194
511.
ANNE-MARIE D’ORLÉANS
(1669-1728) Reine de
S
ardaigne
; fille de
Monsieur
Philippe d’Orléans et d’Henriette
d’Angleterre, « Mademoiselle de Valois » épousa (1684) Victor-Amédée II (1666-1732), prince de Piémont et duc de Savoie,
qui devint Roi de Sicile puis de Sardaigne. L.A., la Vènerie 1
er
novembre [1716 ?], à la duchesse de
V
entadour
; 2 pages
et quart in-4, adresse avec cachet de cire noire aux armes.
400/500
J
olie
lettre
familiale à
« B
elle
D
oudou
»,
l
’
ancienne dame d
’
honneur de
sa
belle
-
mère
la
P
alatine
,
devenue gouvernante des
E
nfants
de
F
rance
. Elle y évoque son petit-fils
L
ouis
XV (fils de la duchesse de Bourgogne, Marie-Adélaïde de Savoie), né en 1710, son fils
C
harles
-E
mmanuel
III (1701-1773), futur Roi de Sardaigne, et les enfants de sa fille Marie-Louise avec Philippe V d’Espagne.
« Il y a bien des hannée ma chere et belle Doudou quil na pas fait une automne belle comme celle-ci. Jen jouit avec satisfaction par
lutillités dont elle est a la precieuse santé de notre petit roy et a celle de mon fils qui fait bien de lexercise ce qui le fortifie beaucoup
car pour du reste je suis indiferente a tout […] je nay plus rien qui me tienne a cœur que ces deux chers enfans je ne veut pas oublier
ceux d’Espagne que jaime bien mes pourtans pas entre nous ma belle Doudou si tendremens. Embrases de ma part notre cher petit roy
et faite luy bien connoitre ce que je sens pour luy il est asses resonable pour le comprendre ». Elle part « prier Dieu pour les mort »…
512.
ARCHERIE
.
M
anuscrit
,
Grenoble 24 février 1664 ; 10 pages in-4 (lég. mouill.).
200/250
Procès-verbaux de deux assemblées de la compagnie du
jeu
de
l
’
arc
« dans le jeu de l’arc lieu accoustumé a tenir assemblée » sur
convocation du sieur Laurent Bernard « Roy dudit jeu de l’arc », concernant un différend avec le prêtre
C
ottanoz
, recteur de la chapelle
du Saint-Esprit de la cathédrale Notre-Dame de Grenoble (qui a signé). On joint 2 actes notariés (Grenoble 1717-1727).
513.
Henri ARNAULD
(1597-1692) évêque janséniste d’Angers, frère du Grand Arnauld, d’Arnauld d’Andilly et des abbesses
de Port-Royal. 2 L.A.S. et 2 L.S., 1647-1683 ; 3 pages in-4 et 1 vélin in-12 en partie impr.
250/300
Rome 14 août 1647
, comme Abbé de Saint-Nicolas, à Monseigneur, introduisant du Sieur de la Grand Maison « receveur de mon
Abbaye »...
Angers
18 mars 1673
, certificat de sous-diaconat signé « Henricus Epus Andegavensis ».
21 novembre 1674
, [au marquis de
Feuquières] : « Il est fort vray que je n’avois pas besoin que vous m’assurassiez de la part que vous preniez a ma douleur pour en estre
persuadé »...
2 juin 1683
, à l’abbé de Tigny, espérant avoir de nouvelles occasions de lui être serviable...
514.
Simon ARNAULD DE POMPONNE
(1618-1699) diplomate, ministre et secrétaire d’État aux Affaires étrangères. L.A.,
Stockholm 25 septembre 1666, à
son
père
Robert
A
rnauld
d
’
A
ndilly
, à Pomponne ; 2 pages ¾ in-8, adresse avec cachet
cire rouge à son chiffre couronné.
700/800
B
elle
et
intéressante
lettre
de
son
ambassade
en
S
uède
,
sur
les
plans
de
F
rançois
M
ansart
pour
le
château
de
P
omponne
,
les
mémoires que
son
père
a
accepté
d
’
écrire
,
et
l
’
éducation
de
ses
enfants
.
