ADER. Paris. Femmes de lettres et manuscrits autographes - page 196

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334.
Olympe de GOUGES
(1748-guillotinée 1793) femme de lettres, elle adopta avec chaleur les principes de la
Révolution, réclama l’émancipation des femmes, et fonda le Club des Tricoteuses.
Lettre signée « de Gouges », Paris 4 juillet 1789 ; 3 pages in-4.
1 500/1 800
T
RÈS
RARE
LETTRE
SUR
SES
ÉCRITS
ET
SON
PROJET
DE
J
OURNAL
DU
P
EUPLE
.
« Monseigneur Vous ne doutés nullement de mon zele et de mon patriotisme : vous êtes encore persuadé que si tous les
citoyens avoient employé ces mêmes moyens, l’Etat seroit aujourd’hui dans une situation plus favorable que celle où il se trouve.
Malheureusement j’etois seule, malheureusement les hommes, pour vouloir le bien, veulent trop entreprendre ; mais enfin, si mes
écrits n’ont pû ramener tous les esprits au même point de vûe, du moins ils ont pû en porter quelques-uns vers le bien »... Ce bien
mérite du moins une grâce ordinaire du gouvernement.
« Plusieurs personnes sont étonnées que je n’ai point obtenu encore le privilège du
Journal du Peuple
; ce journal [...] ne peut
que calmer ses éffervescences et le porter vers le bien, et cependant il ne m’est pas encore accordé, on m’engage, on me presse
de le demander aux Etats Généraux ». Mais elle veut, avant de faire cette démarche, prévenir Monseigneur qu’un refus de sa part
risquerait d’accroître les soupçons injustes conçus à son égard, alors que « ce privilège accordé par vous, prouvera assés que le
Peuple ne vous est pas indiférent ». Et elle est persuadée que le Roi approuvera ce journal « avec plaisir »...
Librairie Les Autographes, 2003
.
335.
Anne-Josèphe T
ERWAGNE
, dite THÉROIGNE de MÉRICOURT
(1762-1817) d’abord cantatrice et demi-mondaine,
puis femme politique, féministe, meneuse révolutionnaire, surnommée “l’Amazone de la Liberté” ; prenant la défense
des Girondins, elle fut fouettée par les femmes d’un club et devint folle.
Lettre autographe signée « Theroigne », [Liège] 26 août 1790, au banquier P
ERREGAUX
à Paris ; 2 pages in-4, adresse
avec cachet de cire rouge (brisé) et marque postale
De Liège
.
2 500/3 000
T
RÈS
RARE
ET
REMARQUABLE
LETTRE OÙ
ELLE NIE AVOIR
PRIS
PART AUX
JOURNÉES DES
5
ET
6
OCTOBRE
1789. [Théroigne était bien une des
meneuses de la populace qui avait marché sur Versailles, et elle avait présenté avec mépris les revendications du peuple à Marie-
Antoinette ; pour échapper aux poursuites, elle se réfugia à Liège.]
« On m’a écris que le Châteloit poursuivoit avec beaucoup d’activité, l’affaire du 5 et 6 octobre. Apparemment que M
r
F
ARCY
, et
sa ligue veulent étouffer une affaire par l’autre. J’ai été fort étonnée d’apprendre que j’etois decretée de prise de corps, je ne me
doutois pas que n’ayant coperé en rien que ce soit, a tout ce qui c’est dit, et fait, les deux journées du 5 et 6, je serois comprise dans
cette pretendue conjuration : car ce n’est pas la peur qui m’a fait partir ; c’est plutot la médiocrité de ma fortune, qui m’a forcé après
avoir mangé tout mes diamans, a venir dans mon pays, pour y vivre avec économie, afin de pouvoir continuer d’entretenir mes
frères, jusqu’a ce qu’ils aient acquis assez de talents, pour se passer de mes secours ». Elle recommande un de ses frères à Perregaux.
L
ÉOPOLD
[l’Empereur d’Autriche, frère de Marie-Antoinette] « a fait les plus sevère deffance de laisser entrer aucun imprimé qui
parla des affaires de France, dans les Ardennes. C’est une vraie tyranie je ne puis me procurer les papiers qu’avec beaucoup de
peine, et il me parviennent toujours trop tard. C’est pourquoi je vous prie de mécrire les progrès de la prosedure de l’affaire de
Versaille, et comme je ne puis deviner jusqu’ou a été la malignité de ceux qui mon dénoncé, il faudroit si [vous] voulez me rendre
ce service faire votre possible pour savoir de quoi je suis accusée. Car si cela étoit serieux, je me deffenderai et pour cette effet, je
n’aurai besoin que de dire la vérité. Éluderont-il son evidance ? Je ne crois pas qu’ils l’osent a moins qu’ils ne meprisent la justice,
et l’opinion publique. Alors je serois probablement sacrifiée, malgré que je n’aie d’autre tor que d’avoir beaucoup de zèle, pour le
bien public ».
Elle voudrait être assurée que sa « Rente sur le Roi » ne serait pas confisquée, « dans le cas que mon affaire prit une mauvaise
tournure », et elle prie Perregaux de « me dire si effectivement je ne cour aucun risque de ce côté-là. […] Je serois sensible a cette
perte parce qu’il ne me reste pas autre choses pour vivre »…
Ancienne collection Alfred S
ENSIER
(11-13 février 1878, n° 359).
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