir !» Ainsi parla Rimbaud au commissaire de police, le 10 juillet 1873, donnant une première version, froide, du «drame de Bruxelles» qui fit condamner Verlaine à deux ans de prison (1). «Dans un palais, soie et or, dans Ecbatane,/De beaux démons, des Satans adolescents/Au son d'une musique mahométane/Font litière aux sept péchés de leurs cinq sens/(...) Or le plus beau d'entre tous ces mauvais anges/Avait seize ans sous sa couronne de fleurs. Croisant ses bras sur ses colliers et ses franges/Il songeait, l'oeil plein de flammes et de pleurs...» lui répondit Verlaine l'impressionniste dans Crimen Amoris, l'un des cinq «poèmes diaboliques» écrits en prison à Bruxelles (manuscrit autographe de la première des deux versions de ce long poème de quatre-vingts vers de Jadis et naguère, estimé 5 000/6 000 €). Cet adieu du poète «malheureux et désespéré» par son «moment de folie» inspirera Picasso pour son mystérieux Garçon à la pipe, désormais le tableau le plus cher du monde mai). Il fait partie d'un fonds Verlaine, provenant de son infortunée épouse Mathilde Mauté (une dizaine de lots), qui fait battre le sang aux tempes des érudits, notamment des rimbaldiens qui savent y lire mille traces (2). André Vial eut accès, dans les années 60, à ce fonds de très directe provenance et en avait tiré un ouvrage, Verlaine et les siens (Nizet, 1975). Il y étudia la liste des vingt poèmes de Rimbaud, probablement établie par Verlaine pour une édition des poésies de son compagnon qui n'a jamais pu paraître, indiquant pour chacun le nombre de vers prévus : «Les chercheuses de pous... 20/L'homme juste... 75/Les voyelles... 14/Oraison du soir... 14» (grand feuillet autographe estimé 10 000/ 12 000 €). L'érudit ne vit pas le manuscrit du poème de Rimbaud, Mémoire, qui fait la couverture du catalogue Tajan et qui passionne les chercheurs par les hypothèses littéraires qu'il soulève (D'Edgar Poe, famille maudite, un titre lu comme une filiation littéraire jusque-là pressentie, quarante vers d'une belle écriture descendante, estimé 80 000/100 000 €). «Que font dans les archives de la famille de Verlaine, durement meurtrie par le scandale de Bruxelles, toutes ces traces rimbaldiennes, notamment son plus beau poème ?», s'interroge André Guyaux, professeur de littérature française du XIXe siècle à la Sorbonne-Paris-IV et éditeur de la future Pléiade sur Rimbaud. «Traditionnellement, on date ce poème de 1872, soit parmi «les derniers vers» du futur prosateur d'Une saison en enfer en 1873 (3) et des Illuminations en 1874 (4). Sa forme connue fait disparaître les majuscules en début de vers, permettant à ses alexandrins et ses quatrains, notamment par la technique de l'enjambement, de mimer la prose. Cette version inédite, retrouvée dans les papiers de Verlaine, conserve la majuscule de début de vers. Ne contribue-t-elle pas à modifier la date de ce poème et à pousser vers l'hypothèse de 1873», explique l'exégète. Second indice ? La transcription, de la main de Rimbaud, d'un autre des cinq «poèmes diaboliques» sans doute écrits en prison par Verlaine en 1873, qui pourrait éclairer les relations entre les deux hommes et la collaboration littéraire entre les deux poètes. Ce Dom Juan pipé, manuscrit allographe d'un poème de Jadis et naguère, long de 140 vers, riche de nombreuses variantes avec le texte imprimé en 1884, est l'une des trois transcriptions connues d'un poème de Verlaine par Rimbaud (quatre pages réattribuées in extremis à Rimbaud et donc réévaluées par l'expert Alain Nicolas autour de 50 000/60 000 €). Une première se trouve à la Bibliothèque Doucet. La seconde fut vendue lors de la prestigieuse dispersion du marquis Dubourg de Bozas, héritier de Gustave Chaix d'Est-Ange, l'avocat de Baudelaire qui défendit Les Fleurs du mal contre les censeurs. «Pourquoi Rimbaud a-t-il retranscrit les poèmes de Verlaine ? Et surtout quand ? On peut penser que ce poème-ci, comme d'autres attribués à un Verlaine incroyablement prolifique en prison, date de l'hiver 1873», souligne André Guyaux. Verlaine lut en cellule un exemplaire d'Une saison en enfer. Certains évoquent une visite de Rimbaud, sans aucune certitude. D'autres une correspondance disparue témoignant de cette époque au silence symbolique. Chaque nouvelle trace approche le mystère des poètes, et l'épaissit encore. (1) Volume édité par Antoine Adam pour La Pléiade, Gallimard, 1972. (2) Vente par Tajan SVV et leur expert Alain Nicolas, le libraire des Neuf Muses, le 25 mai à Drouot. (3) La BNF préempta à 2,9 MF, à la vente Guérin chez Me Tajan le 17 novembre 1998, le seul brouillon connu d'Une saison en enfer. (4) L'expert Mme Vidal-Mégret vendit autour de 11,5 MF le manuscrit des Illuminations dans les années 50 (préempté par la BN). Depuis, la BNF a préempté à 3,3 MF la Lettre du voyant en mars 1998 à la vente Jean Hugues (Me Renaud). Le Figaro - Valérie Duponchelle - 21 mai 2004 |
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NEW YORK (AP) -- Etre ou ne pas être... acheteur ? Voilà la question posée lors d'une vente aux enchères de la maison Christie's, mercredi, lorsqu'une rare édition du «Hamlet» de William Shakespeare, évaluée largement au-dessus du million de dollar, n'a pas trouvé preneur. L'enchère la plus élevée n'a pas atteint le prix de base voulu par le vendeur. Le livre, âgé de presque 400 ans, est l'une des 19 copies de la version de 1611 dont l'existence est connue, et il s'agit de la seule copie aux mains de particuliers. Le livre appartenait à Mary Hyde, vicomtesse d'Eccles, une collectionneuse de livres du New Jersey, réputée pour son impressionnante collection d'oeuvres du critique Samuel Johnson, qui sont aujourd'hui à la librairie Houghton de l'université de Harvard. Lady Eccles, qui a été une des premières femmes admise au «Club des bibliophile Grolier» à New York, est décédée en août, à l'âge de 91 ans. Sa collection de Samuel Johnson et plusieurs autres oeuvres ont été remises à des institutions, dont Harvard, et le reste de ses livres ont été mis aux enchères mercredi. Christie's avait estimé la valeur de l'édition de «Hamlet» entre 1,5 et 2 millions de dollars (1,25 à 1,67 millions d'euros). Les enchères ont commencé à 900.000 dollars (752.823 euros) et ne sont pas montées plus haut que 1,2 millions de dollars (1 million d'euros), ce qui était sous le prix minimum, resté confidentiel. AP AP 15.04.04 |
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Le Musée de limprimerie (Lyon) vient dacquérir un exceptionnel ensemble de marques dimprimeurs du XVe au XIXe siècle auprès de la librairie Paul Jammes. Ces 1600 marques dimprimeurs provenant de diverses sources dont lancienne librairie parisienne Eggiman et surtout de la collection de limprimeur et éditeur Ambroise Firmin-Didot (1790-1876, sans doute le plus grand bibliophile de son siècle) ont rejoint les 735 marques déjà conservées au Musée de limprimerie, qui peut désormais senorgueillir dun fonds dune importance internationale dans le domaine de lemblème typographique. Comme le dit André Jammes, « il sagit là dune anthologie de lillustration du livre dans une de ses formes les plus brillantes et qui constitue le plus important répertoire emblématique que lon puisse consulter parallèlement aux éditons dAlciat et de ses disciples ». Les 1600 marques dimprimeurs acquises à la librairie Jammes sont toutes montées individuellement sur carton, et sans doute pourrait-on sétonner, ou se scandaliser, de les trouver ainsi séparées de leur livre dorigine. Mais en réalité, cest le respect du bibliophile qui est en oeuvre, non la main de liconoclaste. Lorigine de cette collection se trouve en effet dans les grands événements historiques et politiques qui ont changé le cours des bibliothèques : la Révolution et la séparation de lÉglise et de lÉtat (1901-1905). Avec la mise sous séquestre des biens des émigrés et des communautés religieuses, des millions de livres ont achevé leur existence, en très mauvais état, sur les étals des bouquinistes ; ces derniers en ont découpé les parties les plus intéressantes : images, pages de titre, marques dimprimeurs. Les collectionneurs et bibliophiles ont sauvé ces éléments en constituant des albums, notamment Ambroise Firmin-Didot qui les a utilisés pour son Essai sur la gravure sur bois. Lensemble acquis par le Musée de limprimerie est donc bien, comme le souligne André Jammes, « une collection de sauvetage », qui fut, dans les années cinquante, réunie et classée par sa fille Isabelle Jammes. « Parmi ces ouvrages, se souvient le libraire parisien, se trouvait même une rare édition des Commentaires sur les Évangiles de Lefèvre dÉtaples, mangée par les vers ». Cest donc une exceptionnelle collection, tant sur le plan bibliophilique quiconographique et typographique qui vient de rejoindre le patrimoine lyonnais. Dévoilé au public pour la première fois le 28 janvier prochain à loccasion de lintervention dAndré Jammes et de la conférence de Jean-Marc Chatelain, cet ensemble à la gloire de limprimerie européenne pourrait faire lobjet dun répertoire numérisé à lattention des chercheurs. du 09-02-2004 - http://www.graphiline.com/article5066.html |
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Il est à craindre quà la rentrée de 2004, lenseignement du grec et du latin disparaisse de la quasi-totalité des lycées et bientôt des collèges de France. LAcadémie française exprime sa vive désapprobation dune telle perspective, ouverte semble-t-il pour des raisons déconomie. Cette perspective risque en effet de priver les élèves dun enseignement qui reste essentiel car il facilite la maîtrise de la langue française, et, loin de contrarier lenseignement des langues vivantes, permet au contraire de mieux appréhender lidentité européenne et les cultures étrangères et favorise louverture aux disciplines scientifiques. LAcadémie française sassocie à la pétition de nombreux organismes et associations qui ont déjà pris position en faveur du maintien de lenseignement du grec et du latin en France. |
