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[Paris, 29 juin 1890]
. Visite à
N
anine
, « avec fraises et cerises : ravie, la Nanine ; elle avait communié le matin, et prié pour tes yeux !
Elle t’embrasse ainsi que le petit louloup »... Voyage à Rueil avec Catulle
M
endès
(projet de reprise de
Gwendoline
) : « Catulle ne veut
pas de l’
Eden
;
il
se
charge
de
tout
; je vais le laisser faire, parce que c’est trop grave et que nous pourrions croquer le marmot trop
longtemps si nous ne prenions pas un parti dès maintenant. Enfin, aujourd’hui, je serai évasif ; laissons faire Catulle. Il m’a dit qu’on
me ferait faire n’importe quoi en pleurant dans mon gilet »…
[Munich] 19 novembre 1890
. « Hier soir, répétition générale ; il y avait dans les 300 personnes. Grand succès, rappel chaleureux du
public et de
l’orchestre
qui est très emballé : j’ai donc montré ma hure. L’interprétation, dans son ensemble, n’est pas meilleure qu’à
Karlsruhe ; c’est plus grand, voilà tout. […] on ne se foule pas la rate énormément, mais
ils croient tous se la fouler
. Encore un théâtre
où il y a trop de
vieux
»…
Correspondance
(90-52, 90-86, 90-137).
Ancienne collection Francis
P
oulenc
.
33.
Emmanuel CHABRIER
. 2 L.A.S., février-novembre 1891 ; 1 page et demie in-8, et 1 page in-4 à en-tête
Café de la Ville,
Tours
(un peu salie, reliée cartonnage).
250/300
Paris 6 février 1891
, à Octave
M
irbeau
, le remerciant de l’envoi de
Sébastien Roch
et de fleurs : « comme c’est aimable à vous d’avoir
bien voulu penser à nous faire respirer des fleurs dès que l’absurde hiver aura disparu ! Renifler Ritt, et puis Gailhard et enfin Paravey,
mon Dieu que tout cela devient donc pestilentiel et que j’en ai plein le dos du nommé Paris ! »…
La Membrolle 2 novembre 1891
, à l’éditeur Léon
V
anier
, le priant de lui envoyer des livres : « Si le livre de Verlaine, un vieil ami
de 25 ans, paraissait ce mois-ci, priez-le de me mettre sa forte patte sur la première page »… Il ajoute après sa signature la mention
« compositeur de musique ». (La lettre est accompagnée d’une L.S. d’Albert
W
illemetz
, l’offrant à Poulenc, 1959).
O
n
joint
un billet a.s. sur sa carte de visite à la chanteuse Mathilde
A
uguez
; et une page autographe d’esquisses d’orchestre au crayon
(1 p. in-fol., fente).
Correspondance
(91-5, 91-100, 87-48).
Ancienne collection Francis
P
oulenc
.
34.
Emmanuel CHABRIER
. 5 L.A.S. « Emmanuel » ou « Emml », [mai-septembre 1891], à
sa
femme
; 14 pages in-8 et 2 pages
in-4, une lettre au crayon, une enveloppe.
1 000/1 500
S
ur
sa
situation
financière
et
ses
enfants
,
et
L
ohengrin
à
l
’O
péra
.
[La Membrolle] 3 mai 1891
, sur la banqueroute de son banquier Jouanno : « Où allons-nous, ma pauvre femme ? C’est la ruine, ma
petite chérie ! – Que vais-je faire ? je ne puis pas rester dans cette situation-là ; c’est la
déveine sur toute la ligne
. […] il faut que nous
changions de vie ou que je trouve un équivalent – mais quoi ? quoi faire ? Nous ne sommes pas heureux, maman »...
