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309.
Jules RENARD
.
M
anuscrit
autographe signé,
Le Verre d’eau
, [1906]
; 4 pages in-4 à l’encre violette, avec qqs ratures
et corrections.
800/1 000
A
musante
scène dialoguée
entre
M
onsieur
et
son
jardinier
P
hilippe
, publiée dans
Le Journal
du 31 août 1906, sous la rubrique « Les
Quatre Saisons » (le manuscrit a servi pour l’impression), puis remaniée et recueillie dans
Nos frères farouches. Ragotte
(Arthème Fayard,
1908).
Monsieur apprécie beaucoup un verre d’eau de son puits. Philippe préfère du vin, car l’eau est trop froide. Il explique comment il le
sait, avec force détails qui atténuent le plaisir de boire de Monsieur : il est descendu au fonds du puits ce matin, en sabots, barboter le
peu d’eau qui y restait, pour voir s’il y avait « des saletés »… Cette
première
version
conserve les noms des personnages (Monsieur et
Philippe) en face de chaque réplique ; pour
Nos frères farouches
, Renard mettra le récit à la première personne (
Monsieur
devenant
je
), et
remplacera cette présentation théâtrale par de simples tirets.
310.
Jean-François-Paul de Gondi, cardinal de RETZ
(1613-1679) cardinal, archevêque de Paris, adversaire de Mazarin et
chef de la Fronde ; écrivain et mémorialiste. L.A.S., 8 octobre 1667 ; demi-page petit in-4 (mouillure).
500/600
« Je vous rands un millier de graces de votre beau presant que je reçois avec bien de la joie et parce qu’il est fort beau et parce quil vient
de vous. Soiés persuadé je vous conjure que rien ne me peut jamais estre plus cher ni plus sensible que tout ce qui vous touche, et que
je suis absolument a vous et de tout mon cœur »…
311.
Alexis Saint-Léger Léger, dit SAINT-JOHN PERSE
(1887-1975). L.A.S. « Alexis Léger », “Les Vigneaux”, La Polynésie,
presqu’île de Giens (Var) 30 juillet [1959], au critique André
R
ousseaux
; 3 pages in-4, enveloppe.
800/1 000
B
elle
lettre
. « J’entends que vous avez eu à Aix un accident qui aurait pu être sérieux. J’espère que vous ne vous ressentez pas trop
des suites de ce traumatisme, car j’imagine aisément combien la moindre migraine, ou le moindre choc nerveux, doit être intolérable à
une activité d’esprit comme la vôtre. Je garde un trop réel souvenir de l’être que j’ai connu, si brièvement, en vous, pour n’avoir pas à
cœur de vous exprimer un peu de ma sympathie. [...] Nous réévoquons souvent, ma femme et moi, l’incomparable journée provençale
que nous vous devons à tous deux. J’aimais déjà, comme vous, la ferveur, le tranchant, de cette Provence spirituelle, dénuée de toute
complaisance. La belle course rapide, et d’une seule traite, que nous avons pu faire en quelques heures sous l’autorité sportive et la rare
maîtrise de notre animatrice et guide, laisse encore en nous son lumineux sillage. Elle m’aide à dégager, sous la douceur provençale, les
premières lignes de force dont j’avais besoin pour combattre loyalement un vieux préjugé antiméditerranéen »...
312.
Charles-Augustin SAINTE-BEUVE
(1804-1869). L.A.S., ce vendredi [5 août 1831], à Victor
H
ugo
; 3 pages in-12.
400/500
S
ur
M
arion
de
L
orme
[créée le jeudi 11 août 1831]. Il lui demande de ne pas l’oublier pour la répétition générale de
Marion
: « je
voudrais voir la répétition, il y a un acte que je ne connois pas, tel qu’il est refait, le 5
e
– & il y a si longtemps que je n’ai entendu toute
la pièce, qu’elle me fera une impression fraîche et presque vierge. Je voudrais bien, mon ami, pouvoir vous être bon à quelque chose
dans ceci, je ne vois pas à quoi. Si vous aviez quelque service pour lequel je vous fusse bon, j’éprouverais une vraie reconnoissance de
vous voir me le demander »… Il renvoie une pièce de vers dont il a fait usage dans la
Revue
[« Ce siècle avait deux ans »…] ; son article
biographique paraîtra dans deux ou trois jours. « Adieu, mon ami, votre succès me paraît trop certain pour ne pas vous en féliciter
d’avance ; mais, allez, j’apporterai à cette pièce de bien autres émotions que des émotions littéraires »…
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