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276.
Édouard ROD
. 3
manuscrits
autographes (un signé), [1908-1909 et s.d.] ; 8, 4 et 4 pages oblong in-4, dans un dossier
titré
Le Réformateur
.
500/600
Le Visiteur des prisonniers
. Sur le peintre Fernand
D
esmoulin
, et son action de visiteur des prisons, commencée lors d’un voyage
avec
Z
ola
… « Ce n’était pas pour les ramener à Dieu, ni pour sauver leurs âmes ou fournir les rangs des fidèles qu’il tenait à s’approcher
des misérables : c’était par pitié, et dans le désir de les réconcilier avec la société ; pour les
améliorer
, non pour les
convertir
; pour les
ramener à leur dignité d’hommes »...
Un programme
(ou : Un testament politique)
. Sur le philosophe et historien Carl
H
ilty
(1833-1909) qui vient de mourir, et son
Annuaire politique de la Confédération Suisse
...
Une statue en souffrance
(1908). Sur le long conflit autour de l’érection d’un monument en mémoire du poète Henri
H
eine
dans
son pays natal ; la statue, destinée à la ville de Hambourg, avait trouvé asile dans la villa de l’impératrice Élisabeth d’Autriche, à Corfou.
L’Empereur Guillaume II vient de l’en expulser. « Et donc sa triste image s’en va de ville en ville, cherchant en vain un bout de square
ou de place publique qu’on lui refuse partout. [...] Cet ostracisme montre bien que les idées de Guillaume II sont partagées par les
municipalités de son Empire, et sans doute par la majorité de ses sujets »...
O
n
joint
un tapuscrit avec quelques corrections autographes,
Le rôle littéraire d’Émile Zola
(publié dans
The Contemporary Review
,
Londres, novembre 1902, défauts).
277.
Rosemonde
G
érard
, Mme Edmond ROSTAND
(1871-1953) poétesse et auteur dramatique sous son nom de Rosemonde
Gérard, femme (1890) d’Edmond Rostand. L.A.S. « Rosemonde », Cambo [6 février 1904], à l’acteur Constant
C
oquelin
,
« Bien cher Coq » ; 13 pages in-12 (deuil), enveloppe.
250/300
B
elle
et
longue
lettre
au
créateur
de
C
yrano
. Rosemonde et Edmond Rostand se réjouissent du succès de Coquelin dans la reprise
de
Cyrano de Bergerac
(680
e
représentation)
: « Nous avons été bien heureux de vous savoir si admiré, si applaudi, et aussi de voir
combien les journaux rendaient justice à votre magnifique mise en scène et à votre goût. Nous sommes fous, à distance, du merveilleux
décor automnal de
R
onsin
[…] nous avons failli partir pour Paris pour vous revoir au milieu de vos feuilles d’or ! » Mais il y a eu des
tracas de santé… Sachant que Jacques
R
ichepin
annonce une pièce sur
P
olichinelle
, Mme Rostand rédige une déclaration que Coquelin
pourrait faire aux journalistes, annonçant que Rostand prépare une pièce pour lui sur ce personnage ; elle recommande de ne rien dire
du sujet de la pièce, et précise que Rostand veut mettre l’accent sur le « côté
philosophique
» de Polichinelle, alors que Jacques Richepin
n’y verra « que le côté poétique et funambulesque »…
278.
Jean-Jacques ROUSSEAU
(1712-1778).
N
ote
autographe, [vers 1748] ; demi-page in-4 (rousseur).
400/500
N
ote de
lecture
tirée de l’
Histoire de l’Allemagne
du père Joseph
B
arre
(1748), tome 6, p. 125, ainsi que le précise Rousseau. « Après
la mort de Conradin, il ne resta plus de la Maison de Suabe, que deux filles Constance et Béatrix dont l’aînée quoiqu’issue aussi bien
que sa sœur d’un bâtard de l’Empereur Frédéric, porta tous les droits de sa maison dans celle d’Aragon qui les fit valoir sur le Royaume
de Sicile. » Rousseau a inscrit en marge la date « 1268 ». Il rédigea cette note au moment de la publication du livre de Barre, alors qu’il
travaillait avec sa protectrice Mme
D
upin
à un ouvrage
Sur l’égalité des hommes et des femmes
, qui ne fut jamais publié.
