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en scène de Pierre Chéreau, des décors de Georges Mouveau et des costumes de Victor Fonfreide, avec Edmond Rambaud et Jeanne
Laval dans les principaux rôles de Jan et Marie.
Le Mas
est un opéra écologiste avant l’heure, un hymne à la campagne et à la terre natale. Canteloube déclarait à un journaliste de
Comœdia
, lors de la création de son opéra : « Ayant habité longtemps la pleine campagne et participé aux travaux des champs, j’ai depuis
mon enfance l’amour passionné de la campagne, de la vie rurale, saine et naturelle de la terre. C’est pourquoi les personnages du
Mas
expriment vraiment ce que je pense moi-même ». L’ouvrage célèbre « la vie simple et calme des champs. La Nature y parle sans cesse par
les voix des pâtres, des moissonneurs, des laboureurs et toutes les rumeurs lointaines comme celles qui montent des vallées ». Pour la
musique de son opéra, Canteloube a avoué avoir puisé, comme pour ses célèbres
Chants d’Auvergne
, à la source du chant paysan de son
pays ; sa musique est « imprégnée de chants populaires, soit que je les ai incorporés, tel ou tel fragment authentique servant de base à
la phrase musicale, soit que j’ai écrit les thèmes dans le caractère des chansons du pays ».
C’est l’histoire d’un mas du Quercy, dont le maître est un vieillard qui a perdu ses deux fils, qui ont chacun laissé un enfant. Marie
a été élevée au mas par son grand-père ; Jan est parti à la ville, chez ses grands-parents maternels. Au premier acte, Jan revient au mas
pour une convalescence ; il a laissé une fiancée à la ville, mais éprouve une certaine émotion en retrouvant les souvenirs de son enfance.
Le deuxième acte est la fête des moissons, près de la fontaine, dont le vieux Gabel raconte à Jan la légende : elle unit ceux qui se mirent
dans ses eaux ; avant le départ de Jan pour Paris, Marie l’invite à se mirer près d’elle à la fontaine ; suit le ballet populaire de la fête
de la Gerbe rousse. Au dernier acte, Marie est prête à se sacrifier à un riche mariage pour sauver le mas, quand Jan revient, appelé par
l’amour de Marie et surtout par l’appel de la terre natale ; ils chantent leur amour, qui s’unit au chant de la terre.
Le manuscrit, soigneusement noté à l’encre noire sur papier à 16 lignes, porte le témoignage des remaniements de l’œuvre, avec de
nombreuses
corrections
,
des
passages
biffés
et
des
collettes
. Il a servi pour la gravure de la partition chez Hugel en 1926.
Sur la page de titre, Canteloube a corrigé le découpage en « deux Actes, un Prologue et quatre Tableaux » en « trois Actes » ; il a noté :