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13 février 2004 Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture et de la Communication, annonce que deux importants manuscrits autographes signés de Paul Verlaine (1844-1896) ont été préemptés par l'Etat en vente publique le mercredi 11 janvier, et acquis grâce à des contributions importantes du Fonds du Patrimoine. Le premier manuscrit, Sagesse, comprend 43 poèmes rédigés par Verlaine en 1873 dans sa cellule de Mons où il fut incarcéré après avoir tiré au revolver sur Rimbaud. Il comporte de nombreuses ratures et corrections, ainsi que des variantes par rapport au texte définitif de Sagesse, et donne la toute première version de ce recueil publié en 1881 et considéré comme un des chefs-d'oeuvre du poète et un des sommets de la poésie religieuse. Il a été préempté pour la Bibliothèque nationale de France au prix de 350.000 euros hors frais et son acquisition est financée avec le soutien Fonds du patrimoine. La Bibliothèque municipale de Metz, ville natale de Verlaine, s'enrichira quant à elle du précieux manuscrit des Confessions (1894-1895), qui relate notamment l'enfance messine du poète. Ce manuscrit comporte également un grand nombre de corrections, de repentirs, d'additions marginales et interlinéaires, et est enrichi de six dessins : un autoportrait de l'auteur à l'âge de huit ans et cinq dessins de Frédéric Auguste Cazals, poète et chansonnier, représentant Verlaine et Victor Hugo. Il a été préempté au prix de 290.000 euros hors frais et son acquisition est financée à 50% sur le Fonds du patrimoine. |
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Le service de la Culture et de l'Information de Hanoi devrait prochainement créer une bibliothèque sur Thang Long-Hanoi. Autrement dit, il s'agit de disposer d'une collection sur le patrimoine culturel de la capitale, au cours de son histoire de mille ans. Les documents sur Hanoi millénaire constituent un trésor culturel inestimable. Mais ceux qui collectent et rédigent ont encore du pain sur la planche. La plus grande difficulté consiste à trouver les documents, disséminés un peu partout dans le pays et à l'étranger, propriétés d'organismes et de particuliers. Les démarches nécessaires En 1998-1999, la Bibliothèque de Hanoi a proposé un thème de recherche sur les mesures prises, en vue de collecter des monographies sur Hanoi. En 2002, un plan sur la création d'une bibliothèque de ce genre a été dressé. Ont ensuite été programmées des enquêtes sur la recherche des documents à Hanoi, dans les provinces du delta du fleuve Rouge, à Huê, à Hô Chi Minh-Ville. Un immeuble de 11 étages a été mis en chantier fin 2003 toujours à l'initiative de la Bibliothèque de Hanoi. Un étage d'environ 500 m² de ce bâtiment permettrait d'archiver les documents sur Thang Long-Hanoi. La construction de la bibliothèque s'achèverait avant 2010, année de la célébration du millénaire de la capitale. À ce jour, ont déjà été collectés environ 10.000 titres. Un chiffre encore modeste par rapport aux estimations des chercheurs, qui tablent sur près d'un million. Une page web devrait voir le jour. Ainsi, une e-bibliothèque serait accessible au public, à l'horizon 2004-2005. En effet, dans un futur proche, il est tout à fait réalisable de disposer d'une collection complète sur Thang Long-Hanoi millénaire, ce qui contribuerait à valoriser et à conserver le trésor culturel si précieux de la capitale. Thuc Hiên/CVN - 04 février 2004. Le Courrier du Vietnam. |
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Ouverture de trois annexes par Farouk B. La ministre de la Communication et de la Culture, Mme Khalida Toumi, a annoncé, lors des assises nationales, que dans quelques jours, il y aura linauguration dune annexe à Frenda, wilaya de Tiaret, dun centre national des manuscrits à Adrar et dune annexe à Béjaia. Mme Toumi a cité aussi louverture du premier centre algérien des études khaldouniennes à Tiaret, un autre sur les études andalouses à Tlemcen. Pour les professionnels en bibliothéconomie et les universitaires, il sagit dune décision capitale et même historique. Luvre du grand penseur Ibn Khaldoun a été presque oubliée et abandonnée. Sa mémoire a été rarement honorée aussi bien par les institutions publiques que par le mouvement associatif. Pour la première annexe dAdrar, il sera question de la préservation et de la mise en valeur du fonds manuscrit hérité depuis des siècles des anciennes confréries. Ce patrimoine, sil vient à être récupéré, sera dune grande utilité aux chercheurs et aux universitaires. Il révèlera entre autres les tendances et les caractéristiques de la pensée dantan. Le choix de la wilaya dAdrar nest pas fortuit. Cest une région qui compte un nombre important de manuscrits. La deuxième annexe qui sera ouverte à Frenda reprendra le fonds douvrages et de manuscrits du penseur orientaliste Jacques Berque, quil a lui-même légué à la bibliothèque municipale de Frenda. La troisième annexe sera ouverte à Béjaia, ville réputée pour son rayonnement culturel et intellectuel. Lintérêt témoigné au domaine de la bibliothèque par les institutions publiques sera dun grand apport, selon le directeur de la Bibliothèque nationale qui, à maintes reprises, a plaidé pour le renforcement des activités culturelles et danimation, une des options de développement de la société algérienne. F. B.le jeune indépendant - 31/12/2003 |
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Recherche est études sur un millénaire d'écrits. Par Attilio GAUDIO ( tragiquement disparu le 12 juillet 2002). Sous la dénomination de "Bibliothèque du Désert" on a classifié des milliers de manuscrits qui appartiennent à une période allant de l'an 1000 au début de l'ére coloniale. Ecrits principalement en arabe, ces documents sont l'oeuvre de lettrés, juristes, poètes, philosophes, caravaniers, savants appartenant aux groupes ethniques de traditions nomades ou bien aux populations sédentarisées de ces cités historiques du Sahara et du Sahel telles Smara, Chinguetti, Ouadane, Tichitt, Oualata, Tombouctou. L'intérêt pour la sauvegarde et la mise en valeur de ces anciens manuscrits est une constante pour le CIRSS, le Centre Internationnal de Recherche Sahariennes et Sahéliennes créé en 1979, dans le cadre des activités de l'Institut International d'Anthropologie (Paris).Nombreux colloques organisés par le CIRSS ont permis aux historiens et aux chercheurs africains de présenter leurs études conduites sur ces précieux témoignages écrits du passé. Une première mise à jour globale de ces recherches est proposée dans ce volume consacré aux "Bibliothèques du Désert", patrimoine universel de l'humanité. "LES BIBLIOTHEQUES DU DESERT, recherches et études sur un millénaire d'écrits. Contributions réunies et présentées par Attilio Gaudio." Chez L'Harmattan, octobre 2003, in-8°, 410.pp." ( ISBN 2-7475-1800-0 ) e-mail harmattanI@worldnet.fr
(1) Attilio Gaudio, décédé à l'âge de 72 ans, dans un tragique accident de la route survenu aux environs de Brescia au nord de l'Italie. Ethnologue de renommée mondiale, docteur d'Etat ès lettres et sciences humaines. Membre de plusieurs institutions scientifiques et littéraires françaises et italiennes. Il s'était intéressé, très tôt, au Maroc où il était un personnage familier depuis 1947, il fut un avocat inlassable de la marocanité du Sahara. Rares sont les Occidentaux qui connaissent, autant que lui, l'histoire, la généalogie et les aspirations des tribus de tout le Sahara atlantique qu'il avait, à maintes reprises, parcouru. |
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PARIS, 8 juil (AFP) - Les catalogues de la bibliothèque de l'Institut du monde arabe, plus importante ressource documentaire sur le monde arabe en Europe, sont désormais accessibles en ligne, a indiqué mardi l'IMA, parlant "d'atout unique pour les chercheurs". Depuis le site de l'Institut du monde arabe (www.imarabe.org), dans le menu Bibliothèque, les internautes peuvent accéder à trois bases de données : fonds des livres, fonds des périodiques et base des événements culturels de l'IMA. La recherche en ligne permet de découvrir, par auteur, par thème, par titre, les différentes ressources de la bibliothèque. Chercheurs, étudiants ou passionnés du monde arabe pourront donc organiser leurs recherches avant de visiter l'Institut du monde arabe. |