Il évoque d’abord « l’admirable
oraison funèbre
de M
r
le P. de
C
onty
[par
M
assillon
]. C’est un chef-d’œuvre d’éloquence, de sagesse,
d’esprit et de jugement. Je ne vous en puis assez dire tant je lay admirée. On ne peut voir ensemble plus d’esprit plus de solidité et
de delicatesse »... Mais dans ce contexte « tout crestien et tout ecclesiastique », il s’interroge sur le mot de «
héros
, qui ayant son origine
dans les fables semble estre une manière de parler profane et plus propre mesme aux figures des Poetes qua l’éloquence de la prose »...
Il reproche à son frère « de se tuer volontairement, et je ne puis croire qu’une austerité sy fort au dela des bornes et de la nature puisse
estre approuvée par ceux auxquelz il a le plus de raison de defferer »... Il approuve que son père fume les espaliers. « Il faudra de mesme
repeupler les ormes de fort bonne heure », et continuer l’avenue… « J’ay grande impatience que M
r
Mans. [
M
ansart
] ait arresté un plan
de P
ne
[
P
omponne
] a demeurer, et je fais mon conte quil aura le plaisir de le voir executer. La depense n’en est pas telle que je ne puisse
esperer d’y arriver, principalement sy comme il semble en rester quelque lueur d’esperance je puis estre paié de ma dette de M. J
nin
. Cela
fait quoyque tres modeste Pomponne seroit pour nous une fort raisonnable maison et une retraite fort agreable »... M. de
M
ontbrison
lui
a écrit « comme ayant grande envie de venir en Suede. […] vous jugez de la joie que ce me seroit »... Il évoque enfin le « mémoire » qu’il
a prié son père d’écrire : « Donnez le à ce petit garçon [le futur marquis de Pomponne] en qui je vois par ce que vous men mandez bien
du bon et bien du mauvais, affin que l’exemple de sa famille le porte a cultiver l’un et a detruire lautre. Jay dans la teste que cela luy
pourra servir, et que voiant avec quelle fatigue et quelle opposition jay eu toutte ma vie à conduire ma fortune il perdra une sotte gloire,
dont je luy feray pardonner les semances que le péché a mis en luy, mais dont je pretends bien le deffaire à un age plus raisonnable.
Je ne veux rien oublier de tout ce qui les peut rendre habiles et honnestes gens, avec cela ils seront en estat de pousser leur fortune, a
quelque vocation que Dieu les appelle. Pour mes filles jen seray peut-estre un peu plus empesché sy Dieu ne leur fait la mesme grace
quil a fait a leurs tantes. Mais pour cela il faudroit que je pusse les voir soubs leur conduitte, et c’est ce qui augmente encor ma douleur
de la négotiation que vous me mandez sestre rompue, dont jesperois la fin de leurs souffrances et leur restablissement »...
Ancienne collection de Louis
M
onmerqué
.
515.
Simon ARNAULD de POMPONNE
. L.A.S., Stockholm 26 mars 1667, à Robert de
G
ravel
; 2 pages in-4.
500/600
B
elle
lettre
diplomatique
au ministre
plénipotentiaire
à
la
D
iète
de
R
atisbonne
.
Le dérèglement des ports ne lui a pas permis de répondre plus tôt, « qui me fait voir que les difficultés sur la Capitulation perpetuelle
qui se sont jusques icy opposées à la Conclusion de la Diette, peuvent encore l’empescher de finir sytost. Sy les advis des ministres de
Suede sont bons, vous y allez avoir des affaires plus importantes. Ilz me disent que tout l’Empire s’unit pour s’engager à la deffense
du Cercle de Bourgogne en cas qu’il soit attaqué, et que l’Empereur doit venir à Ratisbonne pour en faire passer la resolution dans les
Estatz. Jay peine à les croire sur un ralliement sy general, contre une chose de justice et contre nos interestz. Et je veux croire que sans
que l’amitié pour la France y ait part toutte seule, les Princes d’Allemagne ne voudront pas sacriffier leur repos à la seule consideration
de l’Espagne ». Il évoque une ambassade du duc de Neubourg… « Lon attend icy la fin du Traitté de Breme qui depend de l’eschange des
ratiffications, et lon espere l’accomodement avec la Hollande […] Lon est dans la mesme attente de la Paix avec l’Angleterre »...




