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Livres des XV

e

et XVI

e

siècles

Livres des XV

e

et XVI

e

siècles

8155/36

9.

COPERNIC (Nicolas) - RHETIKUS (Georg Joachim).

De Revolutionibus orbium cœlestium, Libri VI.

Bâle : Heinrich Petri, septembre 1566.

— In-folio, (6 ff.), 213 ff. Basane marbrée, filet doré en encadrement sur

les plats, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (

reliure du XVII

e

siècle

).

40 000 / 50 000 €

Houzeau & Lancaster 2503. - Gingerich,

An annotated Census of Copernicus’ « De revolutionibus » (Nuremberg, 1543 and

Basel, 1566),

II.305.

SECONDE ÉDITION DE L’UN DES PLUS IMPORTANTS LIVRES SCIENTIFIQUES DE TOUS LES TEMPS, la

première contenant le

Narratio prima

de l’astronome Georg Joachim Rhetikus (1508-1579).

Cette œuvre remarquable de Copernic a été révolutionnaire car elle annonçait la fin de l’ère du Cosmos, du monde

fini, qui perdurait depuis l’Antiquité. Copernic y refaisait totalement la théorie des sphères célestes, et proposait

des démonstrations et des constructions géométriques totalement nouvelles, reprenant le modèle héliocentrique

qu’Aristarque avait annoncé déjà au III

e

siècle avant notre ère mais qui était resté sans écho, en opposition au modèle

géocentrique prôné notamment par Ptolémée. Dibner n’hésitait pas à qualifier cet ouvrage de « The earliest of the

three books of science that most clarified the relationship of man and his universe (along with Newton’s

Principa

and

Darwin’s

Origin of Species

) » (Dibner,

Heralds of science

).

L’édition originale parut en 1543, à la veille de la mort de l’auteur. Cette publication put avoir lieu grâce, notamment, à

un jeune savant allemand du nom de Rhetikus qui, désireux d’en savoir davantage sur le modèle cosmologique proposé

par Copernic, vint à la rencontre de ce dernier en 1539 et séjourna 3 années à Fromborck pour lire le manuscrit du vieux

savant polonais. En 1541, Rhetikus reçu enfin l’autorisation de Copernic de faire imprimer son travail et de confier le

manuscrit à l’imprimeur Johannes Petreius de Nuremberg. Appelé pour une affaire urgente qu’il devait régler à Leipzig,

ou fâché avec Copernic, Rhetikus demanda à Andreas Osiander de superviser la publication à sa place. Celle-ci vit le jour

au printemps 1543. Osiander composa pour l’occasion une préface qui aurait déplu à Copernic, destinée notamment à

apaiser les éventuelles critiques, présentant l’œuvre du savant astronome comme purement théorique.

Cette seconde édition de 1566 reprend l’originale de 1543, y compris la préface d’Osiander, augmentée du

Narratio

prima,

ou

Premier rapport

, de Rhetikus. Ce texte est un exposé des idées de Copernic. Il parut tout d’abord en 1540 et

c’est dans cette édition qu’il se retrouve pour la première fois réuni au grand traité de Copernic. L’imprimeur Petri a

également ajouté à la fin de l’index une recommandation de l’astronome Erasmus Reinhold (1511-1553), collègue de

Rhetikus, saluant le travail de Copernic. En outre, les fautes qui étaient relevées sur un feuillet d’errata dans l’originale

de 1543, n’ont pas été corrigées.

L’édition comprend de nombreux schémas dans le texte et plusieurs tableaux.

Dans son recensement des éditions de 1543 et de 1566, Owen Gingerich, qui fait autorité concernant le

De Revolutionibus

,

a situé 317 exemplaires de cette deuxième édition, ce qui la rend à peine moins rare que la première.

Exemplaire bien complet du dernier feuillet portant la marque de l’imprimeur.

Reliure restaurée, traces d’épidermures sur les plats, deux coins émoussés. Petit travail de ver sur le haut des premiers

feuillets, plusieurs feuillets roussis et tachés comme souvent, quelques mouillures. Titre restauré avec notamment

un rajout dans la marge inférieure et sur un côté avec atteinte à quelques mots au verso. Le texte manquant a été très

habilement remplacé à l’aide d’un morceau de feuillet provenant d’un autre exemplaire. Habiles et discrètes restaurations

de papier à plusieurs feuillets et plus grossières dans la marge supérieure des feuillets Dd

1

, Dd

2

, Dd

3

et Dd

4

. Large

déchirure avec manque dans la marge du feuillet n

2

, sans atteinte au texte.

Provenance : ex-libris héraldique (XVIII

e

siècle) sur les deux contre plats. Une note précise qu’il s’agit du « Fer d’un

membre de la famille Le Moyne de Margon (Languedoc) ».

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