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Entretien - D'Akhenaton à Pol Pot, de César à Hitler, tous les règnes des dictateurs sont jalonnés de destructions de bibliothèques. Lucien X. Polastron publie un essai édifiant sur le sujet : « Livres en feu » (Denoël). Il a répondu aux questions de François-Guillaume Lorrain. François-Guillaume Lorrain LE POINT : Il semble que, dans l'histoire de l'humanité, l'avènement des bibliothèques s'accompagne aussitôt de leur destruction. LUCIEN X. POLASTRON : En effet. Cela commence dès l'Egypte, au XIVe siècle avant notre ère. Akhenaton, une fois devenu pharaon, fait détruire à Thèbes les textes qui lui sont antérieurs. C'est bien sûr une affaire politique : pour mieux assurer le passage au monothéisme, il élimine tout ce qui faisait référence à un autre système de pensée. Puis il s'installe à Amarna, crée sa propre bibliothèque. Mais à sa mort les prêtres de Thèbes lui rendent la pareille et brûlent ses livres. L'autre destruction très ancienne est celle de la bibliothèque assyrienne d'Assourbanipal, roi d'Assyrie, mort vers 625 avant J.-C. C'est un roi mystérieux. On n'en aurait jamais entendu parler si justement on n'avait retrouvé une partie de sa bibliothèque en 1860. Quatorze ans après sa mort, sa ville et son palais sont investis par une coalition. Les plafonds s'effondrent et la bibliothèque se retrouve en miettes. Il s'écoule vingt-cinq siècles avant sa découverte par les Anglais, qui, par ignorance, prennent ces galettes de terre cuite pour des ornements bizarres. Ils ramassent le tout, en vendent une partie, expédient le reste au British Museum, où l'on s'aperçoit qu'il s'agit de textes considérables : l'« Epopée de Gilgamesh », le récit de la Création, le mythe d'Adapa, le premier homme. Mieux, on découvre l'existence de ce roi merveilleux qui recherchait les textes de façon systématique, les organisait et les recopiait lui-même. L. P. : Dès qu'il est question de bibliothèques détruites, on songe à celle d'Alexandrie, qui brûle en - 48. L. X. P. : L'affaire est compliquée. Rappelons que le but de cette bibliothèque, née vers - 300, est de faire d'Alexandrie le lieu de la renaissance grecque. On prend conscience aussi de la valeur d'un patrimoine intellectuel qu'on va accroître, organiser, copier et diffuser. On y établit la première édition scientifique d'Homère et des tragédies grecques, à partir de multiples versions préexistantes qui, du coup, disparaissent. On fait ce que fera plus tard l'Islam avec le Coran, vers 640, ou ce qui se passe aujourd'hui avec la numérisation. Mais, quand en - 48 César met le feu à la flotte de Ptolémée, un incendie qui gagne la ville, on n'est même pas certain que la bibliothèque mère soit encore debout. Car on sait que, depuis sa création, de terribles razzias ont eu lieu. Seule certitude : Cléopâtre n'allait travailler qu'à la Serapeum, la bibliothèque fille. C'est donc que la grande bibliothèque n'existait peut-être plus, disent ceux qui veulent absoudre César. D'autres se servent d'Alexandrie pour accuser César, qui aurait voulu constituer une grande bibliothèque à Rome : il aurait demandé à Cléopâtre ses livres, qui, au moment de l'incendie, se trouvaient dans les entrepôts du port. Ce qui est sûr, c'est qu'Alexandrie marque l'interruption d'une tradition classique. Mais plus tard, au XIIIe siècle, un hurluberlu prétendra que le calife Omar, lorsque les Arabes ont pris Alexandrie en 640, a ordonné la destruction de la bibliothèque : les livres auraient alors servi à chauffer les hammams de la ville. Cette version sert sans doute à innocenter Saladin, qui vient de saccager la grande bibliothèque des fatimides, au Caire. L. P. : On célèbre en 2004 l'année de la Chine. Or c'est justement dans ce pays, en - 213, qu'est intervenu le premier acte massif dirigé contre les livres. L. X. P. : Un acte strictement politique. L'empereur Qin a réuni les six royaumes, unifié l'écriture, construit la muraille. Mais, pour être solide, cet effort d'unification, unique au monde, doit aussi éradiquer la mémoire. C'est ce qu'explique à Qin son « conseiller de gauche » Li Si : « Qui se réfère au passé est fragile. - Alors abolissons le passé », lui répond Qin. On détruit donc l'Histoire. Et ce n'était pas n'importe quoi, mais tout l'âge d'or de la philosophie chinoise, de Confucius à Lao-tseu, fondateur du taoïsme. Tout cela était déjà écrit, avec gloses et commentaires. Quatre cents intellectuels s'insurgent, Qin les fait enterrer vivants. Ceux qui refusent de rendre leur bibliothèque sont envoyés sur la muraille pour « monter la garde la nuit et construire le jour ». Mao a lui aussi tenté d'unifier la Chine. Mais Mao, qui prenait exemple sur Qin, est plus malin : il fait régner une telle oppression morale que les gens, d'eux-mêmes, détruisent leurs livres devant leurs voisins. L. P. : La Chine, berceau du papier, a tout au long de son histoire payé le plus lourd tribut. L. X. P. : C'est également le pays qui a le plus tôt les plus belles bibliothèques. Interviennent deux initiatives spectaculaires. En 1772, on décide de créer le siqu quanshu, une bibliothèque universelle de 168 000 volumes, à partir de textes anciens méritant d'être conservés. Mais cette belle action s'accompagne de la destruction d'un nombre faramineux d'ouvrages. L'une des sept copies existantes du siqu quanshu sera pillée en 1860 par les Français lors du sac du palais d'Eté. L'autre initiative est le yongle da dian : la grande encyclopédie des connaissances chinoises. Mais la dernière copie brûle en 1900 lors du siège de Pékin par les Anglais. Autre point noir : le monastère de Dun-Huang, où des moines du Xe siècle ont muré dans une pièce secrète des dizaines de milliers de manuscrits du IIIe siècle. Lorsque la Chine tombe en déshérence au début du XXe siècle, cette pièce est découverte : les Anglais se servent, suivis des Français puis des Russes. Toute riche bibliothèque sous-entend des bibliothèques mortes. La France s'est souvent engraissée de livres fabuleux, à Huê au Vietnam, en Egypte, en Espagne, en Italie avec Napoléon, en Algérie aussi. Aujourd'hui, la Chine réclame la restitution de ces manuscrits, qui ont pour elle une valeur inestimable. Pour l'instant, nous faisons la sourde oreille. Mais la Chine sera, dit-on, bientôt le pays le plus puissant. L. P. : Le Moyen Age voit l'essor de la civilisation arabe, et c'est elle alors qui paie le plus lourd tribut en livres. Mais les plus grandes destructions (Cordoue par Al-Mansur vers l'an 1000, Le Caire par Saladin en 1171, Bagdad en 1258 par le chef mongol Hulagu) ont souvent des raisons arbitraires. L. X. P. : Le monde islamo-arabique a toujours un côté excessif. Saladin brade la bibliothèque du Caire pour des raisons d'argent. Il doit payer ses soldats et organise des ventes aux enchères, souvent truquées, d'ailleurs. Al-Mansur, à Cordoue, est un bibliophile, il est aussi le précepteur du calife, mais les oulémas, qui trouvent suspects les livres, font pression sur lui : il lâche du lest en faisant détruire la bibliothèque du calife, d'une richesse fabuleuse. A Bagdad, on jette tellement de livres dans le Tigre que l'eau est noire d'encre et les troupes traversent le fleuve sur des piles de manuscrits. Les Francs apportent aussi leur contribution : les croisés sont des sauvages, la plupart ne savent pas lire et sont d'une bêtise crasse. En 1204, à Constantinople, où se trouve la plus grande bibliothèque au monde, qui rassemble toute la littérature grecque, on les voit défiler avec des livres au bout de leurs lances. L. P. : Votre livre pointe du doigt l'Espagne. A partir de 1490, ce pays met en place un anéantissement systématique des livres, caractéristique de l'époque moderne. L. X. P. : C'est avec l'Espagne que le mot autodafé, d'origine portugaise, entre dans le vocabulaire commun. Le premier autodafé est discret, il a lieu en 1490, organisé par Torquemada, l'inquisiteur général, dans son couvent de Salamanque : 600 volumes taxés de judaïsme. En 1499, à Grenade, on baptise de force 3 000 musulmans, qui sont obligés d'apporter leurs livres. On organise une grande fête à laquelle la population est conviée. L'Inquisition sera redoutablement efficace. Après avoir expulsé les juifs et les Arabes, l'Espagne exporte cet esprit d'intolérance vers le Nouveau Monde, qu'elle vient de découvrir. Résultat : tous les livres mayas et aztèques sont anéantis. Même Las Casas, qui osa affirmer que les Indiens avaient une âme, écrit par ailleurs : « Je suis fier d'avoir détruit tous leurs livres. » Et le reliquat se compte sur les doigts d'une main. L. P. : Pour la France, on constate sans surprise que les pertes les plus considérables correspondent aux heures les plus noires. L. X. P. : Le livre a une carrière parallèle aux humains. Comme l'écrit Heine : « Là où on brûle des livres, on finit par brûler des hommes. » On peut aussi retourner la phrase. Le sociologue Leo Lowenthal a entamé une psychanalyse de l'humanité à partir du brûlement des livres : au-delà des cadavres, on tue ce qui leur survit, c'est-à-dire le livre. Sous la Révolution française, ce qui est arrivé aux livres est symptomatique de l'événement. On centralise le pays : les ouvrages venus de province affluent donc vers Paris, dans le but d'un grand classement. Mais l'incurie règne, plusieurs millions de livres pourrissent, on utilise même le papier pour les cartouches à canon. Ainsi disparaît le système français des bibliothèques privées. Puis, durant la Commune, par haine du bourgeois, les communards brûlent les bibliothèques de l'Hôtel de Ville, du Conseil d'Etat et du Louvre, qui inclut les collections des rois ainsi que les livres interdits et censurés. Mais c'est un mouvement de panique. Les communards ne touchent d'ailleurs pas à la Bibliothèque nationale. L. P. : Quant aux bibliothèques parisiennes, pillées par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, la plupart se sont retrouvées en URSS, qui ne les a jamais restituées. L. X. P. : Cela concerne près de 12 millions d'ouvrages. Il s'agit des bibliothèques étrangères (russe, polonaise, ukrainienne) de Paris et des grandes bibliothèques juives (Rothschild, Lipschütz, Mandel, Walter Benjamin). Une chercheuse, Patricia Grimsted, a ainsi découvert que les fonds Léon Blum et Emmanuel Berl se trouvent aujourd'hui dans la bibliothèque