153
355.
Louise CONTAT
(1760-1813) actrice, sociétaire de la Comédie-Française, elle créa Suzanne du
Mariage de Figaro
. L.A.S.,
[1784 ?], à Stanislas
C
hampein
; 2 pages in-8, adresse avec cachet de cire rouge à son chiffre (portrait joint).
300/400
« Vous m’avez fait deux fois les offres les plus obligeantes mon cher Champein. Permettés moi de les réclamer pour un objet qui
m’intéresse vivement et qui pourtant est je le sens fort au dessous de vous, il est possible que vous ayez été témoin de l’effet que la peur
a produit sur ma petite Milli [sa sœur Émilie], la timidité de son âge, la modestie de ses moyens, le peu d’habitude tout a dû contribuer
à la troubler et ce que je vous demanderais c’est de lui faire chanter sa romance jusqu’à la seconde représentation de
Figaro
, c’est plus
q’user de votre complaisance je ne me le dissimule pas ; mais si les choses deviennent importantes par le prix qu’on y attache celle là
cesse d’être une bagatelle pour moi »...
356.
Alfred CORTOT
(1877-1962) pianiste. L.A.S.,
Lausanne
13 février 1959, à Marguerite
L
ong
; 2 pages in-8 à son en-tête.
100/150
Sa femme et lui l’ont entendue à la radio jouer « cette
Ballade
[de
F
auré
] qui évoque pour vous, comme pour moi, tant de souvenirs d’un
passé toujours présent », et il la félicite pour l’interprétation de ce « poétique chef-d’œuvre qui renaissait sous vos doigts et au travers de
leurs sensibles intonations, dans toute la fraîcheur de son intention première »… Puis Renée Cortot prend la plume à son tour…
357.
Léo DELIBES
(1836-1891). L.A.S. « Léo D. », Lundi matin ; 3 pages in-12.
300/400
R
eprise
de
L
akmé
à
G
enève
. Il a reçu une lettre du chef d’orchestre du Théâtre de Genève Francis
B
ergalonne
, « qui me dit que l’on
remonte
Lakmé
et qui me soumet une liste de transpositions que je trouve déplorables, pour le rôle de Lakmé. Celle qui baisse l’air
des clochettes d’un ton est très admissible. C’est celle de Mme
P
atti
. Mais les autres, notamment celle de la phrase d’entrée “
Blanche
Dourga
” me déplaisent beaucoup ». Il désire savoir si c’est Mme
P
otel
qui chante Lakmé, et quels sont les autres interprètes pour les
rôles de Gérald et Nilakantha ?...
358.
Léo DELIBES
.
Le Roi l’a dit
. Opéra-Comique en 3 actes et en vers. Poème de Edmond
G
ondinet
(Paris, Léon Escudier,
[1873]) ; petit in-4, reliure de l’époque demi-basane brune au chiffre I. J. en queue (rousseurs).
300/400
P
remière
édition
de
la
première
version
, partition piano-chant, réduction par A. Bazille (cotage L.E. 3282), avec envoi a.s. sur la page
de titre au baryton Jean-Vital Jammes dit
I
smaël
(1825-1893)
: « à mon ami Ismaël avec mes bien affectueux remerciements Léo Delibes
mai 73 ». [Ismaël a chanté le rôle du Marquis de Moncontour à la création du
Roi l’a dit
à l’Opéra-Comique le 14 mai 1873.]
O
n
joint
une L.A.S. à Escudier (2 p. oblong in-12 au crayon) : « Voici ma partition du
Roi l’a dit
. Elle est en ordre sauf toujours cette
petite sortie qui portera le n°8 bis – et que je voudrais régler à la scène. Mais je vous en indiquerai la longueur présumée [...] Quant à
l’air de Javotte n° 11 il est bien exactement en ordre, mais je ne l’ai pas encore réorchestré »…
359.
Marie DORVAL
(1798-1849) la grande actrice romantique. L.A.S. « Marie », [Besançon avril 1842], à René
L
uguet
;
4 pages in-8 (un peu froissée).
300/400
É
mouvante
lettre
à
son
jeune
amant
qui
allait
devenir
son
gendre
. « Je suis trop malade et trop souffrante pour avoir la force de
réfuter ta lettre qui est cruelle injuste, sans foi, et sans tendresse »… Elle s’oblige à jouer à cause de l’état de santé de ses filles Caroline
et Louise : « juge de mon chagrin et dis s’il n’est pas bien douloureux pour moi de lire ta lettre de ce matin ? D’y lire des suppositions
aussi grossières d’y lire :
que tu ferais bien de renoncer à moi !
Ah ! Luguet c’est mal ! Renonces-y donc s’il te faut une maîtresse gaie
heureuse et bien portante car hélas je ne suis rien de tout cela à cette heure. – Tu ne m’écriras sûrement plus mais cependant ne faut-il
pas au moins une lettre encore qui me dise si tu veux être la première personne qui me recevra à Paris ? […] Ton succès je n’en doutais
pas et j’en suis heureuse ! »…
O
n
joint
un fac-similé ancien de l’émouvante lettre à sa fille Caroline Luguet, [Caen 15 mai 1849], cinq
jours avant sa mort.
Ancienne collection Jean
D
arnel
(20-21 octobre 2007, n° 38).
360.
Théodore DUBOIS
(1837-1924).
Les Sept Paroles du Christ
(Paris, G. Hartmann, [1872 ?]) ; grand in-8, reliure de l’époque
demi-chagrin rouge (rousseurs).
100/120
Première édition de la réduction chant-piano par l’auteur (cotage G.H. 434), avec
envoi
autographe : « Amical souvenir à mon élève
Saint-René Taillandier Th. Dubois ». Le compositeur Gabriel
S
aint
-R
ené
T
aillandier
(1861-1931), fils du critique et académicien, fut
aussi un élève de César Franck ; il a apposé son cachet en tête de la partition.
361.
Henri DUPARC
(1848-1933). L.A.S., Tarbes Hôtel Moderne 5 janvier 1914, à la cantatrice Jeanne
R
aunay
(
Mme André
Beaunier
)
; 2 pages in-4.
500/600
B
elle
lettre à
la mezzo
-
soprano
J
eanne
R
aunay
(1869-1942),
au
sujet de
L
a
V
ie antérieure
. [C’est Jeanne Raunay
qui avait créé le 17
octobre 1912 à Montreux la version orchestrée de cette mélodie, sous la direction d’Ernest Ansermet.]
Il lui envoie « un souvenir de cette villa Amélie que votre présence a ensoleillé pendant quelques heures beaucoup trop courtes à mon
gré [...] Je ne sais si vous reconnaitrez cette chambre : c’est celle que nous avons eu tant de plaisir à vous offrir »... Il lui demande de
bien vouloir lui renvoyer « le manuscrit de la
Vie antérieure
: j’ai modifié un passage et je désire, quoique je n’y voie presque plus, écrire
ces quelques mesures afin qu’elles soient conformes à la partition gravée. Je ferai mon possible, mais je ne réponds pas d’y parvenir ».
Aussitôt ce petit travail terminé, il lui renverra la partition...
Musique et Spectacle




