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BEAUX-ARTS
1.
BEAUX-ARTS
. 22 L.A.S., XIX
e
-XX
e
s.
200/250
Léon
B
onnat
, Aglaüs
B
ouvenne
, Félix
B
racquemond
(à Bonvin), Pierre
C
abanel
, Charles
C
haplin
(3), Georges
C
lairin
(sur sa carte
de visite), Marcellin
D
esboutin
, André
D
evambez
, Henri
G
ervex
, Louis
L
eroy
(2), Émile
L
évy
(à Emma Dobigny), Jules
M
armottan
,
Ernest
M
eissonier
(2), Alphonse de
N
euville
, Alcide
R
obaudi
, Victor
S
chnetz
, Paul
V
allotton
(à Gernez).
2.
Hans BELLMER
(1902-1975). L.A.S., Castres 5 janvier 1945, à Joe
B
ousquet
; 1 page in-4, enveloppe.
500/600
La façon chaleureuse dont Bousquet l’a reçu lui fait regretter que les hasards de la débâcle ne l’aient pas placé à Carcassonne au lieu de
Castres. Il n’a pas osé lui dire que sa vie était affreuse : « je me demande si cela n’était pas indiqué d’aller à Carcassonne pour quelques
semaines, pour y “faire du portrait”. Car à mes soucis s’ajoute celui de l’argent que je dois sans cesse gagner en faisant la “photo à la
main”, comme disent les paysans à juste titre. Malheureusement je me suis assez mal porté, l’autre jour à Carcassonne, de façon que je
n’avais pas le moindre courage pour me faire un peu l’article. – En y revenant, je devrais exposer quelques portraits dans la vitrine d’une
librairie par exemple, je devrais être introduit dans quelques familles, etc. […] Vous recevez tant d’amis : l’un ou l’autre, par hasard,
serait peut-être disposé de s’occuper un peu de moi ? Chaque ligne de cette lettre commence par un “Je”. J’en suis désolé, car notre
conversation a touchée à tant de questions d’intérêt objectif qui auraient voulu une suite »…
3.
Hans BELLMER
. L.A.S. « H.B. », [Castres] 20 juin 1945, à Joe
B
ousquet
; 2 pages in-4 sur papier orange, enveloppe.
500/700
Tout change éternellement d’aspect, irrémédiablement : « Cette vente de tableaux prend une allure considérablement plus modeste.
L’acheteur, de retour de Paris, d’après ce qu’il me fait dire, n’a pas eu le nombre voulu de billets nouveaux. Il pourra acheter seulement
une chose (pour 50 000 frs). – Eh bien, la joie est réduite »… Et il ne sait que faire de sa femme, qui réclame des vacances en Alsace avec
les enfants : « Son télégramme était une insolence », et ses promesses témoignent seulement de « son goût inné de la traîtrise, de la joie
de la trahison »… Il donne des nouvelles de leurs relations littéraires et artistiques : André Breton, Gaston Puel, jeune poète d’Albi, Loïze
Paulin, Tristan Tzara, et du projet d’une édition illustrée de
La Sorcière
de Michelet : « Les “Quatre Vents” veulent maintenant que je
fasse des gravures originales à la pointe sèche sur cuivre pour
La Sorcière
en m’offrant le même honoraire (40 000 frcs) et en avouant
candidement que cela leur ferait une économie de 100 000 frcs environ (les frais de reproduction en héliogravure) »… Cependant
La
Fiancée du vent
l’a accompagné pendant son voyage : « ainsi, avec vous, j’étais moins abandonné. J’ai un faible immédiat pour ce livre
qui était peut-être votre première publication. Il a un “goût” auquel je ne résiste pas et j’aimerais obtenir de M. Cazanave un bout de
dessin qui devrait s’ajouter à la reliure »…
4.
Hans BELLMER
. 2 L.A.S., Castres 5 et 10 juillet 1945, [à Joe
B
ousquet
]
; 6 pages in-8.