présidentielle à Minsk, en Ukraine. Par ailleurs, quelques millions de ces ouvrages pourrissent sous les excréments de pigeons dans une église abandonnée à Uzkoe, près de Moscou. La France ne réclame pas ces livres. Comme me l'a confié un ami diplomate : « Vous n'allez tout de même pas nous fâcher avec les Russes. » Il doit y avoir des choses plus importantes. Hélas, certains officiers soviétiques à la retraite ont révélé en 2001 que beaucoup de littérature « dégénérée » avait été brûlée sous Staline, dans sa période antisémite. L. P. : Dans le chapitre sur l'Allemagne nazie, vous soulevez un paradoxe : d'une part, l'action destructrice à l'égard des livres indésirables et la chasse aux livres juifs, d'autre part, la mise sur pied par les nazis de la plus grande concentration de littérature juive. L. X. P. : Il y a deux moments. D'abord, en 1933, la Bête parle : « Le livre, juif, communiste, doit être détruit. » C'est le grand autodafé du 10 mai 1933, à Berlin. Des dizaines d'autres suivront. Le rituel, avec parade, chants, torches et hérauts, s'inspire de l'Inquisition et ravit la populace. Ces autodafés entraînent une faible réaction, hormis la création des « bibliothèques de livres brûlés » à Londres, New York (inaugurée par Einstein) et Paris (Cité fleurie, boulevard Arago). Détail cocasse : celle-ci sera saisie en 1940 par la police française et intégrée à la Bibliothèque nationale, mise à l'abri dans le Bordelais. Dans un second temps, en 1940, les nazis cessent de détruire et se mettent à trier, avec l'aide de spécialistes, d'hébraïstes. Sous les ordres de Rosenberg, qui crée à Francfort l'Institut d'études juives, on rassemble des millions d'« Hebraïca ». Le dénicheur en chef s'appelle Johannes Pohl, un chercheur, qui parcourt l'Europe, dévalise Vilnius, Salonique. En ligne de mire, il y a le projet d'une Hohe Schule, école supérieure dont les départements seraient : judaïsme, communisme, franc-maçonnerie. En somme, une bibliothèque en négatif de ceux qu'on aura détruits mais qu'on voudra étudier ! L. P. : Un lieu à Paris, situé à 200 mètres de la Bibliothèque François-Mitterrand, porte la cicatrice de cette période. L. X. P. : Il s'agit du « camp Austerlitz », au 43, quai de la Gare. Quatre cents prisonniers pris à Drancy y triaient les rafles d'Actions meubles, section allemande qui prélevait les biens juifs. Chez eux, les gens n'avaient mis leur nom que sur le premier livre de chaque rangée, persuadés que tout serait conservé ensemble. L'entrepôt d'Austerlitz a flambé en 1944, mais aucune plaque n'en parle. Ironie cruelle de l'Histoire, on a construit tout près la BNF. L. P. : Et que sont devenus les ouvrages rassemblés par les nazis à Francfort ? L. X. P. : Une grande partie a brûlé sous les bombardements alliés. Il faut savoir que l'Allemagne, comme l'Angleterre durant le Blitz, a perdu, lors des bombardements de Dresde, Leipzig, Hambourg et autres villes, près de 12 millions de livres. Si on voulait établir la liste des bibliothèques détruites durant cette guerre, il faudrait des centaines de pages. A Francfort, l'Omgus, c'est-à-dire Eisenhower et ses hommes, n'a sauvé que 3 millions de livres juifs. Les deux tiers retrouvent leurs propriétaires, le reste est impossible à restituer. Très vite, la Library of Congress est sur place et expédie 200 000 ouvrages à Washington. Les Américains sont toujours très rapidement opérationnels. Au Japon, en 1945, ils apportent leur propre littérature. A Bagdad, en 2003, la Library of Congress est la première équipe de bibliothécaires présente. L. P. : Justement, où ont eu lieu récemment les grands massacres de livres ? L. X. P. : Il y a d'abord le génocide de Pol Pot. On connaît sa haine du papier : plus de monnaie, plus de photo d'identité, plus de livre. Il n'en reste pas un seul. Autre grand drame, celui de l'Afrique noire, qui, par impéritie et absence de moyens, est orpheline de ses bibliothèques. Il y a bien sûr en 1992 le bombardement de la bibliothèque de Sarajevo, symbole de tolérance entre les cultures, les langues, les civilisations. Elle est toujours fermée. Les Autrichiens ont payé le toit, mais la réfection a nécessité trois ans. Les murs sont donc imprégnés d'eau et de glace, et il n'y a pas de livres. A Bagdad, les Américains ont préservé le ministère du Pétrole, mais ont laissé piller la Bibliothèque nationale. D'autres pays sont préoccupants : le Cachemire, le Pakistan ou l'Inde. Début janvier, au nom de la religion musulmane, l'Institut de recherches orientales de Bhandarkar a été brûlé - on y dénombrait 30 000 manuscrits anciens - par la foule, parce qu'il s'y trouvait un ouvrage de James Laine sur un ancien roi musulman, édité par Oxford University Press, qui avait déplu. Toutes ces exactions sont répertoriées sur des sites tels que Ad libitum ou Ex Libris. L. P. : Le XXIe siècle sera-t-il synonyme de nouveaux dangers pour les bibliothèques ? L. X. P. : La menace vient de la numérisation et de la mise en ligne. Je suis frappé par les efforts de certains conglomérats pour acquérir les sociétés d'édition, celles en particulier qui publient des dictionnaires et des ouvrages de référence, dans le but de numériser l'information et d'en faire payer l'accès François-Guillaume Lorrain. © le point 19/02/04. Lucien X. Polastron. Né en 1944, sinisant et arabisant, il est l'auteur de « Le papier, 2000 ans d'histoire et de savoir- faire » (Imprimerie nationale Ed., 1999). C'est à l'occasion de ces recherches sur les livres et leur création que cet ancien journaliste découvrit les nombreux cataclysmes dont ils avaient été aussi les victimes. Expert reconnu de l'histoire et de la pratique de l'art calligraphique, il a également publié plusieurs essais sur le sujet, dont « Calligraphie chinoise : initiation » (Fleurus, 1995). |
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Expert paléographe internationalement reconnu, Michel Castaing est mort jeudi 29 janvier, à l'Hôpital américain de Paris, des suites d'une infection pulmonaire. Il était âgé de 85 ans. Michel Castaing était né le 26 mars 1918 à Toulouse, berceau de sa famille paternelle, de Marcellin Castaing, écrivain, critique d'art, et de Madeleine Magistry, originaire de Chartres. L'histoire de l'art a retenu le nom de Madeleine Castaing : avec son époux, ils furent collectionneurs pionniers et principaux mécènes du peintre Soutine. La "petite Madeleine des décorateurs", comme on la surnommait avec affection et admiration dans le milieu de la décoration, aussi bien à Paris qu'à New York, où se trouve son portrait au Metropolitan Museum, peint par Soutine en 1928. Michel Castaing a partagé ses années de jeunesse entre Toulouse, où il fit ses études universitaires, et la propriété familiale de Lèves, commune suburbaine de Chartres. Cette belle demeure, construite au lendemain de la Révolution et qui servit de résidence d'été aux évêques de Chartres, était la propriété du grand-père de Madeleine Castaing, un journaliste ami d'Emile de Girardin. Elle en fit sa première uvre de décoratrice en mélangeant avec liberté et fantaisie les styles Restauration, Empire et Napoléon III. Un écrin posé dans un parc ombragé où les Castaing accueillaient leurs relations artistiques parisiennes. Particulièrement Soutine, qu'ils hébergèrent régulièrement de 1928 à 1939 et qui a peint, à Lèves et à Chartres, plusieurs de ses chefs-d'uvre. C'est dans ce milieu et ce lieu où Michel Castaing côtoyait Soutine, Modigliani, Picasso, Cocteau, Cendrars, Erik Satie, Jacques Guérin qu'est née sa vocation lorsqu'il recueillit, à l'âge de 15 ans, son premier autographe. Abandonnant son doctorat en droit, il cultiva sa passion tout en enrichissant sa collection d'autographes. Si bien que, lorsqu'il fut introduit auprès de Mme veuve Charavay, elle lui proposa, en 1944, de succéder à Jacques, Etienne et Noël Charavay en dirigeant la vénérable maison fondée en 1830, 3, rue de Furstenberg, à Paris, spécialisée en lettres, autographes et documents historiques. Lorsque la maladie le surprit, fin décembre 2003, Michel Castaing continuait de partager sa vie, depuis soixante ans, entre Paris et Lèves. Paris et son cabinet d'autographes, dont il avait conservé le décor d'origine, et la demeure de Lèves, témoin d'un temps passé et suspendu comme une évocation de Proust, l'écrivain préféré de sa mère. Mais le libraire paléographe s'était aussi attaché à conserver l'esprit de la maison Charavay en l'ouvrant aux chercheurs. L'expert, qui dirigea des grandes ventes publiques en France et à l'étranger, a contribué à enrichir les collections nationales. Le légataire de la collection des Soutine de Marcellin et Madeleine Castaing s'est acquitté des droits de succession par dation avec deux Soutine, dont Le Grand Enfant de chur, déposé au Musée des Beaux Arts de Chartres selon son souhait. Michel Castaing avait été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1990, à Paris, des mains d'Alain Decaux. C'est Emile Zucarelli qui lui avait remis, en 1998, les insignes d'officier à Lèves. Lèves dont il fut le maire estimé pendant trente ans et regretté quand il décida de se retirer en 1995. Michel Castaing aurait aimé faire une carrière politique. Il se revendiquait de la famille radicale de Clemenceau à Mendès France, mais c'était plus un état d'esprit qu'une appartenance. La dernière grande vente de Michel Castaing se fit dans le cadre de la dispersion de la bibliothèque du grand collectionneur Jacques Guérin, en 1998, qui comportait notamment des poèmes autographes annotés d'Une saison en enfer, d'Arthur Rimbaud, et La Lettre à Barasse, de Lautréamont, qui est en quelque sorte son testament littéraire. Michel Boudaud - LE MONDE le 5 Février 2004 |
