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histoire
une, et que ce seroit le plus grand malheur
qui pourroit nous arriver. Mon esperance est
en Dieu, et en vous qui ne vous laisseres pas
surprendre, et qui ne pouvés estre accablé
que par le nombre. Au reste je ne cesse de
persecutter le Roy, Mr Chamillart, et Mr
Des Maretz pour votre subsistance. Nos
marechaux de France sont persuadés que
si le Roy estoit bien servi nous pourrions
encore soutenir la guerre. Ils ont Monsieur
une tres grande opinion de vous ».
Un courrier de M. de TORCY est arrivé la
veille. « On croit tousjoursqu’on va apprendre
la conclusion de la paix ou la continuation
de la guerre, et ce n’est ni lun ni lautre,
car plus on accorde aux ennemis plus ils
en demandent, ainsy il faut de nouveaux
ordres et de nouveaux courriers. Vous jugés
bien Monsieur de ce que coutent au Roy
les sacrifices qu’il fait, Dieu veuille que sa
santé nen soit pas altérée, vous souscrirés
à ce souhait. Ce sont de grandes extrémités
de manquer d’argent et de pain. Il faut
bien ceder quand Dieu se declare aussy
visiblement contre nous »…
Elle lui recommande M. de Listenois... Le
maréchal d’HARCOURT a enfin pu partir
« apres avoir obtenu quelque ssecours
aforce de presser tout le monde ». Mais la
famine menace : « Il n’est question icy que
de pain, Mr des Maretz a donné des ordres
pour en faire venir de tous costés. On croit
pourtant que la récolte sera meilleure qu’on
ne pensoit. On vous croit icy un saint, je
voudrois que cela fust vray, affin d’attirer
sur vous la benediction de Dieu »…
1076
MAINTENON Françoise d’Aubigné,
marquise de
(1635-1719)
épouse morganatique de Louis XIV,
fondatrice de la maison de Saint-Cyr
pour les jeunes filles.
L.A.S. « Maintenon », Saint-Cyr 26 mai
[1709, au maréchal de VILLARS ?] ;
4 pages in-4.
1 500 / 2 000 €
Intéressante lettre au sujet de la guerre et
la situation critique de la France.
[En pleine guerre de Succession d’Espagne
dans les Pays-Bas espagnols et le nord de
la France, face aux armées anglaises de
Marlborough et autrichiennes du Prince
Eugène.]
Elle sait la situation difficile du maréchal :
« nous savons assez dailleurs lextrémité ou
vous vous trouvés, et avec quelle activité
vous vous estes mis en estat de subsister
quelques jours ». Une lettre de M. de
Tarneau disait « les peines utile que vous
vous donniés, et vostre prodigieux travail »…
Mais elle s’inquiète de la menace du
PRINCE EUGÈNE : « Mr le Prince Eugene dit
hautement a la Haye qu’il entrera en France.
Comme rien n’echape a mes craintes, mon
inquiettude est qu’il ne se mette entre vous et
nous ». Elle a confié ses craintes au maréchal
de BOUFFLERS, « ayant peur que ce fust une
sottise, mais il m’a dit que ce nen estoit point
1075
LOUISE DE SAVOIE
(1476-1536)
mère de François I
er
, Régente de
France pendant la captivité de son
fils.
L.S. « Loyse », Lyon 3 juillet [1525],
au Premier Président Jean de
SELVE ; contresignée par Florimond
ROBERTET ; 1 page in-4, adresse au
verso.
2 500 / 3 000 €
Lettre de la Régente pendant l’ambassade
de Selve pour la libération de François I
er
.
« Depuis vostre partement de Nerbonne je
nay point eu de voz nouvelles, et pource
que ce me sera plaisir den entendre et
mesmement vostre arrivée devers lempereur,
je vous prie que par le premier qui viendra
pardeca vous men vueillez escripre ensemble
de toutes choses qui seront survenues, et
surtout ce que vous saurez de la bonne
santé du Roy »…
[Le Président Jean de SELVE (1475-1529)
magistrat et diplomate. Premier Président
des Parlements de Rouen puis de Bordeaux,
Vice-Chancelier de Milan, puis Premier
Président du Parlement de Paris, il fut chargé
d’importantes missions diplomatiques en
Angleterre pour la négociation de la paix et
en Espagne pour la libération de François Ier.]
Provenance
: archives Jean de SELVE (vente
15 mai 2013, n° 116).
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