279. [
Jean-Jacques ROUSSEAU
]. P.S. par Frédéric-Joseph Le Cat, baron de
B
azancourt
, Paris 24 juillet 1838 ; 1 page in-4
sur papier timbré.
150/200
« Je soussigné [...] certifie et déclare à tous qu’il appartiendra que le manuscrit de
La Nouvelle Héloïse
, donné par Jean-Jacques Rousseau
à Mad
e
d’Houdetot & à moi transmis par Mad
e
Lecat Baronne de Bazancourt née d’Houdetot ma mère, est authentique & véritable. À
ce manuscrit est joint une lettre écrite par Jean-Jacques Rousseau à Mad
e
d’Houdetot, dans laquelle il est question de ce manuscrit. Je
rappelle de plus ici que Jean-Jacques Rousseau parle dans un des chapitres de ses
Confessions
du manuscrit de la
Nouvelle Héloïse
, qu’il
copiait de sa main pour Mad
e
d’Houdetot »...
280.
Maria Elselina
V
ersfelt
de
J
ongh
, dite Ida SAINT-ELME
(1776-1845) d’origine hollandaise, cette aventurière, dite
« La Courtisane de la Grande Armée », fut notamment la maîtresse du général Moreau et du maréchal Ney, et publia ses
Mémoires sous le pseudonyme de « la Contemporaine ». L.A.S. « St Elme », [1825], à
T
alma
; 3 pages in-4.
200/250
L
ongue
lettre
à
l
’
acteur
T
alma
sur
la mort
du maréchal
N
ey
,
dont
elle
fut
la maîtresse
,
et
sur
la
préparation
de
ses
M
émoires
.
En tête de la lette figure cette note : « The celebrated marshal as he appeared at the hospital of Maternity after his death December the
7 1815 », accompagnant probablement l’envoi d’une gravure. « Ô mon bienfaiteur chéri, c’est aujourd’hui qu’assise devant ce souvenir
sanglant j’ai besoin pour conserver ma raison d’appuyer mon cœur angoissé sur un sentiment qui peut le calmer et me faire encore un
bonheur de ma triste existence. Je vous écris j’écris à mon cher mon bon
D
uval
et fixant ce visage décoloré mais d’une si effrayante et si
précieuse ressemblance je me dis s’il pouvoit savoir que c’est à de pareils amis que je dois de n’être pas morte de misère, de souffrance
et de désespoir, je lui en serois plus chère. Cher Talma on ne sauroit être plus profondément inconsolable que moi devant cette image et
pourtant il se mêle un attrait de bonheur à mes brulantes larmes. Voilà dix ans héla ! les souvenirs palissent devant l’impitoyable effect
du tems mais concentrés dans mon ame ardente, chaque anniversaire est pour moi le jour d’horreur et mon cri de douleur est comme
au dernier moment de cette belle vie.
Pour tant de gloire, pas un rayon de clémence ? Qu’est-ce donc grand dieu que le cœur des rois ?
»…
Elle évoque la préparation de ses
Mémoires
: « Mes prétentions littéraires se bornent au bonheur de célébrer par le simple récit de leurs
qualités ces hommes honneur de votre belle France. Quelle victoire cher Talma que ces procès de tendance dont le but ne
tendoit
à rien
moins qu’à réduire la nation la plus éclairée la plus brave au plus vil au plus ridicule des esclavages, l’aveugle soumission aux prêtres et
à la noblesse.
D
upin
était aussi son défenseur »… Elle se porte mieux et espère pouvoir aller lui rendre visite d’ici quelques jours… Etc.
O
n
joint
une autre L.A.S., signée « la pauvre Contemporaine », Lundi (2 pages in-8).
Littérature




