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112

266.

Roger PEYREFITTE

. L.A.S. « RP », [1948], à Henry de

M

ontherlant

; 1 page in-8 sur le faux titre de

L’Oracle

. 300/350

L

ettre

-

envoi

de

L’O

racle

(Jean Vigneau, 1948). « Il semble donc que l’Italie nous ait séparés ! Étrange chose que les amitiés, même

quand elles ne sont pas particulières. Oui, les collines trop fleuries de ma Sicile ont fait sourciller les pics sourcilleux de vos Sierras et

ceux-ci, de leur côté, me font un peu sourire. Je vous admire et vous admirerai toujours autant, mais les transformations que vous faites

subir si souvent au manteau de l’Ordre, me découragent. Quant au mien, au contraire, je ne tiens plus qu’à lui et j’y mourrai, fût-ce à la

manière de Nessus. Tant pis ! Ce qu’il y a d’aussi certain, c’est que je continuerai également à vous aimer. Je vous connais trop pour qu’il

en soit autrement, et les petites incompatibilités de nos humeurs, étant d’égard compatibles, n’y changeront rien. J’ai déjà vu, naguère,

votre “adieu” avec

La Reine morte

.

L’Oracle

vous apporte le mien. Qui sait ? Cela veut peut-être dire : À bientôt »...

267.

Marcel PROUST

(1871-1922). L.A.S. « Marcel », [décembre 1898 ?], à Lucien

D

audet

 ; 3 pages in-8 (légères fentes aux

plis).

4 000/5 000

Il le remercie pour sa lettre. « Il ne faut pas croire que j’oublie mais si mal depuis quelque temps ne quittant même pas ma chambre,

je ne sais plus les jours les dates et c’est ainsi que j’ai laissé passer l’anniversaire d’un malheur auquel il n’est guères de jour où je ne

pense et qui me fait autant de peine qu’au premier jour… [Alphonse

D

audet

était mort le 16 décembre 1897.] J’ai su que vous étiez venu

tantôt. Mais je me couche en ce moment à 2 heures de l’après-midi et quand je me lève à 9 heures du soir c’est déjà bien beau. Dès que

je changerai je vous en avertirai à tout hasard. Vous ne m’aviez jamais dit que votre Père vous avait parlé de moi ce soir là (ni jamais)

où il m’a parlé si merveilleusement des

Déracinés

, des

Affinités électives

et de vous. Si vous ne me dites pas cela par pure gentillesse il

faudra quand nous nous verrons que vous me disiez ce qu’il a dit. Déjà je vous entends dire que c’est ce qu’il y a d’assommant avec moi,

qu’on dit une chose et qu’aussitôt j’insiste »…

268.

Marcel PROUST

. L.A. (inachevée), [peu avant le 28 avril 1919, à M.

D

ubois

] ; 3 pages in-8.

1 500/2 000

A

u

sujet

de

son

départ

de

son

appartement

du

102

boulevard

H

aussmann

, et du contentieux avec son propriétaire le banquier René

V

arin

-B

ernier

. [Suite à une nouvelle loi sur les loyers, au lieu de demander la prolongation de son bail, Proust acceptait de déménager

en échange d’une indemnisation financière. La lettre est adressée à Dubois, chargé de pouvoir du banquier.]

« On me donne à l’instant votre lettre où sont une fois de plus redéfaits et comme oubliés les points acquis dans votre conversation

avec le duc de

G

uiche

[intermédiaire entre Proust et Varin-Bernier]. C’est la toile de Pénélope et je ne suis pas assez bien portant pour

la tisser chaque fois à nouveau. Déjà votre visite de l’autre soir (remarquez que cela n’enlève rien au plaisir que j’ai eu à vous connaître

et aux bonnes relations que j’espère garder avec vous en dehors de cela) qui avait pour but de me donner la réponse de M. Varin Bernier

s’est conclue par ces mots de vous : “Il faut que j’en réfère à M. Varin Bernier, je le verrai demain ou après-demain”

.

Et j’ai pensé à part

moi : “Je suis ravi d’avoir connu M. Dubois. Mais pour ce qui concerne la maison du 102, qu’est-il venu faire ? Il dit au duc de Guiche

qu’il a pleins pouvoir de M. Varin Bernier, que pourtant tout en acceptant les points énumérés il ne peut consentir un chiffre exact

d’indemnité sans avoir vu M. Varin Bernier, il me rendra réponse”

.

La réponse fut dans cette visite… aucune réponse […]. Vous me parlez

maintenant de réparations locatives, ce n’est aucune faveur puisque je n’en dois aucune n’ayant rien abîmé, et ayant pris l’appartement

sans avoir fait faire les travaux qui m’étaient dus ».

[

Correspondance

, t. XVIII, n° 77.]

269.

Honorat de Bueil, marquis de RACAN

(1589-1670) poète, ami de Malherbe, un des membres fondateurs de l’Académie

Française. P.S. « Honorat de Bueil Racan », 20 novembre 1633 ; 4 pages in-4 sur parchemin (taches et mouillures, petits

manques à des coins rongés).

250/300

Expédition d’un acte d’acquisition sur échange d’une terre pour l’accroissement d’un clos, dépendant de son fief de La Roche, avec

décharge signée par Racan.

270.

Marguerite

E

ymery

, dite RACHILDE

(1860-1953) femme de lettres ; elle épousa (1889) Alfred Vallette, directeur du

Mercure de France. L.A.S. « Rachilde », samedi matin [1888 ?], à Alfred

V

allette

 ; 4 pages in‑12.

400/500

C

urieuse

lettre

à

son

futur mari

. Elle a réussi à dormir un peu, demande à réfléchir jusqu’à lundi... « Songez qu’une fois partie je ne

serai plus chez moi

jamais

. Savez-vous ce que c’est de n’être

plus

chez soi ? Puisque j’ai dormi c’est que je suis sauvée de mes terreurs

d’y demeurer seule. Il est plus impossible que l’on revienne ici que là-bas... là-bas... Moi je lui reviendrai pour être alors le jouet absolu

de sa volonté ». Vallette peut charger Mme Pierre des lettres et des commissions qu’il souhaite. Elle lui envoie « une sotte invitation qui

convient mieux à un garçon qu’à une femme... D’ailleurs que ferais-je d’un bal en ce moment, même d’un bal possible ? Allez, pour

vous distraire. Vois-tu, mon Vallette Monsieur, je suis malade, je me sens des choses pas drôles dans la poitrine... je crois que c’est fini

de rire décidément... J’ai trop froid ! ».

O

n

joint

une pièce signée « Rachilde », Paris 21 novembre 1888, donnant procuration à Vallette pour s’occuper de l’édition de ses

romans

Le Mordu

et

Monsieur Vénus

(1 page in‑4 sur papier timbré).

271.

Salomon REINACH

(1858-1932).

Manuel de philolopie classique

. Deuxième édition revue et augmentée (Paris, Librairie

Hachette et Cie, 1883) ; 2 vol. in-8, reliure de l’époque percaline vert bronze.

60/80

E

nvoi

autographe : « Magistro discipulus Salomon Reinach ».