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26.

Emmanuel CHABRIER

. L.A.S. « Emmanuel », [Bruxelles] Dimanche [7 mars 1886], à sa femme ; 3 pages in-8. 400/500

L

ors des répétitions de

G

wendoline

(créée à la Monnaie de Bruxelles le 10 avril 1886). Il s’inquiète des maux de cœur de sa femme. « Je

ne perds pas une minute : ma journée se passe en répétitions, et le soir, je roule au théâtre »… Il raconte son emploi du temps… « Hier

soir, j’ai assisté à un concert de la Grande Harmonie, dirigé par

J

ehin

 ; j’y ai rencontré

G

evaert

avec qui j’ai fait, à la sortie, un petit tour

de ville ; il est très gai ; nous nous faisons rire mutuellement. – Il me sera très utile. – Il me faudrait un fort volume pour te raconter

par le menu tous les cancanages du théâtre : Montalba, Thuringer, Mezeray, ont toutes leur légende ; tout ça se déteste ; Verdhurt est

tantôt un brave homme, tantôt un chenapan ; c’est inouï ! – Demain à 1 h. 1/2, Catulle [

M

endès

] lira sa pièce au th[éâtre], et moi je

jouerai ma musique devant

V

erdhurt

déjà nommé, Dupont, les répétiteurs, Lapissida et les artistes. Les chœurs gueulent toujours au

5

e

étage ; mais jusqu’à présent, il ne faut pas que j’intervienne, paraît-il. – Nous n’ajouterons rien très probablement au rôle d’Armel ;

– mais je tiens à avoir

E

ngel

, qui est un artiste très distingué et un homme tout à fait

comme il faut ;

ah ! s’il pouvait se déguiser en

baryton,

comme je lui collerais vite et vite le rôle d’Harald ! car ce brave

B

érardi

sera bien lourd là-dedans !... il chantera tout ça avec une

voix superbe, et... ce sera tout ;

T

huringer

sera convenable ; enfin, nous verrons dans 8 à 10 jours le résultat obtenu ; à ce moment-là,

Gevaert me donnera un coup de main »...

Correspondance

(86-16).

Ancienne collection Francis

P

oulenc

.

27.

Emmanuel CHABRIER

. 5 L.A.S. « Emmanuel » ou « Emml », [juin-novembre 1888], à

sa

femme

 ; 15 pages in-8.

1 000/1 200

[Paris,] Vendredi midi [15 juin 1888]

, racontant à « Maman » son emploi du temps : « Hier soir, après notre séance au Conservatoire

pour régler les auditions musicales de l’Exposition,

L

amoureux

m’a entraîné à Chatou et je me suis laissé faire. […] Aujourd’hui, Mme

Delcroix viendra avec sa fille qui veut me chanter divers morceaux. Puis, Mlle Racot viendra prendre sa leçon […] La Nanon a essayé

3 fois son jersey. Mme Alice est là, qui la regarde. Nanon prétend qu’elle a l’air d’une gazelle et qu’elle ferait très bon effet sur les

boulevards »… Il attend pour partir le livret de

Briséïs

que doit donner Catulle

M

endès

 : « si j’ai toute ma besogne, ce sera superbe. –

Enoch lui a écrit hier pour lui secouer les puces ». Nouvelles du ténor

V

an

D

yck

, installé à Bayreuth : « Mme

W

agner

insiste pour que

je vienne […]

il faudra que j’y aille

 : à cause de

M

ottl

, à cause de V[an] Dyck, à cause des Wagner, à cause de

moi-même

vis à vis des

autres qui y sont allés, j’ai l’air de m’isoler, ça finirait par faire mauvais effet »... Il termine par des plaintes sur la paresse de ses « deux

jeunes bougres » de fils…

[Paris, 3-4 juillet 1888]

. Il a vu Alfred

B

runeau

à l’Opéra-Comique : « je l’ai pincé pour

Gwendoline

et il viendra mardi matin avec

Gandrey l’entendre à la maison »… Il va déjeuner avec Catulle

M

endès

, « puis copie du 2

d

acte »…

[La Guérinière] Vendredi [26 octobre 1888]

. Séjour au château de la Guérinière, chez le vicomte de

M

aupas

 : « Des arbres, encore

des arbres, toujours des arbres, à perte de vue […] Mme de Maupas, très engraissée, mais surtout de figure, ravie de me recevoir, fort

empressée ; puis le père de M. de Maupas, ancien officier, sourd, 76 ans, mais d’une constitution robuste, de taille élevée, la voix forte,

la moustache en crocs – pouvant vivre cent ans ; un athlète, comme son fils, du reste qui, d’un revers de main, enverrait ton pauvre loup

rouler à quinze pas ; – mais il est bon comme le pain, doux comme un agneau, adore sa femme qu’il contemple un peu et qui se carre

dans un magnifique château Louis XIII excessivement authentique, avec tourelles, pont-levis, pièces d’eaux, communs, dépendances,

fermes ; 500 hectares de bois. […] Grand chasseur, M. de Maupas ; 40 à 42 ans, tanné par le soleil, toujours à parcourir sa propriété

qu’il surveille ferme et lui rapporte gros ; dix à douze chevaux, 20 vaches, des légions de poules, du lapin, du lièvre, du chevreuil et