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49

histoire

une, et que ce seroit le plus grand malheur

qui pourroit nous arriver. Mon esperance est

en Dieu, et en vous qui ne vous laisseres pas

surprendre, et qui ne pouvés estre accablé

que par le nombre. Au reste je ne cesse de

persecutter le Roy, Mr Chamillart, et Mr

Des Maretz pour votre subsistance. Nos

marechaux de France sont persuadés que

si le Roy estoit bien servi nous pourrions

encore soutenir la guerre. Ils ont Monsieur

une tres grande opinion de vous ».

Un courrier de M. de TORCY est arrivé la

veille. « On croit tousjoursqu’on va apprendre

la conclusion de la paix ou la continuation

de la guerre, et ce n’est ni lun ni lautre,

car plus on accorde aux ennemis plus ils

en demandent, ainsy il faut de nouveaux

ordres et de nouveaux courriers. Vous jugés

bien Monsieur de ce que coutent au Roy

les sacrifices qu’il fait, Dieu veuille que sa

santé nen soit pas altérée, vous souscrirés

à ce souhait. Ce sont de grandes extrémités

de manquer d’argent et de pain. Il faut

bien ceder quand Dieu se declare aussy

visiblement contre nous »…

Elle lui recommande M. de Listenois... Le

maréchal d’HARCOURT a enfin pu partir

« apres avoir obtenu quelque ssecours

aforce de presser tout le monde ». Mais la

famine menace : « Il n’est question icy que

de pain, Mr des Maretz a donné des ordres

pour en faire venir de tous costés. On croit

pourtant que la récolte sera meilleure qu’on

ne pensoit. On vous croit icy un saint, je

voudrois que cela fust vray, affin d’attirer

sur vous la benediction de Dieu »…

1076

MAINTENON Françoise d’Aubigné,

marquise de

(1635-1719)

épouse morganatique de Louis XIV,

fondatrice de la maison de Saint-Cyr

pour les jeunes filles.

L.A.S. « Maintenon », Saint-Cyr 26 mai

[1709, au maréchal de VILLARS ?] ;

4 pages in-4.

1 500 / 2 000 €

Intéressante lettre au sujet de la guerre et

la situation critique de la France.

[En pleine guerre de Succession d’Espagne

dans les Pays-Bas espagnols et le nord de

la France, face aux armées anglaises de

Marlborough et autrichiennes du Prince

Eugène.]

Elle sait la situation difficile du maréchal :

« nous savons assez dailleurs lextrémité ou

vous vous trouvés, et avec quelle activité

vous vous estes mis en estat de subsister

quelques jours ». Une lettre de M. de

Tarneau disait « les peines utile que vous

vous donniés, et vostre prodigieux travail »…

Mais elle s’inquiète de la menace du

PRINCE EUGÈNE : « Mr le Prince Eugene dit

hautement a la Haye qu’il entrera en France.

Comme rien n’echape a mes craintes, mon

inquiettude est qu’il ne se mette entre vous et

nous ». Elle a confié ses craintes au maréchal

de BOUFFLERS, « ayant peur que ce fust une

sottise, mais il m’a dit que ce nen estoit point

1075

LOUISE DE SAVOIE

(1476-1536)

mère de François I

er

, Régente de

France pendant la captivité de son

fils.

L.S. « Loyse », Lyon 3 juillet [1525],

au Premier Président Jean de

SELVE ; contresignée par Florimond

ROBERTET ; 1 page in-4, adresse au

verso.

2 500 / 3 000 €

Lettre de la Régente pendant l’ambassade

de Selve pour la libération de François I

er

.

« Depuis vostre partement de Nerbonne je

nay point eu de voz nouvelles, et pource

que ce me sera plaisir den entendre et

mesmement vostre arrivée devers lempereur,

je vous prie que par le premier qui viendra

pardeca vous men vueillez escripre ensemble

de toutes choses qui seront survenues, et

surtout ce que vous saurez de la bonne

santé du Roy »…

[Le Président Jean de SELVE (1475-1529)

magistrat et diplomate. Premier Président

des Parlements de Rouen puis de Bordeaux,

Vice-Chancelier de Milan, puis Premier

Président du Parlement de Paris, il fut chargé

d’importantes missions diplomatiques en

Angleterre pour la négociation de la paix et

en Espagne pour la libération de François Ier.]

Provenance

: archives Jean de SELVE (vente

15 mai 2013, n° 116).

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