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22

63.

Roger BISSIÈRE

(1888-1964). L.A.S. avec

dessin

, 4 novembre 1964, à Pierre

B

erès

aux Éditions Hermann ; 1 page

in-4 avec enveloppe.

400/500

Au sujet de son ouvrage

Journal en images

(Hermann, 1964). Il lui demande de lui faire encore parvenir cinq exemplaires en plus

des quatorze qu’il a déjà, pour satisfaire les personnes auxquelles il ne « peut faire autrement que d’en donner un ». Il a appris

que les exemplaires envoyés à Bordeaux étaient déjà épuisés : « à Cahors aussi on s’est plaint de n’en avoir point aperçu chez les

libraires. Ils auraient des chances pourtant de s’y écouler fort bien ». Il écrit sur un papier où figurait déjà un croquis, mais il n’a

pas d’autre feuille sous la main. Il demande de faire livrer les ouvrages en gare de Degagnac dans le Lot... Le

dessin

, à l’encre de

Chine, occupe le quart inférieur gauche de la page : composition de tours et murailles géométriques.

Reproduction page précédente

64.

Pierre BONNARD

(1867-1947). L.A.S., Saint-Germain [4 décembre 1913], au critique d’art Achille

S

egard

; 1 page

in-12, adresse (légère mouillure).

150/200

« Je serai à mon atelier 22 rue Tourlaque à Paris lundi à 4 heures. Nous pourrons bavarder un peu »...

65.

François BONVIN

(1817-1887) peintre. 6 L.A.S. (2 avec petit

dessin

), Saint-Germain 1876-1879, [à Gustave

G

uillaumet

] ; 16 pages in-12.

1 200/1 500

B

elle

correspondance

artistique

et

amicale

au

peintre

orientaliste

G

uillaumet

.

10 avril 1876

. Invitation à déjeuner avec « quatre brigands de la manufacture de Sèvres, à la tête desquels

R

enard

[…] j’ai travaillé

sans relâche à mon

grand tableau

, qui est, enfin, sur ses pieds et, je crois, assez d’aplomb ». À la fin de la lettre, il a dessiné une

petite lampe à huile...

30 novembre 1877

. Il vieillit : sa santé vacille et le force parfois, à 60 ans, à « suspendre le peu de travail

auquel je me livre ». Cela n’est pas drôle pour sa compagne Louison, « à laquelle “

Ma vieillesse refait une virginité

” ». Il envie son

ami d’être au soleil, et lui propose de choisir pour lui, pendant son absence, le tableau à exposer au Salon et d’en commander les

cadres. Mais il lui déconseille l’Exposition Universelle, « Univermicelle », qu’il a en horreur : « Ce mélange de vapeur, de canons,

de caoutchouc, de casseroles, de tout ce qui constitue enfin un attrait pour les foules, si bêtes ! me semble tout à fait indigne

de tout artiste qui ne fait pas de tableaux pour les primes des épiciers ». Il encourage donc Guillemet à voyager et repousser son

retour, même si son absence lui pèse : « Il n’y a guère qu’avec vous que je causais et que je m’entendais sur l’art et mon isolement

est grand », malgré la visite parfois de Francis

W

ey

. Il souhaite une bonne fête à sa petite Cécile [dessin d’un bouquet]...

19 février

1878

. Il est démoralisé et souffre beaucoup : «

C

ourbet

est mort.

P

oulet

-M

alassis

est mort.

L

a

F

izelière

(un brave homme) est

mort », etc.

« 

Je me dépêche de vous écrire avant ma mort, et, si vous ne vous hâtez point de revenir, vous ne trouverez plus

personne ! » Il l’a recommandé auprès du Conservateur du Musée d’Alger. Il essaie de travailler à des petites choses entre les

crises : « je vais tâcher de terminer mes

Religieuses en vacances

pour l’Exposition non universelle. [...] l’état des affaires est au pire,

[...]

D

elacroix

lui-même, aujourd’hui, ne fait pas un sou en vente publique »...

7 juillet-Décembre 1879

. Il se réjouit de son retour,

et ira le voir, dès que sa santé et l’avancement de son travail, qui n’avance pas faute de soleil, le permettront ; il verra, encadré, « le

premier tableau de ma nouvelle manière – manière moderne et mondaine. Il est temps de ne plus vivre avec les morts, et, ma foi,

je commence à être de l’avis de Courbet qui trouvait Titien, Véronèse

,

Rembrandt et

tutti

des chiqueurs manquant de sincérité ! ».

Il ajoute aussi à son « néo-genre un peu de

rigolo

, car il faut être gai aussi – m’a dit

B

urty

que je n’aurais pas cru si follichon, mais

qui l’est devenu depuis qu’il a découvert le côté grivois et soulographe de

D

elacroix

 ! »...

26 mai 1879

. Il est malade et regrette

de ne pouvoir assister à sa petite fête, où il aurait aimé saluer

N

adaud

, avec qui il avait partagé un déjeuner galant, il y a trente

ans, avec une « très bonne fille –Camille

T

hibaut de

V

illers

– noble damoiselle, fille de laitiers, laitière elle-même, faisant de son

cœur et de son corps des parties de pain-béni qu’elle offrait en faisant de ses bras une corbeille d’amour où chacun de nous venait

puiser – et s’épuiser ! »... – Il prie son ami de l’excuser auprès de sa mère et des Cogniet de ne pouvoir accepter une invitation à

cause de l’état déplorable de sa santé, et répond, ému, à sa déclaration d’amitié : « Ma fin seule pourra la rompre, et je mourrai

avec sûreté de n’être point oublié de vous »...

Reproduction page précédente

66.

Émile-Antoine BOURDELLE

(1861-1929). 7 L.A.S., 1902-1916, au sculpteur Edwin

B

ucher

 ; 15 pages formats divers,

dont 2 cartes de correspondance des Armées avec adresse au verso (un peu tachées), 2 enveloppes.

3 000/4 000

T

rès

belle

correspondance du

sculpteur à

son

élève

,

praticien

et ami

E

dwin

B

ucher

(1879-1968), dit « Bougre » (ayant demandé

à Bucher comment on prononçait son nom à Lucerne : « Bourrher », Bourdelle le répéta en le déformant « Bougre », surnom qui

lui resta à l’atelier).

Valenciennes 8 avril 1902

. « Bougre. Bronze chargé en gare, ai retouché patine qu’on finira en frottant (

sur place à Paris

). Très belle

coulée rien à dire sauf un coin du terrain amolli par le mouleur », mais qui ne se verra pas une fois la sculpture sur le piédestal. Il

a bien fait de partir : « bronze était comme une paire de souliers ciré de neuf et reluisants : j’ai fait comme je faisais étant enfant, je

froissais mes habits raides de neuf et mettais de la poussière sur mes souliers pour harmoniser les choses !! Le bronze à présent est

d’une patine très puissante ». Le piédestal sera « très beau – très bien compris

bien combiné

 ». Il est à Valenciennes, dont le musée

est « plein de Watteau et de sculptures de Carpeaux ». Il rentre dans deux jours et espère que Bucher a bien avancé son ouvrage…

Il est satisfait des travaux, mais le presse pour le buste de

B

eethoven

,

qu’il faut donner sans retard : « retouchez l’épreuve qui a le

petit socle le plus large c’est-à-dire ôtez soigneusement les coutures »...