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à Abdel Rahman Mounif D'un père saoudien et d'une mère irakienne, Mounif (1933-2004) a été déchu de sa nationalité saoudienne en 1963, et a longtemps vécu en exil, entre plusieurs pays arabes : Jordanie, Algérie, Yémen, Irak et Syrie ainsi qu'en France et en Yougoslavie. Certains de ses ouvrages ont été traduits en plusieurs langues, notamment en français et en anglais. En dehors de l'exposition, sous l'égide du département Littérature et art de la BNF, ces ouvrages sont consultables à la Bibliothèque. "Les villes de sel" (Moudoun al-Milh), "Les villes en noir" (Moudoun al Sawad) et "A l'est de la méditerranée" (Chark al-Moutawasset) figurent parmi ses livres les plus lus dans le monde arabe. Plusieurs de ses romans ont été traduits en français (chez Sindbad/Actes Sud) et en anglais mais la plupart de ses oeuvres sont interdites de publication dans plusieurs pays arabes, notamment dans les monarchies arabes du Golfe. 27/01/2004 - AFP |
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Une visite littéraire au château de Kynzvart ( Bohême )
par Vaclav Richter Le Congrès de Vienne qui a rétabli la paix en Europe, en 1815, après la chute de Napoléon, a été le chef-d'oeuvre diplomatique du prince Metternich. Cet aristocrate issu d'une vieille famille rhénane a réussi à recoller l'Europe brisée par les guerres napoléoniennes et à rétablir l'équilibre européen, tout en luttant contre les principes révolutionnaires qui surgissaient dans divers pays depuis la Grande Révolution française. Laissons aux historiens la tâche de juger la vie et l'oeuvre de ce chancelier autrichien qui a joué un rôle clé dans l'histoire européenne des premières décennies du XIXème siècle. Ce n'est pas Metternich - homme politique, mais Metternich - intellectuel et ami des livres, que je vous propose de présenter aujourd'hui. Je vous invite à une visite littéraire du château de Kynzvart en Bohême de l'Ouest, résidence préférée du chancelier, qui abrite encore aujourd'hui d'innombrables souvenirs de cet homme. L'objet de notre visite nous oblige de laisser à part la suite des salons meublés avec un goût exquis dans le style Empire et "Biedermeier" et ornés de portraits représentant les membres de la famille Metternich qu'on doit aux grands noms de la peinture du début du XIXème siècle - Sir Thomas Lawrence, Sir Joshua Reynolds, François Gérard etc. On y trouve aussi de nombreux objets d'art de grande valeur qui ont été offerts au prince Metternich par les puissants de son temps. Passons aussi à côté de la grande salle qui abrite une belle collection de statues en marbre blanc d'Antonio Canova. Nous n'allons nous arrêter qu'à la bibliothèque, une des plus importantes qui se soient conservées dans les demeures aristocratiques de Bohême. Elle compte 24 000 tomes, 160 manuscrits et 240 incunables. Les bases de cette bibliothèque ont été jetées déjà au XVIème siècle. Le noyau de la collection appartenait à l'archevêque Lothar von Metternich ayant vécu entre 1551 et 1623. Il a légué ses livres à ses neveux qui allaient acquérir par héritage le domaine de Kynzvart. Avec le temps, la bibliothèque s'enrichissait de nouvelles acquisitions et de dons précieux. Le chancelier Metternich, lui aussi, soignait bien sa bibliothèque. Après 1818, lorsqu'il a procédé aux travaux de remaniement du château, il a envoyé les livres à Vienne et ne les a réinstallés à Kynzvart qu'après la fin des travaux, dans une nouvelle aile du château, en 1835. Aujourd'hui, on trouve sur les rayons de vieux textes théologiques, des livres d'auteurs grecques et latins, des ouvrages d'histoire, des biographies, des livres sur la héraldique et la numismatique, mais aussi des ouvrages encyclopédiques, des livres sur la géographie, sur le droit, l'économie, les sciences exactes et évidemment sur la politique et la diplomatie, car le maître des lieux, le chancelier Metternich, était, comme on le sait, un des plus grands diplomates de son temps. On peut dire sans exagérer que chaque spécialiste trouvera ici des ouvrages susceptibles de l'intéresser. Il y en qui sont d'une grande valeur. Parmi les manuscrits du XIIème siècle il y a, par exemple, deux lettres de la main de saint Bernard de Clairvaux, on y trouve une "Histoire de France" richement illuminée du XIVème siècle, le manuscrit de la Chronique de Magdebourg, de 1525, source d'informations historiques souvent citées, ou bien, un manuscrit du célèbre dramaturge espagnol Lope de Vega. La bibliothèque abrite aussi une collection de quelque 8000 gravures anciennes de valeur. Je ne veux pas vous fatiguer avec une énumération sans fin des joyaux de la bibliothèque de Kynzvart et je vous propose de passer, pour terminer cette visite, dans le cabinet des curiosités qui fait partie des collections du château et qui ne manque pas non plus de souvenirs littéraires. Parmi d'innombrables petits objets réunis dans le cabinet on trouve un bureau assez usé et égratigné qui n'attirerait sans doute pas beaucoup d'attention si ce n'était pas le bureau d'Alexandre Dumas. Le célèbre romancier ne s'est rendu en Bohême qu'une fois, en 1866. Il n'a passé qu'une journée à Prague en visitant le palais Wallenstein, car il préparait un roman sur la Guerre de Trente ans, roman qui devait raconter les exploits du généralissime Albrecht de Wallenstein. En visitant Prague l'écrivain était accompagné par sa fille Marie Alexandre. C'est grâce à cette femme charmante qui était peintre et poétesse que les rapports entre la famille Dumas et la Bohême ne se sont pas arrêtés là. Elle a connu à Paris l'ambassadeur autrichien Richard Metternich, fils du célèbre chancelier. Une amitié tendre et discrète est née entre Marie Alexandre et le diplomate autrichien. C'est au nom de cette amitié que Marie Alexandre a enrichi la collection des curiosités de Kynzvart par des objets précieux ayant appartenu à son père. On y trouve aujourd'hui le fauteuil du romancier et son bureau sur lequel on déchiffre non seulement des notes et des signatures d'Alexandre Dumas mais aussi des vers écrits par sa main qui lui ont été inspirés par les beautés de Venise. On y conserve aussi d'autres reliques dont une canne et une arme de chasse ayant appartenu à l'écrivain et une moulure en plâtre des mains du romancier et de sa fille. Et ce n'est pas tout. La plus grande surprise pour les archivistes est venue relativement tard. En 1949, on a découvert dans les archives de Kynzvart 345 manuscrits d'Alexandre Dumas relevant pratiquement de tous les domaines de ses activités littéraires. Parmi ces documents il y a un fragment de sa propre version de la tragédie Roméo et Juliette. C'est Marie Alexandre qui, se souvenant de son grand amour pour Richard de Metternich, a décidé, avant sa mort, d'envoyer les manuscrits de son père, donc ce qu'elle possédait de plus précieux, dans ce château de Bohême. C'est grâce à elle qu'il y a aujourd'hui à Kynzvart une partie importante de la succession littéraire du père des Trois mousquetaires. Radio Prague. 2003 |
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Surchargée de valeurs mythologiques et religieuses, la Mésopotamie, carrefour des peuples, est la genèse du monde civilisé. Morte à plusieurs reprises, son héritage est pourtant vivant. Joseph Yacoub raconte. Il est des guerres qui détruisent, mais qui accélèrent la trame de lHistoire et modifient le cours de la pensée. Cette nouvelle guerre contre lIrak déclenchée le 20 mars, avec son déluge de feu et ses nombreuses dévastations, est venue attirer lattention sur un pays qui est à lorigine de la civilisation et à la source de notre mémoire, et qui regorge de richesses archéologiques et scripturaires aujourdhui menacées. LIrak revêt désormais un visage et la Mésopotamie nous devient familière. Pays aux trésors multiples Pays des Jardins suspendus, de la harpe sumérienne, des Taureaux ailés assyriens, des Lions de Babylone, des Mille et une Nuits (Schéhérazade, Aladin, Ali Baba et Sindbad le Marin), lIrak nest pas un désert comme le laisserait entendre lopération « Tempête du désert ». Contrée surchargée de valeurs symboliques, lIrak est la genèse du monde civilisé (Sumer et Akkad) et du monothéisme, une terre biblique par excellence, le pays du Talmud de Babylone et du royaume de Hatra, un berceau majeur du christianisme et des premiers débats christologiques, de la première aventure missionnaire dans le monde, la terre de lécriture cunéiforme et de la langue araméenne que parlait Jésus, un brillant foyer de la civilisation arabe abbasside en contact avec lInde et la Perse, un centre important de lislam et du chiisme, une référence historique en matière de dialogue des religions, et un vrai carrefour de peuples et de minorités variées en cultures et en croyances (Kurdes, Yézidis, Sabéens, Turkmènes, Assyro-Chaldéens, tribus nomades). Doit-on rappeler quAbraham (1850 avant JC), le père des croyants, est un Mésopotamien qui sortit dUr en Chaldée (située au sud de lIrak) et que Thomas lApôtre y prêcha lÉvangile ? Les Irakiens se considèrent, à juste raison dailleurs, comme les héritiers de ce patrimoine cinq fois millénaire et sestiment être en filiation directe avec ce passé. La civilisation arabo-musulmane La Mésopotamie fut conquise par les Arabes en 637 et devint musulmane. Ce pays de lislam vit éclore les premières écoles juridiques (celle de Abu Hanifa, 696-767), le soufisme et le mysticisme (al-Hallaj 857-922), de