Tours 6 juillet [18]91
, sur l’examen d’André pour l’entrée au Prytanée de La Flèche : « Ce matin, nous sommes partis, le petit
Loulouloup et le gros Papipopoussof, sur le coup de 6 h. 1/2, dans une roulante à Barateau, après avoir lampé un bouillon gras, un pain-
fromage et une verrée de vin ». André passe seul son examen à la Préfecture, « sous la surveillance d’un assez jeune capitaine » : thème
latin et version latine, dictée et analyse logique : « « il s’est foutu dedans pour des subjonctifs […] Enfin,
l’ensemble
ne m’a pas paru trop
mal et le capit[ain]e m’a dit que c’était
convenable
. Quant à
l’analyse logique
il y a là tant de mots dissonnants que ça m’a rappelé un
peu
Le Rêve
que j’aime beaucoup pourtant ; je n’y comprenais
rien
, le cap[itain]e non plus, je crois, mais il voulait
avoir l’air
; enfin,
à la grâce de Dieu, qui devrait bien un peu penser à nous ici-bas, à moins qu’il n’ait, à notre endroit, des vues superbes dans l’avenir.
Espérons & attendons, mais pas de charbon, pas de revolver, pas de noyade en chœur,
aimons-nous
. De 4 à 5, le jeune foetus fait son
th[ème] et sa version allemande »…
[La Membrolle] 13 juillet 1891
. « Et d’abord,
de la prudence
demain. Si vous avez placé le drapeau français sur le balcon, assurez-vous-bien
qu’il est solidement
fixé
à la grille ; si ça allait dégringoler dans la rue, ça nous ferait des affaires d’état. – Ne bougez
pas de la maison
, – voir
quoi ? des foules ? Ce n’est pas drôle, et ce sont ces jours-là qu’un tas de salops cherchent à pénétrer dans les appartements »… Longues
explications sur les démarches à faire et les gens à solliciter pour obtenir l’admission d’André au Prytanée de La Flèche… Puis sur son jeune
neveu Fernand Jacmart : « Ta mère reçoit Fernand comme si c’était Guillaume II ; les quartiers de viande paraissent et disparaissent, on ne
les voit qu’une fois à table ; si elle n’était pas sourde comme un pot, je lui dirais que je ne comprends rien à ces dépenses exagérées, Fernand
est simplement Fernand et si heureuse qu’elle puisse être de recevoir son petit-fils, je trouve que c’est de l’exagération »…
[La Membrolle] 18 juillet 1891
. Il s’irrite contre son fils André : « si tu te figures qu’il pense à toi ou à moi ! Il ne pense à rien, il ne
communique jamais rien ; il peut avoir, si l’on insiste, un petit accès de sensibilité nerveuse, mais ça passe très vite : il n’aime
rien
, et
rien ne vient jamais
de là
, par la réflexion et le désir d’aimer ; ce cerveau est vide. Enfin, maman, voici la situation : 1° s’échiner, faire
des kilos de platitudes pour tâcher de pousser des enfants absolument en retard ; 2° cette salle affaire J[ouanno] qui me tourmentera
jusqu’à ce que ce soit fini ; 3° pas assez d’argent ; 4° mon travail se débattant au milieu de toutes ces préoccupations ; 5° éloigné de toi
trop souvent ; 6° et
malade
, car je sens que j’ai un tas de choses
qui couvent
et éclateront un jour ou l’autre. – Tout ça est si triste et
quand tu es là, je suis moins malheureux »...
[Paris] 18 septembre 1891
. Il a eu à temps son fauteuil : « à 7 h. juste j’arrivais devant le théâtre. Il y avait déjà des manifestants, des
sergents de ville et des badauds. La salle était
faite
d’avance et le contrôle était très sévère. Enfin
L
amoureux
se glisse en tapinois, donne
3 coups secs sur son pupitre et commence. La représentation a été superbe »… Courses diverses ; dîner à Chatou chez les Chevillard
avec les Lamoureux… Consultation à la clinique du Dr Maurel : « il a été
épaté
, disant que ça allait remarquablement mieux ! Tu penses
si je suis content ! Il en a profité pour corser le régime et je le reverrai d’ici à 3 semaines ou un mois, – quand le nouveau régime aura
opéré. […] à 6 h. je serai chez Lamoureux pour dîner et nous irons tous les 3 à
Lohengrin
. J’ai idée que ce sera chaud ce soir. […]
Samedi
je déjeune chez Wilder et dîne chez Van Dyck – à 4 h. j’apprends à maman Costallat la
Bourrée fantasque
!
Dimanche
– je sors Marcel »…
Correspondance
(91-33, 91-53, 91-56, 91-58, 91-82).
Ancienne collection Francis
P
oulenc
.




