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et détaillée portant sur les conditions techniques et financières de l’opération. « Je ferais avec plaisir un frontispice pour le petit volume
de poèmes érotiques de Georges
B
ataille
»…
Lundi [printemps]
. Il a reçu le manuscrit et les deux planches de bois pour le volume de
B
ataille
, et réclame des précisions sur ce qui est voulu…
31 mai.
Explications sur son renoncement à illustrer
La Sorcière
et le Bataille
pour les Éditions des Quatre Vents, et confidences sur le « combat brutal » avec sa femme pour leurs deux petites filles : « Je vis comme
un automate loin de ce qui est “moi”. Ma vie, devant le cataclysme à prévoir (cette vache travaille avec tous les ressorts de l’infâmie,
de la traîtrise, de la dénonciation, de la calomnie etc.) n’est plus une vie »… Il propose néanmoins des compromis pour
La Touche
de
B
ataille
…
10 juin.
Il parle de la collection « L’Âge d’or », et félicite Parisot des
Poésies complètes
de
J
arry
, puis résume les accords
trouvés pour
La Sorcière
…
12 juin.
Nouvelle mise au point de ses conditions pour
La Sorcière
, après rencontre de Gaston Bonheur. « J’ai
récemment effectué une vente très importante de tableaux et de dessins. À côté des prix obtenus (tableaux 45 000 pièce, dessins de
10 000 à 30 000), les 40 000 frcs pour
La Sorcière
sont plus que modestes, étant donné, en plus, que ces dessins ont un sujet prescrit,
et demandent par conséquent un travail particulier »…
17 juillet.
Interrogations sur le volume qu’il illustrera pour les Éditions Fontaine :
Swinburne, K.P. Moritz, Cardan, Sade ; sur ses propres
Jeux de la Poupée
avec textes d’Eluard, et sur l’
Anatomie
…
24 juillet
. Il donne
son adresse pour quelques semaines à Revel (Haute-Garonne)…
Carcassonne
26 juillet
. Il reçoit ses lettres par l’intermédiaire de Joe
B
ousquet
. «
N’abandonnons pas
l’idée, de vous prie, de demander des textes aux écrivains en question. Moi je pense que
P
aulhan
ne
marchera pas et que la poésie d’
A
rp
– tant que nous la connaissons – comporte un élément d’humour qui au fond est diamétralement
opposé à ma manière de concevoir un monument à la Mineure et, en somme, à l’érotique.
M
ichaux
,
B
ataille
etc. seraient parfaitement
en mesure de faire quelque chose de sensationnel »…
6.
Hans BELLMER
. 4 L.A.S., [1945], à son ami l’éditeur Henri
P
arisot
; 9 pages in-4 remplies d’une petite écriture sur
papier fin rose.
2 500/3 000
I
ntéressante
correspondance
sur
le
projet
des
J
eux
de
la
P
oupée
.
Vendredi
. Il lui envoie des négatifs et des photos, mais le prie d’attendre un peu pour la photo dans l’escalier. Il remercie de l’envoi
de livres :
Le Grand Jeu
, les deux
Manifestes
par
B
reton
,
les Malheurs de la vertu
,
Ubu Roi
, etc. et des « deux photos excellentes d’après
mes dessins ». Il donne des instructions pour les reproductions et le brochage : « il est bon que vous avez les agrandissements (24 x 30)
de Breton, ils peuvent du moins servir à Caillet comme modèle ». Il serait bon de demander aussi l’avis de Robert Valançay. Quant à
André
B
reton
« il ne semble pas voir l’apparition de
Minotaure
et en général le message surréaliste de
Minotaure
sous une lumière très
optimiste ». Il est question d’un article de Breton sur lui, mais il n’ose lui parler d’un second recueil. « André Breton me dit à juste titre,
qu’il est absolument essentiel d’exposer en mars une poupée réelle et non son image ». Il n’aura pas « le temps d’écrire un texte pour le
second recueil qui, à la rigueur, pourrait être fabriqué par moi-même comme la première édition allemande »… Etc.
