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325

324.

Émile ZOLA

. L.A.S., Paris 13 septembre 1867, [à l’éditeur belge Albert

L

acroix

] ; 2 pages in-8 très remplies d’une

écriture serrée, en-tête

Librairie Internationale

(infime manque à la signature).

1 200/1 500

T

rès

intéressante

lettre

sur

son

roman

T

hérèse

R

aquin

, déjà publié en feuilleton dans la revue

L’Artiste

, dont il pensait que Lacroix

avait reçu tous les numéros. Mais il n’est pas inquiet : son bureau parisien les lui enverra à Bruxelles. …« Quant au titre, il sera d’autant

meilleur, selon moi, qu’il sera plus simple. L’œuvre s’intitule dans

L’Artiste

 :

Un mariage d’amour

, mais je compte changer cela et mettre

Thérèse Raquin

, le nom de l’héroïne. Je vois que le temps des titres abracadabrants est fini et que le public n’a plus aucune confiance

dans les enseignes »… Il a besoin d’argent et préfèrerait vendre à Lacroix la propriété de l’œuvre pour quelques années, contre un prix

raisonnable ; mais dans le cas où Lacroix ne souhaite pas l’acheter, Zola compte lui demander « le douze pour cent sur le prix fort,

payable le jour de la mise en vente. Je tiens surtout à éviter les ennuis qui se sont produits au sujet de

la Confession de Claude

. Il est

préférable que la question argent soit réglée sur le champ entre nous ». Zola veut une réponse définitive au plus vite, tenant à ce que

le livre paraisse en octobre : « Prenez connaissance de l’œuvre, laissez-moi choisir un titre bien simple, et faites-moi à votre tour vos

conditions »… Il lui expose le sujet du roman : « Camille et Thérèse, deux jeunes époux, introduisent Laurent dans leur intérieur.

Laurent devient l’amant de Thérèse, et tous deux, poussés par la passion, noyent Camille, pour se marier et goûter les joies d’une union

légitime. Le roman est l’étude de cette union accomplie dans le meurtre ; les deux amants en arrivent à l’épouvante, à la haine, à la folie,

et ils rêvent l’un l’autre de se débarrasser d’un complice. Au dénouement, ils se suicident. L’œuvre est très dramatique, très poignante,

et je compte sur un succès d’horreur »…

325.

Émile ZOLA

. 2 L.A.S., Médan 6 et 24 juin 1881, à Joris-Karl

H

uysmans

 ; 3 et 2 pages in-8 (deuil) (onglets, légères fentes

aux plis réparées).

1 500/2 000

I

ntéressante

correspondance

amicale

et

littéraire

,

sur

la

préparation

de

P

ot

-B

ouille

.

Médan 6 juin 1881

. Il remercie Huysmans de ses « bons renseignements » (sur les architectes diocésains), mais demande encore des

précisions : « Mon architecte, d’une importance médiocre, habite Paris, rue de Choiseul sans doute, et se trouve être de la paroisse de

Saint-Roch. Si j’en fais l’architecte du diocèse d’Évreux, par exemple, pourrai-je l’employer à des réparations dans l’église Saint-Roch ?

Ce serait sans doute lui donner une trop grande situation que de le prendre pour Paris ? Voyez pourtant s’il n’y aurait pas moyen, s’il

n’existe pas à Paris des architectes de paroisse, et quels seraient alors leurs appointements, leurs occupations, etc. Autrement, si je dois

m’en tenir à mon diocèse d’Évreux, voyez à m’avoir quelques détails complémentaires, sur les voyages à faire, les rapports avec le clergé,

etc. – Mais je préfèrerais mille fois Paris ». Il se souvient aussi qu’il lui avait parlé d’un pauvre employé qui recopiait la nuit des cours

pour les élèves de l’École centrale, et il demande des détails précis : « Quels sont ces cours, pourquoi les faire recopier ? Enfin, puisque

vous avez été collectionneur de timbres-poste, pourriez-vous m’en décrire trois ou quatre très rares (timbres du Cap) et trois ou quatre

ordinaires ? C’est pour compléter les notes que vous m’avez déjà données ». Il le remercie de son aide : « Je travaille, j’ai fini d’arrêter

mon plan, dont je suis très satisfait, chose rare. Prochainement, dès que j’aurai toutes mes notes, je vais me mettre à l’écriture »…

24 juin 1881

. Il le remercie pour l’envoi d’informations sur l’église de Saint-Roch et les maisons adjacentes : « J’avais l’extérieur des

deux maisons, mais je n’osais pas trop me risquer. Ce que vous me dites me suffira à rêver le reste. Pourtant, si par hasard votre ami

lâchait des détails plus précis sur la vie de ce petit monde, vous me donneriez ça de vive voix, lorsque vous me ferez le plaisir de venir

me voir. Je fais mes trois petites pages par jour, ce qui est mon train-train habituel ». Il séjournera à la mer en août et septembre, où il

tâchera « d’abattre de la besogne ». Il plaint Huysmans, « réduit au séjour à la campagne que vous n’aimez guère, je crois. Le déplacement

sera ennuyeux, mais vous travaillerez mieux peut-être. […] Je trouve l’été mélancolique : voici pour moi la saison noire »…