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59.

Julia DAUDET

(1844-1940) femme de lettres, épouse et collaboratrice d’Alphonse Daudet. 79 L.A.S., Champrosay,

Paris, La Roche (Indre-et-Loire), Tours et Le Pouliguen (Loire-Inférieure) 1889-1931, à Henry Céard ou à Mme

Céard ; 144 pages formats divers, qqs chiffres et en-têtes ou cartes postales de

La Croisade des Femmes françaises

,

nombreuses adresses ou enveloppes.

400/500

Correspondance amicale et littéraire.

30 avril [1889] 

: « Il me paraît si extraordinaire que sur des rapports à coup sûr

malveillants et mensongers, vous gardiez rancune à notre ami, quand cette admiration des Goncourt fut une de nos initiations

littéraires »...

25 juillet [1898], e

lle le prie d’écrire une préface pour l’édition Houssiaux des Œuvres complètes de son mari...

29 mars 1902

, recommandant les articles de son fils Léon dans

Le Gaulois

et

La Libre Parole 

: il « mène un bon combat »...

11 novembre 1903

, elle est impatiente de recueillir des articles de son mari...

28 octobre 1906

, appréciation de

Terrains à vendre

de Céard...

16 août

1914

, sur un accident de la route survenu à ses fils Léon et Lucien...

28 août

, sur le pauvre Jules Lemaître,

« la proie depuis deux ans d’une femme de lettres très-exotique, très intrigante », « Juive militante »...

25 novembre 

: « Que c’est

long cette guerre, cette France détruite, ces vies fauchées ; et si un moment d’espoir nous vient de l’éloignement de ces hordes,

il est détruit le lendemain par la nouvelle qu’elles se renforcent encore et toujours, sur le même point ! »...

30 juillet

1915

. Le

récit de la visite de Céard à Champrosay l’a profondément émue...

17 août

: « je vous comprends de vous plonger dans l’oubli

de la poésie en cette époque vraiment si énervante par une stabilité incompréhensible. Il n’y a [...] de possible que le contact

des combattants parce que leur flamme s’alimente hélas du danger et du risque »...

31 juillet 1917

. Nouvelles de l’Académie

Goncourt : « Courteline retiré, Ajalbert très discuté, et voilà en ligne Ponchon et le Sar Péladan. Ah ! Si le pauvre ami voyait la

suite de sa générosité littéraire et de son souci de la postérité ! »...

7 mai 1918

. Elle se réjouit de l’élection de Céard à l’Académie

Goncourt, et qu’il « prenne sa place parmi ses compagnons du début. C’était une grande injustice littéraire qu’il ne l’eût pas

encore »...

1

er

août 1919

. Les

Sonnets de guerre

de Céard s’impriment : « Quelle joie et quelle fierté pour moi qu’il soit

mon

livre et que tous ces tableaux si vivants, si vigoureux soient enfin réunis »...

11 octobre 1920 

: extrait du

Convive

, nouvelle

recueillie dans

Anomalies

de Bourget, concernant Céard...

19 septembre 1921

, envoi de places pour la première de

Sapho

à la

Porte-Saint-Martin...

12 janvier 1931

. Les vœux de Mme Céard lui rappellent « l’heureux temps où je pouvais encore parler du

passé, amical et littéraire, avec votre pauvre mari qui était un témoin si fidèle, si averti des personnalités et des talents, et si juste

dans ses appréciations »... Etc. On joint une carte de visite autogr. ; plus une L.A.S de Léon Fontaine à Céard.

60.

Jean-Baptiste DAUMIER

(1777-1851) vitrier et poète, père d’Honoré Daumier. 7 manuscrits autographes, 1827

et s.d. ; 17 pages in-4.

400/500

Six poèmes : une ode À

M. le Comte C... 

: « Heureuse de chanter l’amante de Zéphire »… ; des épîtres : À

M. de ...Traducteur

des Œuvres d’Horace

(« J’ai lu, et je relis encore, votre traduction d’Horace »…), À

M. de La Bouïsse

(« Heureux époux,

charmant poète »…) et À

M

elle

Duchenois

(« Chez Sophocle, et chez Euripide »…) ; une chanson bucolique,

Nicette à Lucile 

:

« La feuille légère, qu’emporte le vent »…) ; et

La Charité

, en 3 huitains :

« Ô toi qui fait aimer la vie

Compagne de l’adversité !

Prête-moi douce Charité,

De ta voix la tendre harmonie »...

Plus un article « qui devait être inséré dans le

Mercure de France

», préconisant une réforme de la pratique de l’examen

d’ouvrages dramatiques soumis aux comités de lecture des théâtres.

61.

Pierre-Jean DAVID D’ANGERS

(1788-1856) sculpteur. 3 L.A.S., Paris 1835-1844, à Théodore Le Breton,

bibliothécaire à Rouen ; 6 pages in-4 ou in-8, adresses (portrait joint).

500/700

20 décembre 1835

. Il lui envoie son médaillon en bronze, et le complimente sur ses beaux vers : « Jusqu’à présent on s’est

beaucoup occupé des classes de la société, mais le peuple n’a eu que fort peu d’avocats, si ce n’est notre Béranger, Burns l’écossais

et un forgeron (ce dernier habite un coin de l’Angleterre), ceux là vivront éternellement dans le souvenir du peuple, qui, seul, a

la mémoire du cœur, la poësie de ce forgeron est toute palpitante d’intérêt d’actualité, parce qu’il décrit ce qu’il a continuellement

sous les yeux. Je vous avoue que j’éprouve un sentiment pénible en lisant les vers d’Adam Billaud, qui sont presque toujours à la

louange des grands ou bien qui ne traitent que des sujets de peu d’intérêt, il aurait du comprendre que Dieu en lui donnant du

génie l’avait mis à même de remplir cette noble mission du poëte, qui est de travailler à rendre les hommes meilleur »...

4 juin

1840

. « Vous allez être bien heureux de posséder dans votre ville mademoiselle Rachel, c’est un sublime talent qui fera j’en suis

sûr impression sur votre âme de poëte »... Il recevra une lettre d’introduction auprès d’elle : « Allez y sans crainte, car elle a déjà

fait connaissance avec vos productions, et les êtres doués de génie sont frères ». Il termine les bas-reliefs « qui doivent décorer

le piédestal de la statue de Guttemberg qui sera inaugurée le 24. Quand on aura gravé ce monument, je ne manquerai pas de

vous en envoyer une épreuve »...

1

er

août 1844

. Il a déposé pour lui « une petite boîte contenant quelques épreuves de médailles

que je viens d’exécuter, et puis une épreuve de la gravure du monument de Bonchamps et de la lithographie de la statue de Jean

Bart ». Il y a aussi « le profil couronné de lauriers du Maréchal Ney, et le revers de cette médaille, c’est l’instant où on le fusille,

le palais que l’on voit, c’est celui de la chambre des Pairs ». Il décrit la médaille pour les Polonais, et lui demande de veiller à

« l’encaissage du modèle de la statue de Bonchamps » au Musée de Rouen...

On joint une L.A.S. au sujet de la visite de son atelier par « des compatriotes de Lehmann » ; et une pièce (1851) attestant

qu’il n’est pas noté aux Sommiers judiciaires.