grands philosophes (notamment le courant rationaliste mutazalite) et poètes (Abu Nuwas, Bachar ibn Burd), de célèbres voyageurs et historiens de renom (al-Tabari 838-923 et le chiite al-Massoudi 893-956), des savants encyclopédistes (comme Ibn al-Haytham 965-1039), des confréries religieuses (comme celle fondée par le soufi Abdel Kader Gaylani, appelée la Kadiriyah). Il vit naître aussi le chiisme avec Ali assassiné en 661 et son fils cadet Hussein qui subit le même sort tragique le 10 octobre 680. Ils reposent à Najaf et Kerbala, deux sanctuaires situés au sud de lIrak. Bagdad, capitale de lEmpire abbasside (762-1258), symbole de lâge dor de lislam, fut édifié par le calife al-Mansour en 762 sous le nom de Cité de la paix. Le calife al-Mamoun (813-833) y fonda la Maison de la sagesse (Bayt al-Hikma), une Académie des sciences qui sest illustrée, en particulier, par ses traductions du grec à larabe, via le syriaque, de la pensée philosophique et médicale hellène. Le chrétien Hunayn Ibn Isaac y joua un rôle majeur. LAcadémie regroupait un million de documents. Forte dun million dhabitants, Bagdad fut un creuset du monde musulman sous lempereur Haroun al-Rachid (786-809), qui allait de lEspagne à lInde. Luniversité al-Moustansiriya date de quinze ans avant la Sorbonne. LIrak accueille huit des douze imams du chiisme et ses principales villes saintes (Kerbala, Koufa, Najaf, Samarra). Une ville comme Koufa est, par ailleurs, réputée pour sa calligraphie arabe dite koufique. La topographie de Bagdad et sa géographie religieuse sont, à elles seules, tout un symbole. Cité qui respire lhistoire, on y trouve beaucoup de lieux de culte, de grandes mosquées (celle de limam al-Adham), les tombeaux des 7e et 9e imams du chiisme (Kazimain), celui du grand poète Abu Nuwas (757-815), chantre du vin et du plaisir, du mystique al-Hallaj (1), qui fut supplicié, la sépulture de limam Abu Hanifa et de Zubayda. La Bible et la Mésopotamie La Bible est jalonnée de récits sur la Mésopotamie, pleins à la fois dangoisse et despérance, pour le bien comme le pire (voir Jérémie, Isaïe, Ezéchiel, Daniel, Jonas, Nahoum). Pays de pluralisme juridique, reconnaissant toujours des communautés et des droits coutumiers, la Mésopotamie octroyait aux juifs exilés à Babylone un statut légal reconnaissant leurs lois et coutumes et leurs règles familiales et personnelles. Ils témoignaient dun grand dynamisme. Le chef de la communauté avait le titre de Resh Galutha (terme araméen qui signifie chef suprême de la diaspora ou exilarque). Le livre denseignement le Talmud de Babylone (Talmud Babli) écrit en judéo-araméen à Babylone à partir du IVe siècle par Rabi Achi, le chef de lécole de Sura, et par ceux de lécole de Mahoza qui sert de référence canonique, juridique et morale est le commentaire le plus détaillé et le plus répandu de la Torah. Il sera largement commenté par Rachi. Par ailleurs, on a établi un parallèle entre la naissance et lenfance de Sargon, premier roi dAkkad (2450 av. JC) et Moïse. Tout au long de son parcours historique, la Mésopotamie contribua puissamment à la création, à lavancement et au progrès de la connaissance et de lorganisation humaine, tant en matière religieuse, philosophique, scientifique, politique, administrative et économique. Lorigine de la civilisation La religion mésopotamienne joua un rôle dans la proclamation du Dieu unique, idée effleurée par les Mésopotamiens. Des textes de sagesse rédigés mille ans avant Jésus-Christ par les Babyloniens, nous rappellent, par leur teneur, le christianisme. On a retrouvé des textes mésopotamiens relatifs à la Création et à lhistoire du Déluge, semblables aux récits de lAncien Testament. Il en est de même pour lastrologie, lastronomie, la théogonie, la cosmogonie, la littérature, la science des présages, la magie, les doctrines sur lau-delà, la divination, les hymnes, la législation, la médecine et bien dautres domaines, dans lesquels les Mésopotamiens ont apporté un savoir appréciable. Notons ici leur contribution en matière dorganisation politique où les différents codes sont des pièces maîtresses dans la manière dorganisation rationnelle du pouvoir. Na-t-on pas dit que ladministration commençait en Chaldée ? Hammurabi (1850 av. JC) nest-il pas un chef dÉtat et un législateur cité en modèle ? LÉpopée de Gilgamesh, ce long poème écrit au XVIIIe siècle av. JC, traite de la vie, de la mort et du devenir. Cette épopée, antérieure à LIliade et à LOdyssée dHomère, considérée désormais comme un des textes fondateurs de la culture occidentale, est entrée dans lenseignement de la philosophie en terminale. Civilisation de lintelligence et de la prévoyance, lécriture avait une grande importance pour les Mésopotamiens. Ils avaient un sens prononcé de la fixation de la pensée, de la transmission, de la durée et de la postérité. Des dizaines de milliers de tablettes et beaucoup de scribes ont consigné lhistoire de la Mésopotamie. La première bibliothèque publique a été instituée par le roi assyrien Assurbanipal (- 668/- 626). Ninive, qui jouxte Mossoul, comportait des dizaines de milliers de tablettes. - A voir la naissance de l'écriture en Mésopotamie : http://classes.bnf.fr/dossitsm/mesopota.htm Berceau des premières cités-États (Uruk, Larsa, Ur, Kish, Lagash, Nippur, Sippar), la Mésopotamie antique était une société structurée dotée de pouvoir dÉtat efficace avec un sens de lintérêt général. On a beaucoup écrit sur lapport de la Mésopotamie et son riche héritage mythologique et littéraire en ce qui concerne les récits relatifs à la création du monde et à lapparition de lhumanité, ainsi que dans le domaine de la codification du droit et de la responsabilité juridique, de la justice et de lorganisation rationnelle de la société. Quelques textes juridiques, qui visent à réglementer la vie civile, méritent, à ce propos, dêtre mentionnés comme les recueils de lois assyriennes et babyloniennes. Il est frappant de constater que les Mésopotamiens étaient animés dun fort sentiment religieux et leur pensée en était très imprégnée. Leurs ziggourats (tours élevées) étaient dédiées à la divinité. Ils avaient le sens de lAu-delà. Dailleurs, le Panthéon était très riche et varié. Environ trois mille dieux lhabitaient, avec de Grands-Dieux principaux, tels Anu, Marduk, Ishtar, Enlil, Ea, Nabu, Sin, Inana, Shamash, Assur, Hadad, Nergal, Ninurta... Pieux, ils avaient une représentation de la temporalité de lhomme enchâssée dans la divinité et incrustée demblée dans lunivers. Lautorité politique contrôlée Dautre part, contrairement à une idée largement véhiculée par lOccident qui considère lOrient comme une terre éternellement gouvernée par des despotes, la Mésopotamie limitait le pouvoir du prince par le service du peuple sous peine de se voir renverser par les dieux. Le paragraphe qui suit nous fait penser à lactualité et à la chute du régime tyrannique de Saddam Hussein : « Si un prince nobserve pas la justice, son peuple sombrera dans lanarchie, et son pays sera dévasté. Sil nobserve pas la justice de son pays, Ea, roi des destins, changera sa destinée et le poursuivra sans cesse avec hostilité. » Ce quil faut retenir de leur philosophie, cest que lhomme est un élément dun ensemble plus vaste et quil a des obligations juridiques, sociales et morales. Jean Bottéro, éminent assyriologue français, dit que les Babyloniens semblent tenir compte de la double finalité laïque et religieuse, en attribuant aux hommes aussi bien le devoir de lorganisation du monde que celui du culte liturgique. Il écrit : « En sorte quil nous faut reconnaître aux Sages de Babylone une doctrine notablement élevée du sens de la vie humaine : lhomme est fait pour le service divin et pour le perfectionnement de la nature. » En matière de sens et de finalité que les Assyro-Babyloniens avaient du droit, ce même auteur écrit : « On peut [ ] avancer sans crainte quavec les Romains, et bien avant eux, et peut-être plus queux, les Babyloniens et les Assyriens ont été, dans lAntiquité, le peuple le plus juriste de la terre : leur sens du droit et de la responsabilité juridique est véritablement étonnant. » Chrétiens depuis 2000 ans Par ailleurs, le monde a découvert, étonné, des chrétiens en terre dislam. Or en Irak, lÉglise nest pas une étrangère, et sa terre est emplie de lieux de culte et de monastères depuis 2 000 ans. Au nombre dun million (4 % de la population), ces chrétiens répètent à lenvi : « Nous sommes les premiers chrétiens dIrak, mais aussi les premiers Irakiens. » La région de Mossoul est truffée déglises et de monastères, où six rites sont célébrés. Quant à Bagdad, cest la ville aux cinquante églises. La présence chrétienne y est aussi vieille que le christianisme lui-même. Cest une religion autochtone et apostolique. À lappel de Dieu, le prophète Jonas fit le voyage de Ninive pour prêcher la repentance. Outre le jeûne des Ninivites (Jonas, 3, 1-10), salué par Jésus comme un signe fort (Matthieu, 12, 39-42 ; Luc, 11, 29-32), durant lequel les chrétiens dIrak font pénitence trois jours, les ancêtres des Irakiens, les « gens de Mésopotamie », furent témoins de la Pentecôte (Actes des Apôtres, 2-9). Après la naissance de Jésus à Bethléem, des notables et des astrologues issus de Mésopotamie, des « Rois mages dOrient » sont venus lui rendre hommage (Matthieu, 2, 1-2). Les chrétiens de Mésopotamie se font gloire davoir en Thomas lapôtre, le premier prédicateur en cette terre originelle du christianisme. En effet, dans la seconde moitié du premier siècle, saint Thomas y prêcha avec un autre apôtre Thaddée (connu