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108

258.

Anna de NOAILLES

.

Les Forces éternelles

(Paris, Arthème Fayard, 1920) ; in-12, reliure (lég. frottée) demi-basane

brune avec en queue le chiffre doré du maréchal

L

yautey

(HL avec les bâtons de maréchal croisés), couverture conservée.

100/120

É

dition originale

, avec envoi autographe au futur maréchal

L

yautey

sur le faux-titre : « Au Général Lyautey – bien sincère hommage

de ma profonde admiration Anna de Noailles ».

L

yautey

a porté sa signature sur la couverture, et collé à l’intérieur le papillon d’

errata

.

259.

Marie

R

ouget

, dite Marie NOËL

(1883-1967). 2 L.A.S. « Marie Noël » et une

note

autographe, 1954 et s.d., [à Henry

de

M

ontherlant

] ; 1 page in-8 et 3 pages in-16.

200/300

« On me dit que je retrouverai dans vos pages le témoignage puissant que vous avez porté sur mon œuvre, mais, lisant lentement,

goutte à goutte, je ne l’ai pas encore rencontré »... –

Châtillon-sur-Indre 11 juin 1954

, elle lui adresse des excuses pour les sollicitations

dont il a été l’objet de la part de

Points et Contrepoints

... « J’ai vu avec joie que votre

Port-Royal

était reçu au Français. J’eusse aimé assister

à la représentation, si je n’étais hors du monde – surtout de celui des spectacles [...] J’ai mis

Le Jugement de Don Juan

à la retraite comme

son auteur. Il m’est devenu impossible – physiquement – de poursuivre cette petite aventure au théâtre »... – Elle demande le nom de

quelques acteurs de la troupe Hébertot, « puisque je suis décidée, en somme, à tenter l’aventure »...

260.

Jean de NOSTREDAME

(1522-1577) procureur au Parlement de Provence, poète, auteur des

Vies des plus célèbres et

anciens poètes provençaux

, frère de l’astrologue Michel Nostradamus dont il fit connaître la poésie. P.S., 7 mai 1558 ; 1 page

in-fol.

250/300

Transaction, comme procureur au Parlement, entre deux plaideurs de la ville de Draguignan.

R

are

.

261.

Jean PAULHAN

(1884-1968). 9 L.A.S. et 1 L.S. avec ajouts autographes, vers 1948-1968, à Emmanuel

B

erl

; 11 pages la

plupart in-8 à en-tête

nrf

, une enveloppe.

800/1 000

B

elle

correspondance

amicale

et

littéraire

. Il lui en a voulu de « cette façon de me dénoncer à Gaston, de dire : “vous voyez

comment se conduit J.P. à qui vous faites confiance” etc. Ce n’était vraiment pas chic [...] étant donné que G.

n’était pas

dans la revue,

n’y collaborait pas » (

10 février [1948]

)... Réitération du reproche de « dénonciation au patron », alors que «

G

allimard

n’était, et

ne

voulait être

rien, dans la n.r.f. que je dirigeais » (

20 février 1948

)... En résumé, « ne comptez pas sur la littérature, l’histoire, la gloire pour

donner de la vie à un personnage que vous ne parviendrez pas (ou renonceriez) à animer. [...] Ou encore : ne les introduisez que si vous

les avez recréés (c’est une simple règle de romancier, pas davantage) »... (

4 janvier 1950

)... Il parlait de

Sylvia

et non de Berl : « surtout

ne vous faites pas psychanalyser ! » (

mardi

)... Envoi d’un discours, pour le convaincre « que la linguistique est tout le contraire d’une

science pilote, qu’elle en est encore à discuter péniblement sur sa méthode et que l’étymologie entre autres (dixit Meillet) n’a pas fait

un pas depuis Platon » (

samedi

)... Différend concernant le verbalisme, avec référence aux

Fleurs de Tarbes

et à

Sylvia

. « Pourquoi cette

apparition de

P

roust

, etc. vous trahit-elle à ce point ? Eh bien, je crois que c’est pour ceci : c’est que vous avez une

idée

de Proust (et

de Mary Duclaux, etc.) que vous ne nous dites pas, qui est peut-être à l’extrême opposé de la nôtre » (

samedi

)... Remerciements pour

Présence

, et remarques sur Proust et les confidences ; « la confidence la plus grave qu’il me soit arrivé de faire, c’a été à un étranger,

V

andeputte

, rencontré une fois par hasard et jamais revu – et mort depuis. Le revoir m’aurait fait horreur » (

mercredi

)... Il convient de la

légèreté de

M

assis

, et recommande d’étaler « tous les embêtements que nous vaudra la constitution de l’Europe. Car enfin, nous n’avons

pas tellement envie d’être heureux, nous avons envie de nous sacrifier » (

dimanche

)... « “Magique”, est-ce bien le mot ? Jusqu’à présent,

toute l’ambition des peintres avait été de supprimer l’espace

entre

les objets. C’est à l’espace vide que le cubisme rend ses droits, sa

dignité » (

lundi

)... Observation acerbe concernant Emmanuel et la « morale bourgeoise » : « vous avez mis pas mal d’eau dans votre vin »,

cependant son

Nasser

est « parfait, modéré et violent » (

lundi 8 [1968]

)...

262.

Charles PÉGUY

(1873-1914). 12 L.A.S., Orléans et Paris 1890-1893, à son camarade de classe et ami Paul

M

eunier

 ;

37 pages in-8 ou in-12 (quelques petites fentes réparées).

2 000/2 500

L

ettres

de

jeunesse

du

lycéen

puis

de

l

’

étudiant

P

éguy

à

son

condisciple

et

ami

P

aul

M

eunier

(1873-1957

, futur aliéniste et poète,

sous le pseudonyme de Marcel Réja, natif de Puiseaux, Loiret)

.

Orléans 6 janvier

1890

.

« Tu tombes joliment mal. Je suis en pleine influenza [...]. Je suis au désespoir de ne pouvoir t’envoyer l’histoire

de seconde mais je ne l’ai pas. Elle a disparu dans la débâcle du départ. [...] Tu vas être forcé de ne rien faire. Tant pis pour le bachot. On

devrait cette année le donner d’office à tous les élèves de rhétorique, eu égard aux épidémies multiples qui nous assaillent. Je ne mets pas

le nez dehors. On meurt beaucoup à Orléans »... Il s’ennuie un peu en attendant la rentrée...

22 août.

Il transmet à son ami les résultats

de ses derniers examens scolaires : « J’ai piqué un 3 de laïus, un 2 de version et un 3 d’allemand […] En grec on m’a fait expliquer du

Criton. C’était trop facile et je n’ai pu piquer qu’un 3 : d’où le

assez bien

seulement ». Revenu de Paris la semaine précédente, il n’a goût

à rien : « Et puis je suis trop fatigué pour faire même des exercices physiques (style officiel). Je me laisse vivre »...

30 août.

Meunier lui

a demandé de lui transmettre le plan de son devoir de bachot sur

F

énelon

 : « J’ai partagé mon affaire en deux moitiés inégales ; dans la

première qui était la plus courte, j’ai parlé de l’homme d’État ; dans la deuxième, qui était la plus longue, j’ai parlé de l’homme d’Église.

[...] Enfin l’idée maîtresse qui réunissait tout cela était que Fénelon n’avait guère péché que par excès d’amour. 1° Envers Dieu, d’où le