ADER. Paris. Femmes de lettres et manuscrits autographes - page 226

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392.
AUGUSTE DE BAVIÈRE
(1788-1851) Princesse de Bavière, fille de Maximilien I
er
, femme (1806) d’Eugène de
Beauharnais (1781-1824).
Lettre autographe signée « Auguste », 25 février 1826, à une Princesse ; 1 page in-8 (deuil).
200/250
« Les deux pertes que je viens de faire ont été si severes et mëme inattendues que je ne puis encore me résoudre quelquefois à
croire que le tout est fini ! Mon père inestimable et mon cher Edouard tous deux au même instant placés dans le cercueil était une
tragedie inouie. Ils m’etaient chers comme mon âme et ma seule consolation est, qu’en servant
leur exemple
j’espere que le bon
Dieu nous reunira dans l’autre monde »...
393.
HORTENSE DE BEAUHARNAIS
(1783-1837) fille de Joséphine de Beauharnais, adoptée par Napoléon, épouse
(1802) de Louis Bonaparte (1778-1846), elle fut Reine de Hollande ; mère de Napoléon III.
M
ANUSCRIT
avec corrections autographes, [vers 1830] ; cahier cousu de 6 pages et demie in-4 (trace de montage au dos
du dernier feuillet).
3 000/3 500
M
ANUSCRIT
DE
TRAVAIL
POUR
SES
M
ÉMOIRES
SECRETS
ET
HISTORIQUES
DE
J
OSÉPHINE
.
Ce fragment de récit couvre quelques années de la vie de Joséphine, de son divorce avec l’Empereur en 1809, jusqu’à sa mort en
1814. Hortense a porté une demi-douzaine de corrections sur ce manuscrit dicté ou copié par un secrétaire.
« À la fin de 1809 le divorce fut conclu. L’Empereur avait dit hautement qu’après lui ce serait une anarchie complète si le peuple
français ne s’habituait pas à l’idée d’un héritier de son nom et de sa puissance, qui serait appelé à conserver et à améliorer toutes
les constitutions nouvelles d’où dépendait la prospérité du pays. Son fils, élevé au milieu de l’amour des français, lui paraissait seul
capable d’amener un tel résultat et d’assurer la stabilité. Tous les grands qui l’entouraient le poussaient au divorce. Sa tendresse
pour sa femme le fit longtemps balancer, mais enfin il céda. Il chargea sa belle-fille de préparer sa mère à cette triste séparation et
lui dit ces propres paroles avec une émotion dont on ne l’aurait pas cru susceptible, et en parlant de l’impératrice,
s’il s’agissait de
mon bonheur je le lui sacrifierais, mais il s’agit de celui de la France. Un fils de moi mon héritier pourra seul consolider mes institutions
et faire jouir le pays de la prospérité que je lui prépare
».... Elle raconte encore comment Napoléon obtint que Joséphine cédât aux
impératifs de l’État... « Les enfants de l’impératrice voulaient s’éloigner et aller avec leur mère loin de la cour. Ils disaient qu’eux
et leur mère finiraient par gêner l’empereur ainsi qu’une nouvelle impératrice. L’empereur s’y opposa fortement [...] L’impératrice
Joséphine n’avait eu le courage de se séparer de l’homme qu’elle chérissait que dans l’espoir de rester toujours sa meilleure amie.
Les enfants de l’impératrice durent donc se résigner à leur volonté. [...] Ce fut le prince Eugène que l’empereur chargea d’aller
au sénat porter le libre consentement de sa mère au divorce »... Suivent des détails sur la retraite de Joséphine à la Malmaison, sa
conduite en 1814 à la nouvelle de l’abdication de Napoléon, la visite que lui rendit le Tsar A
LEXANDRE
I
er
et la protection que ce
dernier tint à lui assurer ainsi qu’à sa fille H
ORTENSE
: « Il revint souvent à la Malmaison, voulut fixer le sort de cette famille qu’il
venait déposséder et cependant pour laquelle il sentait une véritable affection. Selon le traité du 11 avril [Traité de Fontainebleau],
le sort de toute la famille de l’empereur était décidé, mais il ne paraissait pas qu’on voulût exécuter ce traité. La réaction quoique
douce à l’apparence n’en était pas moins haineuse contre une puissance qu’on regardait comme usurpatrice. [...] L’empereur de
Russie devenait le seul protecteur qui voulut faire exécuter le traité. L’impératrice Joséphine, malgré les hommages des souverains,
était frappée au cœur ; elle mourut au moment où l’empereur s’occupait de lui faire assurer le million que l’on avait décidé
qu’elle garderait sa vie durant »... Il est également fait mention de la retraite d’Hortense et de son projet de quitter la France pour
la Suisse, arrêté par le débarquement de Napoléon : « Après la bataille de Waterloo, la reine Hortense alla recevoir l’empereur
Napoléon à la Malmaison où il se rendit après son abdication. Là, elle lui prodigua les soins de la fille la plus tendre et ne revint à
Paris que lorsqu’il fut parti. L’exaspération contre elle ne fit qu’accroître à l’entrée des Bourbons [...] L’ancien protecteur de la reine
[Alexandre] loin de la protéger encore, montra plus de haine que tout autre »... Le manuscrit se termine au moment où, menacée,
la reine Hortense dut prendre la route de l’exil : « Sur le sol étranger recommencèrent tous les tourments, toutes les vexations que
cette famille éprouva par les polices françaises et étrangères. La première émigration se refugiait près de ses ennemis, celle de 1814
se réfugiait au milieu de ses ennemis ».
Galerie Arts et Autographes
.
394.
HORTENSE DE BEAUHARNAIS
(1783-1837) fille de Joséphine de Beauharnais, adoptée par Napoléon, épouse
(1802) de Louis Bonaparte (1778-1846), elle fut Reine de Hollande ; mère de Napoléon III.
Lettre autographe signée « H. » (minute), au baron B
OUVIER
-D
UMOLART
; 1 page in-8 avec ratures et corrections
(étiquette collée en tête).
250/300
Lettre de félicitations pour l’ouvrage qu’il lui a envoyé : « Vous me parlez d’un tems bien peu compris encore en France mais qui
s’élève à mesure qu’on s’en éloigne et qu’on le juge de haut, je serai bien aise de vous revoir et de causer avec vous de ces vieux
souvenirs puisqu’ils vous sont encore chers. C’est déjà de l’histoire ancienne et j’aime à retrouver des contemporains avec lesquels
je puisse parler de ma jeunesse »... Elle serait heureuse d’avoir l’occasion de rencontrer sa femme et sa fille...
Une note indique que la lettre a été donnée à M. Sainsbury par « Napoléon Louis B. ».
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