36
Maurice Renaud (Beckmesser). Cette œuvre était particulièrement chère à Taffa-
nel qui, après l’avoir découverte à Bayreuth en 1892, la proposa au directeur de
l’Opéra Pedro Gailhard. Cet ensemble de notes et de correspondances reflète le
soin apporté à la préparation de cette représentation qui rencontra un vif succès
et marqua les esprits. Taffanel s’est entre autres longuement renseigné sur les
traditions de Bayreuth, sur le déroulement des répétitions et des représentations
et sur les arrangements des œuvres de Wagner, ainsi que nous l’indique sa corres-
pondance avec ses contacts dans le « temple de Wagner » et les nombreuses notes.
–
3
brouillons
autographes de lettres à Gustav
F
ridrich
, violoniste de l’orchestre
de Bayreuth, demandant des détails sur la partition de la
Walkyrie
, les répéti-
tions et les représentations de Bayreuth, la façon de faire étudier et de conduire
de
R
ichter
et de
M
ottl
, « des points de détail, d’exactitude d’exécution », avce
citations musicales de passages incorrects ou problématiques, regrettant que les
partitions de Wagner en vente soient pleines d’incorrections : « Il me semble
que Wagner mériterait qu’on le traitât en Allemagne avec autant de respect que
Bach ou Beethoven ont été traités »… – 6 L.A.S. de Gustave
F
ridrich
adressées
à Taffanel (une incomplète et 2 écrites avec son beau-frère Édouard
R
isler
, qui
travaillait alors comme répétiteur à Bayreuth [Taffanel souhaitait le faire venir
travailler à l’Opéra]). Le violoniste se tient la disposition de Taffanel pour lui
fournir tous les renseignements dont il pourrait avoir besoin sur l’exécution des
quatre œuvres de Wagner.
3 juillet 1896
, renseignements sur la
Walküre
, avec
citations musicales : « J’assiste à toutes les répétitions au piano et je cause souvent
alors avec Mme Wagner »… En réponse au « petit questionnaire »
[le 15 juillet
1896], il émet plusieurs observations faites lors de la répétition avec Félix
M
ottl
,
à qui il a soumis, ainsi qu’à Richter, les fautes relevées par Taffanel, désormais
corrigées « dans le Temple de Wagner »… Risler prend la plume et ajoute à la suite
« deux changements faits par Wagner en 76 à cause de la clarté des paroles ; c’est
(partition piano) page 174 et page 185 [ici quelques mesures] », puis il annonce
que Mottl donnera en septembre à Karlsruhe une série de représentations, dont
les
Maîtres Chanteurs
… Fridrich détaille dans plusieurs courriers l’organisation des répétitions : « C’est
R
ichter
qui monte tout. Mottl
fait généralement les répétitions au clavier et il est étonnant pour cela, il conduira ensuite un ou deux cycles. C’est inouï de pouvoir
monter quatre ouvrages en si peu de rép[étitions]. Mais les éléments sont parfaits et la plupart des musiciens ont déjà joué ces ouvrages
et Richter les connaît par cœur. Il a une grande concision et une grande netteté dans ses observations, il ne perd pas une minute. Il a
une sûreté, une précision remarquables. Très sobre de gestes, toujours calme, dans les plus grands
forte
pas le plus petit mouvement
excentrique. […] Il exige beaucoup, il obtient tout ce qu’il veut »… Il a eu le plaisir d’entendre Lilli
L
ehmann
en répétition privée… Il
partage des considérations sur la disposition de l’orchestre à Bayreuth qui ne convient pas selon lui à l’interprétation de la
Tétralogie
,
etc. – 6 L.A.S. du traducteur Alfred
E
rnst
(avec 2 brouillons de Taffanel), sur sa traduction, et répondant longuement lors des représen-
tations de Bayreuth à des questions de Taffanel, avec de nombreux exemples musicaux… – Nombreuses notes autographes de Taffanel
sur 2 petits carnets et des feuilles éparses (qqs à en-tête
de l’Opéra), la plupart au crayon : notes de répétitions,
deux mesures au crayon sur un morceau de papier à
musique, corrections, précisions à demander à Fridrich
et Risler, « points douteux », « indications à mettre sur
ma partition », indications des coupures, coups d’ar-
chet, liste des interprètes, programme des répétitions,
dates des congés des artistes, entrées d’orchestre pour
la répétition générale, etc. Plus un petit carnet avec les
thèmes musicaux. – Quelques lettres de divers corres-
pondants (H. Eichel, G. Hartmann, Antoine Lascoux,
Ad. Sax fils, etc.). – Brouillons de réponses de Taffanel
à des critiques. – Documents imprimés : mise en scène
reprographiée de
Pantomime
de la Scène 1
ère
, brochure
les Maîtres chanteurs
(supplément du journal
Le Monde
lyonnais
, impr. Lavaissière), petit programme de
L’Illus-
tration
.
Tristan und Isolde
(14 décembre 1904). – Carnet
autographe de Taffanel et 2 ff. de notes, pour les
corrections, les répétitions… – 6 longues L.A.S. du
traducteur Louis de
F
ourcaud
, à propos du livret et de
la partition en français, avec exemples musicaux. – 3
L.A.S. d’Antoine
L
ascoux
, et une lettre de l’éditeur
Breitkopf & Härtel.




