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105

Littérature

d’une étonnante limpidité où vos maîtresses pensées et les lignes directrices de vos attentions sont merveilleusement manifestées. Je me

trompe. Je veux dire

sont organiquement présentes

. […] Dans

la Pensée et le Mouvant

, on est, à chaque instant, en présence de l’essentiel

dans la simplicité ». Il lui fait part de ses réflexions sur la Relativité : puisque la physique considère que « dans l’intime de l’atome, rien

ne va plus comme à l’extérieur », pourquoi notre conscience ne serait-elle pas « assez comparable à cet état le plus intérieur des choses

dans lequel toute détermination est illusoire ou instable ? Nous ne pourrions nous figurer ce qui se passe, sans doute, dans l’intérieur

du “noyau”, que par notre fluctuation et scintillation interne, laquelle n’a pas de référence avec le mode sensible ou celui de notre

expérience ordinaire. La microphysique

up-to-date

rejoindrait par là vos conceptions, (par certains, côtés) »...

319.

Auguste de VILLIERS DE L’ISLE-ADAM

(1838-1889). L.A.S., minuit 11 septembre 1887, à un ami ; 1 page in-8.

250/300

«

D

arzens

est arrivé hier matin de Moscou. Il a un duel avec

M

oréas

. Il a besoin d’un témoin

de combat seulement 

: sans discussions

ni autres échanges de paroles que le lieu et l’heure. J’ai pensé au bois de Vincennes et à Nogent-sur-Marne. Être ce témoin, voilà ce qu’il

te demande. Si oui, je t’attendrai toute la journée demain chez moi »…

320.

François WEYERGANS

(né 1941). L.A.S, Bruxelles 5 octobre 1964, à

L

acan

 ; 2 pages in-4 remplies d’une petit écriture.

200/250

I

ntéressante

et

longue

lettre

intime

du

jeune

cinéaste

de

23

ans

et

futur

auteur

,

à

J

acques

L

acan

,

avec

lequel

il

débutait

une

longue

analyse

(qu’il racontera plus tard dans son roman

Le Pitre

).

Il commente une phrase de Borges. Il est à Bruxelles dans la maison familiale, assailli de souvenirs d’enfance… Il a revu Maurice

B

éjart

, qui compte beaucoup pour lui... Il relate un rêve érotique provoqué par la robe d’une gitane qui dansait... Il redoute leur

prochaine séance, car il aimerait pouvoir « dire » absolument tout ce qu’il a vécu pendant les vacances, ses rêves, etc. Il a revu deux de

ses films de jeunesse, dont il fait une brève analyse… Etc.

321.

Henry Gauthier-Villars, dit WILLY

(1859-1931).

P

oème

autographe signé,

Ballade du Nécropolitain

, [vers 1902-

1903]

; 1 page in-4.

120/150

Ballade en 3 huitains et un envoi, sur la place de l’Opéra « transformée en catacombe » par les travaux du métro : « Place de l’Opéra,

dis-moi, / Es-tu marais, montagne ou combe ? ». L’Envoi s’adresse à Émile

C

ombes

 :

« Président du Conseil, ô Combe,

Intervenez, brusque et hautain,

Sinon le Tout-Paris succombe.

Métro ? Non. Nécropolitain ! »

322.

Émile ZOLA

(1840-1902). L.A.S., Paris 9 juin 1861, [à Alexandre

L

abot

] ; 4 pages in-8.

1 500/2 000

B

elle

et

émouvante

lettre

,

écrite

à

l

âge

de

21

ans

,

demandant

de

l

aide

pour

sa mère

,

et

une

recommandation

pour

trouver

un

emploi

,

alors qu

il

rêve

d

être

écrivain

.

Il remercie son correspondant de sa prompte réponse à sa mère, et du « bon souvenir que vous avez gardé de mon père et de l’amicale

protection que vous offrez à sa veuve et à son fils ». Il lui demande d’appuyer de son nom les démarches entreprises par sa mère pour

sortir de sa malheureuse position : « Lasse de lutter, ayant vu ses dernières ressources emportées par les frais judiciaires, ma mère

se trouve dans un état voisin de l’indigence. De plus, son père, alité depuis plusieurs mois, est à sa charge ; et elle n’a pas même la

consolation de me voir l’aider dans sa tâche. Sorti des lycées depuis un an, cherchant un emploi, je ne puis que la voir souffrir, sans

la soulager »… Après de longues hésitations, sa mère a pensé « s’appuyer sur les titres de mon père pour obtenir du gouvernement un

secours de quelques cents francs qui lui permette d’entreprendre un travail quelconque ». Après bien des hésitations, elle s’est enfin

décidée à « s’adresser au pays que son mari a servi par ses travaux », et souhaiterait obtenir une audience du ministre de l’Intérieur… Zola

ose encore adresser une dernière demande : « Si un travail quelconque m’était accordé, la rémunération en serait d’un grand secours pour

ma mère »… Mais le collège l’a peu préparé à la vie pratique, et « quelle que soit l’administration à laquelle on se présente, il faut encore

subir un long surnumérariat ». Il lui faudrait un salaire immédiat : « cette condition explique le peu de résultat de mes recherches », avec

« l’encombrement des bureaux, les exigences d’un travail sur lequel mon instruction ne m’a rien appris. Capable peut-être de faire le

plus, je ne puis faire le moins. Toujours mon penchant m’a entraîné vers la littérature. Alors que je rêvais une position plus heureuse, je

me voyais écrivain. Aujourd’hui, il m’a fallu dire adieu pour un temps à ces belles rêveries. Seulement s’il m’était possible par la plume

de gagner mon pain et de soutenir ma mère, c’est encore le travail que j’accepterais avec le plus de joie »… Il prie de le recommander

auprès de MM. Ambert et Chevallon, deux de ses amis dont lui a souvent parlé sa mère, et qui, « écrivains eux-mêmes, […] ont quelque

influence sur les rédacteurs des feuilles littéraires »…

Reproduction page 107

323.

Émile ZOLA

. L.A.S., Paris 2 décembre 1863 ; 2 pages et demie in-8.

400/500

« Ma mère a dû vous entretenir d’un emprunt de 100 francs que je désire faire, mes appointements n’ayant pas suffi, ce mois-ci, à solder

de petits engagements que j’ai pris. Elle m’a dit que vous aviez eu l’obligeance de lui donner l’espoir que vous pourriez nous procurer

cette somme. Malheureusement le besoin est pressant. Les billets que j’ai souscrits tombent demain ». Il demande une réponse aussi

décisive et rapide… [La lettre est probablement adressée à Marius Daime, ancien gérant de la Société du canal Zola.]

Reproduction page 107