ADER. Paris. Femmes de lettres et manuscrits autographes - page 224

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386.
Émilie-Louise de B
EAUHARNAIS
, comtesse de LAVALLETTE
(1781-1855) fille de François de Beauharnais, nièce de
Joséphine, femme (1798) d’Antoine-Marie Chamans, futur comte de Lavallette et directeur des Postes sous l’Empire ;
elle favorisa en 1815 l’évasion de son mari condamné à mort.
Lettre autographe signé « Beauharnois de La Vallette », 5 décembre 1816 ; 1 page et demie in-4.
400/500
P
RÉPARATION
DE
SA
DÉFENSE
,
DANS
LA
CRAINTE
D
ÊTRE
JUGÉE
POUR
AVOIR
AIDÉ
SON MARI
À
S
ÉVADER
DE
PRISON
.
« Oserai-je formuler un vœu, je ne connois point les Loix ; j’ignore donc si je serai soumise à un jugement ; si cela est je compte
m’en remettre parfaitement à l’humanité des Juges et à la bonté du Roy. Je répondrai aux questions qu’on se croira en droit de me
faire je ne veux point d’avocats leur talent est au-dessus d’une chose si simple, je plaiderai moi-même si cela est nécessaire. Je n’ai
point de faits à atténuer, point de vérité à détruire, ma conscience et mon devoir voila ce qui m’a fait agir, avec cela on pourroit
gâter en voulant y travailler. A-t-on pu m’inspirer une chose qui tient à l’âme ; non, d’après cela aucune suite y eussai-je pensé ne
pouvoit m’effrayer. Je voudrois qu’on me rendit la justice de croire, que je n’aurois pas voulu y impliquer personne ; […] j’oserai
ajouter, que ne craignant point le jugement, je serai cependant ravie, si je suis exempte de paroître, ne désirant point du tout l’effet
et ne souhaitant en aucune manière d’attirer les regards du public »…
387.
Georgine de C
HASTELLUX
, comtesse de LA BÉDOYÈRE
(1790-1871) épouse (1813) du général Charles Angélique
François Huchet de La Bédoyère (1786-1815).
Lettre autographe signée « Chastellux La Bédoyère », St Germain le 14 au soir
[août 1815], à un Prince ; 1 page et
demie in-4.
250/300
É
MOUVANTE
SUPPLIQUE
POUR
SAUVER
SON MARI
,
CONDAMNÉ
À MORT
POUR
S
ÊTRE
RALLIÉ
À
N
APOLÉON
AUX
C
ENT
-J
OURS
. [Il sera fusillé
le 19 août.]
« Je suis au comble du malheur ; mon arrêt est signé, celui de mon enfant, si vos anciennes bontés pour son malheureux père ne
nous sauvent tous trois ; hélas ! Je ne demande que sa vie ; la bonté du Roi ne daignera-t-elle pas se laisser toucher à mes larmes, à
mes prières ? Ah ! Prince, ayez pitié de mes déchirements ! Rendez-moi l’espérance. Je vous en conjure. Je suis accablée de douleur.
Déjà on envenime la défense que la brièveté du tems lui avoit à peine permis de rédiger, et qu’on ne lui a pas laissé prononcer toute
entière quoi qu’elle soit remplie du regret de ses égarements et de son profond respect pour le Roi. J’espère qu’on ne lui refusera
pas un conseil de révision, mais, Prince, mon seul espoir est dans l’appui que mes cruels malheurs pourront trouver dans vos
bontés. Ah ! Daignez appuyer la grâce qu’il sollicite de la clémence du Roi, et j’aurai encore l’espoir de conserver sa vie et d’élever
mon malheureux enfant ! Quelle reconnaissance ne devrais-je pas au secours protecteur de votre Excellence ? La consolation de ma
vie serait de lui en offrir l’hommage et de bénir le Roi »... Elle termine en sollicitant une entrevue...
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