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Littérature

285.

Joris-Karl HUYSMANS

(1848-1907). 4 L.A.S., Paris 1881-1882, à Henry

K

istemaeckers

; 8 pages et demie in-8.

800/1 000

À

l

éditeur

bruxellois

de

la

première

édition

d

À

vau

-

l

eau

, illustré d’une eau-forte d’Am. Lynen (Bruxelles, Henry Kistemaeckers,

1882).

31 décembre 1881

. « Zola trouve que le titre de

M. Folantin

est déplorable, que ça ne dit rien, que du reste, étant donnée la philosophie

de la nouvelle, ce n’est pas de M. Folantin qu’il s’agit, mais bien du célibataire isolé et triste. […] il est d’avis, ainsi que Céard, que

À

vau-l’eau

est le seul titre à donner, faute d’un meilleur »… …

[Début janvier 1882]

. La photogravure risque de leur donner des ennuis,

pour des résultats incertains. « J’accepte donc votre proposition de l’eau-forte, au trait, approchant du dessin à la plume du portrait de

Zola, dans

La Vie moderne

. Je me remets entre vos mains pour qu’elles dénichent un rare artiste qui opère ma portraiture »…

10 janvier

.

Il annonce le renvoi des épreuves, et remercie de l’envoi de

La Philosophie dans le boudoir

, « cet écrit de la Salpêtrière et de Mazas. C’est,

à coup sûr, le comble de l’abjection, mais c’est d’un vif intérêt, au point de vue mental.

S

ade

avait évidemment une fêlure et il est

bien certain que s’il avait été énergiquement douché et gorgé d’opium, il n’eut pas rêvé de pareilles folies. Un homme comme Charcot

devrait faire une préface aux œuvres du joli marquis et expliquer médicalement l’aberration furieuse de cette cervelle »…

[Janvier ?]

.

Vive critique de son portrait par Lynen, « ni ressemblant à la photographie, ni même exécuté. Quel malheur que vous ne puissiez le

supprimer et parer le volume, en l’enlevant ! […] tous les gens à qui je le montre, éclatent de rire ». Liste des noms des journalistes à qui

il voudrait mettre un mot aimable : Philippe Gille, Bourget, Coppée, Daudet, Maupassant, Jules Vallès, etc.

Reproduction page 95

286.

August Wilhelm IFFLAND

(1759-1914) acteur et dramaturge allemand.

L.A.S. et P.A.S., Berlin 1800 et s.d. ; 1 page in-4 en allemand, adresse avec

sceau de cire rouge du

National Theater

, et 1 page in-fol. en français. 400/500

Berlin 22 décembre 1800

, au conseiller et littérateur Karl August

B

öttiger

à Weimar.

Il lui adresse un comédien, Heinrich

B

ethmann

(1774-1857), jeune homme de talents,

son élève qu’il considère comme son fils, en espérant vivement qu’il pourra jouer

à Weimar. Il le met en garde contre le jugement défavorable de Vohs, et signale la

querelle survenue après la comédie d’Heinrich

B

eck

,

Das Kamäleon

, notamment avec

T

ieck

Berlin 27 novembre

. «

Memoire pour la gracieuse permission que trois soldats prussiens

restent à Berlin, étant atachés au Theatre

 ». Il donne les états de service de trois soldats

prussiens qui sont employés par le Théâtre National de Berlin, leurs fonctions dans

cette institution, en espérant obtenir qu’ils se fassent réformer ou restent à Berlin…

287.

Max JACOB

(1876-1944). 7 L.A.S, Saint-Benoît sur Loire 1925-1926, à son ami le collectionneur Adolphe

A

ynaud

,

à

Lille ; 18 pages in-8, une enveloppe.

1 500/2 000

T

rès

belle

correspondance

au

collectionneur

lillois

à

qui

J

acob

vend

des

gouaches

,

donne

des

conseils

,

évoque

ses

souvenirs

de

M

ontmartre

,

et

parle

de

son œuvre

.

4 mai 1925

. « La gouache que vous avez dans votre collection fait partie d’une série de formes cubistes que j’étudiais l’an dernier. Elle

a été inspirée vaguement par les paysages de la Côte d’Or et les environs de Semur et ne prétend pas à la ressemblance. Je cherchais des

harmonies ; et je retournerai bientôt à ces méthodes excellentes ». Il demande de garder le secret sur ces gouaches, craignant de causer de

la peine à son marchand…

7 mai

. Il a reçu le paiement des trois gouaches, qu’il avait emballées avec soin. Sa préférée est

La rue Ravignan

« qui me parait plus “peintre” que les autres. Les trois chevaux ont plu à mon entourage. Le Théâtre m’a surtout semblé une difficulté à

vaincre : il est presque impossible de donner la lumière au décor quand on la donne à la rampe »…

12 novembre

. Il a quelques scrupules

à faire concurrence à son ami et marchand André

L

evel

, qui lui achète ses gouaches 400 francs, et les revend plus de mille. Aussitôt

achevée

la Procession

qu’il peint pour Level, il fera une ou deux gouaches pour Aynard, « du Pouldu, du Douarnenez ou du Locronan ».

L’Italie l’a enchanté, surtout la Baie de Naples, Amalfi, Positano : « j’aime surtout les peintures pompéiennes, les mosaïques chrétiennes

et païennes, la campagne de Florence et ma propre âme rencontrée partout là-bas »…

19 janvier 1926

. Il a fait une chute lors de son séjour à Paris, et ne l’a pas invité, arrêté par un « scrupule de délicatesse. Vous seriez

venu me voir dans un logis très modeste et indigne de vous ». Il espère qu’ils auront bientôt l’occasion de se rencontrer enfin…

25 janvier

.

Il part faire une conférence en Espagne. Il se réjouit qu’Aynard ait eu des débuts difficiles : « 

cela nous rapproche

. Quant à moi j’ai “fait”

vingt ans de misère et un médecin me disait que j’en paie les conséquences ». Il connaît bien l’œuvre du Douanier

R

ousseau

« dont le

principal collectionneur fut mon ami intime Serge Jaztrebzoff » [Serge

F

érat

], qu’Aynard peut contacter de sa part. « 

P

icasso

connait

aussi fort bien l’œuvre de Rousseau mais il ne vous répondrait pas ». Il le remercie de parler de lui : « j’ai grand besoin qu’on élargisse

mon nom qui n’est connu qu’à Paris et à l’étranger ». Il évoque ses souvenirs sur Maurice

U

trillo

,

qu’il a bien connu : « Quelle figure ! Je

me le rappelle assis au bord d’un trottoir un litre à la main. Pas de boutons à la veste mais des ficelles, pas de chemise, pas de chaussettes,

le nez saignant ». Ivrogne, il insultait les boutiques avant de les briser d’un pavé dans la vitrine ; il molestait les peintres modestes et

les petits vieux de la Place du Tertre : « La police arrivait ! On m’envoyait chercher Suzanne

V

aladon

qui arrivait en larmes. Et voilà