Sur le choix du format, du papier, de la reliure, et de la couverture. Il faut « 1) Relier le livre dans un papier précieux et caractéristique
[…] 2°) Imprimer une enveloppe “de défense” qui portera le titre, etc., et dont l’aspect typographique serait assez conventionnel […]
trouver des lettres d’impression caractéristiques pour le mot « Poupée » qui devrait être imprimé en rose cru ». S’il est absent des
Cahiers d’Art
, il ne peut se le reprocher qu’à lui-même ; en effet il a cherché à écrire une lettre circonstanciée à André Breton au sujet
de son discours au Congrès des Écrivains, mais son français insuffisant l’en a empêché, et il n’a fait que le remercier poliment. Il a reçu
L’Immaculée Conception
« avec une dédicace très touchante et amicale d’André Breton et de Paul Éluard, je reconnais plutôt une certaine
sympathie de la part d’André Breton qui m’est autant plus valeureux que je n’ai rien fait pour la provoquer ». Il évoque les tableaux de
Jérôme
B
osch
, dont il ne connaît que des reproductions, et les relations de Parisot avec Mario
P
rassinos
. En post-scriptum, il lui conte
la visite matinale de la « Sœur Anna du Service public pour les maladies pulmonaires », alors qu’il avait fait des photos la veille et tout
laissé en désordre : « ma demeure ressemblait à l’atelier du vieux et honorable Landru »… Il va envoyer des épreuves à Éluard et Valançay.
Jeudi
. Sur le prix des photos et les frais d’impression ; la reliure « doit avoir quelque chose de précieux ou d’individuel. La couverture
projetée par Mr Guy
L
évis
-M
ano
– relativement bon marché – ne correspondrait pas suffisamment au caractère de l’édition ». Il envisage
d’accepter l’offre de Jeanne
B
ucher
, mais cela dépendra des conditions financières : « dans le cas le plus défavorable, je ferais imprimer
le texte à Berlin »…La traduction lui pose des problèmes et il soumet des idées de titres pour les photos : « (LE) PAYS SAGE (DU) À
VER AU LAIT » ou « L’AN DE MAIN(S) »…, et recopie « un vrai poème », dont « le vers à quatre semblait doué d’une vraie stupeurté
fascinante et engageante à des permutations à l’infini (“Automatisme de la variante”) ». Mais il n’est pas sûr de son français et demande
l’avis de Parisot avant d’en parler à Paul Éluard. « Le titre
Rose ou Verte la Nuit
semble pour le moment le plus beau »…
Mercredi soir
. « La traduction de mon préface pour
la Poupée
est devenue, selon moi, excellente » et il l’a envoyée à Robert
V
alançay
;
il regrette de n’avoir pu contacter Zervos des
Cahiers d’Art
qui « disposent des chances de vente et de réclame sans doute plus étendues
que Madame Bucher ». Il regrette le délai : « retarder l’apparition de ce livre, c’est la rendre stérile : au printemps on se désintéresse des
poupées ». Il insiste sur le brochage : « de la soie verte de corset serait l’idéal », mais il faudrait aussi une enveloppe pour la protéger de
la poussière. Il s’inquiète de la parution du
Minotaure
et envisage, avec l’autorisation de Gisèle
P
rassinos
, de donner à Skira le texte
qu’elle a écrit sur lui. Il s’étonne qu’Alberto
G
iacometti
ne soit pas « représenté aux Quatre Chemins et dans le fascicule surréaliste des
Cahiers d’Art
. Je me reproche pendant toute l’année de ne lui avoir pas écrit »…
7.
Hans BELLMER
. L.A.S., Toulouse 22 janvier 1948, [à Joe
B
ousquet
]
; 1 page in-4 sur papier rose pâle.
500/600
« Quand réunirez-vous tous vos comptes-rendus des interférences du “physique” et du “psychique” dont vous êtes seul à être médium
et observateur à la fois. […] Faut-il vous dire combien compterait pour ma vie – imaginaire –le fait que vous reprendriez vos textes ou
notes à mon sujet ! Que puis-je faire pour rendre cette idée plus tentante ? ». À propos de
S
ade
: « à l’aide du récent numéro des
Cahiers
du Sud
(Sade) j’ai pu me rendre très nettement compte en quelle mesure les “réadaptateurs” de Sade se cassent les dents pour se le
rendre digeste »…Sa situation matérielle est désastreuse ; il n’a plus rien à manger : « Il n’y a que les femmes celles du “monde” qui