en Orient sous le nom dAddaï), lequel était accompagné de deux disciples : Aggaï et Mari. Mar Addaï est considéré comme le bâtisseur de lÉglise de Babylone, du siège de Séleucie-Ctésiphon, premier centre de lÉglise dOrient. Mar Aggaï et Mar Mari lui succéderont à ce siège. Disciple et successeur dAddaï, Aggaï ordonna des évêques en Assyrie et en Chaldée. Compagnon dAggaï, Mari parcourut la Mésopotamie pour lévangéliser, fonda le siège de lÉglise de Kokhé, non loin de Bagdad. Les villes dArbèle, au nord de lIrak, et dAlqosh, près de Mossoul, seront chrétiennes dès le premier siècle. Elles devinrent très tôt des villes métropolitaines. Le Rayonnement universel Le premier des trois textes liturgiques servant pour les prières ordinaires de la messe assyro-chaldéenne, est lAnaphore (terme grec qui signifie élévation, utilisé pour la liturgie eucharistique) attribuée à Mar Addaï et Mar Mari, qui remonte aux origines de lÉglise. Le chant liturgique Lakh ou Mara (À Toi Seigneur), qui date du premier siècle, est considéré comme lun des plus anciens documents liturgiques connus à ce jour. Cette Église dIrak a connu une épopée missionnaire qui la conduit de Bagdad à Pékin, elle possède sa version de la Bible (Pshytta), et a rayonné dans tous les domaines du savoir religieux et profane. Elle a donné notamment Tatien (120-180), Bardesane (154-222), Aphraate (270-346), Narsaï (399-502) et Isaac de Ninive (VIIe siècle) qui sont de réputation internationale. Limaginaire occidental Comme Phénix, la Mésopotamie est morte à plusieurs reprises. Enfouie sous les décombres, il a fallu attendre 1840, grâce aux archéologues français et britanniques, pour retrouver les vestiges de Ninive détruite cruellement il y a 2 500 ans. En 1258, les Mongols avaient à leur tour mis à sac Bagdad avec la même cruauté. Chaque fois, elle fut ressuscitée de ses cendres et ses traces sont au musée du Louvre, au British Museum, au musée de Berlin et de Chicago. Mais en dépit de tout, il faut « défataliser », car son histoire est présente dans limaginaire et inscrite dans la mémoire de lOccident. (1) Lire le livre de Kebir M. Ammi, Évocation de Hallaj, Presses de la Renaissance, 190 p., 18 e La vision mésopotamienne de lhomme et du pouvoir Pour les Mésopotamiens, lhomme nest pas un être absolu ni le centre de lunivers. Cest un être limité tout en étant libre. Écoutons Gilgamesh : « Pourquoi prolonger ta douleur, Gilgamesh? Puisque les dieux tont fait de la chair des dieux et de lhumanité,Puisque les dieux tont fait semblable à ton père et ta mère,À un moment la mort est inévitable » Les récits assyro-babyloniens de la création affirment lévolution, la temporalité et la relativité de ce monde terrestre qui nait jamais à labri de soubresauts : « Parfois nous bâtissons une maison, parfois nous faisons un nid, Mais ensuite des frères la divisent dans lhéritage, Parfois lhostilité est dans le pays, Mais ensuite le fleuve monte, linondant de ses eaux. » Joseph Yacoub - Vendredi 8 août 2003 - Témoignage Chrétien. |
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Professeurs et conservateurs craignent une marchandisation de ces précieux documents et une flambée des prix empêchant les institutions publiques de les acquérir à des fins pédagogiques. Plutôt habitués à lombre des bibliothèques, les papyrologues sinquiètent du soudain intérêt porté à lobjet de toutes leurs études. Ils sémeuvent surtout des sommes déboursées pour ces manuscrits fabriqués par les anciens Egyptiens à partir dune plante poussant sur les bords du Nil et témoins de cultures antiques : du simple contrat de vente au texte religieux. Lors dune vente aux enchères à New York le 20 juin dernier, un acheteur inconnu a mis sur la table pas moins de 400.000 dollars pour un papyrus datant du IIIe siècle après Jésus-Christ et portant un beau passage en grec du chapitre 8 de lévangile de saint Jean (1). "Insensé", "ridicule", "choquant" : les commentaires ont fusé chez les spécialistes qui, pour beaucoup nauraient pas mis la moitié de cette somme. Plus de trois millions de dollars Tous craignent que cette vente donne des idées aux spéculateurs jusqu'alors peu intéressés par ces pièces. Les papyrus pourraient finir au fond de coffres et leurs nouveaux propriétaires préférer lanonymat. Or, rappellent les spécialistes, avant d'être des objets de valeurs, il s'agit avant tout de sources indipensables aux chercheurs et étudiants. En théorie, rien n'empêche les bibliothèques publiques ou les musées de sen porter acquéreurs et d'en garantir laccès. Mais, leurs caisses sont souvent vides et la tentation serait plutôt de se défaire de ces documents à bon prix. Cest ce qua fait le propriétaire du papyrus vendu 400.000 dollars. Confrontée à une dette de 4 millions de dollars, la Colgate Rochester Crozer Divinity School (CRCDS, New York) a chargé Sothebys de vendre au plus offrant le fragment de lévangile de saint Jean. Dans le lot également : une trentaine dautres papyrus, des tablettes en cunéiforme et quelques livres rares. Au total, lopération a rapporté 3 311 280 dollars, en ce compris la commission de la maison de vente. "Jamais un gentleman..." Dans cette affaire, les paléographes sont dautant plus en colère que les papyrus avaient été donnés en cadeau. Dans les années 1920, lEgypt Exploration Society de Londres avait souhaité remercier lancêtre de la CRCDS pour sa contribution aux opérations de fouilles à Oxyrhynchus, petit village à 160 kilomètres au sud-ouest du Caire où furent découverts les papyrus entre 1893 et 1908. Pour les papyrologues, pas de doute : il aurait été de bon ton de restituer les documents au donataire ou, à la limite, de les vendre à une bibliothèque publique mais sans passer par une vente aux enchères. Las, rien juridiquement, ne pouvait imposer cette solution. "A l'époque, jamais un gentleman naurait envisagé de vendre le cadeau quil aurait reçu", déplore Adam Bülow-Jacobsen, professeur émérite de papyrologie à luniversité de Copenhague (Danemark). Autre temps, autre moeurs. Autres techniques aussi : avant d'être vendus, les papyrus dOxyrhynchus ont été numérisés et stockés sur Internet. Voir sur le site : http://www.atla.com/digitalresources/. "Le problème le plus important, fait remarquer le professeur Robert Kraft, concerne des documents qui doivent encore être étudiés." Car, explique ce spécialiste des religions à luniversité de Pennsylvanie (Etats-Unis), "pour les chercheurs, le mystère qui entoure des pièces non encore publiées a bien plus dattrait que la renommée dun document déjà déchiffré et édité." (1) (Oxyrhynchus Papyri, n°1780). Le 15 juillet 2003 - TF1 Infos - Par David STRAUS |
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CITE DU VATICAN (Reuters) - Les amoureux de la langue latine seront heureux d'apprendre la publication cette semaine d'un nouveau dictionnaire moderne du latin, qui reste la langue officielle du Vatican et de l'Eglise catholique, destiné à faciliter la traduction de termes inconnus dans l'Antiquité romaine. Cet ouvrage, le "Lexicon Recentis Latinitas" (dictionnaire des latinités récentes), commercialisé au prix de 100 euros, possède toutefois peu de chances de devenir un succès de librairie, un "best-seller" comme on dit de nos jours, ou plutôt un "liber maxime divenditus", comme l'aurait peut-être dit Jules César ou Cicéron. Les institutions judiciaires internationales, une innovation de l'ère moderne, y occupent une place toute d'actualité. On dira ainsi non pas FBI (le Federal Bureau of Investigations américain), mais "officium foederatum vestigatorium". De même, la police internationale Interpol gagnera à être appelée "publicae securitatis custos internationalis". Les termes techniques ne sont pas oubliés. Le régime de boîte de vitesses surmultiplié des automobiles, couramment désigné par l'anglicisme "overdrive", laisse la place à l'expression "instrumentum velocitati multiplicandae". Les correspondants de guerre "intégrés" ou "embarqués" (de l'anglais "embedded") dans des unités militaires américaines lors de la guerre en Irak seront heureux de savoir que leur instrument de travail principal, le visiophone, s'appelle en latin un "telephonium albo televisifico coniunctum". Les zélés latinistes du Vatican n'ont pas négligé les tourments qui agitent le sport contemporain. Le mot "dopage" pourra être traduit par "usus agonisticus medicamenti stupecfactivi". En ces temps de grève des transports et d'embouteillages, les automobilistes immobilisés dans les bouchons pourront se consoler en récitant par coeur la bonne traduction du terme "heures de pointe": "tempus maximae frequentiae". (Reuters) |
