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58

310.

[Loi Falloux]. Charles Jourdain

(1817/1886), philosophe et professeur, chef de cabinet de Falloux

(Instruction publique),

il prit une part active à l’élaboration de la loi Falloux

.

9 L.A.S.

à Ch. Jeannel,

20 pp. in-8. 1849-1868. En-têtes du ministère de l’Instruction publique.

Charles Jourdain dévoile les grandes lignes de la réforme de l’enseignement voulue par Falloux. « J’ai reçu depuis ce

temps là des fonctions nouvelles [en décembre 1848, il avait été nommé chef de cabinet de Falloux] et me voici bien loin

de la science. J’ai abandonné la spéculation pour la pratique et je vis au milieu des affaires. J’écris beaucoup de lettres ;

j’en reçois encore plus ; je donne force audiences ; j’assiste aux débats de l’assemblée où j’ai mes entrées comme chef de

cabinet ; me voilà mêlé aux luttes de la politique ; ce qui ne m’empêche pas d’aller de loin en loin rendre une visite aux

élèves de Stanislas que je n’ai point oubliés et que j’aime toujours.

La ligne de conduite que M. de Falloux se propose

de suivre est parfaitement simple. Chef de l’Université, il ne l’abandonnera pas ; loin de là, il considère comme

de sa dignité de la fortifier, de développer tous les événements de grandeur et de durée qu’elle renferme. Il se

consacrera à cette œuvre loyalement, sans arrières pensées. En même temps, il travaillera à fonder une liberté

de principe efficace, à établir en face des écoles de l’Etat, des écoles rivales, relevant non du caprice ministériel

mais de la loi et d’une loi libérale et clémente

. Voilà si je ne me trompe la tâche que M. de Falloux s’est imposée,

à laquelle tous ses amis se proposent de concourir. J’ai été heureux de pouvoir mettre la main, selon mes forces, à

ce grand ouvrage ; s’il réussira, je l’ignore [...] ». D’autres lettres concernent ses écrits, des recommandations, Saint-

Thomas d’Aquin, la division qui règne à la Faculté de Montpellier, la doctrine de Gassendi, etc.

400 / 600 €

311.

Henri Gomont

(Paris 1815/1890), historien, correspondant de l’Académie Stanislas de Nancy, il a publié

bon nombre d’études historiques et traduit les œuvres de Byron et Longfellow.

36 L.A.S.

à Ch. Jeannel,

107 pp. in-8. Paris, 1837-1853.

Longue et très belle correspondance de l’historien Henri Gomont, sur une quinzaine d’années, depuis la

publication de ses premiers travaux historiques sur l’histoire intérieure de Rome

, correspondance pleine de

réflexions historiques et philosophiques, qui est aussi une passionnante chronique du temps. « [...] Pour le moment je fais

ce par quoi j’ai débuté, j’écris pour le public. Oui, j’ai repris ma plume, mais cela ne me coûte pas un sol, et je suis lu,

amélioration sensible, autrefois je déboursais de l’argent et je n’avais pas de lecteur. Quant à mon public, il se compose

des sommités de l’ordre social, le Roi d’abord et avant tout, ensuite messieurs les ministres et leurs familles, puis MM. les

préfets, sous-préfets, maires et adjoints. C’est assez vous dire que j’écris dans le Moniteur [...]. Mes ennemis! Chenilles

orgueilleuses venant avec envie me barrer le sentier, que j’abats sans sentir leurs morsures haineuses à travers le cuir de

mon puissant soulier ; puis quand je me retourne au bout de ma carrière, je m’étonne en voyant ces cadavres vaincus que

mon pied écrasa sans haine et sans colère, et je suis si chrétien que je pleure dessus [...] ».

300 / 400 €

312.

[Gard]. Eugène Germer-Durand

(1812/1880), historien de Nîmes et du Gard, érudit et archéologue,

membre de l’Académie de Nîmes, directeur de la Bibliothèque et du Musée d’épigraphie du Nîmes.

8 L.A.S.

à Ch. Jeannel. Nîmes, 1865-1874. En-têtes de l’Académie du Gard et de la Bibliothèque de Nîmes.

Nomination de Charles Jeannel comme associé-correspondant de l’Académie du Gard, envoi de brochures,

recommandation pour un candidat au baccalauréat du Lycée de Nîmes, réception de son fils ordonné prêtre, lectures

à l’Académie, publication de comptes rendus dans son Bulletin, décès du fils Jeannel, ennuis de santé, etc. «

Je n’ai

pas besoin de vous dire que l’Académie est heureuse, en cette occasion, de se faire auprès de vous l’interprète

de tout ce que notre ville compte d’amis des lettres et des bonnes études

, et qu’elle prétend par là vous témoigner

la reconnaissance des nombreux auditeurs qu’ont charmés vos intéressantes lectures du soir [...]. M. Pérès (de La

Barèze, dites-vous? Je ne le connaissais pas sous cet aspect) est un brave notaire à la retraite, qui a la manie de

philosopher dans un langage à lui. Vous rendriez un grand service, à lui d’abord, à ses amis et connaissances ensuite

si, avec une douce fermeté, et surtout avec l’autorité que vous possédez en ces matières, vous parveniez à le dissuader

de ses entreprises philosophiques.

Qu’il élève ses vers à soie, qu’il exploite au mieux sa ferme de la Barèze

(puisque la Barèze il y a), mais qu’il nous épargne ses abracadabrantes élucubrations

[...] ».

Joint :

5 faire-parts concernant Germer-Durand.

300 / 400 €

313.

Divers

. 157 lettres à Ch. Jeannel. Principalement époque 1840-1860. Adresses et marques postales au dos.

Bel ensemble de lettres familiales, lettres sur ses affaires et lettres sur ses activités intellectuelles et érudites.

300 / 400 €

• • •

314.

[Journée du 10 août].

2 documents.

- L.S. Pache (griffe), maire de Paris, au comité civil de la section des droits de l’homme. Sur les secours accordés

« aux citoyens blessés à la journée du 10 aoust » ; il demande un compte des sommes qui ont été employées « pour le

soulagement des blessés à l’affaire des Thuilleries ». 1 p. in-4, adresse au dos. 23 mai 1793.

- L.A.S. Coulombeau, à la section des Gobelins, en-tête de la Commune de Paris avec vignette « Liberté 14 juillet

1789 – Egalité 10 aoust 1792 », 15 octobre 1792, 1 p. in-folio (déchirures marginales). « La section des Gravilliers est

venue annoncer qu’elle possède en son sein un grand nombre de blessés dans l’affaire du dix août et qu’elle est hors

d’état de pourvoir à leur besoin, elle demande des secours […] ».

200 / 300 €