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l’inspire pour un prochain roman : « Ce serait la 1
ère
idée à développer dans
L’Ombre
. [...]. Elle inspire l’apaisement : la pénitence
d’Othon III, les dernières années de Dante, la fin de Galla Placidia [...]. Parmi tant de choses nouvelles, étranges que j’aurai vues, c’est
le mausolée à Galla Placidia qui laisse la plus forte impression : surtout au moment où l’on passe du grand jour à ce jour tamisé, à cette
demi-obscurité qu’éclairent les bleues lumières des mosaïques. Il y a là comme une atmosphère différente et comme une lumière d’autre
sorte, que ferait l’éclat de toutes ces petites pierres »... Le 14 décembre, à Florence, il rencontre
D’A
nnunzio
chez l’artiste Domenico
T
rentacoste
, qui « parle admirablement, avec de belles phrases expressives et des mots propres et colorés qui lui viennent sans effort »...
Les jours suivants, Rod séjourne à Rome, dont il découvre de nouvelles églises. Le 19, l’archéologue Giacomo
B
oni
l’accompagne sur le
Forum et lui présente ses dernières fouilles... Le 24, départ pour la Sicile en traversant la Calabre, encore éprouvée par le tremblement
de terre du 8 septembre – et c’est de Catane, le 25 décembre, qu’il commente la fin de son séjour romain, notamment une entrevue le 22
avec le cardinal
M
erry del
V
al
qui lui a fait part de son point de vue et de celui de l’Église sur les rapports futurs avec la France, alors
que vient d’être signée la loi de séparation de l’Église et de l’État : « Je crois que le Vatican désire la paix »... Le 28, visite de Taormina,
qu’il songe un instant à associer à son roman : « C’est très beau, très grand décor, ce n’est pas sympathique. C’est un
théâtre
, un lieu
d’où l’on admire, pas où l’on voudrait vivre. Cela ne conviendrait pas à
L’Ombre s’étend
: mieux mille fois vaut Ravenne »... Départ pour
Palerme le 29, où il passe les fêtes de fin d’année, notamment chez le Prince et la Princesse de
T
rabia
, le Prince de
S
calia
et le comte
M
azzarino
, prestigieuses familles de la noblesse palermitaine... Puis, retour à Rome début janvier 1906.
Avril 1906
. Rod se rend à Ravenne pour y recueillir quelques motifs destinés à son roman
L’Ombre s’étend sur la montagne
. Le carnet
débute le 22, avec la visite du mausolée de Théodoric, de la basilique Saint-Apollinaire in Classe et de la Pinède. Les longues descriptions
des trajets, des ambiances, des paysages, des tableaux qui s’offrent à lui se font encore plus précises et détaillées, laissant déjà paraître
leur visée littéraire : « Le ciel est à peine doré, comme poudré d’une poussière légère et peu colorée. L’Orient est noyé d’ombre [...]. Une
grande cheminée sort des arbres. Un groupe de soldats boit dans une guinguette. Les bruits assourdis du dimanche troublent le silence
habituel. [...] La basilique, dont s’écroulent certaines parties qu’il faut soutenir, dont l’eau envahit les fondements, dresse ses formes
un peu barbares au milieu des terres, de la boue, des rivières, des prairies »... Rod retranscrit également quelques inscriptions latines
lues sur les monuments et complète son observation par de longues notes de lectures ou extraits de livres sur l’histoire de Ravenne et
ses monuments. Il se fait conduire dans les alentours de la ville : Madonna dell’Albero, la Colonna dei Francesi au bord du Ronco.... Le
24, il se rend à la
fattoria
de Mandriole, un quartier de Ravenne, où est décédée Anita
G
aribaldi
: « L’établissement s’est élargi depuis
ce temps-là. Un haut bâtiment neuf s’est ajouté. La maison est propre, bien tenue, presque confortable »... Le 26, visites de plusieurs
palais et de l’église Santa Maria in Porto Fuori : « La solitude est plus complète qu’à S. Apollinaire. Pas d’usine pour gâter l’impression
d’abandon, détresse. L’église se compose d’un corps aujourd’hui amorphe, et d’un singulier clocher, quadrangulaire »... Le carnet se
termine sur la description du palais Baroccio, « grande construction peinte en rouge vif », avec petit schéma de la façade. Deux feuilles
volantes de références bibliographiques sont jointes au carnet.
Littérature