800/1 000
5 juillet
,
belle
lettre
sur
la
couleur
: « Elle est chez moi comme la très belle femme toujours, éternellement aimée, à
l’exclusion
de la déception, bref : une promesse. Le frou-frou, le coup de la jarretière, le sourire du “peut-être”. D’ailleurs rien ne m’oblige de
m’en occuper sérieusement. Mais s’il m’était donné de revivre, je m’en occuperais quand même. […] Un jour dans un bordel parisien
de première qualité et un autre jour plus récent devant un lapin écorché, j’ai très bien su qu’il y a des ravissements qui échappent à
l’exploitation seule de la forme et de la matière. » Son infirmière en regardant avec lui les reproductions de l’Album lui a demandé si
cela représente des maladies : « Le point pourriture et maladie est d’ailleurs à retenir dans l’anatomie, comme celui de la mode ». Il est
las de ne pouvoir travailler et de cette vie vide, et se réjouit des visites des « jeunes d’Albi, avec Gaston
P
uel
» : ils parlent d’une revue
Rimes et Raisons
: « Ils n’ont pas d’expérience et pas d’horizon. De ma façon glacialement enthousiaste et intransigeante, je peux leur
être utile – peut-être »…
10 juillet
: il est seul avec sa fille Doriane qui est malade et dont il s’occupe malgré sa « paresse physique ». Il a reçu le n° 1 de la
Revue
des Quatre Vents
, évoque l’article de Parrot sur Scutenaire dans
Les Lettres Françaises
, celui de
P
aulhan
sur son prix de littérature
de l’Académie
française.etson étude sur
S
ade
. Il n’a plus de nouvelles des frères Berger et se désespère : « Que j’en ai assez – ! Que
j’envie Rimbaud, Joseph Vacher, etc… Leur vie était brillante, consciente, – cela ne trébuchait pas dans les inconsciences opportunes,
dans les arrangements […] et de la volonté
d’avoir une peu de gentillesse
autour de leur moi. Ils n’avaient pas le temps de solliciter
cette “gentillesse”, cette chaleur humaine. Ils ne connaissaient personne. » Il redoute le retour de sa femme Marcelle, dont il souhaite
divorcer : « Je n’en peux plus. Ce suicide moral et artistique ne peut plus durer »…
5.
Hans BELLMER
. 9 L.A.S., Castres ou Carcassonne 1945, à son ami l’éditeur Henri
P
arisot
; 17 pages in-4, sur papier
rose ou jaune.
2 500/3 000
I
ntéressant
ensemble
sur
ses
projets
éditoriaux
,
notamment
L
es
J
eux
de
la
P
oupée
.
Castres
1
er
mars 1945
. Remerciements pour ses démarches auprès de Caillet et de la concierge de son ancien appartement. « C’est chez
Mr. Berger (Roger) que j’avais casé
tous mes négatifs
etc. Si la maison est entièrement détruite, je ne saurais que faire pour éditer les
Jeux
de la Poupée
. – Refaire les choses à la main, à l’huile, d’après les photos existantes. – Je suis désolé de la mort de Maurice
H
eine
»… Il
collaborerait avec plaisir aux publications de Parisot, et demande des consignes pour la collection de plaquettes surréalistes, proposant
de mettre au courant Breton, Ernst, Tanguy, Magritte, etc. Lui-même travaille à sa
Petite Anatomie de l’inconscient physique
, ou
Anatomie
de l’image
: « Le texte – du surréalisme scientifique – sera accompagné d’une trentaine de dessins au trait »…
16 mars.
« L’idée de faire
des dessins pour
La Sorcière
de
M
ichelet
ne me déplaît pas du tout, au contraire ! J’ai lu ce livre il y a deux ou trois ans à Castres et il
m’en reste une impression assez forte. (La seule chose à dire : j’aurais préféré
Les Infortunes de la vertu
) »… Suit une discussion serrée
… / …