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CITE DU VATICAN, Mercredi 16 avril 2003 ( ZENIT.org ) - Fermée depuis dix ans, lancienne bibliothèque des jésuites à Shanghai va rouvrir ses portes, indique Eglises d'Asie, l'agence des Missions étrangères de Paris, dans son bulletin n° 373 ( eglasie.mepasie.org ). Fondée en 1867 par des jésuites français, lancienne bibliothèque catholique de Xujiahui (1), à Shanghai, va rouvrir ses portes au public en mai prochain, après une fermeture de dix ans. Placée en 1956 sous la tutelle de la Bibliothèque de Shanghai, aujourdhui la plus importante bibliothèque publique de Chine populaire et lune des dix principales bibliothèques au monde, la Bibliothèque de Xujiahui rassemble des collections rares et précieuses en chinois et en langues étrangères, relatives, entre autres, à la présence chrétienne en Chine. Selon Li Tiangang, professeur de religion à luniversité Fudan de Shanghai, les chercheurs attendent avec impatience la réouverture de cette bibliothèque, considérée comme la plus ancienne bibliothèque privée de lhistoire chinoise contemporaine, i.e. depuis la guerre de lopium de 1839-1842 et louverture forcée de la Chine aux puissances impérialistes occidentales. Les actuels bibliothécaires de Xujiahui ont mis à profit la fermeture, décidée au début des années 1990 du fait des travaux menés dans le quartier pour la construction du métro, pour entreprendre lindexation des centaines de milliers de livres et documents présents dans les rayonnages, recensés une première fois au début des années 1900. Le bâtiment de deux étages, édifié en 1867, a également été rénové durant ce long laps de temps. Fondée par les jésuites pour accueillir et aider leurs pairs venus étudier la société chinoise, la bibliothèque compte dans ses collections un exemplaire du dictionnaire français-latin-chinois compilé en 1813 sur ordre de lempereur Napoléon par le sinologue français Joseph de Guignes. Parmi ses raretés, on trouve une carte indiquant lemplacement des missions catholiques dans le Jiangsu entre 1840 et 1920. A côté des ouvrages relatifs au christianisme, présents en nombre, existe une importante collection douvrages sur la culture chinoise, telle cette traduction en latin des Maximes de Confucius, traduction réalisée au XVIIe siècle par les jésuites Prospero Intorcetta et Ignacio da Costa. Après avoir quitté Pékin à la suite de sa dissolution par le pape Clément XIV en 1773, la Compagnie de Jésus avait repris pied en Chine à la fin des années 1830, les jésuites sinstallant à Xujiahui en 1849, sept ans après leur arrivée à Shanghai. A lépoque, Xujiahui était située en zone rurale, au sud-ouest de la ville. En 1953, le pouvoir communiste a confisqué les bâtiments comprenant la résidence des jésuites et la bibliothèque, avant, trois années plus tard, de placer les collections de celle-ci sous la responsabilité de la Bibliothèque de Shanghai. Selon Kwun Ping-hung, chercheur et spécialiste de lEglise catholique en Chine, natif de Shanghai mais basé aujourdhui à Hongkong, le fait que la Bibliothèque de Xujiahui ait été placée sous la houlette de la Bibliothèque de Shanghai a permis de sauver ses collections de la furie destructrice des Gardes rouges lors de la Révolution culturelle (1966-1976). Aujourdhui, cependant, Mgr Jin Luxian, évêque « officiel » de Shanghai, qualifie de « grande perte » le fait que lEglise na pas pu retrouver la propriété de cette institution. LEglise est bien parvenue à récupérer les bâtiments des églises mais pas ses anciennes écoles, hôpitaux et autres institutions, déplore-t-il. Après la Révolution culturelle et la mise en place des réformes initiées par Deng Xiaoping, la Bibliothèque de Xujiahui nétait ouverte quà un petit nombre de fonctionnaires et à quelques chercheurs autorisés. Selon un porte-parole de la Bibliothèque de Shanghai, sa réouverture permettra un accès beaucoup plus large du public à ses collections, même si des règles strictes seront mises en place pour restreindre laccès aux manuscrits et ouvrages anciens et fragiles. Le micro-filmage des collections se poursuit, a encore précisé le porte-parole, ajoutant que les collections chinoises seront déménagées à la Bibliothèque de Shanghai. Resteront sur place quelque 560 000 ouvrages publiés avant 1949 en une vingtaine de langues, dont 2 000 édités entre 1515 et 1800. (1) Outre la bibliothèque, Xujiahui (Domaine de la famille Xu, Zikawei en shanghaïen) est le nom porté par la cathédrale Notre-Dame de Shanghai. Le lieu Xujiahui est associé à Xu Guangqi, célèbre lettré baptisé sur place en 1603 et qui avait choisi Paul comme nom chrétien. Né en 1562 à Shanghai, Xu Guangqi, dabord modeste enseignant dans le sud du pays, gravit peu à peu léchelle mandarinale pour devenir chef du Bureau des Rites et membre du Conseil dEtat de la dynastie Ming. Passionné par les sciences naturelles, les mathématiques et lastronomie, il rencontra le missionnaire jésuite Matteo Ricci et devint lun de ses collaborateurs, contribuant à la traduction en chinois de nombreux ouvrages scientifiques. Il se convertit au catholicisme. En 1634, ses restes furent inhumés à Xujiahui, une croix étant plantée à côté de la pierre tombale chinoise traditionnelle. Il y a quelques années, la municipalité de Shanghai a fait rénover sa tombe, débaptisant le Parc Nandan où elle se trouve en Parc Guangqi et y érigeant un buste en sa mémoire. © EDA - ZF03041610 |
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L'Université d'Ottawa participe à un important projet de numérisation de livres rares en partenariat avec l'University of Toronto. D'ici environ trois mois, toute personne ayant accès à Internet pourra, en passant par le site Web du Réseau de bibliothèques www.biblio.uottawa.ca ou par le site www.archive.org , avoir accès à une panoplie de livres rares, certains vieux de plus de 500 ans. "Cette initiative favorisera grandement l'accès à ces sources documentaires", affirme M. Tony Horava, coordonnateur des collections aux bibliothèques au site spécialisé : www.bibliorare.com Selon lui, « la création d'un centre d'archives virtuel , accessible à tous, permettra de réduire plusieurs contraintes physiques qui empêchent parfois les gens de venir consulter sur place les documents d'archives. Les quelques 500 livres rares envoyés pour fin de numérisation seront non seulement disponibles 24 heures sur 24 sur Internet, mais ils pourront également être imprimés en totalité et gratuitement par tous les utilisateurs ». L'appareil qu'utilise la University of Toronto pour numériser les livres rares qu'elle reçoit est le seul du genre au Canada et on n'en compte que quelques-uns dans le monde entier. M. Horava croit donc qu'emboîter le pas avec les autres universités internationales participantes dix en tout reflète un des mandats de l'université d'Ottawa, c'est-à-dire d'exploiter le potentiel des nouvelles technologies afin de mieux servir la communauté étudiante comme le grand public. Numériser pour sauver les livres du Mali : l'uvre du CCL 15.000 manuscrits témoins de plusieurs siècles d'histoire sont menacés de disparition dans la wilaya d'Adrar, dans le Sud algérien : une institution unique en France, le centre de conservation du livre (CCL) d'Arles, s'est fixé pour mission de les sauver des sables. Grâce entre autres à la numérisation ! Le site www.bibliorare.com explique : "Depuis 1998, le CCL offre son "assistance technique" en "formant les populations locales. La région, peuplée à l'origine de berbères Zénètes avant d'accueillir populations noires, juives et tribus arabes par vagues successives jusqu'au 15 ème siècle, est au coeur de la route des caravanes, d'or, de sel, d'esclaves : autant d'échanges commerciaux Nord/Sud et Est/Ouest qui s'accompagnent d'échanges culturels, raconte Saïd Bouterfa, spécialiste algérien des manuscrits du Sud, dans un ouvrage sur la mission Manumed-Algérie. Les précieux textes, conservés dans une trentaine de "bibliothèques privées", appelées "Khizanas" - souvent de simples pièces prenant l'eau, dotées dans le meilleur des cas d'une armoire - se trouvent pour beaucoup dans un état de dégradation avancée. Ces manuscrits - des documents religieux (Coran et commentaires), scientifiques (traités d'astronomie, de mathématiques), des ouvrages de droit, de poésie, des chroniques locales primordiales pour les historiens - sont menacés par le temps, la chaleur, l'abrasion du sable, les insectes... L'objectif du CCL, en coordination avec l'Institut de bibliothéconomie de l'université d'Alger, a donc été de former les locaux. "Ils sont chargés de rassurer les propriétaires, de les conseiller sur la conservation, d'effectuer le catalogage des collections", explique Bruno Marty. Un laboratoire leur permettant d'effectuer des travaux de restauration, de microfilmer et de numériser les documents est en cours d'installation." Dossier réalisé par Jean de Chambure, pour l'Atelier. (Atelier - groupe BNP Paribas - 17/06/2005) |
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Une sélection dans les collections belges, du 5 décembre 2003 au 25 avril 2004. Quelque 150 pièces provenant de collections belges seront, pour la première fois, rassemblées et présentées au public. A ce jour, aucune étude systématique n'a été entreprise sur ce qui existe dans notre pays dans ce domaine . De même, jamais aucune exposition en Belgique n'a été consacrée à l'art de l'Islam dans son ensemble. Au Benelux, la seule collection qui en donne un aperçu cohérent et global est celle du Musée du Cinquantenaire, mais elle est inaccessible depuis 1993. L'exposition a pour but d'attirer l'attention sur les richesses insoupçonnées que recèle notre pays en matière d'art islamique. Elle veut aborder l'époque et les circonstances dans lesquelles les oeuvres d'art sont arrivées chez nous selon trois axes principaux: découvertes de terrain, objets conservés dans le cadre du culte médiéval des reliques et pièces issues de collections constituées aux XIXe et XXe siècles. Le centre même de la manifestation est l'art de l'Islam proprement dit et le choix opéré s'est porté sur les pièces pour lesquelles nous disposons de renseignements suffisants. La période envisagée s'étend de 600 à 1800 après J.-C. et les régions concernées sont celles situées au centre de l'Islam, soit de l'Espagne à l'Inde, en mettant l'accent sur l'Iran, l'Égypte, la Syrie, la Turquie et l'Espagne. Le Maghreb sera également représenté par quelques exemples. Les pièces proviennent des Musées roya |