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en quoy je croi les mystiques ordinairement trop precautionnez contre Dieu portant les ames en quelque sorte à s’en defier :
ils parlent aussi tres generale
t
contre les gousts parcequils avouent qu’il y en a de plus profonds et de plus intimes que ceux
qu’on appelle sensibles : mais ni les uns ni les autres ne sont l’appuy du chretien a qui la foy suffit pleinement. […] ce sont
des consolations dans le desert »… Au reste, Bossuet considère que ces goûts intérieurs sont désirables, comme des attraits à
l’amour, et il est certain que l’espérance et la charité portent en elles-mêmes consolation et douceur : « si la foy est bien vive c’est
comme un commencement de la vie future. La foy mesme est consolante et soutenante dans son obscurité. Car quy atil de plus
soustenant que de se tenir a Dieu sans y rien voir lorsque perdu dans sa verité on entre dans linconnu et lincomprehensible de
sa perfection. […] C’est sur cela que je fonde toute l’oraison »…
12.
Alphonse BOUDARD
(1925-2000). Manuscrit autographe signé,
Le Tour de France existe… je l’ai rencontré !
;
3 pages et demie in-fol.
200/250
Amusante chronique, sur le Tour de France. « J’ai vu passer le Tour de France une fois dans ma vie. En 1950 à Antibes. Il
avait une heure de retard… les coureurs d’un commun accord s’étaient baignés en route »… Il ne s’explique pas cette passion
pour le Tour de France : « c’est presque aussi mystérieux que la Sainte-Trinité du catéchisme. Ça participe de la magie, de la
cérémonie, du rite »…
13.
Pierre BOULEZ
(1925-2016). Manuscrit musical autographe ; 1 page in-8 (encadrée).
800/1 000
Fragment (corrections ?) sur 4 lignes à l’encre noire avec annotations au crayon noir et au crayon rouge, avec une ligne biffée
au crayon rouge ; mesures à 7/8, 3/4, 1/4 et 9/8, se référant aux numéros d’une partition 24 (corrigé 15) et 25 (corrigé 16). Au
dos, il a noté ses nom, adresse (4 rue Beautreillis) et n° de téléphone.
On joint un manuscrit musical autographe signé de Michel PHILIPPOT (1925-1996),
Romance d’Hallewyn
, 1950 (38 pages
in-fol.).
Reproduit en page 2
14.
Émile-Antoine BOURDELLE
(1861-1929) sculpteur. L.A.S., [Paris] 19 mars 1889, au critique d’art Léon Roger-
Milès ; 1 page oblong in-12, adresse au verso (carte postale).
150/200
« Vous me feriez grand plaisir si vous pouviez venir voir mon travail ; ça marche pas mal, je suis seulement un peu en retard.
Dites s.v.p. bien des choses aux messieurs Lanta pour mon père et pour moi […] je vous dirai aussi une curieuse histoire, mais
vous savez déjà que certains écrivassiers valent si peu et la plupart des éditeurs encore moins »... Il remettra sa statue [
Adam
?]
aux mouleurs le 26 mars…
15.
René BOYLESVE
(1867-1926). Manuscrit autographe signé en tête,
Venise
, [1920 ?]
; 14 pages in-4. 300/400
Sur Venise. Manuscrit ayant servi pour l’impression, avec des additions et corrections. Venise est le seul endroit du monde
qui ne lui ait causé aucune désillusion. « Les hommes vont à Venise comme vers la fiancée de longtemps promise ; les femmes y
vont comme vers l’amour même. Les uns et les autres peuvent être jaloux de cette ville, et dès qu’ils y sont elle les comble et les
rend amoureux entre eux. D’où vient cela ? D’abord tout le monde sait qu’il y a un sortilège des eaux »… Délaissant l’érudition
et les lieux communs des guides, Boylesve fait valoir la mélancolie de « cet aquatique cimetière », se réfère à Ruskin, Barrès,
Byron, Sand et Musset, à
Mes prisons
et aux
Mille et une nuits
, livre ses premières impressions et évoque, avec émotion, la
beauté de la lagune et des promenades à Chioggia, Murano, Torcello, Burano… « Revenez de là à Venise, au coucher du soleil ;
voyez flamber au milieu d’un miroitement aveuglant le beau flanc rose du Palais ducal et les campaniles roux. Promenez-vous
encore à l’extrême pointe de la ville, dans les Jardins publics, un livre à la main »… Il termine en évoquant les « livres du dernier
amant de Venise : le poète Henri de Régnier »…
16.
CAHIERS DU SUD
. 58 L.S. et 30 L.A.S. (2 incomplètes), de Marcelle Ballard, dont une suivie d’une L.A.S. de
Jean Ballard, Marseille 1958-1981, au critique bulgare Nicolaï Dontchev, à Sofia ; environ 125 pages, la plupart
in-4 et à en-tête
Cahiers du Sud
, nombreuses enveloppes.
200/300
Correspondance de l’épouse du directeur des
C
AHIERS
DU
S
UD
, témoignant des activités de la revue : « Éternelle roue,
éternelle route, éternel labeur ! » (18 juillet 1960)… Envois de livres, remerciements d’articles, petits événements littéraires :
une visite de Pablo Neruda, la rupture entre Jean Ballard et Léon-Gabriel Gros, des conférences de Raymond Jean, des prix
littéraires…La lettre de Jean Ballard parle de leurs problèmes oculaires et de sa « “petite-fille” d’adoption », qu’il faut encourager
à « mériter de revenir » (29 août 1967)…
17.
Emmanuel CHABRIER
(1841-1894). L.A.S. « Emmanuel », La Membrolle 17 septembre 1890, à Catulle
Mendès ; demi-page in-8.
80/100
« Bravo, brave Catulle, bravo impeccable camarade pour l’article sur Dierx, que j’ai félicité (!!) aussi en ma très-humble
prose, mais en sincère artiste »…




